La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

Premières planches à voir sur Izneo.

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La vie compliquée de Léa Olivier, tome 1 : Perdue

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 1 : PERDUE, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2014), d’après le roman de Catherine Girard-Audet

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En plein mois d’août, Léa déménage avec ses parents et son grand frère Félix : elle quitte son petit village de la province de Québec pour sa capitale Montréal, où son père a trouvé un nouveau travail. Triste de quitter son petit-ami Thomas et sa meilleure amie Marilou, elle déprime d’être à plus de 400 kms de ceux qu’elle aime. Malgré les communications par sms et via les réseaux sociaux, pas facile de maintenir le lien à distance. A la rentrée dans sa nouvelle école secondaire, la jeune fille timide tente de rencontrer quelques camarades, mais ce n’est pas facile, surtout lorsque des filles la prennent de haut ou la considèrent comme une rivale qui pourrait leur voler leur futur petit-ami… Heureusement que pour garder le moral, Léa correspond avec Marilou qui lui raconte la vie de son ancien village et le nouveau comportement de Thomas…

Voici un album qu’une libraire m’avait présenté en novembre dernier, et je me suis décidée à le commander pour les collégiens. Nul doute que la thématique leur plaira et qu’ils se reconnaîtront dans ces personnages très réalistes, aux préoccupations très adolescentes : amis, amours, sorties, magasins… Oui, parfois c’est un peu gnangnan, un peu trop guimauve (par exemple les scènes de jalousie de Léa) mais cela reste acceptable quand même. J’ai beaucoup aimé l’aspect BD québécoise avec son vocabulaire propre (traduit dans un lexique en fin d’album, et on est prévenu de la présence de ce lexique dès la préface : j’aime !) mais compréhensible. A noter aussi qu’il y a quelques passages en anglais non traduits, mais faciles à comprendre : cela est original, et permet de montrer le bilinguisme très présent à Montréal. J’ai aimé les quelques représentations de cette ville (la ville souterraine, les immeubles à l’américaine, la place avec la statue de Nelson et l’hôtel de ville, les façades des maisons)… Bref, cela m’a rappelé de bons souvenirs de voyage… J’espère que ce petit voyage ‘bédéesque’ plaira aux élèves ! Les dessins sont pas mal du tout : réalistes avec de jolies couleurs, ils sont lisibles facilement. Ce premier tome, adapté d’une série de romans à succès, constitue une bonne approche de la BD adolescente actuelle. A essayer !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog-o-noisettes, Lirado, A touch of blue Marine, SambaBD, Sophie lit

Premières planches à voir sur  Izneo.

French Kiss 1986

FRENCH KISS 1986, par Michel Falardeau (Glénat Québec, 2012)

Lucas et Leïa sont les enfants d’Etienne. Un matin, ils demandent à leur père comment il a rencontré leur mère. C’est le début d’un retour dans le passé : Etienne raconte comment alors qu’il avait 9 ans, il y a eu la guerre contre une autre bande d’enfants de la rue d’à côté, comment ils ont inventé une histoire de pirates et de trésor, et comment il a rencontré la mère de ses enfants… Il présente les différents protagonistes, dont la grande rousse, chef de la bande adverse, et la fragile Marie aux cheveux noirs dont il est secrètement amoureux…

Voici un album qui m’a moyennement plu : il a fallu que je m’accroche pour le terminer, car il y a des passages où je me suis ennuyée. C’est une sorte de guerre des boutons des années 80, entre deux bandes d’enfants, dans le Québec des années 1980. Il y a plein de références qui feront réagir ceux qui ont grandi dans cette décennie-là (moi c’est juste celle de ma naissance, je n’ai pas de souvenir de ces années-là), bref je pense avoir loupé bon nombre de références… Le dessin est travaillé, très détaillé, et utilise très peu de couleurs. Le texte est écrit assez petit, parfois trop petit, dans les bulles, ce qui a ralenti ma lecture. Les personnages ont parfois des mimiques irréalistes, exagérées type comics. Ce type de dessin m’a moyennement plu, j’ai trouvé ça quelque peu « too much ». Bref, une lecture laborieuse pour moi, heureusement que la fin est originale et sympa, car ça m’a laissé une bonne impression de fin, mais ça n’a globalement pas changé mon avis sur cet album… Dommage, je suis passée à côté…

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Ça dépend des jours, Temps de livres, Les lectures de Topinambulle, La ptite souris du web...

