Irena, tome 2

IRENA, tome 2 : LES JUSTES, par Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin) et Walter (couleurs) (Glénat, 2017, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Irena sauve de plus en plus d’enfants en parvenant à les faire sortir du ghetto en utilisant divers stratagèmes. Son réseau se développe parmi la population de Varsovie : sa mère, sa meilleure amie, un prêtre, ses collègues du centre social, un concierge au tribunal, un médecin, un conducteur de tram… Nombreux sont les enfants, petits surtout, à être extraits de cet enfer sains et saufs. Mais un maître-chanteur parmi les occupants nazis exige le retour d’enfants dans le ghetto, alors Irena trouve un moyen de faire illusion, tout en gardant à l’esprit de sauver un maximum d’enfants. Elle est contactée par Zegota, organisation clandestine dirigée par une certaine Zofia, qui va financer les opérations en réunissant les deux réseaux. On demande à Irena de diriger le commissariat à l’enfance, ce qu’elle accepte avec joie. Mais en octobre 1943, la jeune femme est arrêtée, son appartement perquisitionné, et elle est soumise à des interrogatoires par des bourreaux qui n’hésitent pas à frapper et torturer… Mais Irena ne cède pas à la terreur…

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Des cailloux à ma fenêtre [roman]

DES CAILLOUX À MA FENÊTRE, par Jessie Magana (Talents hauts, 2016, coll. Les héroïques)

cailloux fenetre

Marie est une adolescente qui vit sur l’île de Sein. En juin 1940, le général De Gaulle lance son fameux appel depuis Londres, et 128 hommes de l’île partent en Angleterre le rejoindre. Marie reste sur l’île avec sa mère, son frère aîné étant prisonnier sur le continent. Les hommes sont presque tous partis, il ne reste plus que les femmes, les enfants et les vieillards. Marie n’en peut plus d’attendre. Avec son amie Yvette, elle va accepter de mener des missions pour la résistance sur le continent. Au départ, les risques sont infimes, mais au fil du danger, les dangers encourus sont de plus en plus grands… Mais c’est aussi la rencontre avec Paul, breton originaire du Conquet et qui fait partie du même réseau de résistants… Pendant ce temps-là, Jean, un jeune Sénan qui fait partie du groupe d’hommes partis, attend à Londres d’être envoyé sur un bateau chasseur de sous-marins… Lire la suite

Ma fugue chez moi [roman]

MA FUGUE CHEZ MOI, par Coline Pierré (Rouergue, 2016, coll. DoAdo)

fugueAnouk est en troisième et a perdu sa meilleure amie Marina, qui s’est trouvée d’autres amis. Anouk ne fait pas partie d’une bande de copains et n’est pas assez branchée, elle qui n’aime pas les vêtements à la mode et apprend à jouer du banjo… Alors lorsque son ex-meilleure amie l’humilie un jeudi après-midi de décembre, et que sa mère, climatologue en Norvège annonce qu’elle ne sera pas là (une fois de plus) pour les fêtes de Noël, la jeune fille décide de fuir… Oui, mais où ? Dehors, il fait trop froid et Anouk n’a vraiment nul part où aller… Alors, après quelques heures de réflexion, elle décide de fuguer, et de se cacher dans son grenier, là où personne ne monte jamais… De là-haut, elle va observer les réactions, profiter des moments où son père et sa sœur sont sortis pour refaire son stock de nourriture et aménager au mieux sa cachette… Lire la suite

Macaroni !

MACARONI !, par Thomas Campi et Vincent Zabus (Dupuis, 2016)

macaroniContre son gré, Roméo est confié par son père pendant une semaine à son grand-père. Le jeune garçon ne l’aime pas du tout, et l’appelle même « le vieux chiant qui pue ». Roméo a beau supplier son père, celui-ci ne peut faire autrement. Dès le début, cela se passe mal : l’accueil du grand-père est des plus froids, le dialogue se fait rare, et comble de l’ennui pour Roméo, il n’y a même pas de télé chez ce monsieur qu’il ne connaît presque pas. Le grand-père un peu rustre va demander à son petit-fils de l’aider pour les tâches quotidiennes, l’entretien du jardin principalement. C’est ainsi que Roméo va se mettre à aider son grand-père et s’occuper du cochon nommé Mussolini… Il ne se doute pas du tout de l’histoire de son aïeul, italien émigré en Belgique pour y travailler à la mine… Lire la suite

