Le prince et la couturière

LE PRINCE ET LA COUTURIÈRE, par Jen Wang (Akileos, 2018)

Le prince Sébastien est un cœur à prendre. Mais il semble peu intéressé pour se trouver une princesse à épouser. Ce sont ses parents surtout qui s’inquiètent et tentent d’organiser des rendez-vous pour que des jeunes filles rencontrent leur fils. Sébastien, lui, préfère s’habiller en robes, et quand il découvre lors d’un bal la tenue très originale d’une princesse, il demande à faire venir secrètement sa couturière. Cette dernière, Frances, déconsidérée dans l’atelier où elle travaille, accepte la proposition la proposition d’embauche pour le mystérieux envoyé qui vient la chercher à son travail. Quelques temps plus tard, elle découvre l’identité de son employeur et lui crée des robes toutes plus originales les unes que les autres… Sébastien, lors des soirées mondaines, devient Lady Cristallia. Il approche même madame Aurelia, la couturière dont Frances est totalement fan. Mais comment gérer l’identité secrète de Sébastien/Lady Cristallia et en même temps la volonté de Frances de devenir une couturière renommée ?

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Les 3 fruits

LES 3 FRUITS, par Zidrou (scénario) et Oriol (dessin) (Dargaud, 2015)

Après quarante ans de règne, le roi sent qu’il arrive à la fin de sa vie, mais il éprouve toujours une seule et même peur, celle de mourir. Il convoque alors les trois plus grands savants du royaume et leur demande tour à tour ce qu’il doit faire pour ne pas mourir. Devant leur absence de réponse qu’il juge satisfaisante, il les fait tuer chacun leur tour. C’est alors qu’un inconnu demande à rencontrer le roi, et lui promet la vie éternelle, . En échange, il demande la main de la fille du roi et fait signer pour cela un parchemin au roi. Une fois la feuille signée, pour que la vie éternelle se produise,l’inconnu demande alors au roi de manger la chair du plus valeureux de ses trois fils. Prêt à tout, le roi met alors en compétition ses trois fils et leur explique le challenge… Pour échapper à la mort, le roi est prêt à faire mourir sa famille et à devenir un monstre…

Encore une nouveauté à la bibliothèque, qui est en ce moment mon fournisseur officiel de lecture. J’y trouve beaucoup de bons albums, et celui-là ne déroge pas à la règle. Cette histoire est un conte très noir, très macabre, où le roi est prêt à tout pour survivre, même à sacrifier la vie de ses proches. Le scénario emprunte les ficelles classiques du conte, il n’y a pas spécialement de surprises de ce côté-là, mais Zidrou sait tout de même comment rendre les personnages attachants, hormis le roi bien sûr qui se transforme en monstre au fur et à mesure de l’album, capable des pires atrocités. Seule la fin est un peu décevante à mon goût, avec la fille du roi qui prend une drôle de décision, et termine ce récit sans vraiment le terminer… Le dessin d’Oriol (que j’ai déjà vu dans La peau de l’ours, lui aussi scénarisé par Zidrou) est complètement en adéquation avec le propos, et accentué avec les couleurs très foncées utilisées. Les personnages sont tout en longueur, les cadrages utilisés en font des personnages parfois maléfiques, et le graphisme correspond à l’ambiance glauque de l’histoire. Les couleurs jouent dans le registre foncé, éclairées parfois de touches de rouge qui mettent un peu de couleur à ce récit très sombre et loin d’être optimiste. Graphiquement c’est très beau, et scénaristiquement c’est bien mené. Voilà un conte à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes, mais qui ravira les plus grands qui ont gardé leur âme d’enfant.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, Sin City, Un amour de BD, La petite marchande de prose, Les belles histoires de l’oncle Hermès

Premières planches à voir sur Izneo.