Baby’s in black

BABY’S IN BLACK, l’histoire vraie d’Astrid Kirchherr et Stuart Sutcliffe, par Arne Bellstorf (Sarbacane, 2011)

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Au tout début des années 1960, Astrid est une jeune photographe, assistante d’un photographe renommé. Elle vit à Hambourg avec Klaus son petit ami, mais sent bien que leur relation tend à sa fin. Un soir après une dispute, ce dernier se rend à St Pauli, quartier malfamé de la ville, et entend une musique particulière sortir d’une cave : un groupe inconnu de Liverpool s’y produit. Klaus retourne raconter à Astrid ce qu’il a entendu, et les deux y retournent le soir suivant. Ils viennent de rencontrer les Beatles, alors à 5. Astrid tombe sous le charme d’un bassiste aux lunettes noires, Stuart, un artiste qui a suivi John sans trop savoir jouer. Les deux jeunes gens tombent follement amoureux, mais alors que la notoriété du groupe commence à grandir, on découvre que la présence des Anglais n’est pas légale… Stuart va alors être amené à choisir entre sa carrière musicale en Angleterre, sa passion pour la peinture et sa vie sentimentale à Hambourg… Lire la suite

Ma fugue chez moi [roman]

MA FUGUE CHEZ MOI, par Coline Pierré (Rouergue, 2016, coll. DoAdo)

fugueAnouk est en troisième et a perdu sa meilleure amie Marina, qui s’est trouvée d’autres amis. Anouk ne fait pas partie d’une bande de copains et n’est pas assez branchée, elle qui n’aime pas les vêtements à la mode et apprend à jouer du banjo… Alors lorsque son ex-meilleure amie l’humilie un jeudi après-midi de décembre, et que sa mère, climatologue en Norvège annonce qu’elle ne sera pas là (une fois de plus) pour les fêtes de Noël, la jeune fille décide de fuir… Oui, mais où ? Dehors, il fait trop froid et Anouk n’a vraiment nul part où aller… Alors, après quelques heures de réflexion, elle décide de fuguer, et de se cacher dans son grenier, là où personne ne monte jamais… De là-haut, elle va observer les réactions, profiter des moments où son père et sa sœur sont sortis pour refaire son stock de nourriture et aménager au mieux sa cachette… Lire la suite

California dreamin’

CALIFORNIA DREAMIN’, par Pénélope Bagieu (Gallimard, 2015)

Biographie d’Ellen Cohen, jeune femme née sur la côte est-américaine en 1941 qui rêve de devenir chanteuse avec sa voix exceptionnelle mais son physique qui ne correspond pas aux standards. Elle a tendance depuis son enfance à être boulimique et son physique est trop imposant pour espérer devenir une star. Mais la jeune femme excentrique est dotée d’un tempérament d’enfer, toujours très positif et d’une répartie toujours bien placée. A 19 ans, elle décide de changer de nom pour devenir Cass Elliot et elle quitte sa famille pour tenter sa chance à New-York. Elle y rencontre Denny dont elle tombe amoureuse, même si cela n’est pas réciproque. Leur amitié va tout de même les conduire à créer un groupe avec un couple d’amis : ce groupe sera nommé Les Mamas and Papas. Après quelques errements, le succès vient au milieu des années 1960 avec la chanson « California dreamin' », menée par la voix d’or d’Ellen/Mama Cass, qui cherche toujours l’amour.

Le dernier livre de Pénélope Bagieu a pas mal circulé sur les blogs, et j’ai eu l’occasion moi aussi récemment de lire cet épais roman graphique de plus de 270 pages. Le titre me disait bien quelque chose, mais je n’en savais pas beaucoup plus. Ainsi, j’ai découvert la biographie d’une femme haute en couleur, déterminée et excentrique, dotée d’une voix exceptionnelle et qui parvient à se faire une place dans le milieu de la chanson malgré un physique qui n’est pas en adéquation avec les standards de l’époque. L’histoire est vraiment bien retracée, depuis l’enfance jusqu’aux premiers succès. Les chapitres sont nombreux et originaux : chaque chapitre est le récit d’une personne qui a côtoyé Ellen/Cass pendant une période de sa vie de jeune fille, femme ou encore artiste. Ainsi, on a le point de vue de membres de sa famille, mais aussi d’amis d’enfance ou encore de membres du groupe. Tous ces morceaux de puzzle permettent de retracer le parcours de cette femme impressionnante. Le dessin est très approprié, tout en noir et blanc. Très fluide, il donne un rythme parfois assez fou à cet album qui se lit presque d’une traite. Pénélope Bagieu produit un dessin très 1960/70, tout à fait dans l’ambiance de l’Amérique de ces années-là. Cela donne donc une bien jolie biographie sur un personnage quelque peu oublié. Pour faire ma difficile, j’émets cependant deux regrets : la fin de l’album est un peu abrupte à mon goût, cela s’arrête alors que le succès vient de commencer pour le groupe, et j’aurais aimé aller plus loin, rester un peu plus longtemps encore avec Mama Cass. Deuxième point, c’est qu’il manque une bande originale fournie avec le livre, car l’album donne vraiment envie d’écouter les productions des Mamas and Papas (finalement, je me suis rendue compte que je connaissais d’autres chansons que celle qui fait le titre du livre). Alors en fin d’article, vous trouverez une sélection de leurs titres, pour accompagner musicalement cette chronique, si cela vous dit…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Chez Clarabel, Les lectures d’Alice, Promenades et méditations, Le blog du carré jaune, La fée culturelle

Premières planches à voir sur Izneo.

