Romans jeunesse

L’homme à la voiture bleue [roman]

L’HOMME A LA VOITURE BLEUE, par Sébastien Gendron (Syros, 2014, coll. rat noir)

homme voiture bleue.jpgLes parents d’Antoine sont divorcés depuis quelques années. Chacun a refait sa vie, et Antoine aime aller passer le week-end chez son père, quitter Lyon pour quelques jours pour retrouver le fils de sa belle-mère, Victor, qu’il apprécie même si celui-ci est assez taiseux et ne semble pas trop se préoccuper de lui. Antoine l’apprécie même au point de l’appeler « son frère »… Mais après les deux mois de vacances d’été avec sa mère, lorsqu’Antoine revient dans l’appartement paternel, Victor n’est plus là. Pire sa belle-mère semble totalement absente. Que s’est-il passé ? Pourquoi personne ne lui dit rien ? Antoine va poser la question qui semble déranger, et découvrir que Victor est en prison, accusé d’avoir frappé un homme désormais dans le coma… Antoine ne peut y croire et va mener l’enquête.

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BD aventure, BD historique

L’île aux remords

L’ÎLE AUX REMORDS, par Didier Quella-Guyot (scénario) et Sébastien Morice (dessin) (Bamboo, 2017, coll. Grand angle)

ile remords

1958, dans le sud-est de la France, des inondations monstrueuses se produisent. Jean, médecin de campagne, va porter secours à son père qui vit dans une maison isolée dans les collines. Ce retour est inattendu, car cela fait un quart de siècle que le jeune homme est parti pour entrer dans l’armée, et il a donné peu de nouvelles depuis. Les conditions climatiques vont amener Jean à rester plusieurs jours dans la maison de son enfance : il va y découvrir la vraie identité de sa mère et de son père, raconter à son père ses aventures en tant que médecin militaire dans les bagnes des colonies françaises. Les avis des deux hommes divergent, totalement à l’opposé l’un de l’autre… Mais l’histoire familiale de Jean va remettre en question ses certitudes…

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BD fait de société, BD polar

Le linge sale

LE LINGE SALE, par Pascal Rabaté (scénario) et Sébastien Gnaedig (dessin) (Vents d’Ouest, 2014)

Pierre Martino est un jeune homme qui découvre que sa femme Lucette le trompe avec un autre homme, Gérard. Animé de vengeance, il les suit avec un fusil de chasse et découvre l’hôtel qui abrite leurs amours interdites. Parvenu à leur chambre, il tire sur un couple en pleine action, et ne se rend qu’ensuite qu’il s’est trompé de chambre et donc de couple. Condamné à la perpétuité, le mari jaloux sort finalement de prison au bout de vingt années durant lesquelles il a été exemplaire. Mais sa vengeance ne s’est pas endormie : il attend patiemment le jour où il pourra tuer son ex-femme et celui qui est devenu son mari ainsi que leurs enfants… Il va mettre son plan à exécution minutieusement, en prenant le temps de trouver des informations, d’observer les habitudes de chacun et de saboter patiemment des petites choses au départ insignifiantes…

