Les prisonniers de la nuit [roman]

LES PRISONNIERS DE LA NUIT, par Johan Heliot (Seuil, 2018)

prisonnierJon, fils de bonne famille, est envoyé par ses parents en dehors de la Vallée, l’endroit où il vit et où il trouve tout ce dont il a besoin. Peu motivé par ce camp en pleine nature, il découvre au cours du ramassage en bus ses compagnons pour les deux mois à venir. Certains ont des comportements étranges. Arrivés sur place, les ados sont laissés par le conducteur de bus qui leur souhaite bon courage. Le comité d’accueil est inexistant et le lieu paraît inhospitalier, inhabité depuis longtemps… Mais que sont-ils venus faire ici ? Et pourquoi la nuit venue, les étoiles s’éteignent-elles les unes après les autres ? Pourquoi le jour ne revient-il pas ? Quels secrets leurs parents leur ont-ils caché ?

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Seule [roman]

SEULE, par Nathalie Le Gendre (Oskar, 2017, coll. Suspense)

Malika vit en France avec Rami, son père d’origine maghrébine, Julia sa mère d’origine suédoise et sa petite soeur de 5 ans, Maja. Pour la première fois, la famille va découvrir le pays maternel. Pour l’adolescente fan de grands espaces, c’est un rêve qui se réalise. Mais cela ne pas se passer comme prévu, et Malika va devoir survivre seule dans le froid suédois…

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Stig & Tilde, tome 1

STIG & TILDE, tome 1 : L’ÎLE DU DISPARU, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2018)

stig

Quelque part en Scandinavie, dans un village au bord d’un immense lac, vivent Stig et Tilde, deux jumeaux de 14 ans, avec leurs parents. La tradition veut qu’à cet âge-là, chaque adolescent aille sur une île pendant un mois loin des adultes, pour y survivre par lui-même. L’épreuve est moins difficile qu’autrefois, car ce jour-là, une centaine d’ados vont se retrouver seuls dans une colonie de vacances sans moniteurs… Stig et Tilde, après avoir embrassé leurs parents, se rendent en bateau sur place, mais l’orage arrive. Tous deux se réfugient dans le petit canot, mais ne parviennent plus à en sortir… Où vont-ils arriver ? Et pourquoi sur cette île qui n’était pas leur destination, y-a-t-il des têtes sculptées ? Lire la suite

La guerre des Lulus, tome 3 : 1916, le tas de briques

LA GUERRE DES LULUS, tome 3 : 1916, LE TAS DE BRIQUES, par Régis Hautière et Hardoc (Casterman, 2015)

Suite du tome 2. Leur ami Hans étant mort, les jeunes Lulus tentent de survivre. Ils trouvent refuge en forêt auprès de Gaston, un vieux sabotier vivant reclus dans sa cabane. Ce dernier leur raconte comment c’était avant la guerre et ne pouvant nourrir autant de bouches, leur conseille de tenter leur chance à Guise, la ville la plus proche. Dans cette commune occupée par l’armée allemande, la jeune troupe trouve pendant un temps refuge dans le familistère, une structure très particulière où les employés . Mais malgré leur volonté d’être discrets, ils ne tardent pas à se faire remarquer et à mettre en danger les habitants de cette communauté…

J’ai mis un peu de temps avant de lire cette suite, et à la fin de la lecture, j’ai eu un sentiment mitigé, pas si enthousiaste que j’aurais aimé l’être. Pourtant, le dessin est toujours super, quoique assez sombre. Les couleurs sont toujours autant de qualité. L’histoire de ce tome est elle aussi plus sombre : les jeunes héros ont grandi, physiquement pour certains et mentalement, pour tous. La guerre qui dure depuis déjà deux ans leur a volé une part de leur enfance et de leur innocence, mais ils semblent toujours soudés, prêts à s’entraider et à se sortir de n’importe quel faux-pas. Le scénario s’attarde grandement dans la première partie du volume sur le familistère de Guise. Pour moi, ce lieu n’était pas une découverte, car j’ai lu il y a quelques temps déjà De briques et de sang, par le même scénariste (la référence est d’ailleurs mentionnée en bas d’une planche) et j’ai eu une impression de redondance. J’ai aussi trouvé cette partie très pédagogique, peut-être un peu trop parfois. L’originalité par rapport à l’album cité précédemment réside par contre dans les angles insolites sous lesquels est dépeint le familistère : escaliers, greniers… et au-delà de l’aspect explicatif (presque trop didactique quelquefois), cela donne envie de s’y rendre pour voir à quoi cela ressemble plus d’un siècle après sa construction. Sinon l’histoire reste tout de même bien intéressante, les héros évoluent et surtout la fin a été pour moi inattendue, elle ne peut qu’inciter à lire la suite. En tout cas, cette série de qualité mérite vraiment qu’on s’y attarde ! Vivement la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

Premières planches à voir sur Izneo.

