The long and winding road

THE LONG AND WINDING ROAD, par Christopher (scénario) et Ruben Pellejero (Kennes éditions, 2016)

long winding roadA Montpellier, Ulysse vient d’assister aux obsèques de son père, un homme qu’il n’appréciait pas particulièrement, n’ayant pas de points communs avec lui. Mais voilà qu’après la crémation de son géniteur, il doit amener ses cendres sur l’île de Wight, d’après ses dernières volontés lues lors de la sépulture… Loin d’être enchanté par cette perspective, Ulysse se sent tout de même obligé par sa tante de réaliser le dernier souhait de son père… Mais pendant ce voyage en combi VW, il va découvrir des amis de son père, et exhumer des souvenirs enfouis, qui lui font comprendre qu’il ne connaissait pas du tout, mais absolument pas, son père… Ce sera aussi l’occasion pour lui de mettre à plat sa vie et de suivre son instinct et ses envies plutôt que l’avis de la société qui l’entoure… Lire la suite

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Trompe la mort

TROMPE LA MORT, par Alexandre Clérisse (Dargaud, 2008, coll. Long courrier)

Marcel, veuf, vit seul depuis quelques années. Sa petite-fille vient souvent lui rendre visite, même s’ils ne se comprennent pas toujours. Un jour, le vieux monsieur tombe sur un clairon qui lui rappelle la guerre à laquelle il a participé et l’instrument qu’il a dû abandonner lors de la débâcle de 1940… Têtu comme une mule, il se met alors en tête de retrouver le fameux instrument, aidée de sa petite-fille conductrice de bus à la campagne… Les souvenirs vont en même temps remonter à la surface pour Marcel.

Voici un album choisi au hasard en bibliothèque. C’est loin d’être une nouveauté, mais « Long courrier » est une bonne collection qui m’a rarement déçue. Aussi je suis partie avec un bon a-priori dans la lecture de cet album. Le dessin est désarçonnant au départ : il est rond, tendre, sans contours noirs. Cela n’est pas habituel dans un album traitant de la guerre et des souvenirs.Chaque personnage a une tête bien particulière, on ne peut les confondre ou les mélanger. Certaines gueules sont assez savoureuses d’ailleurs. Au niveau du scénario, j’ai trouvé l’histoire bien menée, malgré de nombreux allers retours dans le temps entre 2008 (temps du récit principal) et 1940 (lorsque Marcel vient d’intégrer l’armée avec son clairon). En effet, le passage entre les deux époques est toujours clairement distinguable, avec les couleurs jaunies de 1940 mais aussi avec la date mentionnée clairement à chaque changement d’époque. On ne peut donc pas se perdre dans les périodes historiques, et c’est très bien ainsi. L’album manie aussi l’humour d’une façon pertinente, les personnages de Marcel et sa petite-fille étant parfois assez déjantés. Des dialogues entre eux prêtent à sourire, et apportent un peu de légèreté à un sujet qui ne l’est pourtant pas au départ. Les autres personnages sont bien présentés, physiquement mais aussi au niveau du caractère, et on se rend facilement compte de leur amabilité (ou pas, avec le maire et son fils par exemple). Les couleurs sont agréables, un peu exagérées quelquefois, mais cela contribue aussi à la touche humoristique de l’album. J’ai aussi aimé les cases de présentation du musée municipal qui expose des objets incongrus (clairon en fromage, en allumettes…). En bref, beaucoup de petits éléments dans cet album, qui accumulés, font de ce récit une histoire drôle et touchante, sans prétention. Seul regret, les quelques fautes d’orthographe qui parsèment le récit (oubli du « ne » de la négation par exemple) m’ont un peu gâché le plaisir de la lecture…

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches sur le site de l’éditeur.

