Double faute [roman]

DOUBLE FAUTE, par Isabelle Pandazopoulos (Gallimard jeunesse, 2016, coll. Scripto)

Ludovic et Ulysse, deux frères qui ont moins d’un an d’écart, sont entraînés par leur père depuis leur plus jeune âge pour devenir des champions de tennis. A 16 et 17 ans, et alors que Ludo est une étoile montante très prometteuse, Ulysse a arrêté la compétition suite à de nombreux problèmes physiques… Le père a reporté tous ses espoirs sur Ludovic, et passe son humeur sur tous les membres de la famille.  Mais la compétition est, elle, toujours bien présente entre les deux frères, Ulysse se sentant toujours inférieur à son grand frère à qui tout semble réussir… Jusqu’au jour où au lycée, un jour d’examen, Ulysse apprend que son frère a fait un AVC sur le court… C’est le début de la fin pour la famille toute entière qui s’écroule… Lire la suite

A copier 100 fois [roman]

À COPIER 100 FOIS, par Antoine Dole (Sarbacane, 2012)

copier100fois

Un adolescent de treize ans se fait harceler à l’école : il est insulté de tous les noms d’oiseaux, frappé, humilié… sans que personne ne réagisse. Les adultes ne voient rien ou alors ne disent rien. N’ayant aucun vrai ami, l’ado, 20qui hésite sur son orientation sexuelle, ne sait comment se sortir de cette situation. D’autant plus que la relation avec son père est très tendue, car l’adulte souhaite que son fils se défende seul et ne se laisse pas faire… Alors pour ne pas décevoir son père, l’ado ment face à ce père qui lui donne ce qu’il croit être de bons conseils… Heureusement que dans cette vie terne, il y a Sarah qui tente de le défendre face aux autres, et qui va lui permettre de parler à son père…

Lire la suite

La vie de tous les jours

LA VIE DE TOUS LES JOURS, par Mickaël Roux (Bamboo, 2015)

Mickaël est un auteur de bande dessinée qui manque parfois d’inspiration. C’est aussi le papa du jeune Léon. Il nous raconte, non sans humour, sa vie de famille avec sa compagne et son fils, entrecoupé parfois de problèmes existentiels ou superficiels, de superhéros et autres moments déjantés… Lire la suite

Au nom du fils

AU NOM DU FILS, par Serge Perrotin (scénario) et Clément Belin (dessin) (Futuropolis, 2016)

au-nom-du-fils

Michel est ouvrier métallurgiste sur les chantiers de Saint Nazaire. Avec Marie son épouse, il a un fils unique, Etienne. A 23 ans, reçu à son diplôme d’ingénieur, ce dernier décide de partir passer une année sabbatique en Amérique du Sud. Lui qui n’avait jamais pris l’avion est fasciné par le voyage, depuis qu’enfant il lisait et relisait les aventures de Tintin, et tout particulièrement celui sur le temple du soleil. Ses parents, spécialement son père, ne sont pas très chauds à cette idée de voyage, alors que leur fils aurait un poste tout trouvé aux chantiers. Mais ils le laissent tout de même partir. Etienne se rend en Amérique du sud, voyage beaucoup et donne peu de nouvelles à ses parents restés en France. C’est alors qu’un jour aux informations, on apprend qu’un groupe d’étrangers a été enlevé en Colombie par un groupe encore indéterminé, Farc ou ELN. Etienne fait partie de ces otages, et le ministère des affaires étrangères appelle les parents du jeune homme. Sur un coup de tête, Michel, qui n’a jamais quitté la France, décide de se rendre sur place pour retrouver Etienne. Il découvre alors la vie colombienne, et de fil en aiguille trace le portrait d’un fils qu’il ne connaît pas, en rencontrant des jeunes gens, voyageurs-baroudeurs pour la plupart, qui ont côtoyé son fils. Il rencontre même la petite amie de son fils. Mais il va lui falloir patience, détermination, et chance, pour retrouver son Etienne, alors que tout le monde lui conseille de rentrer au pays et d’attendre… Lire la suite