L’île carrément perdue, tome 1 : Grog en stock

L’ÎLE CARRÉMENT PERDUE, tome 1 : GROG EN STOCK, par Sti (scénario) et Luc Cromheecke (dessin) (Kramiek, 2014)

Un naufragé et son chien désespèrent sur leur radeau de fortune jusqu’au jour où ils s’échouent sur une île a priori déserte, mais qui est en fait habitée par des cannibales convertis. Ce n’est que le début de ses aventures sur cette île pas si perdue que cela… Les rencontres vont être diverses et variées : des pirates français et britanniques, des cannibales, un ours dans sa grotte, des pingouins qui parlent et même des extraterrestres !! La vie sur cette île n’est pas de tout repos…

Voici un album acheté à notre retour de vacances. Cet été à Bruxelles, une exposition temporaire avait lieu au CBBD (centre belge de la bande dessinée), présentant les planches en français du volume 2 de cette série (album disponible pour l’instant uniquement en flamand). Avec mon homme, on avait aimé cet humour décalé et loufoque, et on s’est décidés à acheter le premier tome à notre retour. On n’a pas été déçus par cette histoire loufoque et complètement décalée. Les petites histoires se déroulent sur plusieurs planches et mises bout à bout, constituent un album avec un fil directeur qui tient la route. A l’origine, ces histoires étaient publiées dans le magazine Spirou, on comprend mieux ce choix de découper l’histoire. Le scénario est empli de références typiques du récit d’aventures : pirates, cannibales, marins… On trouve aussi des éléments bien plus loufoques tels des pingouins, des extraterrestres ou encore Spirou et Fantasio… Les références sont nombreuses et souvent drôles, j’ai passé un bon moment à rire ou sourire (un peu bêtement parfois !). Le dessin ne joue pas la carte du réalisme, avec un trait au départ déconcertant parce que tremblant, mais au final il correspond bien à l’esprit humoristique de l’album. Les couleurs sont vives et agréables, ajoutant un côté de pep’s à cette histoire. C’est donc un album complètement décalé avec un humour particulier jouant sur l’absurde que nous proposent le scénariste français et le dessinateur belge flamand. Personnellement, j’ai bien accroché et j’espère pouvoir lire la suite lorsqu’elle sortira en français (le tome 2 étant sorti en flamand en juin dernier, on peut espérer que ce soit pour bientôt).

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (peu) sur les blogs : SambaBD, mais un peu plus sur les sites spécialisés : Bodoi, Auracan.

Voir le blog de Sti et celui de Luc Cromheecke.

Paola Crusoé, tome 2

PAOLA CRUSOE,  tome 2 : LA DISTANCE, par Mathilde Domecq (Glénat, 2013, coll. Tchô !)

Suite du tome 1. Paola est toujours sur une île déserte avec son père, son grand frère Yoann et sa petite soeur Bénédicte. Ils ont appris à survivre depuis déjà plusieurs semaines sur cet îlot isolé, en construisant des pièges pour les poissons, un poulailler et une cabane et en mettant en place un jardin. De son côté, la mère de Paola est sans nouvelles d’eux, mais elle ne se résigne pas à les croire morts. Alors elle est partie à leur recherche, et deux mois après son départ de métropole, elle se retrouve en Guyane sans le sou. Embarquant clandestinement dans un bateau, elle va parvenir à convaincre l’équipage de l’aider.  Mais de leur côté, la saison des cyclones approchant, Paola et sa famille décide de tenter de quitter l’île…