Les petits ruisseaux

LES PETITS RUISSEAUX, par Pascal Rabaté (Futuropolis, 2006)

Edmond et Pierre sont deux amis retraités qui aiment passer de longs moments à pêcher. Ils se connaissent depuis longtemps, et pourtant Edmond, divorcé depuis dix ans, a un loisir qu’il exerce en secret : il aime peindre des nus, en utilisant des photographies de magazines. Un jour, il présente ses œuvres à son ami, et lui annonce juste avant qu’il fréquente une femme depuis quelques temps. Pierre est étonné par cet aspect méconnu de son ami, mais veuf, il déclare ne pas pouvoir penser à une autre femme que sa Jeanne, morte d’un cancer des années auparavant. Pourtant, lorsqu’Edmond décède brutalement, Pierre décide de profiter du temps qu’il lui reste à vivre. Lors des obsèques de son ami, il rencontre Lucie, la femme que fréquentait Edmond. Les quelques rencontres entre ces deux retraités victimes de solitude vont réveiller Pierre, qui décide de partir sur les traces de son enfance et de profiter de la vie. Son désir s’est aussi réveillé, il a même parfois de drôles de visions des femmes…

Voici un album que j’avais lu il y a quelques années sans prendre le temps de le chroniquer sur ce blog. J’en gardais un très bon souvenir, et j’ai continué à lire certaines des œuvres de Rabaté (Un ver dans le fruit, La Marie en plastique, Crève saucisse…). J’ai donc relu avec un grand plaisir cet album qui approche bientôt des 10 ans. L’humour est toujours aussi vif dans cet album. J’ai beaucoup souri avec les vies de ces deux hommes âgés, qui cassent les clichés : loin d’une image lisse, Edmond et Pierre ont des envies qu’ils avouent plus ou moins facilement : envie de rencontres, de contacts corporels, de nouveautés… Rabaté aborde là un sujet souvent tabou : la vie sexuelle des personnes âgées. Il l’aborde tout en finesse, sans aucune vulgarité. Le parcours de Pierre est bien décrit, on est parfois dans sa tête avec ses ‘hallucinations’. Il en résulte un personnage attachant, qui cherche juste à profiter de la vie, quoi que puissent en dire ses amis ou sa famille. Les rencontres sont souvent loufoques et inattendues, surtout avec le groupe de jeunes qui squatte la maison de son enfance, mais c’est ce choc des générations qui est drôle. L’histoire est donc rondement menée, sans temps mort, et on se dit qu’au final, le mieux est de ne pas attendre d’être vieux pour profiter de la vie ! Concernant le dessin de Rabaté, il est reconnaissable : pas toujours très fini, parfois très esquissé, mais plein de vie et de rythme et ça j’aime. J’aime aussi son choix de couleurs, souvent pastels, utilisant avec parcimonie les ombres pour une jolie ambiance. Les petits ruisseaux est vraiment un album incontournable, un petit bijou d’humour et de tranche de vie, à faire lire autour de soi !

A partir de 15 ans selon l@BD

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Premières planches à lire sur Digibidi.

L’auteur a adapté son album en film, dont voici la bande-annonce :

Perico, tome 1

PERICO, tome 1, par Régis Hautière (scénario) et Philippe Berthet (dessin) (Dargaud, 2014, coll. Ligne noire)

1958, à Cuba. Un homme part à l’aéroport, mais tombe dans un piège tendu par son chauffeur et d’autres hommes au bord de la route. Dans le pays, Batista est encore au pouvoir, mais est de plus en plus menacé par Castro et ses hommes. Les Etats-Unis ont encore une forte emprise sur l’île. Joaquin est un serveur sans histoire dans un casino fréquenté par la bonne société américaine de l’île, tandis que son frère Carlos, castriste, est considéré comme un terroriste par le régime en place. Joaquin est chargé par Carlos de surveiller la venue d’un homme au casino, mais aussi par son patron d’occuper Elena, une chanteuse qui servirait de monnaie d’échange pour un trafiquant… Mais cela tourne mal et Joaquin se retrouve avec une valise de billets confiée par son frère. Il persuade la naïve Elena de le suivre pour échapper à cette situation et les deux jeunes gens s’enfuient à Miami… Ils ignorent qu’ils vont être poursuivis quelle que soit leur destination…

