Ma fugue chez moi [roman]

MA FUGUE CHEZ MOI, par Coline Pierré (Rouergue, 2016, coll. DoAdo)

fugueAnouk est en troisième et a perdu sa meilleure amie Marina, qui s’est trouvée d’autres amis. Anouk ne fait pas partie d’une bande de copains et n’est pas assez branchée, elle qui n’aime pas les vêtements à la mode et apprend à jouer du banjo… Alors lorsque son ex-meilleure amie l’humilie un jeudi après-midi de décembre, et que sa mère, climatologue en Norvège annonce qu’elle ne sera pas là (une fois de plus) pour les fêtes de Noël, la jeune fille décide de fuir… Oui, mais où ? Dehors, il fait trop froid et Anouk n’a vraiment nul part où aller… Alors, après quelques heures de réflexion, elle décide de fuguer, et de se cacher dans son grenier, là où personne ne monte jamais… De là-haut, elle va observer les réactions, profiter des moments où son père et sa sœur sont sortis pour refaire son stock de nourriture et aménager au mieux sa cachette… Lire la suite

Macaroni !

MACARONI !, par Thomas Campi et Vincent Zabus (Dupuis, 2016)

macaroniContre son gré, Roméo est confié par son père pendant une semaine à son grand-père. Le jeune garçon ne l’aime pas du tout, et l’appelle même « le vieux chiant qui pue ». Roméo a beau supplier son père, celui-ci ne peut faire autrement. Dès le début, cela se passe mal : l’accueil du grand-père est des plus froids, le dialogue se fait rare, et comble de l’ennui pour Roméo, il n’y a même pas de télé chez ce monsieur qu’il ne connaît presque pas. Le grand-père un peu rustre va demander à son petit-fils de l’aider pour les tâches quotidiennes, l’entretien du jardin principalement. C’est ainsi que Roméo va se mettre à aider son grand-père et s’occuper du cochon nommé Mussolini… Il ne se doute pas du tout de l’histoire de son aïeul, italien émigré en Belgique pour y travailler à la mine… Lire la suite

Bouche d’ombre, tome 1 : Lou, 1985

BOUCHE D’OMBRE, tome 1 : LOU 1985, par Carole Martinez (scénario) et Maud Begon (dessin) (Casterman, 2014)

Au printemps 1985, Lou est en classe de première dans un lycée parisien et ne se préoccupe que de sa vie d’ado : amis, amours, fêtes… Son groupe d’amis décide un jour de se mettre au spiritisme, pour voir ce que ça fait. Mais contrairement aux attentes, le verre va bouger, il y a bien un fantôme qui s’exprime… Une amie de Lou, Marie-Rose, va encore plus croire que les autres à l’au-delà, elle croit même que c’est sa mère décédée qui communique avec elle…