Les chevaux du vent, seconde partie

LES CHEVAUX DU VENT, seconde partie, par Christian Lax (scénario) et Jean-Claude Fournier (dessin) (Dupuis, 2012, coll. Aire libre)

Suite et fin du tome 1. Cette fois, Resham le fils qui était parti s’engager dans l’armée des colonisateurs britanniques à Calcutta revient. Cela fait 5 années que Calay, son père, est parti pour rendre visite à son fils Kazi dans un monastère de l’autre côté de la montagne, mais depuis, il n’a plus donné de nouvelles à sa famille. Alors le fils décide de déserter pour retrouver son père et le ramener auprès de sa mère mourante. Il se rend donc au monastère, où il découvre les talents de son frère et l’histoire de son père : inculpé pour espionnage, celui-ci est emprisonné dans un village en altitude. Formé aux techniques de défense, il parvient à le libérer mais celui-ci est très affaibli. Avec l’aide d’un médecin bouddhiste et les prières des moines, le père se remet, et le fils se charge donc de le ramener auprès de son épouse. Mais en route, ils sont attaqués…

Dans ce second volume qui se déroule donc cinq ans après le premier, l’histoire est plus concentrée sur la famille : le personnage central de l’histoire n’est plus le père mais le fils qui s’est exilé volontairement. Le scénario est toutefois toujours aussi riche en informations sur les traditions au Népal  (mandalas, vie au monastère, processions), mais ce n’est plus un élément central de l’histoire. De plus, il n’y a plus l’aspect historique comme dans le premier volume, les colonisateurs britanniques ne sont plus présents dans les pages de ce second volume. Par contre, j’ai observé qu’il y a plus de scènes violentes. Les scènes de combat sont plus nombreuses, mais pas forcément toujours bien faites. Je m’explique là-dessus : j’ai eu du mal à me représenter les mouvements lors de ces scènes, même si celles-ci sont détaillées, elles font assez figées. Les couleurs sont cependant plus intéressantes que dans le tome 1, et il y a quelques grandes planches réellement magnifiques avec de jolis panoramas sur la montagne et le monastère de Kazi. La scène de la procession est aussi très jolie et colorée. Les thématiques des traditions et coutumes ainsi que de la quête du père sont intéressantes, même si je regrette que la relation entre le père et le fils soit assez peu creusée cependant. Enfin, j’ai aussi, comme pour le tome 1, eu du mal à me repérer dans la géographie des différentes régions citées. Bref, ce diptyque est une histoire originale et agréable, qui change des productions habituelles de Lax. Même si je ne suis pas totalement convaincue, elle a des points forts indéniables, le premier étant son dépaysement…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le comptoir de la BD, Le grenier à livres, Le blog Bd de Manuel Picaud

Premières planches à voir sur Digibidi.

La fille de l’eau

LA FILLE DE L’EAU, par Sacha Goerg (Dargaud, 2012)

Damien est un adolescent qui s’est perdu alors qu’il faisait du pédalo sur un lac, et a atterri dans une grande maison contemporaine, perchée sur une falaise donnant sur ce lac. Là vivent une mère et son fils Mattew, qui sans lui poser trop de questions aident Damien, en attendant qu’il puisse repartir. En réalité, Damien n’est pas arrivé là par hasard comme il le prétend. Il cherche à rencontrer la femme de son père, qui vient de décéder. Damien n’est pas non plus qui il affirme être : il est en réalité une fille, Judith, que son père, sculpteur et artiste, avait abandonnée pour sa nouvelle femme. Damien/Judith va donc s’immiscer dans la vie de cette autre famille qu’il ne connaît pas et faire connaissance, entre autres, avec son demi-frère… Son père lui apparaît dans certains moments, sous la forme d’une boule d’eau ou je ne sais quoi, et la raison secrète du passage de Damien/Judith dans la maison va être révélée aux autres membres de la villa…