Je n’ai compris le sens du titre qu’une fois l’album lu, en faisant l’article pour le blog. En effet, dès le début, il est indiqué que Perico signifie Perruche en espagnol, mais surtout que la signification du mot en argot cubain est cocaïne. Là, tout de suite, on comprend mieux la raison de ce titre. Cet album, premier volume d’un diptyque qui se conclura à la fin de septembre, se lit facilement (presque trop rapidement), même si l’histoire n’est pas simple. Le héros est un jeune garçon au départ naïf et innocent, qui va être mêlé à une affaire qui le dépasse et va bouleverser le cours de sa vie. Les sphères politiques et mafieuses sont mêlées à l’affaire, dans ce contexte troublé de crise à Cuba. On ne peut donc que s’attacher à ce héros pris dans une histoire bien plus grande que lui et dont il ne saisit pas les tenants et les aboutissants. Le scénario de Régis Hautière (La guerre des Lulus, Abélard, De briques et de sang…) est complexe, car il y a un bon nombre de personnages, mais ce qui est surtout regrettable, c’est que cette histoire sorte en deux volumes (ce premier fait 64 pages) et non pas en un seul : c’est frustrant de ne pas savoir la fin de l’histoire (surtout avec la fin ouverte du premier volume qui laisse présager une sacrée chasse à l’home), et ce premier tome n’est pas forcément bien clair. Je pense que le second tome permettra de répondre à mes questions, mais là, pour l’instant, je suis un peu déçue du format choisi par l’éditeur. Sinon, à propos du dessin, il est agréable et épuré, avec des détails mais sans excès. Il est peut-être un peu sec et lisse, mais ça passe quand même. Je ne connaissais pas le trait de Philippe Berthet, mais il n’est pas désagréable, loin de là. Certains personnages sont certes un peu caricaturés (l’américain blond aux yeux bleus rencontré à Miami par exemple), mais le dessin contribue à fluidifier l’histoire. Il y a certaines cases vraiment magnifiques, comme par exemple celles avec les voitures américaines ou les pin up, qui nous plongent dans une toute autre époque, aux Etats-Unis du milieu du 20ème siècle. Cela est grandement facilité par les couleurs soignées utilisées, qui donnent un aspect old-school à cet album pourtant sorti en février 2014… Vous l’aurez compris, malgré mes quelques réserves, je pense lire la suite de ce polar, même si je ne suis pas complètement convaincue par ce premier volume…

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Les vieux fourneaux, tome 1 : ceux qui restent

LES VIEUX FOURNEAUX, tome 1 : CEUX QUI RESTENT, par Wilfrid Lupano (scénario) et Paul Cauuet (dessin) (Dargaud, 2014)

Trois amis septuagénaires se retrouvent à l’occasion de l’enterrement de la femme d’Antoine, l’un d’entre eux. Entre Emile, Antoine et Pierrot, l’entente est toujours bonne, et ils aiment se rappeler leurs souvenirs d’enfance en commun, leurs jeux dans le grand arbre et leurs bêtises d’enfance… Mais la vie est passée et Antoine a la rancoeur tenace contre l’entreprise où il a passé toute sa carrière et où sa femme aujourd’hui disparue a passé dix ans de sa vie, avant de monter son théâtre ambulant. Syndicaliste, Antoine n’a toujours pas digéré qu’elle ait été remerciée. Mais ce qu’il va apprendre sur la relation entre son patron et sa femme va le rendre fou, et il décide alors de se rendre chez son ancien patron grabataire, atteint d’Alzheimer et résidant en Toscane… Voulant le sauver d’un désastre annoncé, Emile, Pierrot et Sophie la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se rendent en Italie… Mais cela ne va pas être si simple que cela pour le trio… C’est le début de l’aventure !

