Partis sans laisser d’adresse [roman]

PARTIS SANS LAISSER D’ADRESSE, par Susin Nielsen (Helium, 2019)

Au Canada, de nos jours. Felix vit avec sa mère Astrid et sa gerbille Horatio dans un combi Volkswagen depuis qu’ils ont été expulsés par l’ex petit-ami d’Astrid. Mais Astrid l’a assuré à son fils : la situation n’est que provisoire, le temps qu’elle retrouve un travail. Le jeune garçon fait donc sa rentrée au collège, sans rien dévoiler de la situation. Mais au fil du temps, la situation ne semble pas se résoudre, Astrid ne parvenant pas à garder un job. Alors Felix se fait une promesse : il va tenter de participer à une émission de télévision version junior pour tenter de gagner le pactole et mettre à l’abri sa petite famille… Lire la suite

Le petit prince de Harlem [roman]

LE PETIT PRINCE DE HARLEM, par Mikaël Thévenot (Didier jeunesse, 2018, coll. Romans)

prince harlem

Sonny est né en 1913 à la Nouvelle-Orléans. Six ans plus tard, à la mort de son père, sa mère et lui, accompagné de son oncle et de sa tante, ont déménagé à New-York, à Harlem, le quartier réservé aux noirs. Là, le racisme est bien moins présent que dans le sud du pays, mais les couleurs ne se mélangent pas. A quatorze ans, un saxophoniste vient habiter dans son immeuble, c’est une révélation pour l’adolescent qui se révèle très talentueux, et c’est aussi l’occasion d’en savoir plus sur son père. Alors que ses amis vont à l’école, lui décide de monter une arnaque avec son oncle pour subvenir aux besoins de sa famille, sa mère étant de plus en plus malade et ne pouvant plus travailler à l’usine… Lire la suite

Mon cher correspondant [roman]

MON CHER CORRESPONDANT, par Maryvonne Rippert (Fleurus, 2018)

Clara vit près de Lyon, son père a perdu son travail et s’enfonce dans une profonde dépression. En classe de 5e, sa prof de français propose aux élèves de correspondre avec une classe de Beyrouth au Liban. Clara se voit attribuer Elio, du même âge qu’elle, mais issu d’un milieu social très favorisé. Au départ très classique, leurs échanges vont leur permettre de grandir, de découvrir une culture différente et de changer leurs regards sur la société…

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Toute la poussière du chemin

TOUTE LA POUSSIÈRE DU CHEMIN, par Jaime Martin et Wander Antunes (Dupuis, 2010, coll. Aire libre)

1929, aux Etats-Unis. La crise économique frappe fort, de nombreuses personnes sont jetées sur les routes, de nombreuses banques ferment. Les faillites se succèdent, les déchéances aussi. Tom est un homme qui erre sur les routes du pays, à la recherche d’un travail. Seul, il fait la rencontre d’autres personnes dans la même situation que lui et fréquente la prison à cause de policiers un peu trop zélés. Suite à une rencontre avec un homme gravement malade, Tom accepte de partir à la recherche de son fils Buck, qui aurait comme projet de faire les voyages de Jack London. Au long de cette recherche, il va croiser une Amérique violente, où les policiers font leur propre loi et n’hésitent pas à tirer dans le dos, où des hommes voyagent clandestinement en train, où des noirs sont condamnés simplement à cause de leur couleur de peau… Bref, violence, racisme et injustice sont au rendez-vous de son périple…

Voici un récit fort, sur une période bien troublée. J’ai eu un peu de mal au départ à savoir où cela allait me mener, mais une fois les 80 pages lues, je ne regrette pas cette lecture. Le dessin de l’espagnol Jaime Martin est assez simple, tout en étant travaillé et réaliste. Le trait est est assez gras, les contours sont très marqués, mais le dessin colle bien à cette histoire qui mêle pauvreté, chômage, solitude… Les portraits sont particulièrement réussis, expressifs, avec des traits creusés ou des regards hébétés. Ils représentent bien l’état désespéré des protagonistes. Les couleurs sont particulièrement pâles, comme délavées. Le scénario du brésilien Wander Antunes est très noir, très pessimiste, mais il reflète bien la situation catastrophique des Etats-Unis d’après le krach boursier : chacun ne pense qu’à lui-même, sauf dans de rares cas où Tom est aidé alors qu’il est à bout de forces ou poursuivi par des crapules. La solidarité et l’entraide ne sont pas fréquentes, mais continuent tout de même à exister alors que les « homeless » sont de plus en plus nombreux (hommes, femmes et enfants confondus) et que la misère et la violence font désormais partie du quotidien. Le personnage de Tom est seul, on comprend qu’il a vécu lui aussi des choses difficiles, que sa femme n’est plus à cause de la crise, mais il comporte tout de même une bonne part d’humanité, ce qui en fait un héros au final assez sympathique. En effet, il ne peut refuser à un père de l’aider à retrouver son fils, et il ne cède pas non plus à la violence, sauf dans des cas extrêmes où il doit sauver sa peau, et on sent que sa « bonté » pourrait le perdre de nombreuses fois. Toute la poussière du chemin est un récit très noir, qui comporte tout de même des petites lueurs de positivisme. Une lecture intéressante, surtout grâce au héros.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bulles et onomatopées, Un thé à la bibliothèque, Le grenier à livres de Choco, La bibliothèque de Noukette,

Les premières pages à voir sur Digibidi.