J’ai acheté cet album cet été dans une librairie BD de Bruxelles, sur les conseils enthousiastes d’une jeune libraire qui me l’a bien vendu. La couverture de cet album est très jolie et donne déjà le ton de cette histoire. Je me suis laissée convaincre par cet achat, car je ne connaissais pas l’auteur et puis l’histoire me paraissait intéressante. Une fois ma lecture faite, je ne sais pas quoi penser de cet album si particulier. L’aquarelle et l’encre de Chine ont un rendu très agréable, et confèrent une ambiance particulière, un peu onirique, parfois hors du temps à cet album. Cela est accentué par l’absence totale de cases dans cet album, ce qui allège considérablement le visuel. Les dessins sont agréables, même si le trait de Sacha Goerg est un peu particulier au début. C’est plus au niveau du scénario que j’ai des doutes, je ne sais trop quoi penser de cette histoire dont le synopsis est pourtant intéressant. De nombreuses thématiques sont abordées dans l’histoire : l’homosexualité du fils, l’art contemporain, le deuil familial, la quête du père et de sa propre identité… Pourtant, j’ai eu du mal à croire à l’histoire. Les personnages sont assez bizarres : Damien/Judith est accueilli trop facilement par la dernière épouse de son père, qui lui pose vraiment trop peu de questions sur sa situation. La relation entre le fils (demi-frère de notre héros) et la mère est très distendue. La mort du père est assez peu abordée, alors que j’ai cru comprendre qu’il était décédé peu de temps auparavant. Les amis de la mère qui arrivent à un moment sont aussi bizarres, avec la femme qui fait de drôles de propositions au fils. Il y a donc une ambiance étrange dans cet album, c’est difficile à expliquer et cela mériterait une seconde lecture pour mieux s’imprégner de l’esprit particulier de cette histoire, pas simple à comprendre mais pas inintéressante pour autant. Même si je pense ne pas avoir tout saisi, c’est une expérience à essayer tout de même.

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais pas avant 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques d’Asteline, Maxoe, SambaBDVu des yeux doliBD, Hop BD, Adepte du livre

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Interview de l’auteur, un des fondateurs de la maison d’édition belge indépendante L’employé du moi, à lire sur Samba BD.

Les enfants de l’envie

LES ENFANTS DE L’ENVIE, par Gabrielle Piquet (Casterman, 2010, coll. Ecritures)

1999, à Laon en Picardie. Basile est un homme trentenaire qui vit encore chez sa mère. Passionné par les Etats-Unis depuis sa plus tendre enfance, son père serait un américain qui travaillait dans la base américaine de la ville qui a fermé en 1967. Il se prénommerait Henry, mais Basile n’en sait pas plus, sa mère ne voulant plus parler de ce sujet, leur relation ayant été très furtive… C’est par sa grand-mère que Basile sait ce qu’était la ville de Laon lorsque la base américaine était encore en service. Sa passion pour le pays de son père est née là, et Basile a un seul sujet de prédilection dans ses peintures : les rues de New-York. Un jour, le maire de la ville lui demande s’il veut participer à une exposition d’art sur les Etats-Unis, car une commémoration va bientôt se passer et des vétérans de la base américaine de Laon sont invités. Malgré la réserve de son meilleur ami, Basile accepte et rêve de retrouver son père parmi les américains en visite…

