Un bruit étrange et beau

UN BRUIT ETRANGE ET BEAU, par Zep (Rue de Sèvres, 2016)

William est devenu Don Marcus il y a 25 ans quand il est entré dans l’ordre des Chartreux. Il a fait vœu de silence et de vivre hors de ce monde dans lequel il ne se sentait pas bien. Sa famille ne le comprenait pas, mais fut bien obligée d’accepter cette mise à l’écart volontaire du monde. Ses souvenirs de sa vie d’avant se sont effacés avec les années, et sa nouvelle vie de prières et de travail lui convient bien. Mais lorsqu’un jour, le Père supérieur lui annonce qu’il doit aller à Paris pour un héritage familial, Marcus refuse. Ne pouvant faire autrement malgré sa demande, Marcus/William quitte provisoirement le monastère pour monter à la capitale. Il y découvre un monde bruyant, qui vit à toute allure. C’est dans le train qu’il rencontre Méry, jeune femme pleine de vie et de bonne humeur qui s’avère être en fin de vie… Commence alors un dialogue sur la vie, la mort, la foi… Arrivé chez le notaire avec ses cousins, il découvre sa part d’héritage et reste quelques jours avec sa famille, mais surtout avec Méry.

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Miss Marvel, tome 1

MISS MARVEL : tome 1 METAMORPHOSE, par G. Willow Wilson (scénario), Adrian Alphona (dessin) et Ian Herring (couleurs) (Marvel, 2015)

ms marvel

Kamala Khan est une adolescente américaine d’origine pakistanaise. De confession musulmane, elle est entourée par un frère très pratiquant et des parents qui espèrent pour elle le meilleur pour une jeune fille musulmane. Elle, entre deux cultures, a des amis de tous bords. Un jour, elle se découvre des capacités extraordinaires : elle peut commander à son corps des transformations inédites, peut soulever des poids impressionnants et aider les autres… Au départ désarçonnée par ces pouvoirs, elle va en user pour sauver une camarade, mais va aussi se rendre compte des responsabilités que cela implique, aux yeux du grand public mais aussi pour sa vie d’adolescente… Lire la suite

Dieu n’aime pas papa

DIEU N’AIME PAS PAPA, par Davy Mourier (scénario) et Camille Moog (dessin) (Delcourt, 2016)

dieu-papaTao est un petit garçon qui vit seul avec sa mère. Il aimerait bien savoir pourquoi à la maison, il ne faut plus parler de son papa, pourquoi sa mère est toujours de mauvaise humeur et lui interdit de faire beaucoup de choses. Tao vit en effet avec sa maman très croyante et pratiquante, et ils vont à la messe tous les dimanches. Le garçon se rend également à la catéchèse tous les mercredis avec d’autres enfants chez le curé de la paroisse, et dessine souvent dans ses cahiers des épisodes de la Bible. La prière fait aussi souvent partie de son quotidien. Tao sait depuis quelques temps que son père est parti, qu’il a quitté la maison pour vivre avec un autre homme, mais sa mère ne veut pas qu’il en parle, car, dit-elle, c’est humiliant. Alors quand à la catéchèse, on parle de passages du texte sacré où il est question d’adultère, Tao interroge l’homme d’église, et cherche à comprendre la réaction des adultes… Mais le jeune garçon se pose beaucoup de questions, entre bien et mal, se demande ce qui ne va pas, et si son papa va revenir un jour… Lire la suite

Little sister [roman]

LITTLE SISTER, par Benoît Séverac (Syros, 2016)

little-sisterLéna a 16 ans. Avec ses parents, elle a quitté sa région natale de Toulouse pour une autre ville de France, et ils ont changé d’identité. Cela fait quatre ans qu’elle n’a plus vu son frère Ivan, quatre ans que ce dernier les a quittés et est devenu djihadiste en Syrie. D’ailleurs, c’est là-bas qu’il a commis un horrible crime envers un journaliste français, et c’est depuis ce jour-là que Léna et ses parents ont été obligés de changer de nom et de déménager… La jeune fille vit du mieux qu’elle peut cette situation, et parvient à convaincre ses parents de la laisser partir quelques jours en Catalogne, à Cadaquès, chez son oncle et sa tante paternels. Elle omet volontairement de leur annoncer la vraie raison de ce voyage : Théo, l’ancien meilleur ami d’Ivan, a été contacté par Ivan, et ce dernier souhaite voir Léna à Cadaquès. Théo et Léna se rendent donc dans cette cité balnéaire, mais la rencontre avec Ivan ne va pas se passer comme prévu… Lire la suite

L’arabe du futur

L’ARABE DU FUTUR, tome 1 : UNE JEUNESSE AU MOYEN-ORIENT (1978-1984), par Riad Sattouf (Allary éditions, 2014)

