Dix [roman]

DIX, par Marine Carteron (Rouergue, 2019, coll. DoAdo Noir)

dix

Dix personnes, trois adultes et sept adolescents, se retrouvent sur une île déserte pour participer à un programme de télé-réalité. Tous viennent du même lycée, et pensent être sélectionnés pour leurs capacités physique ou intellectuelles : ainsi on a un surdoué, un ado très littéraire, un ancien enfant star, une championne de natation… Ils sont encadrés par un ancien policier, une ancienne infirmière scolaire et une prof de lettres, aussi mère d’un candidat… Mais avant le départ, le directeur de l’école est retrouvé assassiné. Ce n’est que le début des assassinats… Tous vont mourir de façon plus ou moins violente sur cette île perdue et inaccessible… Mais qui est l’auteur de ces meurtres ? Et pourquoi sont-ils tous regroupés là ?

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Dans la tête de Sherlock Holmes, tome 1

DANS LA TÊTE DE SHERLOCK HOLMES, tome 1 : L’AFFAIRE DU TICKET SCANDALEUX, par Cyril Lieron et Benoît Dahan (Ankama, 2019)

sherlockUn matin de novembre 1890, la police arrive chez le docteur Watson : elle a arrêté la nuit précédente un homme qui prétend connaître le docteur. Il s’avère que cet homme est aussi médecin et qu’il a été drogué la nuit précédente, après avoir assisté à un mystérieux spectacle. Sherlock Holmes, présent chez son ami, ne peut s’empêcher de mener son enquête, en détaillant la tenue de l’homme et en lui posant des questions. C’est alors qu’il va se mettre à dérouler le fil, pour déterminer ce qui s’est passé et qui en veut à certains notables londoniens…

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Le Horla

LE HORLA, par Guillaume Sorel, d’après l’oeuvre originale de Guy de Maupassant (Rue de Sèvres, 2014)

Un homme seul vit dans sa propriété en bord de Seine, avec son chat, son majordome et sa cuisinière. Mais au fil des jours, il sent comme une présence la nuit. Au départ intrigué, il prend de plus en plus peur face à cette créature inexplicable. Sa solitude n’aide pas la situation, alors le plus souvent, il parle à son unique compagnon, un chat. Pour fuir le mystère, l’homme décide de voyager un peu, en se rendant à l’abbaye du Mont Saint Michel ou à Paris. Là-bas, ses angoisses semblent se calmer, mais lorsqu’il rentre chez lui, les doutes reprennent de plus belle. Deviendrait-il fou ? Comment faire pour se libérer de la créature qui lui fait passer des nuits de plus en plus horribles ?

J’ai emprunté cet album pour son auteur, dont j’avais adoré les dessins dans Hôtel particulier et Les derniers jours de Stefan Zweig. Là, je suis encore une fois sous le charme du trait et des couleurs à l’aquarelle. Certaines cases sont réellement de toute beauté, en particulier lorsqu’il y a un paysage comme le Mont St Michel ou un décor avec un bateau. C’est vraiment un joli voyage tout en aquarelle que fait le lecteur, grâce au talent de Guillaume Sorel. Par contre, au niveau de l’histoire, j’ai moins accroché : le récit est moins dynamique, et il y a peu d’explication, en tout cas moi j’en attendais plus. Bien sûr, le chat, unique « interlocuteur » du héros, ne lui répond pas, mais je ne l’ai pas trouvé suffisamment expressif (contrairement au chat de Hôtel particulier étrangement) : oui, le chat se rend compte qu’il y a quelque chose qui apparaît dans la chambre de son maître, mais ça en reste là. Je n’ai pas lu le récit original de Maupassant (ou alors je ne m’en souviens plus), mais je trouve que le scénario est un peu léger, car je ne me suis pas sentie proche du héros, qui devient de plus en plus paranoïaque et fou au fil des nuits. Cette lecture me donne donc paradoxalement envie de lire le récit originel de Maupassant pour avoir les clés pour comparer le texte et l’adaptation dessinée, et peut-être pouvoir l’apprécier pleinement. Ce n’est pas mon album préféré de Sorel, mais en tout cas, il faut reconnaître son grand talent de dessinateur et de coloriste pour que cela donne une très bonne raison d’essayer cet album !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : MicMélo littéraire, La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Baz’art, Des jours et des livres, Sab’s pleasures

Interview de l’auteur à lire sur l’Ecole des Lettres.

