Max Winson tome 2

MAX WINSON, tome 2 : L’ÉCHANGE, par Jérémie Moreau (Delcourt, 2015, coll. Encrages)

Suite du tome 1 et fin des aventures du plus grand joueur de tennis de tous les temps, célèbre pour ne jamais avoir perdu un match et qui avait disparu suite à la mort de son père. Seul, il décide de partir se mettre au vert dans un endroit inconnu, là où aucun média ne pourra le retrouver. Pendant six années, il vit aux côtés d’une ancienne gloire du tennis des années 1970, qui s’est reconvertie en entraîneur d’un jeune garçon, Pedro, issu d’une famille très modeste. Là, le jeune homme profite de la vie, joue au tennis simplement, sans pression. Jusqu’à ce que le petit garçon grandisse et affiche ses ambitions… Max va alors tout faire pour éloigner son protégé du star system, mais les appels sont trop forts…

Voici la fin du diptyque sportif du dessinateur du singe de Hartlepool. Dans ce second tome, il n’y a malheureusement pas de rappel de l’histoire du premier tome, mais de nombreux liens sont tissés avec faits dans l’histoire. J’ai eu un peu de mal à me rappeler tous les faits du tome 1, il aurait été préférable de lire les deux volumes à la suite. Dans ce tome, Max n’étant plus dans le circuit du tennis, on ne voit plus de match ‘officiel’, seulement quelques échanges. L’album est plus tourné vers l’aspect psychologique, avec des questionnements de l’ancienne star devenue adulte. C’est intéressant, même si les rebondissements ne sont pas bien fréquents. Par contre au niveau du dessin, on reconnait le trait particulier, original, un peu rapide dans certaines cases. Il n’y a toujours pas de couleurs, mais une palette de gris, qui fait un peu étrange au départ, mais les couleurs n’auraient certainement pas apporté grand-chose au récit. Le découpage des cases est par contre très dynamique, avec beaucoup de cases découpées en biais, pour donner du rythme. Il y a aussi quelques jolies planches entières. Enfin, la fin est originale, lorsque les joueurs prennent les spectateurs et les gérants du tennis de court. Max Winson est un bon diptyque même si ce tome 2 quitte le monde du sport, pour aborder la psychologie d’un enfant star qui a grandi avec la pression des médias et des adultes qui l’entourent. C’est un aspect rarement abordé en BD, mais je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce diptyque. A essayer absolument  pour les fans de sport, les autres peuvent, je pense, passer leur tour…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Rocambolivresque, Vu des yeux doliBD, U lost control, Des flaneries et des mots

Premières planches sur Izneo.

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Marylin : de l’autre côté du miroir

MARYLIN : DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR, par Christian de Metter (Casterman, 2009, coll. Univers d’auteur)

https://i2.wp.com/bd.casterman.com/docs/Albums/36400/9782203019256.jpgEn 1959, à New-York, Norman est un jeune homme qui tombe nez à nez dans un café avec le célèbre journaliste et écrivain Truman Capote. Il s’apprête à aller le saluer et lui avouer son admiration lorsqu’une jolie femme brune nommée Zelda Zonk arrive et s’installe à côté du journaliste. Norman n’ose plus aller le voir, sauf en fin de soirée, alors que la femme a trop bu et s’endort sur la table, et qu’il propose de les ramener dans son automobile… Là il peut avouer son admiration à Truman Capote, avant de l’aider à déposer la jeune femme sur un canapé pour y terminer sa nuit. Le lendemain, il retrouve dans son auto une chaussure à talon et la rapporte au domicile de la jeune femme. Là, surprise, une blonde lui ouvre, il s’agit de Marylin Monroe. Il croit s’être trompé d’appartement, mais non, il s’agissait bien d’elle la veille au soir, avec une perruque brune. Norman aide ensuite Marylin à se rendre à un rendez-vous, toujours grâce à sa voiture. Ils discutent un peu, et se quittent peu après. C’est Marylin qui rappelle un jour Norman, pour lui proposer de quitter New-York pour la campagne, alors qu’il neige. L’auto de Norman tombe en panne dans un coin perdu, et les voilà secourus par une petite fille muette qui les emmène dans un manoir, où ils sont accueillis par une bonne et un garde-chasse. L’atmosphère est pesante, les deux hôtes sont peu accueillants. Marylin et Norman ne sont pas rassurés, d’autant plus qu’on leur parle d’un maître reclus à l’étage du manoir depuis la mort de sa fille. Ils n’ont pourtant pas le choix de passer la nuit sur place, dans une chambre de la maison. En pleine nuit, partant chercher un verre à la cuisine, Marylin prend peur et est rejointe par Norman. Le garde-chasse leur en apprend plus sur le propriétaire des lieux, la petite fille rencontrée en arrivant serait un fantôme, mais ils n’osent y croire. Et c’est cette même petite fille qui va les guider dans un endroit secret du manoir, face à un miroir sans tain d’où ils aperçoivent le propriétaire. Marylin se fait passer pour la petite fille, qui est finalement morte accidentellement depuis plusieurs années. Le lendemain, le jour est revenu, le manoir est vide, les mystères de la nuit ont disparu. Les deux repartent et se rendent dans un café, où ils demandent plus d’informations sur le manoir. Là ils apprennent que la maison, abandonnée depuis de nombreuses années, est réputée hantée car de nombreux évènements funestes y ont eu lieu…