Les enfants de l’envie fait partie de la très bonne collection « écritures » chez Casterman, et j’ai rarement été déçue par cette collection, c’est la raison pour laquelle je me suis lancée dans cette lecture dont le dessin de la couverture me plaisait pas mal. J’ai été un peu décontenancée par le dessin à l’intérieur : le trait est très fin, et donne un dessin à l’apparence très dépouillé. Aucune couleur n’est utilisée, sauf les aplats de noir pour distinguer le héros de l’histoire (ou plutôt ses cheveux et sa veste) parmi la foule de personnages. Le trait est au départ assez déroutant, surtout pour suivre le fil de l’histoire car il n’y a pas de gaufrier, et donc le sens de lecture n’est pas si simple au départ, certains dessins se chevauchant même. Le style est réellement original, je n’avais jamais rencontré ce style-là auparavant, et cela ne m’a pas empêchée d’être vraiment immergée dans l’histoire. Le dessin est parfois un peu plat, du fait de l’absence de nuances dans les couleurs et de son côté un peu « brut », mais au final il donne un côté touchant et sensible au récit. L’auteur parvient très bien à signifier la folie dans ses dessins, en partant un peu en vrille, avec un trait pas toujours net. Certains traits sont en effets moins maîtrisés que d’autres, c’est un souhait de l’auteur pour entrer dans la tête de ses personnages, ou pour éviter un récit trop linéaire. J’ai trouvé ce procédé extra, totalement en adéquation avec l’histoire. J’ai été conquise par ce dessin si délicat et qui interprète bien les pensées des personnages. Au niveau du scénario, le côté quelque peu fataliste du héros (qui ne voit pas sa vie autre part qu’à Laon alors qu’il est réellement talentueux) m’a un peu gênée, j’ai eu pitié de cet homme qui a presque toujours vécu dans sa petite ville et qui vit dans ses souvenirs et ses espoirs, ou plutôt dans les souvenirs de sa grand-mère. L’histoire telle que la raconte Gabrielle Piquet est très touchante et sensible. Cette impression est peut-être renforcée par le trait simple mais empli de poésie. Cela me donne envie de me renseigner sur d’autres œuvres de cette jeune auteure, qui choisit un parti-pris original dans l’interprétation dessinée de l’histoire, qui est basée sur des faits réels (la base américaine de Laon a réellement existé, dans les dates indiquées par l’auteur : voir cet article et des photos sur ce site). J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, et même si je pressentais un peu la chute, certains passages m’interrogeant sur leur présence dans le récit, j’ai complètement adhéré à cette histoire au final assez triste… A essayer !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Carnets de sel, Cchez Canel, Dédicaces & vide-grenier, Le rose et le noir

Le site de Gabrielle Piquet, avec quelques planches issues de cet album.

Sagarmatha

SAGARMATHA, la montagne dont la tête touche le ciel, par Patrick Weber (scénario) et Renaud Pennelle (Emmanuel Proust éditions, 2008, coll. Atmosphères sport)

Les parents d’Arnaud sont séparés, et son père est parti assouvir sa passion de l’alpinisme au Népal, où il organise des expéditions sur l’Everest avec des clients européens. L’ado ne supporte pas la situation et a pas mal de rancœur envers son père qu’il considère comme un égoïste. Sa mère lui propose un jour de rejoindre son père au Népal. Refusant tout net au départ, Arnaud ne peut finalement rien refuser à sa mère et va s’exercer d’abord en France. Il reprend le sport de façon intensive et avec un guide de Chamonix, va gravir le Mont-Blanc. Ces six heures d’ascension sont laborieuses et difficiles pour le corps d’Arnaud, mais il vient d’attraper le virus de l’altitude et cela motive finalement l’adolescent à aller au Népal. Là-bas il fait connaissance de la nouvelle compagne de son père et d’un népalais qui aurait plutôt tendance à l’énerver parfois… La vie avec ces nouvelles personnes ne va pas être si simple, mais la relation entre le père et le fils en sortira renforcée… En effet, tous deux vont entreprendre l’ascension de l’Everest, ou Sagarmatha pour les Népalais.