Accords sensibles

ACCORDS SENSIBLES, par Régis Hautière (scénario) et Antonio Lapone (dessin) (Glénat, 2011, coll Treize étrange)

Dans les années 1960, un homme tombe amoureux d’une femme qu’il a rencontrée dans un café. Celle-ci ayant oublié ses gants au comptoir, il lui court après pour lui rendre, mais dans la précipitation oublie de les prendre avec lui. C’est le début d’un quiproquo presque improbable qui va lui faire peut-être rater la rencontre de sa vie. De son côté, son ami musicien Lester, la quarantaine, vient de se séparer de la jeune canadienne Anna, qui va quitter Bruxelles pour rentrer outre-Atlantique. C’est sans compter sur Gordon, qui tombe amoureux d’elle et veut l’empêcher de partir. Mais il ne sait pas, en se confiant à Audrey la colocataire d’Anna, que cette dernière l’aime en secret…

Voici un album emprunté sur le seul nom du scénariste Régis Hautière. Je n’ai même pas lu le résumé sur le site de la bibliothèque, je l’ai réservé sans savoir de quoi il en retournait. J’ai donc ouvert cet album de format moyen et de 120 planches environ (sas compter le riche cahier graphique en fin d’album) sans aucun a priori. Il s’agit en fait de récits croisés, avec un chapitre par personnage. Les relations entre eux sont compliquées, parfois par incompréhension ou par manque de chance. Le récit n’est pas larmoyant ni fataliste, il raconte juste avec pudeur comment les rencontres font et défont les relations, comment parfois le hasard peut bien ou mal faire les choses… Il y a un côté nostalgique dans cet album, mais peut-être cela est-il dû à la musique qui est présente tout au long de l’album : le jazz, très en vogue dans les années 1950. Un certain nombre de paroles de chanson sont citées dans les bulles, il manque juste la version audio pour agrémenter la lecture. Cela donne un cachet rétro à cette histoire, alors que sans, elle pourrait aisément se dérouler à notre époque. Le dessin d’Antonio Lapone contribue lui aussi à cette ambiance : il est vraiment particulier, très connoté années 50. Un trait agréable et original, mais j’ai eu quelques difficultés tout de même à rentrer dans l’histoire au départ, surprise par ce trait très graphique et alourdissant parfois les cases. Les couleurs sont étudiées, avec une par chapitre, déclinée ensuite. Cela donne pour moi une assez bonne découverte, originale, bien scénarisée et au dessin hors du commun, même si cet album ne fait quand même pas partie de mes coups de cœur.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres (ancien blog)Littexpress, Bulles picardes, Le blog de Guy Dehousse

Premières planches à retrouver sur Digibidi.

Aller voir l’original blog du dessinateur, où on retrouve son trait si particulier, ainsi que le blog du scénariste.

Trompe la mort

TROMPE LA MORT, par Alexandre Clérisse (Dargaud, 2008, coll. Long courrier)

Marcel, veuf, vit seul depuis quelques années. Sa petite-fille vient souvent lui rendre visite, même s’ils ne se comprennent pas toujours. Un jour, le vieux monsieur tombe sur un clairon qui lui rappelle la guerre à laquelle il a participé et l’instrument qu’il a dû abandonner lors de la débâcle de 1940… Têtu comme une mule, il se met alors en tête de retrouver le fameux instrument, aidée de sa petite-fille conductrice de bus à la campagne… Les souvenirs vont en même temps remonter à la surface pour Marcel.

Voici un album choisi au hasard en bibliothèque. C’est loin d’être une nouveauté, mais « Long courrier » est une bonne collection qui m’a rarement déçue. Aussi je suis partie avec un bon a-priori dans la lecture de cet album. Le dessin est désarçonnant au départ : il est rond, tendre, sans contours noirs. Cela n’est pas habituel dans un album traitant de la guerre et des souvenirs.Chaque personnage a une tête bien particulière, on ne peut les confondre ou les mélanger. Certaines gueules sont assez savoureuses d’ailleurs. Au niveau du scénario, j’ai trouvé l’histoire bien menée, malgré de nombreux allers retours dans le temps entre 2008 (temps du récit principal) et 1940 (lorsque Marcel vient d’intégrer l’armée avec son clairon). En effet, le passage entre les deux époques est toujours clairement distinguable, avec les couleurs jaunies de 1940 mais aussi avec la date mentionnée clairement à chaque changement d’époque. On ne peut donc pas se perdre dans les périodes historiques, et c’est très bien ainsi. L’album manie aussi l’humour d’une façon pertinente, les personnages de Marcel et sa petite-fille étant parfois assez déjantés. Des dialogues entre eux prêtent à sourire, et apportent un peu de légèreté à un sujet qui ne l’est pourtant pas au départ. Les autres personnages sont bien présentés, physiquement mais aussi au niveau du caractère, et on se rend facilement compte de leur amabilité (ou pas, avec le maire et son fils par exemple). Les couleurs sont agréables, un peu exagérées quelquefois, mais cela contribue aussi à la touche humoristique de l’album. J’ai aussi aimé les cases de présentation du musée municipal qui expose des objets incongrus (clairon en fromage, en allumettes…). En bref, beaucoup de petits éléments dans cet album, qui accumulés, font de ce récit une histoire drôle et touchante, sans prétention. Seul regret, les quelques fautes d’orthographe qui parsèment le récit (oubli du « ne » de la négation par exemple) m’ont un peu gâché le plaisir de la lecture…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (trop peu) sur les blogs : Hop BD