Encore un album choisi par sérendipité à la bibliothèque, et encore une très belle découverte pour moi. Le dessin de cet album est au départ assez particulier, à l’aquarelle, mais finalement on s’y accomode très bien et les couleurs sont très belles. Les portraits de Marylin magnifiques, et très ressemblants. Il y a beaucoup de gros plans sur les visages, et assez peu de paysages, sauf quelques uns de New-York. L’atmosphère transpire les années 1950, avec les couleurs assez foncées, assez passées. L’histoire est bien menée, avec des rebondissements. Le côté fantastique n’est pas très original, mais pimente l’histoire de façon agréable.

De l’autre côté du miroir est un album de toute beauté, qui mêle le réel (le personnage de Marylin Monroe) à un récit histoire fantastique. Chacune des cases mérite de s’y arrêter, car elles sont très travaillées, même lorsqu’il n’y a pas de texte. Je ne m’attendais pas à ça du tout, mais plus à une biographie de l’actrice. Le plus heureux là-dedans, c’est que je ne suis même pas déçue…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Ma librairie, Littexpress, BDbulles.

IFrame

110 %

110 %, par Tony Consiglio (éditions Çà et Là, 2008)

https://i2.wp.com/www.caetla.fr/local/cache-vignettes/L300xH422/arton25-a8402.jpgSasha, Gertrudre (‘Gerty ») et Cathy sont trois ménagères de moins de 50 ans. L’une est célibataire, l’autre est mariée et avec des enfants, l’autre ne vit qu’avec son mari. Elles sont absolument fans d’un groupe de jeunes garçons, nommé 110 %. Pour eux, elles sont capables de tout et leur consacrent tout leur temps libre. Elles sont membres du PUPAF110%, le club « des Personnes Un Peu Âgées Fans de 110 % », et recherchent tout objet, toute photo de leur groupe préféré. Pourtant lorsqu’une d’entre elle réussit à obtenir deux tickets pour le prochain concert, comment vont-elles faire pour ne pas vexer la troisième ? Et lorsque Cathy vole le dernier album du groupe avant même sa sortie officielle, va-t-elle faire profiter ses amies de sa trouvaille, ou au contraire la garder pour elle ?

Voici un roman graphique de 134 pages, tout en noir et blanc, sur un thème que j’ai rarement vu en BD auparavant. Le sujet est abordé avec humour pour démontrer à quel point l’attitude de ces femmes devient pathétique au fur et à mesure du temps. D’ailleurs, certaines commencent à s’en rendre compte et lâchent le groupe, alors que d’autres au contraire persistent dans leur (légère) folie de culte de la célébrité (enfin, célébrité éphémère, qui rappelle celle des boysband de la fin des années 1990 en France, mais aussi de certains chanteurs actuels…). Bref, l’humour employé cache une certaine critique de la société, et c’est cet aspect qui m’a bien plu. Le dessin est assez simple, pas toujours réaliste (par exemple la tête de Sasha, à gauche sur la couverture), mais les personnages sont facilement dissociables. Le découpage des cases n’est pas régulier, avec des cases parfois dessinées, et d’autres parfois plus ouvertes. Cela rend la lecture agréable et évite la monotonie. Un bon album, qui ne laissera peut-être pas beaucoup de souvenirs dans quelques temps, mais qui m’aura tout de même permis de passer un bon moment.

Biographie de l’auteur à voir sur le site de son éditeur américain TopShelf (donc en anglais).  Une interview est à lire sur cet autre site américain.

Un extrait en français à lire ici, sur le site de l’éditeur.

Non-mentionné sur la base BD du CNDP, je le conseillerais à des lecteurs confirmés, car le vocabulaire employé est parfois assez dur…

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