Voici un album acheté suite aux avis très positifs lus sur les blogs. Je ne regrette pas du tout, j’ai passé un super moment de lecture. Les dialogues sont très drôles, politiquement incorrects parfois, toujours incisifs et sacrément vrais ! L’humour est particulièrement présent dans cette histoire qui au départ ne paraît pas spécialement drôle. Mais ce sont les personnalités hautes en couleurs des trois anciens, ainsi que de Sophie, la trentenaire déterminée qui n’a pas la langue dans sa poche, qui font tout le chic de cet album. Lupano, scénariste du Singe de Hartlepool et de Ma révérence, réussit là encore à nous embarquer dans l’histoire et mène son histoire d’une main de maître. Le dessin est typiquement franco-belge, chaque personnage a une trogne reconnaissable, une caractéristique physique bien à lui : l’un est un grand sec, l’autre petit costaud et la tête carrée, l’autre enfin est de corpulence plus habituelle. Cela montre peut-être aussi qu’ils ont pris des chemins différents, que leur vie n’a pas été la même, mais qu’au final, et c’est ce que je trouve beau, qu’ils continuent à être amis depuis tout ce temps, malgré l’éloignement, malgré les différences… J’ai aimé le trait de Paul Cauuet, un dessinateur inconnu pour moi jusque là, car il est plein de petits détails, les visages expriment les sentiments les plus divers à travers le trait toujours juste et précis du dessinateur. C’est vraiment un très bon album sur tous les plans. Il y a juste au niveau des couleurs que j’exprimerai un petit bémol, car je les ai trouvées un peu trop artificielles à mon goût. Cela est surtout vrai au début de l’album, après il faut croire que j’ai dû m’habituer ! Mis à part ce petit point, j’ai vraiment beaucoup aimé cet album, et je comprends l’enthousiasme qu’il suscite ! Bonne nouvelle, le tome 2 sort le 24 octobre prochain ! Ce sera l’occasion de retrouver nos petits vieux préférés !

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

El Paso

EL PASO, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Bastien Quignon (dessin) (Sarbacane, 2012)

Un jeune garçon vient visiter son père en prison. Arrivé au parloir, Russell le fils et Andy le père se retrouvent et se rappellent le temps où ils étaient ensemble, après la mort de la mère de l’enfant. Leur road-movie flirtait parfois avec la légalité : ils se rendaient tous deux à El Paso, près de la frontière mexicaine, pour que le père puisse récupérer de l’argent auprès d’un soi-disant ami. Sur la route, ils se sont baignés illégalement dans la piscine d’un motel, et le père a tenté de cacher à son fils sa vie : ainsi il se rend chez une prostituée, et cherche à y laisser son fils pour pouvoir conclure son affaire à El Paso… Mais cela va tourner court…

Voici un album choisi parmi les nouveautés à la bibliothèque. Les auteurs m’étaient inconnus, et je me suis lancée sans a priori dans la lecture de ces 96 pages. Le dessin au départ m’a un peu surpris : il est assez flou, mais en même temps tendre. Cela est dû à la technique particulière, un style que je ne connaissais pas auparavant, un peu déroutant au départ, mais au final empli de tendresse et de nostalgie… C’est assez difficile à décrire, mais un style intéressant, au premier abord simple, mais au final plein de détails. Les couleurs accentuent encore cette impression de nostalgie, avec une grosse part de rouge orangé dans les coloris utilisés. Le scénario est intéressant et bien construit. Il se passe finalement sur un temps très limité : la rencontre au parloir. Le reste des événements racontés n’est que des souvenirs sur ce qui s’est passé avant que le père n’atterrisse en prison, et on comprend assez facilement la raison de sa présence dans ce lieu. Il s’agit donc d’un récit quelque peu découpé, avec pas mal de décalages temporels : en effet, on a plusieurs moments de la vie du père et du fils ensemble. Il y a aussi un passage drôle avec la rencontre entre le père et la mère, suite à une cérémonie de baptême dans un étang en forêt… C’est le seul moment où on esquisse un sourire, car sinon le récit n’est pas spécialement joyeux, entre les passages faisant référence à la mère décédée et ceux où on voit la violence dont peut faire preuve le père pour défendre son fils ou faire semblant que tout va bien.  Au départ, tous ces moments semblent décousus, mais à la fin tout se recoupe, et c’est là une des forces du scénario. J’ai passé un agréable moment de lecture avec cette histoire qui ne paie pas de mine, mais qui est intéressante tout de même sur les rapports entre père et fils.