Les premières planches sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Valentin

VALENTIN, par Yves Pelletier et Pascal Girard (La Pastèque, 2010)

Dans une petite ville du Québec, la vie quotidienne d’un couple qui s’effiloche :  Stéphanie est une graphiste qui se lance et Fabien est un agent immobilier. Ils viennent de s’acheter une maison, et Fabien, au contraire de Stéphanie, n’est pas prêt à avoir des enfants. Fanny s’ennuie mais est toujours très attentive auprès de son homme. Un jour, sa meilleure amie lui propose de garder son chat car elle part vivre à l’étranger. Même si Fabien est complètement allergique aux poils de chat, Stéphanie craque pour l’animal et décide de ramener Valentin (c’est le nom de la bête) à la maison… Fabien s’en rend vite compte : il passe sa soirée à éternuer. Mais Stéphanie n’est pas résolue à laisser ce chat dont elle est tombée amoureuse, et va mettre en place des stratagèmes pour passer tout son temps avec son nouveau meilleur ami… Leur couple va s’en ressentir : mensonges, cachotteries, doutes, frustrations non avouées…

Voici un album acheté à Angoulême en janvier dernier, et qui depuis m’attendait patiemment sur les étagères. J’ai choisi de le lire un peu au hasard, et je ne regrette pas ce bon moment, malgré le fait que je n’aime pas les chats. Je ne m’attendais pas à ça, mais oui, Valentin, c’est le chat de la couverture. J’ai adoré lire cet album léger, parce que j’ai eu l’impression de retourner au Québec pendant la lecture, parce que j’ai eu l’impression aussi d’entendre l’accent chantant de nos cousins d’Amérique, avec leurs expressions plus imagées et drôles les unes que les autres. Le scénario porte donc sur le couple, la communication, les concessions, la parfois difficile vie à deux, les désirs de chacun… L’histoire est assez drôle : non pas de grands éclats de rire, mais des sourires sur des situations qu’on peut tous être amenés à connaître un jour ou l’autre. Le dessin quant à lui est simple et clair. Épuré, il n’est pas encadré par des cases, cela donne une sensation de légèreté, d’autant plus accentuée par la technique utilisée pour les couleurs : l’aquarelle. Il s’agit du même dessinateur que pour Jeunauteur qui était en noir et blanc. Le dessin, dans Valentin est plus agréable, je trouve, plus travaillé, et produit 125 pages bien agréables, sans temps mort, avec une fin un peu abrupte mais originale.

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : La lucarne à Luneau, Pause KikineUne autre histoire, Lecture sans frontières, Les lectures de Marguerite

Les premières pages à voir sur Digibidi.

Far away

FAR AWAY, par Maryse Charles, Jean-François Charles et Gabriele Gamberini (Glénat, 2011)

Martin Bonsoir est un chauffeur routier qui circule sur les routes du Canada et des Etats-Unis sans plus les regarder. Un jour d’automne, alors que la neige s’invite sur la route vers la Tuque au Québec, il tombe en panne dans un virage. Il choisit alors de partir à pied vers St Christophe, à 4 kilomètres de là. Mais au bout d’une demi-heure, alors que le froid est de plus en plus poignant, il tombe sur une maison, où une femme prénommée Esmé l’accueille et l’héberge pour la nuit. Mieux, connaissant le mode de fonctionnement des trucks,elle l’aide à repartir, mais avant, elle lui demande de l’accompagner vers sa destination, l’Arizona. Elle rêve de voir le grand Canyon. S’en suit alors un road-movie, où les deux personnages vont quelque peu se découvrir, et où une amitié amoureuse va se nouer, parmi les paysages grandioses nord-américains…

Voici une BD dont Yaneck a parlé il y a un mois ou deux sur son blog, et l’ayant aperçue au CDI, je l’ai empruntée et lue pendant ces vacances. J’ai adoré cet album pour ses paysages, magnifiques, gigantesques. Ca m’a rappelé mes vacances au Québec il y a presque deux ans maintenant, car l’ambiance de l’album est tout à fait réaliste (en plus, on s’était arrêtés à la Tuque !). Bref, ça donne vraiment envie de repartir là-bas ! Les dessins sont particuliers mais très agréables, style peinture. Les gros plans sont magnifiques, très réalistes, presque des photos redessinées. Les paysages sont très colorés, montrant la diversité de l’Amérique du Nord. Un vrai guide touristique ! On sentirait presque l’odeur des arbres dans cette histoire qui commence bien au départ. Puis, au fil des cases, on se doute qu’Esmé cache quelque chose, que cette femme a vécu des choses graves, quand elle parle de son mari et de son fils au passé. Puis la fouille involontaire du sac par Martin ajoute encore un indice. Bref, le scénario est assez vite trouvé, mais j’ai aimé lire cette histoire de 144 pages et me laisser embarquer par l’aventure de ces deux voyageurs solitaires. Un très bon moment de lecture !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir du lycée.