Une nouvelle fois, je présente sur le blog un album choisi au hasard à la bibliothèque. Il commence étrangement, avec un décalage flagrant entre l’image d’une scène qui se déroule au Moyen-Âge et le fond sonore qui déroule les paroles d' »Un autre monde » de Téléphone… Puis on se rend compte que ce n’est qu’un rêve, et on découvre Lou, l’héroïne de cet album. Au départ, rien de bien palpitant, jusqu’aux séances de spiritisme qui vont remuer Marie-Rose, une camarade de Lou arrivée récemment des Antilles. Lou, vite dépassée par la situation, va se découvrir un sacré don familial. Le scénario est bien construit, mais je dois dire qu’au départ, je me demandais bien où cela voulait en venir. J’ai eu parfois l’impression qu’il manquait des pièces au puzzle de l’histoire jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agit d’un tome 1. Ce volume peut se lire de façon indépendante, même si la fin présage une suite, mais il y a tout de même des scènes qui s’inscrivent plus largement dans cette série conçue pour 4 tomes. Le côté fantastique est présent par petites touches, et on se questionne en même temps que Lou sur les mystérieuses apparitions dont elle est la seule témoin. L’histoire est agréable sur le coup, mais m’a relativement peu marquée, on va dire qu’elle se lit et c’est tout… Les explications par l’hypnose chez le psychologue hypnothérapeute ne m’ont pas bien convaincue, peut-être parce que le sujet des fantômes m’intéresse déjà bien moyennement au départ. La scénariste est pourtant une auteure reconnue, mais cela ne fait pas tout. Par contre, le dessin est très joli, m’a fait penser à certains titres que j’ai déjà pu lire (mais pas de cette dessinatrice), en tout cas j’ai déjà eu l’impression d’avoir croisé certains de ces personnages auparavant. Peut-être est-ce dû aux grands yeux des personnages, je ne saurais dire. Le trait de Maud Bégon est parfois hésitant, mais il donne une certaine fluidité et une poésie à l’histoire. Il est servi par des couleurs intenses, vraiment jolies et conférant une ambiance particulière pour cet album qui sent bien les années 1980 et les films de type « La boum » (avec les tenues par exemple, ou encore lorsque les lycéens se retrouvent au café pour un flipper). Mon avis sur cet album est donc mitigé.. Pour creuser un peu les mystères de Lou et ses visions et laisser une chance à cette série, j’ai réservé le tome 2, on verra bien ce que ça donne…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 2 est conseillé à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Livresse des mots, D’une berge à l’autre, Sans connivence, Le rose et le noir

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Cet album participe à   cette semaine chez Noukette.

Rouge karma

ROUGE KARMA, par Eddy Simon (scénario) et Pierre-Henry Gomont (dessin) (Sarbacane, 2014)

Adélaïde, enceinte de huit mois, arrive à Calcutta pour signaler à la police la disparition de Matthieu, son compagnon et père de son enfant à naître. Dès l’aéroport, elle fait la connaissance d’Imran, jeune chauffeur de taxi qui va l’aider dans ses démarches et la guider dans cette grande ville inconnue. Sans passer à l’hôtel, la jeune femme dépose plainte au commissariat, mais l’inspecteur ne trouve aucune trace administrative de Matthieu. Adélaïde, que personne ne prend au sérieux en France ou en Inde, décide alors de mener ses recherches seule, aidée d’Imran qui va lui dévoiler des parts de culture indienne. La Calcutta qu’elle va découvrir est bien loin de celle des guides touristiques, et la raison de la disparition de Matthieu va s’avérer cacher un secret d’état et une possible crise diplomatique…

Rouge karma est un album à la couverture très colorée qui correspond tout à fait à l’esprit de l’histoire qui se situe en Inde, pays multicolore s’il en est. J’ai aimé cette histoire qui se développe sur 128 pages, même si quelques facilités dans le scénario m’ont un peu dérangée : un appartement vide trouvé un peu trop facilement, une confiance presque aveugle envers le chauffeur de taxi auquel Adélaïde ne pose pas aucune question… Sa venue en Inde est elle aussi assez improbable : prête à accoucher, elle a l’air d’avoir une forme olympique presque tout le temps, elle ne se ménage pas vraiment et son ‘état’ n’a pas l’air d’inquiéter plus que cela. Mais mis à part ces quelques bémols, cet album est vraiment très instructif sur l’Inde, ses croyances, ses traditions, son mode de vie, ses habitants. Mine de rien, il est riche en informations et en détails, tellement qu’on entendrait presque le bruit des rues de la mégapole indienne ! Vraiment, ça donne envie de voyager, si on excepte la corruption et les vols… Il aborde aussi dans la dernière partie de l’album une thématique politico-écologique intéressante, ce qui n’est pas négligeable non plus. J’ai lu sur le site de l’éditeur que le scénariste habite en Inde, ce qui donne encore plus de crédit à cet album. Le dessin de Pierre-Henry Gomont, que je découvre là, contribue également à cette envie de voyage : il est très agréable, un peu désarçonnant au départ car pas toujours très net, mais variant les angles de vue pour rendre compte du dynamisme du pays. Les couleurs aident à entrer dans l’histoire : j’aime beaucoup la couleur de cheveux de l’héroïne, qui semble irradier sur chaque case. Les autres couleurs sont très jolies, légères, aériennes. On a ici un joli album qui incite à la découverte d’une culture très éloignée de la nôtre.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres, D’une berge à l’autreBédépolar, 9ème art, Delphine’s books and more

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

La page Facebook du scénariste et le blog du dessinateur.

