Goupil ou face

GOUPIL OU FACE, par Lou Lubie (Vraoum, 2016)

goupil ou face

Autobiographie d’une jeune femme prénommée Lou, qui a tout pour réussir, amour, amis, famille, travail…, mais n’y arrive pas pleinement. Elle déprime sans en comprendre les raisons et a ensuite des périodes d’euphorie et de motivation Au fil du temps, et après consultation de nombreux spécialistes, parmi lesquels des psychologues et des psychiatres, elle découvre qu’elle est bipolaire, plus précisément cyclothymique : son tempérament, représenté sous la forme d’un renard, varie du tout au tout très rapidement, de façon parfois incontrôlée. Il va falloir que Lou apprenne à vivre avec, et si possible à domestiquer ce renard pour qu’il prenne moins d’emprise sur sa vie. Elle nous raconte ce combat dans ce roman graphique. Lire la suite

Le jour où le bus est reparti sans elle

LE JOUR OÙ LE BUS EST REPARTI SANS ELLE, par Beka (scénario), Marko (dessin) et Maëla Cosson (couleurs) (Bamboo, 2016)

jour où busClémentine a une petite vie bien réglée : célibataire, elle se plaît assez dans son boulot, a un joli appartement, mais n’a pas vraiment confiance en elle, réalisant qu’il lui manque quelque chose pour se sentir vraiment bien, pour atteindre le bonheur… Depuis quelques temps, elle s’est mise à la méditation et pendant un week-end, rejoint un groupe qui part à un séminaire en bus. Sur la route, le groupe s’arrête près une épicerie perdue en pleine forêt, et repart en oubliant la transparente Clémentine. Au départ déboussolée, la jeune femme va finalement se rendre compte que c’était peut-être le mieux pour elle. Grâce à Antoine, propriétaire de l’épicerie et philosophe à ses heures perdues, et à une de ses amies de passage, elle va réaliser que le bonheur n’est pas forcément un objectif inatteignable…

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Amour austral

AMOUR AUSTRAL, par Jan Bauer (Warum, 2016,  coll. Civilisation)

amour-australJan est un trentenaire allemand quelque peu désabusé : il parvient avec peine à se défaire d’une histoire d’amour qui s’est mal terminée, et pour se ressourcer et se retrouver, il décide de partir effectuer une randonnée en solitaire dans le désert australien. Au programme, 450 km de marche dans le centre du pays, d’abord le long du Larapinta Trail, sentier de randonnée ponctué de réservoirs d’eau, puis sur une autre route moins fréquentée et peu approvisionnée en eau. Mais ce périple qu’il souhaitait au départ effectuer en solo va finalement se dérouler en partie aux côtés de Morgane, une jeune française rencontrée sur place. C’est l’occasion pour les deux européens de confronter leurs histoires ainsi que leurs conceptions des rapports humains et de l’attachement sentimental. Lire la suite

L’apocalypse selon Magda

L’APOCALYPSE SELON MAGDA, par Chloé Vollmer-Lo (scénario) et Carole Maurel (dessin) (Delcourt, 2016)

Ca y est, c’est officiel, la fin du monde aura lieu le 21 mars l’an prochain. Il ne reste plus que 365 jours avant que ce ne soit fini, les scientifiques en sont sûrs. Alors d’ici là, Magda, adolescente au fort caractère qui fête ce même jour ses 13 ans, va décider de profiter du temps qu’il reste pour vivre sa vie comme elle l’aurait souhaitée. Elle va se détacher peu à peu de sa famille qui se délite : son père est parti avec sa maîtresse, abandonnant femme et enfants, sa mère et sa soeur tente de survivre en attendant le jour ultime… Magda, sachant qu’elle ne connaîtra jamais ses 14 ans, va alors prendre son indépendance et vivre la fin de sa vie en condensé, pour ne rien regretter…

Voici un album lu après l’avoir repéré chez de nombreux blogueurs depuis sa sortie en janvier. Au départ, je voulais l’acheter, mais il n’était pas en librairie le jour où j’y suis allée. Et puis peu de temps après, il est arrivé en bibliothèque, alors je l’ai emprunté. Et bien, finalement, je ne regrette pas de ne pas posséder cet album, qui est bien, mais sans plus : ce n’est pas le coup de cœur que j’espérais, peut-être que j’en attendais trop après avoir lu quelques chroniques pleines de louanges lues sur la blogosphère… Je ne me suis pas attachée à l’héroïne comme je l’aurais voulue, parce que je n’ai pas aimé certaines de ses réactions. Je l’ai trouvé plutôt « attachiante », avec son comportement souvent excessif, lié certainement au fait que le temps tourne vite et qu’elle souhaite vivre tout de façon intense, avant la fin. Ainsi, je n’ai parfois pas eu l’impression que c’était une ado de 13 ans, alors qu’à d’autres moments, c’était totalement un comportement adolescent. Par exemple, dès qu’elle apprend la date de la fin du monde, elle change du tout au tout, en amour et en amitié. Elle va voir aussi tout autour d’elle le monde changer, les réactions de ses camarades, de ses enseignants, de ses voisins… étant différentes, plus ou moins violentes ou radicales, selon les caractères de chacun. Le monde se désagrège autour d’elle, mais pour autant, mise à part la décision de son père, cela n’a pas l’air de l’affecter plus que cela, Magda pense d’abord et surtout à elle. Bref, le personnage de Magda ne m’a pas plu comme je l’aurais pourtant voulu. Cette recherche de paradis artificiels, d’amours plus ou moins illusoires, cette attitude jusqu’au-boutiste m’est apparue trop excessive, je crois en fait que j’étais plus du côté de sa grande sœur, plus cartésienne.