Une sacrée mamie, tome 4

UNE SACRÉE MAMIE, tome 4, par Saburo Ishikawa et Yoshichi Shimada, (Delcourt, février 2010).

Suite du tome 3 et des aventures du jeune Tokunaga. Ses relations avec son chien sont plus tendues, mais c’est pourtant Carp qui va sauver Tokunaga et un de ses camarades enfermés dans une cabane. Le jeune garçon apprend à connaître papy Kondo, un homme respecté dans toute la ville, et c’est l’occasion d’aborder la notion de respect avec sa grand-mère. Avec ses amis, il accueille une nouvelle élève, Asakura, dont la famille travaille dans un théâtre ambulant.

Ce manga aborde un certain nombre de valeurs, telles que la solidarité, la famille, l’amitié, la tolérance. C’est un peu moralisateur parfois, mais bon… c’est aussi l’esprit des années 1950-1960.

Adapté au collège, c’est plaisant à lire.

A partir de 10 ans selon le site l@BD.

Une sacrée mamie, tome 3

UNE SACRÉE MAMIE, tome 3, par Saburo Ishikawa et Yoshichi Shimada, (Delcourt, novembre 2009)

1960. Suite des aventures de Tokunaga à la campagne, chez sa grand-mère. (voir tome 1 et tome 2). Il a 10 ans désormais et vit toujours dans la pauvreté. Sa grand-mère ne pouvant lui payer des cours de kendô ou de judo lui conseille de courir, et c’est grâce à ce sport que le jeune garçon va se faire un nouvel ami, lui aussi amateur de courses, et que les deux amis vont s’affronter lors de la course de l’école. Tokunaga recueille un jeune chiot, qu’il baptise Carp. A son anniversaire, surprise, sa mère revient, et ses amis lui offrent un sacré cadeau !

Une succession d’épisodes plus ou moins joyeux vient rythmer la vie de cette petite famille. Cela peut se lire de façon discontinue sans problème, seuls les quelques personnages principaux sont récurrents. Une lecture plaisir et sans prise de tête, pour un dessin agréable, avec parfois de forts traits japonais !

A partir de 10 ans selon le site l@BD.

Une sacrée mamie, tome 2

UNE SACRÉE MAMIE, tome 2, par Saburo Ishikawa et Yoshichi Shimada, (Delcourt, août 2009).

1960. Voilà un an et demi que Tokunaga est chez sa grand-mère à la campagne (voir tome 1). Il vit sa petite vie d’enfant, et connaît des joies et des malheurs comme tous les enfants de son âge. La pauvreté qu’il connaît est renforcé lorsque des garçons d’une autre classe le provoque en duel pour savoir qui est le plus pauvre d’entre eux. On découvre également d’autres personnages de l’histoire comme la grand-mère de son meilleur ami, surnommée « Tome aux oreilles infernales ».

Chaque chapitre de ce tome se décompose en petites histoires courtes, qui comportent souvent une morale. Pas forcément de fil conducteur entre chaque histoire, sauf parfois quelques rappels. Mais sinon, il s’agit plus de tranches de vie dans la campagne japonaise des années 1960, dans laquelle l’électricité commence à se propager… Un tome plaisant aussi de par son dessin rond et pas trop exagéré. A poursuivre avec la lecture du 3ème volume !!

A partir de 10 ans selon le site l@BD.

Une sacrée mamie, tome 1

UNE SACRÉE MAMIE, tome 1, par Saburo Ishikawa et Yoshichi Shimada, (Delcourt, juin 2009)

L’histoire d’un petit garçon de 8 ans turbulent, Akihiro, qui vit seul avec son grand frère et sa mère, à Hiroshima en 1958. La vie y est difficile, et faute de pouvoir subvenir aux besoins de son jeune fils, la mère décide de l’envoyer, sans lui en parler, chez sa grand-mère à Saga, petite commune campagnarde à 300 kilomètres de là. Là, il va devoir s’habituer à une cabane délabrée et à une vie où même la nourriture manque. Mais le caractère trempé de la mamie et sa philosophie de vie vont faire changer d’avis le jeune garçon sur la campagne : joies et découvertes vont ponctuer son quotidien. Jamais d’apitoiement sur son sort, jamais de découragement. Une bonne leçon de vie !!

Il s’agit de l’adaptation dessinée du roman autobiographique de l’humoriste Yoshichi Shimada, qui a connu un grand succès au Japon (voir la postface du livre).

Le dessin est très sympa, rond, réaliste, bien dans le ton de l’histoire. Le format de l’ouvrage est typique du manga : petit et en noir et blanc, mais en même temps maniable et pratique. Il se lit très bien (et très vite surtout ! ) Le titre n’est pas très engageant, mais je ne regrette pas d’avoir essayé, sur les conseils d’un libraire spécialisé dans les mangas, cet opus original et bien mené qui, même s’il aura une suite, peut très bien se lire de façon autonome, puisque la fin ne relance pas l’intrigue, à l’inverse de certaines séries.

Ce volume est conseillé à partir de 10 ans par  le site du CNDP consacré à la BD.

PS : Ce volume a été critiqué par la revue Télérama dans son numéro 3103 du 4 juillet 2009. Il y est annoncé que le 2nd tome sortira le 19 août !