Consulter le blog de l’auteur.

Premières planches sur le site de l’éditeur.

Love in vain

LOVE IN VAIN, Robert Johnson 1911-1938, par Jean-Michel Dupont (scénario) et Mezzo (dessin) (Glénat, 2014)

Biographie de Robert Johnson, bluesman des années 1930, né dans le sud des Etats-Unis en 1911, victime du racisme comme nombre de ses compatriotes, et ayant choisi de jouer à New-York loin de ses racines, avant de revenir dans son Mississippi natal. Guitariste virtuose, il s’était fait une place parmi les meilleurs bluesmen de son temps, avant de mourir empoisonné, victime d’une rivalité amoureuse. Très talentueux, la rumeur courait qu’il avait vendu son âme au diable. Brûlant la vie par les deux bouts, il accumulait les conquêtes ainsi que les excès, et a laissé peu de traces de son génie, avec seulement quelques enregistrements et peu de photographies…

J’ai choisi cet album car je l’avais repéré sur différents blogs, et les avis étaient dithyrambiques. Le nom de Robert Johnson ne me disait rien, mais comme j’aime bien découvrir des sujets qui me sont inconnus, je me suis lancée sans trop d’hésitation. Déjà avant de commencer la lecture, je remarque que l’album est un joli objet, avec son dos toilé et sa couverture sobre mais de qualité. Le format à l’italienne est original, pas pratique pour lire dans son lit, mais bon, ce n’est pas non plus le seul endroit où l’on peut lire… Les pages sont épaisses et agréables au toucher. Je regrette cependant que l’album soit si court (56 pages seulement), car cela ne se voit pas à première vue. En ouvrant l’album, j’ai été époustouflée par les dessins de Mezzo (là encore une découverte pour moi), avec un trait gras très réaliste et un usage du noir et blanc impressionnant. Le dessin a vraiment du caractère ; j’ai beaucoup aimé ce côté-là, un peu brut, mais qui colle à ce récit pas spécialement gai. A travers la biographie du musicien, on a aussi un exemple de la vie d’hommes noirs dans le Sud américain de la première moitié du XXe siècle, où le racisme était encore fortement présent. Les paroles des chansons (dont le titre est extrait) qui parsèment l’histoire ne sont pas traduites, et pourtant cela ne dérange pas du tout à la lecture. On parviendrait presque à s’imaginer la mise en musique des textes tellement le tout reste fluide. Enfin, la voix off, qui ne se présente qu’à la toute fin de l’histoire, tient le lecteur en haleine, et cette construction intelligente permet de maintenir le suspense jusqu’au bout, même si à un moment on se doute de l' »identité » de cette voix. Pour terminer, j’ai aussi apprécié la présence d’une bibliographie/filmographie/webographie à la fin de l’album, qui permet de savoir vers quels livres aller pour en savoir plus. Cela donne vraiment envie d’aller plus loin et démontre le sérieux de cette biographie très agréable à suivre. Certes, il me manque un petit quelque chose pour être totalement transportée, mais avec ce Love in vain, on n’est quand même pas loin du coup de cœur !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Twenty three peoniesMadimado’s blog, D’une berge à l’autreLalydo’s blog

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir la page Facebook de l’album.

Cet album a reçu le Prix des librairies Canal BD 2015 à la fin du mois de mai dernier.

C’et ma dixième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Un amour de BD.

Le pire concert de l’histoire du rock

LE PIRE CONCERT DE L’HISTOIRE DU ROCK, par Manu Causse (éditions Thierry Magnier, 2014)

Jean-Sébastien Leforestier est un collégien qui a déménagé de Paris vers une petite ville de la Creuse. Très doué en piano, il ne vit que pour sa passion. Ayant peur que les autres adolescents se moquent de lui, il cache sa passion, jusqu’au jour où celle-ci est dévoilée en cours de musique. Contrairement à ce qu’il pensait, l’accueil est très bon, et le voilà même recruté dans un improbable groupe de rock très amateur mis en place par d’autres collégiens. Jean-Sébastien le solitaire va découvrir le rock et la complicité avec des amis de son âge…

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