Cet album fait partie de la sélection Prix SNCF du polar 2015, catégorie BD.

L’enfant maudit, tome 2 : la marque O

L’ENFANT MAUDIT, tome 2 ; LA MARQUE O, par Laurent Galandon (scénario) et Arno Monin (dessin) (Bamboo, 2012, coll. Grand Angle)

Suite et fin du tome 1. Gabriel est toujours à la recherche de sa mère biologique, et on se doute dès le départ de cet album que cela ne va pas être si facile, que les non-dits sont nombreux et que certains sont au courant. En effet, le jeune homme continue son enquête, et découvre qui est vraiment sa mère. Ses relations amicales vont l’aider à découvrir la vérité en France et à l’étranger, et on ne soupçonne pas que ces dernières puissent avoir d’autres idées derrière la tête. La vérité que va révéler Gabriel au grand jour ne sera pas du goût de tous…

J’ai lu ce second volume dans la suite du premier, qui se terminait abruptement. J’ai replongé sans difficulté dans cette ambiance de Mai 1968, sans me douter de la fin. L’histoire n’est pas si simple qu’il n’y paraît au premier abord, et les pistes sont nombreuses, parfois n’aboutissant pas. Gabriel cumule les déceptions, avec par exemple une rencontre musclée avec son oncle… Il y a plein de rebondissements dans ce tome, on ne sait plus trop bien si le héros va retrouver sa mère et savoir qui est son père biologique. On comprend que certains le surveillent, mais on ne sait pas vraiment pourquoi. L’histoire est donc assez complexe, et le scénariste est parvenu à m’embarquer totalement avec cette histoire ; il parvient à faire de son héros un personnage attachant, et la fin de l’album est inattendue, avec un sacré retournement jouant dans le registre du tragique. Bref, un scénario sans temps mort, toujours prêt à surprendre le lecteur avec des fausses pistes et des explications intéressantes sur les origines du héros. Le dessin d’Arno Monin est lui aussi sans fautes, réaliste, tant au niveau du trait que des couleurs. Un bon diptyque, comme souvent dans cette collection Grand Angle…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : SambaBD, Critiques libres

Aller voir du côté du blog d’Arno Monin.

Premières planches sur Izneo.

L’enfant maudit, tome 1 : les tondues

L’ENFANT MAUDIT, tome 1 ; LES TONDUES, par Laurent Galandon (scénario) et Arno Monin (dessin) (Bamboo, 2009, coll. Grand Angle)

1968 à Paris. Gabriel est un jeune adulte qui travaille dans une usine, secrètement amoureux de son amie d’enfance Camille. Celle-ci tente de la motiver pour participer aux manifestations qui ont lieu dans la capitale, mais Gabriel reste indifférent au combat de son amie, jusqu’à ce qu’il découvre qu’elle a un petit ami, prof à l’université. Gabriel rejoint donc alors les manifestants, et se fait insulter par un policier comme étant le fils d’un allemand. De nombreux souvenirs remontent alors à l’esprit de Gabriel, qui sait seulement qu’il a été abandonné par sa mère biologique et adopté par un couple de la Creuse en 1945. Le jeune homme va donc enquêter sur ses origines, en partant du couvent où il a été abandonné…