 A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Oncle Fumetti, La rubirque à barc, Serial blogueuses, Le grenier à livres, Une autre histoire, Vu des yeux doli BD

Quelques planches sur le site de l’éditeur, et sur le site BDZoom.

Le site du dessinateur Bastien Quignon.

Au vent mauvais

AU VENT MAUVAIS, par Rascal (scénario) et Thierry Murat (dessin) (Futuropolis, 2013)

Abel Mérian vient de sortir de prison. Lâché en pleine nature avec des vêtements miteux et peu d’argent après sept ans derrière les barreaux, il erre un peu en ville, avant de choisir de prendre la route pour retrouver l’argent qu’il a planqué dans une usine désaffectée. Mais ce lieu s’avère être devenu depuisun musée d’art contemporain et l’argent a disparu. Désemparé, l’homme ne sait que faire. Assis sur une banquette du musée, un téléphone interrompt ses pensées. Il décroche et une jeune femme lui répond qu’elle est la propriétaire du téléphone et qu’elle aimerait récupérer l’appareil. Elle lui communique l’adresse pour l’envoi, mais Abel, au lieu d’attendre à la Poste, va préférer le lui rendre directement. Surtout depuis qu’il a vu des photos de la jolie propriétaire du mobile, il est motivé pour rejoindre cette inconnue, partie s’aérer quelques jours en Italie après une rupture amoureuse…C’est le début d’un road movie pour l’ancien prisonnier…

A vrai dire, je n’attendais rien de cet album, que j’ai emprunté par hasard à la bibliothèque, et dont le titre est tiré du poème « chanson d’automne » de Verlaine (qui commence par « les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone »…). Et bien on peut dire que la sérendipité a du bon, puisque j’ai passé un bien joli moment de lecture avec cet homme seul qui a besoin de grands espaces après avoir vu son carré de ciel pendant des années derrière une fenêtre flanquée de trois barreaux. Le scénario n’est pas palpitant, dans le sens où il n’y a pas d’actions toutes les deux pages, mais on suit non sans déplaisir cet homme qui trouve dans l’objectif de rendre un téléphone un but nouveau à sa vie, l’occasion de redémarrer de zéro. Il tombe sous le charme de la jeune femme du téléphone, et comprend, grâce aux sms et aux photos de l’appareil, une tranche de vie de sa propriétaire. C’est l’occasion de réfléchir sur lui-même, sur ce qu’il est devenu après l’enfermement, c’est pour lui une véritable introspection, entrecoupée de rencontres pour le moins étonnantes : un vieux chien, un jeune fugueur… La voix off du personnage principal raconte l’histoire, qui comporte au final assez peu de bulles. Le style littéraire est souvent un style oral, et de nombreuses images sont utilisées. Le texte ne se lit donc pas sans un minimum de concentration, pour pouvoir saisir tout le sens du texte. Ce style rend le récit très crédible, j’ai beaucoup aimé, car ce n’est pas lisse, comme certains récits parfois. Au départ un peu désarçonnée par le dessin, j’ai fini par le trouver intéressant et original. En fait, aucune des cases n’a de fond blanc, c’est à chaque fois du papier légèrement coloré dont on voit le grain. Cela donne une ambiance particulière, parfois un peu terne, mais jamais triste. J’ai eu l’impression que certaines cases étaient des photos mises en dessin, comme on peut le faire parfois avec certains logiciels de retouche. Cela donne un fort réalisme et presque une impression de reportage à cette histoire. Le dessin est clair, sans fioritures, le trait est assez sec mais très lisible. Difficile de se détacher de ce personnage principal. Enfin, la chute de l’histoire fut inattendue pour moi. Bref, une belle alliance entre un scénario plus complexe qu’il n’y paraît et un dessin intéressant et original. A essayer !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Bédépolar, Sin City, Blog BD sud-ouest, Au milieu des livres, Chroniques de l’invisible

Premières planches à voir sur  Izneo.

Cet album fait partie d’un BD-concert par le groupe Les Hyènes : voici le 1er teaser ci-dessous. Plus d’infos sur live-boutique.