Voici un album sur un sujet assez peu abordé en BD, la montagne. J’ai bien pensé parfois au sommet des dieux de Taniguchi, mais là, on a une histoire de famille qui se met en parallèle de l’aventure sportive et humaine, et puis, le jeune héros n’est au départ pas attiré du tout par le milieu montagnard. J’ai beaucoup aimé l’introduction de Serge Koenig, vice-consul de France à Chengdu en Chine, 251ème alpiniste à avoir gravi le sommet de l’Everest. On apprend plein de choses sur le sommet le plus élevé du monde, les noms népalais (Sagarmatha), tibétain (Chomolanga) et européen (Everest, en hommage au géographe Sir George Everest qui dirigeait depuis Delhi le groupe de cartographes qui a repéré et mesuré officiellement le sommet en 1865). C’est donc très instructif sur l’histoire de la découverte de ce sommet. Cet album mêle une histoire familiale à une histoire d’aventure et d’ascension.

L’histoire familiale est assez classique, mais je trouve que le jeune Arnaud est trop facilement convaincu par sa mère pour aller au Népal, qu’il accepte trop facilement de se lancer dans l’ascension de l’Everest. Lorsqu’il menace de renoncer, il change d’avis peu de temps après, il n’a pas un avis vraiment fixe. Bref, l’ado au centre de cette histoire n’est pas forcément fiable, je ne l’ai pas trouvé particulièrement attachant. La relation avec son père est conflictuelle, mais c’est le fait de changer de lieu, d’être à Katmandou, ville culturellement totalement éloignée de ce qu’il pouvait connaître en France, qui va lui faire découvrir une facette inattendue de son père et comprendre son amour de la montagne. Je ne m’y connais pas du tout en alpinisme, mais j’ai aussi trouvé que les ascensions, que ce soit du  Mont-Blanc ou de l’Everest, paraissent relativement faciles. Bien sûr, la montée n’est pas de tout repos, mais cet album donne l’impression que n’importe qui en bonne santé et un minimum préparé pourrait faire l’ascension, alors que je me doute bien que ce n’est pas le cas dans la réalité. En même temps, difficile pour les auteurs dans cet album d’une petite cinquantaine de pages d’aborder les difficultés et les intenses préparations nécessaires aux ascensions. Au niveau du dessin, il est agréable, parfois un peu statique au niveau des portraits, mais les paysages de montagnes sont magnifiques et cela est accentué par les couleurs utilisées. Un joli dessin, servi par un scénario un peu faible et survolant le sujet. Dommage… A noter en fin d’album la présence d’un dossier de 4 pages avec des conseils pour affronter la montagne et ses sommets, en partenariat avec la FFME (fédération française de la montagne et de l’escalade).

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Montagne-cool, M. Picaud sur paperblog

Aller voir du côté du site du dessinateur Renaud Pennelle, dont c’était là la première bande dessinée.

Les souvenirs de Mamette, tome 3 : la bonne étoile

LES SOUVENIRS DE MAMETTE, tome 3 : LA BONNE ÉTOILE, par Nob (Glénat, 2012, coll. Tchô !)

Suite du tome 2. Nous sommes en décembre 1935, les vacances sont là, Marinette vit toujours à la campagne chez ses grands-parents et sa tante Suzon. Deux garçons, Jeannot et Jacques, sont amoureux d’elle, et se battent pour savoir qui pourra faire la cour (et même se fiancer !) à la jeune fille. Un soir en rentrant dans la neige, Marinette est arrêtée par un camion. Ayant appris qu’il ne faut pas parler aux inconnus, la fillette évite les hommes à bord du camion, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il s’agit de son père. Il est accompagné d’un homme noir, Désiré, ce qui dénote dans le village campagnard. Ils vont passer quelques jours ensemble et Marinette pense que son père est venu la chercher, mais il n’en est rien…