Sur le site de l’auteur, on apprend qu’il va sortir prochainement (le 29 octobre) une version d’Alice au pays des Merveilles, chez le même éditeur que le Horla. Hâte de voir le résultat !

Premières planches à voir sur Izneo.

L.O.L.A.

L.O.L.A., par Claire Mazard (Flammarion jeunesse, 2010)

Lola a treize ans et vit avec sa mère Alice, son beau-père Michel et le fils de ce dernier, Jérôme, trois ans, un morveux qu’elle doit garder les mercredis après-midis et lorsque ses parents ne sont pas là. Lola ne peut pas supporter ce demi-frère qu’on lui impose. Un jour, elle reçoit une enveloppe bleue, avec dessus son prénom entrecoupé de points. La lettre lui est adressée, mais personne ne l’a signée. L’expéditeur promet de lui faire parvenir six lettres si elle accepte de faire ce qu’il lui demandera. Intriguée, Lola accepte la proposition de l’expéditeur, et avec son ami Mehdi, va tenter de découvrir qui se cache sous ces courriers mystérieux. Grâce à cette correspondance à sens unique, elle va découvrir un homme mourant, rempli de regrets. Serait-ce un de ses profs, l’épicier du coin ou un autre homme de son entourage ? Lola se lance dans cette enquête…

Voici un petit roman, presque une nouvelle (69 pages), paru initialement en 2000, et réédité il y a 4 ans, sans avoir pris une ride. Le récit paraît complètement réaliste, je n’ai pas remarqué d’éléments qui le situent à une date bien précise, l’histoire de Lola pourrait se passer n’importe quand, et cela nous fait entrer facilement dans le récit. Le narrateur de l’histoire est extérieur aux personnages, mais on suit aisément la jeune Lola dans sa vie quotidienne, avec le boulet que représente Jérôme le petit garçon qui ne lui permet pas de réaliser ses aspirations d’ado. On comprend qu’elle doit assumer quelque chose de trop lourd pour elle, et sa situation familiale un peu compliquée, même si sa mère et son beau-père ont l’air d’être sacrément ouverts et compréhensifs, ne facilite pas les choses. Les lettres qu’elle reçoit animent son quotidien, et la jeune fille se lance dans cette aventure sans savoir où cela va la mener, et sans la partager, sauf avec son meilleur ami. Les lettres anonyme sont toujours en italique, on les distingue sans problème, et on se questionne en même temps que Lola. L’enquête est bien menée, je ne m’attendais pas à une telle fin, touchante et ouverte, ne répondant pas à toutes les questions, sauf avec l’épilogue qui répond à certaines interrogations. Le style de Claire Mazard (dont j’ai déjà lu L’absente il y a bien longtemps) est agréable, simple mais pas simpliste. Pas de fioritures ni de phrases compliquées, pas de pièges littéraires, cela devrait – j’espère- plaire aux élèves. Et en plus, cela colle au programme de 4ème de français avec l’étude du genre épistolaire ! L.O.L.A. est donc un joli petit roman, un peu trop court à mon goût, surtout à cause des (trop) nombreuses pages de promotion des autres livres de la collection, je pensais qu’il me restait quelques pages à lire, mais non ce n’était que des pages de pub… Finir sur une mauvaise impression comme cela, je n’aime pas…

A partir de 10 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Le blog de Biblio, BouquinonsLille III jeunesse

Voir le mini-site de l’auteur.