Bouche d’ombre, tome 1 : Lou, 1985

BOUCHE D’OMBRE, tome 1 : LOU 1985, par Carole Martinez (scénario) et Maud Begon (dessin) (Casterman, 2014)

Au printemps 1985, Lou est en classe de première dans un lycée parisien et ne se préoccupe que de sa vie d’ado : amis, amours, fêtes… Son groupe d’amis décide un jour de se mettre au spiritisme, pour voir ce que ça fait. Mais contrairement aux attentes, le verre va bouger, il y a bien un fantôme qui s’exprime… Une amie de Lou, Marie-Rose, va encore plus croire que les autres à l’au-delà, elle croit même que c’est sa mère décédée qui communique avec elle…

Une nouvelle fois, je présente sur le blog un album choisi au hasard à la bibliothèque. Il commence étrangement, avec un décalage flagrant entre l’image d’une scène qui se déroule au Moyen-Âge et le fond sonore qui déroule les paroles d' »Un autre monde » de Téléphone… Puis on se rend compte que ce n’est qu’un rêve, et on découvre Lou, l’héroïne de cet album. Au départ, rien de bien palpitant, jusqu’aux séances de spiritisme qui vont remuer Marie-Rose, une camarade de Lou arrivée récemment des Antilles. Lou, vite dépassée par la situation, va se découvrir un sacré don familial. Le scénario est bien construit, mais je dois dire qu’au départ, je me demandais bien où cela voulait en venir. J’ai eu parfois l’impression qu’il manquait des pièces au puzzle de l’histoire jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agit d’un tome 1. Ce volume peut se lire de façon indépendante, même si la fin présage une suite, mais il y a tout de même des scènes qui s’inscrivent plus largement dans cette série conçue pour 4 tomes. Le côté fantastique est présent par petites touches, et on se questionne en même temps que Lou sur les mystérieuses apparitions dont elle est la seule témoin. L’histoire est agréable sur le coup, mais m’a relativement peu marquée, on va dire qu’elle se lit et c’est tout… Les explications par l’hypnose chez le psychologue hypnothérapeute ne m’ont pas bien convaincue, peut-être parce que le sujet des fantômes m’intéresse déjà bien moyennement au départ. La scénariste est pourtant une auteure reconnue, mais cela ne fait pas tout. Par contre, le dessin est très joli, m’a fait penser à certains titres que j’ai déjà pu lire (mais pas de cette dessinatrice), en tout cas j’ai déjà eu l’impression d’avoir croisé certains de ces personnages auparavant. Peut-être est-ce dû aux grands yeux des personnages, je ne saurais dire. Le trait de Maud Bégon est parfois hésitant, mais il donne une certaine fluidité et une poésie à l’histoire. Il est servi par des couleurs intenses, vraiment jolies et conférant une ambiance particulière pour cet album qui sent bien les années 1980 et les films de type « La boum » (avec les tenues par exemple, ou encore lorsque les lycéens se retrouvent au café pour un flipper). Mon avis sur cet album est donc mitigé.. Pour creuser un peu les mystères de Lou et ses visions et laisser une chance à cette série, j’ai réservé le tome 2, on verra bien ce que ça donne…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 2 est conseillé à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Livresse des mots, D’une berge à l’autre, Sans connivence, Le rose et le noir

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Cet album participe à   cette semaine chez Noukette.

Rouge karma

ROUGE KARMA, par Eddy Simon (scénario) et Pierre-Henry Gomont (dessin) (Sarbacane, 2014)

Adélaïde, enceinte de huit mois, arrive à Calcutta pour signaler à la police la disparition de Matthieu, son compagnon et père de son enfant à naître. Dès l’aéroport, elle fait la connaissance d’Imran, jeune chauffeur de taxi qui va l’aider dans ses démarches et la guider dans cette grande ville inconnue. Sans passer à l’hôtel, la jeune femme dépose plainte au commissariat, mais l’inspecteur ne trouve aucune trace administrative de Matthieu. Adélaïde, que personne ne prend au sérieux en France ou en Inde, décide alors de mener ses recherches seule, aidée d’Imran qui va lui dévoiler des parts de culture indienne. La Calcutta qu’elle va découvrir est bien loin de celle des guides touristiques, et la raison de la disparition de Matthieu va s’avérer cacher un secret d’état et une possible crise diplomatique…