Le scénario de Chloé Vollmer-Lo est bâti de façon étonnante, puisqu’on commence la lecture par la fin chronologique, et donc on connaît le fin mot de l’histoire avant de commencer la lecture (enfin, on croit le savoir), et puis lorsqu’à la fin de l’album, on retrouve l’épisode exposé au début, on est surpris par l’élément qui n’était pas mentionné au départ. Je dois dire que je n’ai pas trop compris la réaction de Magda à la fin, là encore trop excessive pour moi. Cela m’a laissé un drôle de sentiment en fermant ce livre, un avis mitigé, une impression de vide et de gâchis indescriptible. Cependant, cet album amène le lecteur à se poser une intéressante question : et si on devait disparaître bientôt et qu’on en connaissait la date, qu’est-ce qu’on ferait ? (Je crois que certains ont fait de ce sujet une chanson en duo, non ?).

Au niveau graphique, Carole Maurel, que je découvre avec cet album, nous offre une très jolie histoire, des personnages bien représentés, avec toujours quelques détails qui méritent qu’on s’attarde sur chaque case… Les couleurs qu’elle utilise sont particulièrement réfléchies : un certain nombre de cases est dans les tons jaunes, et cette drôle de lumière donne un sentiment de fin du monde proche, mais aussi de nostalgie. Le trait est très agréable à regarder, et accompagne très bien ce scénario original que j’aurais aimé apprécier plus. Dommage pour moi, je suis passée un peu à côté, je crois.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres, D’une berge à l’autre, Samba BD, Capocapesdoc, Comme dans un livre, Un amour de BD

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le blog de la dessinatrice.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

Max Winson tome 2

MAX WINSON, tome 2 : L’ÉCHANGE, par Jérémie Moreau (Delcourt, 2015, coll. Encrages)

Suite du tome 1 et fin des aventures du plus grand joueur de tennis de tous les temps, célèbre pour ne jamais avoir perdu un match et qui avait disparu suite à la mort de son père. Seul, il décide de partir se mettre au vert dans un endroit inconnu, là où aucun média ne pourra le retrouver. Pendant six années, il vit aux côtés d’une ancienne gloire du tennis des années 1970, qui s’est reconvertie en entraîneur d’un jeune garçon, Pedro, issu d’une famille très modeste. Là, le jeune homme profite de la vie, joue au tennis simplement, sans pression. Jusqu’à ce que le petit garçon grandisse et affiche ses ambitions… Max va alors tout faire pour éloigner son protégé du star system, mais les appels sont trop forts…

Voici la fin du diptyque sportif du dessinateur du singe de Hartlepool. Dans ce second tome, il n’y a malheureusement pas de rappel de l’histoire du premier tome, mais de nombreux liens sont tissés avec faits dans l’histoire. J’ai eu un peu de mal à me rappeler tous les faits du tome 1, il aurait été préférable de lire les deux volumes à la suite. Dans ce tome, Max n’étant plus dans le circuit du tennis, on ne voit plus de match ‘officiel’, seulement quelques échanges. L’album est plus tourné vers l’aspect psychologique, avec des questionnements de l’ancienne star devenue adulte. C’est intéressant, même si les rebondissements ne sont pas bien fréquents. Par contre au niveau du dessin, on reconnait le trait particulier, original, un peu rapide dans certaines cases. Il n’y a toujours pas de couleurs, mais une palette de gris, qui fait un peu étrange au départ, mais les couleurs n’auraient certainement pas apporté grand-chose au récit. Le découpage des cases est par contre très dynamique, avec beaucoup de cases découpées en biais, pour donner du rythme. Il y a aussi quelques jolies planches entières. Enfin, la fin est originale, lorsque les joueurs prennent les spectateurs et les gérants du tennis de court. Max Winson est un bon diptyque même si ce tome 2 quitte le monde du sport, pour aborder la psychologie d’un enfant star qui a grandi avec la pression des médias et des adultes qui l’entourent. C’est un aspect rarement abordé en BD, mais je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce diptyque. A essayer absolument  pour les fans de sport, les autres peuvent, je pense, passer leur tour…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Rocambolivresque, Vu des yeux doliBD, U lost control, Des flaneries et des mots

Premières planches sur Izneo.