Le chant des stryges, tome 1 : Ombres

LE CHANT DES STRYGES, tome 1 : OMBRES, par Eric Corbeyran (scénario) et Richard Guérineau (dessin), (Delcourt, 1997)

Avril 1997, le président américain est reçu dans une base militaire secrète du sud des Etats-Unis. Tout se déroule normalement, jusqu’à ce qu’un groupe terroriste inconnu prenne le contrôle de la salle de commandement, avant d’être tué par une femme elle aussi inconnue. Mais la femme n’empêche pas que les lieux stratégiques de la base explosent, blessant grièvement le président… Quelques jours plus tard, lors de la réunion entre militaires pour débriefer, tout le monde cherche un coupable à cette situation catastrophique, et tous s’accordent pour désigner Kevin Nivek, responsable de la sécurité présidentielle et qui a failli à sa mission. Ce dernier pense plutôt à un complot contre lui, car un corps calciné a été trouvé après les explosions, et cela lui paraît bien suspect : serait-ce vraiment un homme qui a brûlé vif dans cette fournaise ?

J’ai lu il y a quelques temps Charly 9 de Richard Guérineau et en cherchant un peu sur le net pour mon article, je me suis rendue compte qu’il avait fait une longue série d’albums avec Corbeyran, et par chance le début était dans ma bibliothèque. Alors en tombant dessus l’autre jour, je n’ai pas hésité, j’ai emprunté les deux premiers tomes, histoire de ne pas être frustrée à la fin de la lecture du premier… J’avais vu que l’album datait un peu, presque vingt ans, mais cela n’est pas dérangeant, car l’histoire est censée se passer en même temps, en 1997. Il y a juste sur les objets informatiques utilisés (ordinateurs et autres disquettes de l’antiquité informatique) qu’on voit que le récit est un peu daté, mais à part ces détails techniques, l’histoire peut faire encore très actuelle. On suit Kevin Nivek, persuadé que quelque chose est caché par les autorités américaines, et on se rend compte en même temps que lui qu’il n’est pas si parano que ça et qu’il se passe des événements bien étranges sur la base militaire. Moi qui ne pensais pas accrocher plus que ça, j’ai trouvé ce premier tome bien intéressant : il pose les bases du récit, avec les personnages et l’intrigue principale. Le dessin est classique mais efficace. Il va avec l’ambiance, mais sinon je ne suis pas spécialement fan. Au niveau du scénario, le mystère est bien entretenu : à la fin du tome, on ne sait pas grand-chose sur la femme qui a évité que le groupe terroriste ne prenne en otage la base militaire, on ne sait pas grand-chose non plus sur la créature, si ce n’est quelques pistes évoquées à demi-mot par des protagonistes qui ont l’air d’en savoir bien plus que ce qu’ils disent. La dernière case évoque les Stryges, sans que l’on sache ce que c’est véritablement et le lien avec l’histoire. Je n’ai pas cherché sur le net à en savoir plus, pour ne pas me gâcher la surprise. En effet, Ombres est un tome bien mené qui donne envie de lire la suite, ce que je vais faire bien volontiers…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Nicolas L sur Scifi-universe, D’une berge à l’autre (intégrale saison 1), La loutre masquée (sur la série complète), Mes BD à moi (l’ancêtre des chroniques de l’invisible)

Premières planches à lire (avec la nouvelle couverture) sur Izneo.

Voir le site de l’univers des Stryges puisqu’il s’agit d’une série avec beaucoup d’albums…

Seuls, tome 1 : la disparition

SEULS, tome 1 : LA DISPARITION, par Vincent Vehlmann (scénario) et Bruno Gazzotti (dessin) (Dupuis, 2006)

https://i1.wp.com/lewebpedagogique.com/bloglecture92/files/2009/05/seuls-1.gifFortville. Chacun vaque à ses occupations dans une chaleur qui devient de plus en plus étrange. Un matin, des enfants se réveillent, leurs parents et frères et sœurs ont disparu. Ils ne sont plus que 5 à se regrouper, après avoir compris qu’ils sont bien seuls. Mais pourquoi les autres habitants ont-ils disparu ? Des animaux sauvages sont en ville, d’où viennent-ils ? Et comment faire pour se protéger, dans ce monde devenu hostile ?