Ce tome 2 est un album globalement agréable, car on retrouve Paola et sa famille avec un certain plaisir, même si un petit résumé du tome précédent n’aurait pas été inutile, histoire de se remémorer les actions principales du volume précédent. L’album est toujours de petit format, mais compte 90 pages tout de même, pour une histoire qui mêle l’histoire des naufragés sur l’île et les recherches de la mère/épouse. Le scénario est sympa, mais sans plus, car on pense que les retrouvailles vont avoir lieu dans ce tome, mais on sent bien au fur et à mesure que ça ne va pas être le cas… De plus, il y a des petits éléments irréalistes chez la mère qui m’ont moyennement plu, lors des passages dans le bateau en tant que clandestine. Ce tome 2 est donc un volume intermédiaire (j’espère !), avec les inconvénients inhérents à ce type de volume. Cependant, les couleurs utilisées sont toujours aussi vives, parfois même un peu trop, mais en même temps, cela reflète une nature luxuriante et ça reste aussi un album jeunesse. Je ne suis pas très fan des dessins, un peu trop étirés pour moi, mais ceci n’est purement qu’une question de goût.  La fin est bien trouvée, un peu frustrante au départ, mais finalement, après réflexion, c’est la bonne option qu’a prise l’auteur, pour donner envie de lire la suite, qui n’est pas encore sortie. Dommage que la couverture ne soit pas une scène représentée dans l’histoire, car c’est un peu trompeur. Pour conclure, quelques petits bémols cités précédemment me font dire que ce n’est pas ma série jeunesse préférée, mais que cela reste tout de même une série de qualité qui revisite de façon moderne l’histoire de Robinson.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les chroniques de Madoka, Une autre histoire, La boîte à histoires

Premières planches à voir sur Izneo.

Visiter le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis mai 2013.

La guerre des Lulus, tome 2 : 1915, Hans

LA GUERRE DES LULUS, tome 2 :1915, HANS, par Régis Hautière (scénario) et Hardoc (dessin) (Casterman, 2014)

Suite du tome 1. Les Lulus ont trouvé dans une grange un soldat allemand, et l’ont fait prisonnier. Mais ce dernier ne s’avère pas si méchant que cela : il soigne la jeune Luce atteinte de fièvre grâce à de l’aspirine. Les enfants ne sont pas tous d’accord sur le fait de libérer ou non leur prisonnier, se méfiant de lui à cause de l’image donnée par les français sur les ennemis allemands… Mais l’allemand réussit à se libérer, et contre toute attente, veut devenir amis avec les enfants. Il va même les aider à améliorer leur situation, à trouver de la nourriture, à mieux vivre ensemble. Quelques mots d’allemand et de français leur permettent de communiquer, et la vie des 5 Lulus avec Hans s’écoule paisiblement dans leur cabane dans la forêt. Chacun en apprend un peu plus sur les autres, on fête les anniversaires, on apprend la situation familiale de Hans… Mais un jour, la guerre semble se rapprocher et l’été 1915 se termine…

J’ai enfin pu emprunter la suite du très bon tome 1, et je n’ai pas été déçue, même s’il s’agit là encore plus de la petite histoire que de la grande. L’histoire est très touchante, les enfants vivent leur premier hiver ensemble, avec toutes les difficultés liées au climat et à l’abandon. L’entente n’est pas toujours facile entre eux, mais ils sont tout de même souvent raisonnables. Ce ne sont plus des enfants, pas encore des adultes, mais leurs choix sont tout de même souvent réfléchis. Le scénario prend le temps de se développer, de décrire la vie quotidienne du groupe, leurs difficultés et leurs moments de joie. C’est un vrai plaisir de retrouver les jeunes héros, même s’il y a moins de dialogues drôles que dans le premier tome où le second degré était très présent. Là encore, on retrouve des moments savoureux dans le texte, mais c’est moins marqué tout de même. Le scénario parvient à nous surprendre, avec un découpage très réussi. Ainsi chaque action est découpée de façon à maintenir le suspense jusqu’à ce qu’on tourne la page. La fin de l’album est surprenante, le retournement de situation n’était pas prévisible, et cela ajoute encore de nouvelles tensions qui ne peuvent qu’amener à lire le tome 3 (pas encore sorti !)… J’ai trouvé le dessin un peu moins agréable et précis que pour le premier tome, mais cela n’est peut-être qu’une impression, car je n’ai plus le premier volume sous la main. Mais ce n’est pas non plus grave, car on parvient sans peine à distinguer les personnages, et puis il se dégage une sacrée ambiance de ces dessins. Les couleurs sont travaillées, bien plus que dans certains autres albums jeunesse. Enfin, j’aime beaucoup les bonus en fin d’album, qui donnent une jolie impression de proximité entre les auteurs et les lecteurs. La guerre des Lulus est une très bonne série jeunesse de qualité, qui plaira autant aux enfants qu’aux parents !

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Mille et une frasques, Samba BD, Au milieu des livres, Quand je lis, Thé lecture et macarons, Tête de lecture, Blog-o-noisettes

Premières planches à voir sur Izneo.