Né d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad grandit avc deux cultures. Son père trouvant d’un emploi dans la Libye de Kadhafi, la famille déménage alors à Tripoli, et Riad nous raconte sa découverte du colonel, le mode de vie particulier lybien avec le petit livre vert, mais aussi la rencontre avec ses premiers amis… Ensuite son père trouve un poste dans son pays natal dirigé alors par le père de B. Al-Assad, et les voilà qui redéménagent pour le village  paternel près de Homs, et c’est pour Riad la découverte des cousins et encore une vie differente où l’absence de nourriture se fit sentir… Au fil des anecdotes et de ses souvenirs, Riad découvre sa famille syrienne, mais aussi celle française lorsqu’il retourne en Bretagne pour les vacances…

J’ai emprunté cet album quelques temps avant qu’il ne soit récompensé à Angoulême. L’ouvrage ayant été coup de coeur des bibliothécaires, la liste d’attente pour l’avoir était plus longue qu’habituellement, et donc j’ai enfin pu le lire et me faire mon avis. On a là un roman graphique d’un peu plus de 150 planches, qui ne constitue que le premier volume de ce qui sera normalement une trilogie. Cela se lit bien, même si parfois il y a quelques longueurs et qu’à mon goût, il y a quelquefois un manque de lien entre les épisodes racontés en quelques cases. Le récit reste tout de même dynamique grâce aux nombreuses touches d’humour et d’ironie disséminées dans l’album.

Ce sont les souvenirs du jeune Riad retracés de manière chronologique, sans volonté de dénoncer quoi que ce soit, mais juste de montrer ce qu’il a vécu et ressenti à l’époque, bref c’est forcément un peu biaisé, car vu à travers les yeux d’un enfant, mais c’est aussi cela qui fait la singularité de l’album. Quelques éléments de contexte nous sont cependant donnés pour mieux comprendre la particularité de la situation : par exemple comment Kadhafi a pris le pouvoir en Libye ou encore comment Hafez Al-Assad, faisant partie de la minorité chiite, a mené le coup d’état qui l’a conduit à la tête de l’état syrien. Sinon, on a aussi des éléments de vie quotidienne : le livre vert de Kadhafi, l’absence de propriété avec les désagréments que cela peut générer en Libye, la distribution de nourriture en Syrie… C’est un album intéressant à mettre en parallèle avec la situation actuelle en Syrie : pour moi qui ne connais pas du tout l’histoire de ce pays, Riad Sattouf m’a appris certains éléments qui m’éclairent un peu sur la situation. L’arabe du futur est donc à la fois un témoignage recueil de souvenirs, mais aussi une approche instructive de la Libye et de la Syrie.

A propos du trait, c’est aussi une bonne surprise : je n’avais pas aimé Retour au collège, et j’ai trouvé cette fois le dessin agréable. Le trait est expressif et pas exagéré, on distingue facilement les personnages les uns des autres, les couleurs sont utilisées intelligemment, une par chapitre, pour réchauffer le trait, donner de la texture aux différentes cases. J’ai bien aimé ce procédé. En tout cas, j’ai envie de lire la suite pour connaître l’enfance hors du commun de Riad. Cependant il va falloir attendre un peu avant qu’elle ne sorte…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : My little discoveries, Au bout de la corde, D’une berge à l’autre, Esperluette, Blog brother, SambaBD

Premières planches à voir sur Digibidi.

Cet album a reçu plusieurs récompenses, parmi lesquelles le Fauve d’or du meilleur album à Angoulême en janvier dernier, et le grand prix RTL de la BD 2014.

C’est ma troisième participation à la bd de la semaine chez Un amour de BD.

Ingmar, tome 1 : Invasions et chuchotements

INGMAR, tome 1 : INVASIONS ET CHUCHOTEMENTS, par Hervé Bourhis et Rudy Spiessert (Dupuis, 2006, coll. Expresso)

Ingmar est le fils d’un chef viking. Peureux et chétif, il est l’exact opposé de son frère Epson, bâti comme un roc et qui aime la guerre. Alors lorsque le père n’est plus apte à diriger le village et que la mère n’est pas jugée digne d’en reprendre la suite, les deux frères vont devoir trancher : lequel d’entre eux va pouvoir prendre la suite ? Avec sa malice, Ingmar parvient à déjouer les combats, alors l’assemblée des sages va décider de les faire naviguer, pour que l’équipage décide ensuite de son nouveau chef… Entre pillages et rencontre avec un peuple et son livre sacré, Ingmar va tenter de gagner l’estime de ses compatriotes…