Voici le premier album d’un diptyque, dont l’intrigue parait au départ plus simple et banale qu’elle ne l’est en réalité. L’histoire du jeune adulte qui cherche ses origines s’avère compliquée, les rencontres qu’il effectue brouillent encore plus la piste de ses origines. On pense que cela va être assez simple pour lui de retrouver sa mère française et son père allemand, mais au final les noms ont changé depuis 20 ans, et les vieux souvenirs ne veulent pas être remués pour certains. Puis l’histoire évolue de façon inattendue, au fur et à mesure de ses rencontres et de sa collecte d’informations, et il lui est donc plus difficile que prévu de remonter à ses origines. Le scénario de Laurent Galandon est bien bâti et solide, alternant les joies et les désillusions de notre héros attachant même si peu intéressé par le monde qui l’entoure en ce mois mouvementé de mai 1968. Le dessin d’Arno Monin est agréablement travaillé, dynamique, alternant les plans. C’est un régal pour les yeux, avec en plus de jolies couleurs qui complètent les traits. La fin de ce tome engage irrémédiablement à lire la suite, et je dois dire que comme l’histoire est bien menée et joliment dessinée, il ne faudrait pas que la suite tarde à arriver…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Une pause livre, Croqueurs de livres, Bédécole

Premières planches sur le site de l’éditeur.

Sixteen Kennedy Express

SIXTEEN KENNEDY EXPRESS, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Bastien Quignon (dessin) (Sarbacane, 2014)

A l’été 1968, dans une petite ville calme des Etats-Unis, un ado s’ennuie d’autant plus qu’il vient d’apprendre qu’il va passer les deux mois de vacances avec le bras plâtré. Par hasard à la radio, il apprend que Robert Kennedy a été assassiné, et que sa dépouille va être transportée en train jusqu’à Washington, en passant par sa ville. Fan des Kennedy, l’ado est fou de joie. Sur place, il rencontre une ado, Sixteen, qui l’embrasse subitement. Il sait peu de choses d’elle, mais c’est le début d’une idylle entre les deux ados, ponctuée par la rencontre avec les amis de la jeune fille ou encore avec Bud, un homme un peu dérangé suite à la guerre du Vietnam…

Voici un album qui faisait partie des nouveautés à la bibliothèque, et je dois avouer l’avoir choisi uniquement à cause des jolies couleurs pastel de la couverture et au style rétro du titre. Le titre n’était pas très clair, n’avait pas spécialement de signification. Je retrouve avec cet album deux auteurs qui ont déjà collaboré ensemble, sur El Paso, sorti il y a deux ans. Au départ, je n’avais pas fait attention aux noms, ce n’est que lorsque j’ai ouvert que j’ai reconnu le dessin, très flou, monochrome, et assez difficile au premier abord pour rentrer dans l’histoire. Je ne suis pas donc toujours pas fan du trait, même si je reconnais bien qu’il est très original et qu’il peut plaire à certains lecteurs. Comme certaines cases sont particulièrement petites, les décors sont parfois zappés. L’essentiel des dessins représente donc les personnages, et on arrive tout de même à les distinguer les uns des autres. Le trait au fusain donne un côté vaporeux à l’histoire qui se déroule à la fin des années 1960, dans une Amérique tiraillée par la guerre et le racisme, et cela correspond tout à fait pour ce bond dans le temps. Au départ, le scénario se concentre sur l’idylle entre les deux ados, puis vers le milieu de l’album, l’intrigue s’intéresse plus à Bud, l’homme psychologiquement dérangé suite à sa participation à la guerre au Vietnam. Les deux ados vont pourtant découvrir que ce n’était pas le cas. J’ai préféré cette deuxième partie, qui à mon goût arrive trop tardivement dans l’histoire. C’est vraiment à partir de ce moment-là que j’ai trouvé l’histoire intéressante, loin de l' »anecdote » du début, avec cette fois des thématiques plus larges qu’adolescentes. De plus, c’est là aussi qu’on a des indices sur l’identité de la jeune fille. C’est ainsi clairement cette seconde moitié de l’histoire que j’ai appréciée. Je garde donc une impression globalement bonne sur cet album, même s’il a pour moi certains défauts, mais c’est vraiment l’ambiance et la fin qui sauvent, pour moi, cet album original.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Petites madeleines, Au milieu des livres, 23 peonies, Serial blogueuses, A propos de livres, Mille vies en une

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