Ce premier tome de la série (dont le premier cycle compte 5 épisodes) est vraiment une introduction, qui présente la situation et les personnages (5 enfants d’âges, d’origines sociales et de caractères bien différents). Finalement il ne répond pas du tout aux questions et incite à se pencher sur les tomes suivants…

Le dessin est assez basique, j’ai parfois eu l’impression de me retrouver dans un vieil épisode de Spirou et Fantasio… 😦 Les couleurs sont assez vives et irréalistes (Camille, 8 ans est blonde, couleur qui vire au jaune canari et paraît assez peu réel). Pourtant ça se lit assez bien (il faut croire que je suis bon public ^^), même si ça ne me marque pas plus que cela…

A partir de 10 ans d’après l@BD.

Le blog du dessinateur Bruno Gazzotti est à voir ici et le blog de Fabien Vehlmann est . Un site est également totalement consacré à la série.

La Marie en plastique (toute entière)

LA MARIE EN PLASTIQUE (TOUTE ENTIÈRE), par Pascal Rabaté (scénario) et David Prudhomme (dessin) (Futuropolis, 2007)

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/0/7/9782754801706.jpgDans la famille Garnier, on a la grand-mère, très croyante, le grand-père, communiste convaincu, la fille et le gendre qui les hébergent, et les petits-enfants qui subissent la situation. La grand-mère revient d’un pèlerinage à Lourdes et a ramené une vierge en plastique, remplie d’eau bénite. Souvenir plus que banal… mais qui s’avère finalement hors du commun lorsque l’objet, placé sur la télévision, se met à pleurer des larmes de sang. Ils décident alors de ne pas dévoiler ce qui semble être un miracle. Pourtant, dans ce petit village du bord de Loire, la grand-mère décide quand même d’aller faire analyser ce sang, avec l’aide du curé. L’information se transmet dans la commune et des fleurs arrivent devant leur maison… Des émissaires du Vatican vont venir voir ce phénomène intriguant…

Voici un album paru initialement en 2 parties (septembre 2006 et juin 2007), qui raconte avec humour une tranche de vie dans une famille qui a du mal à s’entendre… Enfin, les problèmes relationnels sont surtout entre le grand-père et la grand-mère, qui s’affrontent à n’importe quelle occasion. Ca en devient drôle, tellement leurs disputes portent sur des motifs futiles ! Par exemple, lorsque la grand-mère, à la suite d’une énième dispute décide d’installer sur la télé la vierge en plastique, le grand-père réplique en accrochant juste au-dessus de cette même télé un portrait de Lénine !

J’ai choisi cet album car je l’avais vu de nombreuses fois en librairie et le titre m’intriguait. Le dessin de David Prudhomme ne m’attirait pas plus que ça : il est simple, me semblait assez naïf, de par son trait qui me paraissait peu sûr. Mais il n’en est finalement rien, il est très lisible et expressif. Le dessin correspond totalement à l’esprit de l’album, parfois déjanté mais toujours drôle… Les représentations des personnages sont toujours justes, dans cette famille où l’ambiance est loin d’être calme ! Un bon moment de lecture, qui mêle chronique sociale et humour décapant. A lire d’abord pour ses dialogues, ensuite pour le dessin !

A partir de 15 ans selon l@BD.

La fiche de l’album est sur le site de l’éditeur. Des planches du tome 2 se trouvent sur BDgest.

Des avis sur le site de CherMédia (avec quelques répliques), et sur les blogs de Yaneck (partie 1 et partie 2), et de Lo.