Je commence à connaître les rayonnages de ma bibliothèque, et j’aime toujours autant choisir un album au hasard, presque à l’aveugle, sans même l’ouvrir pour voir si le dessin me plaît ou pas. La couverture était simple, avec son ciel rouge et ses personnages grisés, je ne savais pas trop quel était le registre de cet album. Je l’ai donc emprunté et lu sans rien en attendre, et tant mieux, car ça m’a bien plu. C’est un album humoristique avec un soupçon d’aventure. Le mythe des vikings est revisité de façon loufoque avec Ingmar, qui ne correspond pas du tout aux clichés et autres images d’Epinal sur ces explorateurs scandinaves sanguinaires et barbares. Cela engendre des situations pleines d’humour, qui amènent souvent à sourire tout au long des 48 pages, Ingmar parvenant à échapper aux bastons grâce à son impertinence et son intelligence. Il y aussi des références culturelles, avec par exemple le livre dont se sert Ingmar pour guider ses compatriotes, qui se révèle être la Bible, inconnue des envahisseurs barbares, ou encore avec le dieu Thor. Cet album est donc plus riche qu’il n’y paraît au premier abord. Le dessin n’est pas désagréable : il est simple et ne s’encombre pas de détails. Il en est de même pour les couleurs, avec de nombreux traits gris qui atténuent des aplats parfois un peu vifs. Une bonne pioche encore une fois avec cette lecture sympathique !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, L’antre du Foussa, Je critique tout, Eugénie en librairie

Une épatante aventure de Jules, tome 5 : la question du père

UNE ÉPATANTE AVENTURE DE JULES, tome 5 : LA QUESTION DU PÈRE, par Emile Bravo (Dargaud, 2006)

Jules est un ado qui n’aime pas les cours de sport. Avec son meilleur ami, il décide de sécher ce cours pour se rendre au cinéma. Tout semble se passer pour le mieux, même si la salle de projection est quasi vide et que le film Moby Dick ne l’emballe pas du tout. Mais les bobines du film prennent feu, et il faudra l’intervention des pompiers pour sauver les jeunes garçons des flammes. La punition ne se fait pas attendre : dans le bureau du directeur du collège, les deux ados avec leurs parents à leurs côtés apprennent qu’ils vont devoir faire un stage de voile pendant un week-end, dans un centre nautique en Bretagne… Peu enthousiaste à l’idée de ces deux jours à la mer, Jules ne rêve que de revoir son amie Janet dont il est secrètement amoureux et avec laquelle il discute via internet… Mais avant, son père décide de l’emmener, lui et son frère, à la chasse, pour en faire un homme, mais un accident malencontreux va ternir la sortie familiale. Jules se rend ensuite en Bretagne, où avec Joris, il est pris en charge par le jeune et dynamique père Antoine. La première sortie en voilier ne va pas non plus se passer comme prévu…

Voici une nouvelle aventure de Jules, après le tome 6 lu l’an dernier.. Je ne les lis pas dans l’ordre (aucun numéro n’est indiqué sur la première de couverture et sur la page de titre), mais cela n’empêche pas de comprendre. Le personnage de Jules est agréable, il a des préoccupations de son âge, tout en étant également très mature sur certaines questions. Ses réflexions sont parfois très justes ou très drôles. J’ai aimé lire cette histoire (moins tordue que le tome 6, car plus réaliste), assez réaliste pour y voir certaines vérités : on sent qu’Emile Bravo veut dénoncer certains éléments de la société (au départ par exemple sur les établissements scolaires catholiques), les piques étant plus ou moins dissimulées dans les bulles. Par contre, l’histoire contient toujours autant de texte, et il faut vraiment être concentré pour lire, car ce n’est pas une lecture légère. De plus, et c’est là plutôt un avantage, le scénario est parfois très pédagogique, mais sans pour autant être désagréable à lire ou faire trop cours de collège. Bref, j’ai appris pas mal de choses sur la voile, car il y a bon nombre de vocabulaire spécifique, et avec parfois des explications de vocabulaire. Il y a aussi des passages très drôles, avec des jeux de mots par exemple, et ceux qui aiment la voile seront ravis de voir la large part accordée au stage nautique. Bref, cet album mêle le sérieux et l’humour, d’une façon très agréable, les thèmes abordés sont divers (la religion, la famille, la voile, l’amitié…) et le lecteur ne s’ennuie pas avec les aventures de cet ado touchant et qui parle vrai. Le dessin d’Emile Bravo est reconnaissable, simple mais efficace : je ne suis pas en terrain inconnu et j’apprécie toujours autant ce trait. Je pense continuer avec les autres volumes, car ça m’a l’air d’être une bien bonne série jeunesse…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bullles, Le génépi et l’argousier, Les lectures de Marie

Deux planches originales à voir sur le site non-officiel de l’auteur.