Noire. La vie méconnue de Claudette Colvin

NOIRE, LA VIE MECONNUE DE CLAUDETTE COLVIN, par Emilie Plateau (Dargaud, 2019), d’après Tania de Montaigne

noire

Récit de la vie de Claudette Colvin, née en 1939 et oubliée des livres d’histoire au détriment de Rosa Parks. Pourtant c’est elle qui la première, en mars 1955,  a refusé de céder sa place à un blanc dans un bus de Montgomery. Plaidant non-coupable, aidée par un avocat et par un mouvement (le NAACP : national association for the advancement of colored people), elle a attaqué la ville et son maire ségrégationniste, mais quelques mois plus tard, elle tombe enceinte d’un homme blanc et est alors discréditée par ses soutiens comme symbole de la lutte des noirs pour leurs droits… C’est de Rosa Parks, qui refuse de céder sa place de bus elle aussi, que les manuels d’histoire se souviendront. Pourtant c’est bien Claudette Colvin  qui est à l’origine de ce mouvement qui a changé la société américaine d’après-guerre… Et malgré cela, son nom est tombé dans l’oubli…

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Deadline

DEADLINE, par Laurent-Frédéric Bollée et Christian Rossi (Glénat, 2013)

Pendant la guerre de Sécession, du côté des Sudistes. Nous sommes en Géorgie, dans un camp de prisonniers nordistes. Un jeune soldat, Louis Paugham, doit surveiller un groupe de Yankees, juste séparé d’eux par une ligne surnommée la deadline. Difficile pour lui de ne pas s’assoupir alors que la nuit s’annonce longue. Au départ peu intéressé par les prisonniers, il observe de façon de plus en plus intriguée un soldat noir imperturbable et au regard toujours droit. Le jeune soldat Paugham ne parvient pas à remplir sa mission et s’endort. C’est au petit matin qu’il découvre que l’homme noir a disparu… Il retrouve son cadavre mutilé accroché à un arbre, par des soldats sudistes qui fonderont quelques temps plus tard le Ku Klux Klan. Des années plus tard, il n’a qu’une obsession, venger cet homme qu’il n’a pas eu le temps de connaître plus, mais pour lequel il avait des sentiments…

Voici un album en one-shot, choisi pour une fois par mon homme. Personnellement, la couverture ne me tentait pas, mais je crois en fait que je ne l’avais pas regardée attentivement, car elle regorge de détails sur l’histoire. Je me suis donc lancée dans cet album sans trop d’attentes, et je ne m’attendais pas à tant de violence. La période de la guerre de sécession ne m’intéresse pas plus que cela, mais elle n’est pas omniprésente dans l’histoire non plus, puisque l’album commence en 1901, avant de faire un retour en arrière 40 ans plus tôt, puis lors de l’enfance du héros, avant de se terminer au début du 20e siècle. Le personnage principal de l’histoire n’est pas spécialement attachant, et il ne fait rien pour le paraître : il est très solitaire, taiseux et depuis la mort de ses parents puis du soldat nordiste, n’est animé que par un sentiment de vengeance, qui ne le rend pas spécialement sympathique. Le scénario de cet album est très habilement construit, avec des références nombreuses comme le Ku-Klux-Klan ou les deux armées de la guerre de sécession, ou encore la répression de l’homosexualité par les ultra-conservateurs. Le dessin de Christian Rossi est magnifique, sublimé par les couleurs souvent dans les tons jaune terre, et les portraits sont particulièrement jolis (à ce propos, le cahier graphique en fin d’album vaut vraiment le coup d’œil). Le trait complète très justement le scénario qui tourne bien, multipliant les thèmes sans pour autant être désorganisé. Cette histoire d’hommes, ponctué par la présence (à mon goût trop éphémère) d’une femme, se lit très bien, et c’est finalement un duo d’auteurs que je découvre là, et que je compte bien retrouver, en duo ou séparés, dans de prochaines lectures !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog BD Sud-Ouest, Blog Brother, D’une berge à l’autre, L’attrape-livres

Premières planches à voir sur Izneo.