On en parle sur les blogs : SambaBD, Chroniques de l’invisible, Liratouva-Mango, Les chroniques de Madoka.

Le début de l’album sur le site de l’éditeur.

Jeunauteur, tome 1 : souffrir pour écrire

JEUNAUTEUR, tome 1 : SOUFFRIR POUR ÉCRIRE, par Stéphane Dompierre et Pascal Girard (Québec Amérique, 2008, coll. CodeBar)

https://i2.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/6/5/9/001309659.jpgUn homme décide d’écrire son premier roman, mais cela s’avère plus compliqué que prévu, il va connaître l’angoisse de la page blanche, celle du mot juste, les soucis informatiques plus ou moins graves… pour finalement arriver, après maintes péripéties à produire un manuscrit. Mais il va falloir encore le proposer aux maisons d’édition…

Voici un album rapporté des vacances au Québec il y un an et demi, et qui dormait depuis dans les étagères de notre bibliothèque. Il s’agit d’un petit album, un peu plus petit que le format A5, donc il s’était bien caché. Je l’ai retrouvé récemment, et l’ai lu d’une traite. Le sujet est simple, mais je ne l’avais pas encore lu en BD. Chaque page est titrée, pour donner l’idée du thème des 4 cases qui la compose. Le dessin est en noir et blanc, simple, assez répétitif, sans décors. C’est sympa à lire, parfois ce n’est pas assez développé à mon goût, mais ça se lit quand même, et ça fait sourire, à défaut de faire vraiment rire. On voit bien l’évolution du travail de l’auteur, qui ne comprend pas que l’écriture du roman (il parvient à faire d’autres choses en même temps, lorsqu’il n’a pas d’inspiration) mais également le parcours pour éditer l’ouvrage et gagner sa croûte. Un tome 2 est sorti, intitulé « gloire et crachats », mais je ne suis pas sûre de le trouver chez mon libraire…

Non-mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans tout de même.

On en parle sur le net : Jipiman, Voir.ca, Aveugle.

Magasin général, tome 2 : Serge

MAGASIN GÉNÉRAL, tome 2 : SERGE, par Régis Loisel et Jean-Louis Tripp (Casterman, 2006)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/1/3/4/000827134.jpgSuite du tome 1, qui était sobrement intitulé Marie. Marie Ducharme, veuve de Félix, a repris le magasin général de Notre-Dame-des-Lacs, petite bourgade québécoise des années 1920. A la fin du premier épisode, en plein hiver, elle aide un homme en panne sur la route qui la ramène de Saint Siméon, la ville où elle se fournit. Mais pour une veuve, ça ne va pas d’héberger un homme, surtout que personne ne le connaît ici. C’est un homme de Montréal, qui a voyagé en Europe après avoir participé à la première guerre. Serge, vétérinaire de métier, va participer à la vie de la communauté en tuant le cochon, d’autant plus que les hommes sont partis pour l’hiver dans la forêt. Passionné de cuisine, il choisit même d’inviter des habitants pour le réveillon de Noël, et sa cuisine, inspirée de ce qu’il a pu voir à Paris, rencontre un tel succès qu’il décide de transformer le magasin général en restaurant. Tout se passe bien dans l’hiver québecois…

Je me suis remise récemment à relire la série Magasin général, toujours suite à mon voyage de cet été dans la belle province. C’est un vrai bonheur de relire (pas trop rapidement, pour savourer et profiter des dessins et du vocabulaire si particulier) ces albums qui sentent le Québec. J’aime cette douceur de vivre qui transpire dans l’histoire, cette vie en communauté où les qualités de chacun sont mises en avant, où les gens se cotoient régulièrement… J’adore toujours autant le dessin, très travaillé, avec des angles de vue parfois particuliers mais qui rompent avec les schémas classiques. On distingue facilement les personnages, et la cuisine de Serge est particulièrement bien dessinée. Les couleurs restent magnifiques, avec un travail appuyé sur l’ombre et la lumière. Les phrases ont été aussi très travaillées, puisque c’est un auteur québécois, Jimmy Beaulieu, qui a aidé les deux auteurs à trouver le juste milieu dans le vocabulaire. Cela donne un album magnifique, auquel il manque juste deux choses : l’accent québécois et l’odeur de la cuisine de Serge !!

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Clochettes, le blog de Véronique D., Sur les traces du chat, Chroniques de l’invisible,

Voir le site officiel de Régis Loisel, avec une page par album de la série, et de nombreuses planches, dans des états d’avancement différents.

A noter que le tome 7, intitulé Charleston sortira en France le 9 novembre prochain !!