Voici un album paru à la rentrée 2014, que je n’avais pas vu en librairie avant qu’il ne soit disponible à la bibliothèque. Le nom de Rabaté m’a fait l’emprunter tout de suite, sans trop savoir de quoi il retournait. En fait, c’est une nouvelle chronique provinciale pour Rabaté, après le génial Un ver dans le fruit qui aborde aussi une certaine forme de violence dans les campagnes ou encore La Marie en plastique. Il aborde aussi le thème de la vengeance conjugale, deux ans après le cruel mais tout aussi génialement construit Crève saucisse. Le scénario est bien construit avec une fin très surprenante, réellement inattendue. J’ai beaucoup aimé les éléments situant l’histoire, il faut dire que Rabaté utilise parfois des noms existant réellement, même si j’ai eu l’impression qu’il a refait sa carte du département de Maine-et-Loire pour placer à côté des lieux qui ne le sont pas en réalité. Mais cela n’est pas dérangeant, car il s’agit bien de fiction. La famille de Lucette, la femme adultérine, est vraiment particulière : il s’agit de « beaufs » dans toute leur splendeur, avec un mode de vie peu évolué, la saleté, la crasse et les menus larcins faisant partie de leur quotidien. Les fautes de vocabulaire énormes qu’ils font sont preuve de leur manque d’éducation certain. Cela fait un peu cliché (beaucoup même), certes, mais je pense que l’auteur a dû s’inspirer et condenser dans cette famille des personnes vues par exemple dans certaines émissions de témoignage ou de reportage de chaînes de la TNT… Bref, ce ne sont pas des personnages qu’on a spécialement en sympathie, et on serait presque du côté de Martino s’il n’avait pas en tête de tuer toute la famille de son ex-femme. Quelques uns de leurs larcins sont montrés et cela ajoute encore à l’esprit immoral de cette drôle de famille. Vous l’aurez compris, en tant que lecteur, on n’est donc pas attiré par l’un ou l’autre des personnages principaux, mais on est plus en tant que spectateur du drame qui va se dérouler. J’ai vraiment beaucoup aimé le scénario, noir, cruel parfois, drôle aussi avec les expressions très imagées, à la limite du patois parfois, et les énormités que peuvent sortir les membres de la famille de Lucette et qui font sourire. Par contre, le dessin de Sébastien Gnaedig, que je ne connaissais pas auparavant, est inégal en terme de qualité : parfois le trait est fin et maîtrisé, et à d’autres moments, quelques cases plus loin, le trait est trop gros, trop irrégulier. Par contre, il ne pose pas de souci pour reconnaître les personnages, qui sont parfois un peu trop nombreux tout de même. Quant aux couleurs, elles sont simples : il ne s’agit que de bichromie, noir et marron. Les quelques touches de blanc éclaircissent le dessin. Ces choix de couleurs sont intéressants, car chaque lecteur peut se coloriser l’histoire dans sa tête, et puis les tons choisis correspondent bien à cette histoire peu joyeuse. Voici donc encore une jolie production de Rabaté, servi par le dessin de Gnaedig, parfois inégal, mais agréable tout de même. Pour finir, j’ai un petit regret : le livre commençait mal, avec une faute d’orthographe dès la première case (« un clope » au lieu d' »une clope »), heureusement que la suite m’a fait oublier ce petit défaut !

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Temps de livres, D’une berge à l’autre, Bulles et onomatopées, Les jardins d’Hélène, Branchés culture, C’est l’heure du goûter

Premières planches à lire sur Izneo.

Courte biographie du dessinateur, qui est ou a été aussi directeur éditorial dans des maisons d’édition BD. Voir aussi son compte Twitter.

Chronique radio à écouter sur France Inter.

BD polar

Paci, tome 1 : Bacalan

PACI, tome 1 : BACALAN, par Vincent Perriot (scénario et dessin) et Valérie Merlet (couleurs) (Dargaud, 2014)

Pacifique est un jeune homme qui vient de sortir de prison et vit sous le régime de la conditionnelle. Il travaille sur un chantier et ne veut plus replonger. Il était en prison pour avoir convoyé de la drogue à grande vitesse, ce qu’on appelle communément le « go fast », et lorsque son ancien patron l’appelle pour lui proposer de recommencer, Paci raccroche. L’homme mystérieux et solitaire préfère essayer de refaire sa vie honnêtement et s’éloigner du milieu. Alors lorsqu’il est accusé de complicité de vol de matériel de chantier avec son collègue alors qu’il n’a rien fait, Paci entre dans une fureur noire et oblige son collègue à rendre le matériel volé. Mais d’autres enjeux se cachent derrière ce larcin, et la situation de Pacifique semble inextricable… D’autres trafiquants veulent le talent de conducteur de Paci, mais comme ce dernier n’a pas l’air de vouloir reprendre les livraisons, l’éliminer serait le meilleur moyen pour ne pas le voir passer « à l’ennemi »…

Voici le premier tome d’une trilogie au sujet original : la vie d’un homme ancien conducteur de go fast, qui veut se ranger après une période de prison. Mais cela ne s’avère pas simple lorsqu’on est un très bon conducteur. Paci ne peut donc pas se ranger comme il l’aurait souhaité, et les sollicitations sont nombreuses. Cela donne un scénario sans temps mort, dynamique et intéressant. L’auteur prend le temps de présenter les personnages, en distillant les informations au coup par coup. Il développe son scénario à un rythme agréable.  Par contre, au niveau du dessin, je suis moins fan. C’est une question de goût, mais j’ai moyennement accroché au trait de Vincent Perriot, trop en longueur. Pour moi, il a une drôle de façon de représenter la vitesse ou les feux d’une voiture, ou encore les coups donnés. Par contre, les personnages sont pas mal, on les reconnaît sans peine. Le trait est vraiment original, un peu hésitant parfois, mais pas désagréable pour autant : j’ai eu une drôle d’impression en lisant les 80 pages de ce premier volume. Mon avis reste mitigé sur le dessin. Ce premier tome fait se poser des questions, et c’est donc sans nul doute grâce au scénario que je lirai la suite, pour connaître la suite des aventures de cet homme.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog BD Sud-Ouest, Une autre histoire, Blog à part BD,  Baz’art, Samba BD

Consulter le blog du dessinateur-scénariste.

Le début de l’album, à lire sur Izneo.