Rouge karma est un album à la couverture très colorée qui correspond tout à fait à l’esprit de l’histoire qui se situe en Inde, pays multicolore s’il en est. J’ai aimé cette histoire qui se développe sur 128 pages, même si quelques facilités dans le scénario m’ont un peu dérangée : un appartement vide trouvé un peu trop facilement, une confiance presque aveugle envers le chauffeur de taxi auquel Adélaïde ne pose pas aucune question… Sa venue en Inde est elle aussi assez improbable : prête à accoucher, elle a l’air d’avoir une forme olympique presque tout le temps, elle ne se ménage pas vraiment et son ‘état’ n’a pas l’air d’inquiéter plus que cela. Mais mis à part ces quelques bémols, cet album est vraiment très instructif sur l’Inde, ses croyances, ses traditions, son mode de vie, ses habitants. Mine de rien, il est riche en informations et en détails, tellement qu’on entendrait presque le bruit des rues de la mégapole indienne ! Vraiment, ça donne envie de voyager, si on excepte la corruption et les vols… Il aborde aussi dans la dernière partie de l’album une thématique politico-écologique intéressante, ce qui n’est pas négligeable non plus. J’ai lu sur le site de l’éditeur que le scénariste habite en Inde, ce qui donne encore plus de crédit à cet album. Le dessin de Pierre-Henry Gomont, que je découvre là, contribue également à cette envie de voyage : il est très agréable, un peu désarçonnant au départ car pas toujours très net, mais variant les angles de vue pour rendre compte du dynamisme du pays. Les couleurs aident à entrer dans l’histoire : j’aime beaucoup la couleur de cheveux de l’héroïne, qui semble irradier sur chaque case. Les autres couleurs sont très jolies, légères, aériennes. On a ici un joli album qui incite à la découverte d’une culture très éloignée de la nôtre.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Au milieu des livres, D’une berge à l’autreBédépolar, 9ème art, Delphine’s books and more

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

La page Facebook du scénariste et le blog du dessinateur.

Cet album fait partie de la sélection Prix SNCF du polar 2015, catégorie BD.

L’enfant maudit, tome 2 : la marque O

L’ENFANT MAUDIT, tome 2 ; LA MARQUE O, par Laurent Galandon (scénario) et Arno Monin (dessin) (Bamboo, 2012, coll. Grand Angle)

Suite et fin du tome 1. Gabriel est toujours à la recherche de sa mère biologique, et on se doute dès le départ de cet album que cela ne va pas être si facile, que les non-dits sont nombreux et que certains sont au courant. En effet, le jeune homme continue son enquête, et découvre qui est vraiment sa mère. Ses relations amicales vont l’aider à découvrir la vérité en France et à l’étranger, et on ne soupçonne pas que ces dernières puissent avoir d’autres idées derrière la tête. La vérité que va révéler Gabriel au grand jour ne sera pas du goût de tous…

J’ai lu ce second volume dans la suite du premier, qui se terminait abruptement. J’ai replongé sans difficulté dans cette ambiance de Mai 1968, sans me douter de la fin. L’histoire n’est pas si simple qu’il n’y paraît au premier abord, et les pistes sont nombreuses, parfois n’aboutissant pas. Gabriel cumule les déceptions, avec par exemple une rencontre musclée avec son oncle… Il y a plein de rebondissements dans ce tome, on ne sait plus trop bien si le héros va retrouver sa mère et savoir qui est son père biologique. On comprend que certains le surveillent, mais on ne sait pas vraiment pourquoi. L’histoire est donc assez complexe, et le scénariste est parvenu à m’embarquer totalement avec cette histoire ; il parvient à faire de son héros un personnage attachant, et la fin de l’album est inattendue, avec un sacré retournement jouant dans le registre du tragique. Bref, un scénario sans temps mort, toujours prêt à surprendre le lecteur avec des fausses pistes et des explications intéressantes sur les origines du héros. Le dessin d’Arno Monin est lui aussi sans fautes, réaliste, tant au niveau du trait que des couleurs. Un bon diptyque, comme souvent dans cette collection Grand Angle…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : SambaBD, Critiques libres

Aller voir du côté du blog d’Arno Monin.

Premières planches sur Izneo.