Encore une jolie histoire des souvenirs de Mamette, où on rencontre son père dont on avait aperçu la silhouette dans les tomes précédents. La fillette s’est faite à la vie à la campagne, mais apprécie beaucoup la venue de son père. Elle est à la fois naïve et mature, comprenant bien que le monde des adultes est moins facile que celui des enfants. Le propos fait léger au premier abord, mais il permet d’aborder des choses bien plus profondes qu’il n’y paraît. J’ai bien aimé les petites références historiques, où on comprend que le père est engagé syndicalement et qu’il participe à la mise en place de ce qui va devenir en cette année 1936 les grandes grèves. J’ai aussi beaucoup aimé la fin de l’album, lorsqu’on termine sur la Mamette grand-mère, qu’on apprend ce qui s’est passé dans sa vie d’adulte, c’est-à-dire lequel des deux garçons elle a choisi. Sinon, c’est toujours très bien dessiné par Nob, réaliste, dynamique, poétique même parfois. Pas toujours besoin de bulles pour comprendre ce qui se passe, c’est très futé je trouve, cela oblige à bien regarder les dessins et ça plaira forcément aux petits lecteurs ! Les couleurs, souvent dans les tons pastels, sont très travaillées, pas plaquées sur le dessin, mais je regrette encore une fois le trop petit format qui ne permet pas de voir tous les détails. C’est sûr que c’est facile à tenir en main, mais quel dommage de ne pas admirer le travail à sa juste valeur !

A noter enfin que c’est la première fois qu’une élève me prête une de ses BD (on a le tome 1 au CDI, et je lui avais dit que j’avais lu le tome 2), et ça m’a fait très plaisir ! 🙂

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Espace temps libre, Hellody, Pause Kikine, Samba BD

Les premières planches à lire sur Izneo.

Accroche-toi, Sam !

ACCROCHE-TOI, SAM !, par Margaret Bechard (Bayard jeunesse, coll. Millézime, 2004)

https://i0.wp.com/static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/4/7/0/9782747010658FS.gifSam est un adolescent américain de 17 ans. Il est papa d’un petit garçon prénommé Max, que sa mère a abandonné à la naissance avant de déménager avec ses parents. Sam ne pouvant se résoudre à abandonner son fils, il décide de le prendre en charge. Pourtant, entre les études dans un lycée qui pourtant est adapté pour les adolescents-parents et l’éducation de son fils, Sam rencontre de nombreuses difficultés. De plus, au lycée, il est le seul père. Sam est alors obligé de grandir plus vite que les autres jeunes de son âge : c’en est fini des sorties, des parties de basket avec son ami Andy, mais aussi de l’insouciance. Au lycée pourtant, il va reprendre espoir, et retrouver Claire, qu’il avait connu au collège. Ensemble, ils vont tenter les concours pour l’université. Mais ne serait-ce pas incompatible avec une vie de parent ?

Suite au commentaire de Plume posté sur ce blog début janvier à propos du roman « cher inconnu », je me suis décidée à lire ce roman qui traînait dans ma bibliothèque depuis quelques temps. Et bien, pour tout dire, je l’ai dévoré ! Il se lit très rapidement car l’écriture est très fluide, sans phrases compliquées ni à rallonge. J’ai été un peu déçue par la fin, peut-être parce que je ne m’y attendais pas du tout. De plus, elle est très courte, et finalement assez déroutante…

Sam le père célibataire exprime ses nombreux doutes, ses questionnements, sa frustration d’avoir perdu sa vie d’ado un peu trop tôt. L’originalité du roman consiste en ce narrateur, jeune papa qui assume ses responsabilités et qui suit ses études dans un lycée alternatif. Bon, il faut quand même bien garder en tête que cette histoire, même si elle est fictive, se déroule aux Etats-Unis, et qu’elle n’est pas transposable en Europe, car une telle structure d’accueil (lycée et garderie) n’existe pas -du moins à ma connaissance- de ce côté de l’Atlantique.

A partir de 13 ans pour le site Ricochet-jeunes.

Lire les avis de Livresautrésor (attention, contient des indices pour la fin de l’histoire) et Delivresenlivres.