Le captivé

LE CAPTIVÉ, par Christophe Dabitch (scénario) et Christian Durieux (dessin) (Futuropolis, 2014)

1880, Albert Dadas est un cas à part à l’hôpital Saint-André de Bordeaux. Il est atteint depuis son adolescence d’une drôle de maladie encore indéfinie, qui le fait fuguer de façon intempestive sans qu’il ne puisse se contrôler, comme pris en otage par son idée de voyager. Pris d’une envie furieuse de marcher, il se rend parfois très loin, jusqu’à Moscou, Constantinople ou Alger, mais amnésique, il ne sait jamais où il atterrit, à un tel point qu’il est parfois emprisonné, maltraité, hospitalisé ou alors au contraire aidé par des compatriotes français pour rentrer chez lui. Son cas particulier va devenir l’objet d’étude de Philippe Tissié, interne en médecine qui va tenter l’hypnose pour libérer Albert de son absence de volonté qui le rend captif de toute nouvelle idée qu’il a en tête et l’empêche de mener une vie sociale normale…

J’ai été très agréablement surprise par cet album, dont j’aime beaucoup la couverture. Tout d’abord les dessins sont magnifiques, très précis et délicats, j’aime vraiment beaucoup ce style-là. Les jeux de gris sont aussi très jolis, donnant de la profondeur au dessin. C’est un vrai régal que de lire les 110 pages de cet album. L’histoire racontée par Christophe Dabitch est réelle, et il est intéressant de suivre le parcours de cet homme atypique à travers les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé : son médecin Philippe Tissié, mais aussi d’autres médecins de Bordeaux ou d’ailleurs, comme le docteur Pitres qui dirigeait le docteur Tissié, un médecin de Limoges ou encore le consul de France à Alger… Ainsi, cela permet de reconstituer le puzzle de la vie de cet homme hors du commun et très sportif, capable de marcher des kilomètres sans s’arrêter. Le récit est construit en variant les points de vue, ce qui ne ralentit pas le rythme. Bien sûr, la relation entre le docteur Tissié et Albert occupe la majeure partie de l’histoire, mais je n’ai pas trouvé le récit longuet, car les lieux et les situations sont variés. L’album est déjà intéressant en soi, et en bonus il se complète par un intéressant dossier documentaire bien fourni, documents d’époque à l’appui, qui permet d’en savoir plus sur le parcours d’Albert Dadas et la fin de sa vie. Pour une fois qu’un tel dossier ne fait pas de redondance avec le propos dessiné, ça fait du bien ! Un thème original et un dessin magnifique, voilà un album à ne pas rater !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Canel, SambaBD, Une autre histoire, Depuis le cadre de ma fenêtre, Blog BD Sud-Ouest, Cynthia et ses contes défaits

Premières planches à voir sur Digibidi.

C’est ma deuxième participation à la bd de la semaine(cette semaine chez Yaneck).

Les cobayes

LES COBAYES, par Tonino Benacquista (scénario) et Nicolas Barral (dessin) (Dargaud, 2014)

De nos jours, deux hommes et une femme sont choisis parmi de nombreux prétendants pour tester un nouveau médicament du laboratoire Scott-Dumaz contre une rémunération intéressante. Ce nouvel antidépresseur va être testé sur eux pendant deux semaines qui vont bouleverser leur vie. Ils vont assez mal supporter les essais et le fait d’être isolés du monde extérieur. Leur comportement va changer à cause d’effets secondaires inattendus…

Cet album sorti au tout début 2014 n’a pas forcément fait beaucoup de bruit, personnellement je ne l’avais pas vu beaucoup sur les blogs ou même en librairie. Pourtant, ce one-shot est très intéressant. Au départ, la situation est très commune, même si on sent bien qu’il y a tout de même quelque chose qui cloche chez ces trois cobayes qui mentent tous plus ou moins pour gagner les 3500 euros nécessaires à leur survie. En effet, l’un est atteint de troubles sévères de la mémoire qui lui ont fait perdre son travail, une autre est arrivée en France pour entrer à l’école des beaux-arts sans jamais dépasser le stade des sélections, le dernier enfin a une vie sexuelle très pauvre à cause de problèmes physiques. Les essais se déroulent normalement, en milieu fermé, avec de nombreuses observations effectuées par les chercheurs. Ce n’est que sur la fin des tests et lors du retour à la vie normale que cela va dégénérer, et que la situation va mal tourner pour le laboratoire. J’ai aimé lire cette histoire bien menée avec des rebondissements. Le scénario fait à la fois peur et sourire, et j’ai beaucoup aimé cette plongée dans ce futur peut-être pas si lointain que cela. La fin est surprenante et loin d’être fermée, peut-être un peu déroutante. Le dessin de Nicolas Barral est sympa, dans le sens où on ne peut confondre les personnages. Les portraits sont réalistes, même si parfois un peu figés. Cependant, le découpage est dynamique, et on tourne facilement les 96 pages de l’album, happés par le dessin et l’histoire. Les couleurs sont peut-être un peu ternes et les décors parfois un peu trop absents à mon goût, mais sinon, cet album constitue une bonne réflexion sur la médecine, les industries pharmaceutiques et leurs possibles dérives…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin CityBédépolar, Flynn SFFF, Objectif BD, Blog BD Sud-Ouest

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.