Double faute [roman]

DOUBLE FAUTE, par Isabelle Pandazopoulos (Gallimard jeunesse, 2016, coll. Scripto)

Ludovic et Ulysse, deux frères qui ont moins d’un an d’écart, sont entraînés par leur père depuis leur plus jeune âge pour devenir des champions de tennis. A 16 et 17 ans, et alors que Ludo est une étoile montante très prometteuse, Ulysse a arrêté la compétition suite à de nombreux problèmes physiques… Le père a reporté tous ses espoirs sur Ludovic, et passe son humeur sur tous les membres de la famille.  Mais la compétition est, elle, toujours bien présente entre les deux frères, Ulysse se sentant toujours inférieur à son grand frère à qui tout semble réussir… Jusqu’au jour où au lycée, un jour d’examen, Ulysse apprend que son frère a fait un AVC sur le court… C’est le début de la fin pour la famille toute entière qui s’écroule… Lire la suite

Max Winson tome 2

MAX WINSON, tome 2 : L’ÉCHANGE, par Jérémie Moreau (Delcourt, 2015, coll. Encrages)

Suite du tome 1 et fin des aventures du plus grand joueur de tennis de tous les temps, célèbre pour ne jamais avoir perdu un match et qui avait disparu suite à la mort de son père. Seul, il décide de partir se mettre au vert dans un endroit inconnu, là où aucun média ne pourra le retrouver. Pendant six années, il vit aux côtés d’une ancienne gloire du tennis des années 1970, qui s’est reconvertie en entraîneur d’un jeune garçon, Pedro, issu d’une famille très modeste. Là, le jeune homme profite de la vie, joue au tennis simplement, sans pression. Jusqu’à ce que le petit garçon grandisse et affiche ses ambitions… Max va alors tout faire pour éloigner son protégé du star system, mais les appels sont trop forts…

Voici la fin du diptyque sportif du dessinateur du singe de Hartlepool. Dans ce second tome, il n’y a malheureusement pas de rappel de l’histoire du premier tome, mais de nombreux liens sont tissés avec faits dans l’histoire. J’ai eu un peu de mal à me rappeler tous les faits du tome 1, il aurait été préférable de lire les deux volumes à la suite. Dans ce tome, Max n’étant plus dans le circuit du tennis, on ne voit plus de match ‘officiel’, seulement quelques échanges. L’album est plus tourné vers l’aspect psychologique, avec des questionnements de l’ancienne star devenue adulte. C’est intéressant, même si les rebondissements ne sont pas bien fréquents. Par contre au niveau du dessin, on reconnait le trait particulier, original, un peu rapide dans certaines cases. Il n’y a toujours pas de couleurs, mais une palette de gris, qui fait un peu étrange au départ, mais les couleurs n’auraient certainement pas apporté grand-chose au récit. Le découpage des cases est par contre très dynamique, avec beaucoup de cases découpées en biais, pour donner du rythme. Il y a aussi quelques jolies planches entières. Enfin, la fin est originale, lorsque les joueurs prennent les spectateurs et les gérants du tennis de court. Max Winson est un bon diptyque même si ce tome 2 quitte le monde du sport, pour aborder la psychologie d’un enfant star qui a grandi avec la pression des médias et des adultes qui l’entourent. C’est un aspect rarement abordé en BD, mais je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce diptyque. A essayer absolument  pour les fans de sport, les autres peuvent, je pense, passer leur tour…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Rocambolivresque, Vu des yeux doliBD, U lost control, Des flaneries et des mots

Premières planches sur Izneo.

Max Winson, tome 1

MAX WINSON, tome 1 : LA TYRANNIE, par Jérémie Moreau (Delcourt, 2014, coll. Encrages)

Max Winson est un joueur de tennis adulé par le public. A 23 ans, cela fait 7 ans qu’il fréquente les plus grands tournois de la planète, sans jamais perdre. Il est numéro un mondial, et distance très largement ses adversaires, en leur infligeant des scores sans appel. Entraîné par son père, qui vit, dort et mange tennis tout comme lui, le jeune homme ne vit que pour gagner. Son père connaissant de gros problèmes de santé, il doit arrêter de l’entraîner, et le jeune homme doit recruter un nouvel entraîneur, épaulé M. Tyle, le responsable de la compagnie Max Winson. De nombreux prétendants au poste se présentent, mais Max choisit de travailler avec Andy Madison, un jeune inconnu qui va lui faire suivre un programme d’entraînement inédit et pour le moins original… Il va préparer le champion à un match hors du commun, contre un joueur d’un pays dictatorial menacé de mort s’il perd contre Max… Entre temps, Max rencontre en interview une jeune journaliste qui va à contre courant, en l’accusant d’être un bourreau pour les autres joueurs et cela va le faire réfléchir un peu sur son statut hors du commun…

Voici un album choisi pour son auteur, déjà dessinateur du Singe de Hartlepool. La couverture indique qu’il s’agit d’un tome 1, et comme souvent ce premier volume pose les bases de l’histoire et laisse des questions en suspens pour donner envie de lire le tome suivant. Le scénario est intelligemment construit, il prend le temps de s’installer, nous délivre juste assez d’infos pour continuer la lecture, mais sans trop en dire. D’ailleurs, le titre de ce premier volume ne se comprend pas dès le début. Les personnages autour de Max Winson sont exubérants, un peu trop enthousiastes à mon goût, mais cela est sûrement fait pour mettre en avant le caractère extrêmement calme et posé du jeune champion (comme on peut le voir sur la couverture). De plus, leur comportement est complètement irréaliste (La scène entre employés au bureau par exemple, lorsque l’un d’entre eux propose au patron : « On pourrait même tous travailler ce week-end, profitons de l’émulation du match pour tripler le rendement ! » et que ce dernier accepte et qu’ils reprennent tous en choeur ‘ »allez, tous au boulot dimanche ! »), et cette motivation sans limite liée aux succès de Max qui est drôle. Il y a vraiment des petits moments savoureux dans cet album, car les personnages autour du champion sont hauts en couleur. Des éléments sur la vie de Max sont distillés au fur et à mesure, et on se demande qui est vraiment ce jeune homme, à la limite de l’humain parfois… Le trait de Jérémie Moreau est simple et différent de celui du Singe. C’est assez déconcertant au départ, surtout que l’auteur n’utilise absolument pas la couleur dans l’album, mais que du noir, du blanc et différentes teintes de gris. Les personnages sont bien représentés, sous des angles différents. On les distingue sans problème, surtout Max et sa coiffure en étoile, dont le sujet constitue le début de l’album. J’ai aussi aimé le découpage des cases, qui est original : à un endroit de l’histoire, on a des cases qui diminuent au fur et à mesure. Les matchs de tennis ne constituent pas la majeure partie de l’album, l’auteur ne s’adresse pas qu’aux férus de ce sport, mais on sent qu’il se fait plaisir sur les dessins de échanges de balles. C’est un trait semi-réaliste, assez proche du manga, mais au final ce ne sont pas ces échanges qui sont le plus important, mais vraiment ce qui se passe au fil du temps dans la tête du jeune champion élevé dans la culture de la victoire. Finalement, cet album ne parle pas que de sport, mais aussi interroge sur ceux qui nous entourent, sur ce qu’on veut vraiment. A lire même si on n’aime pas spécialement le tennis, car on ne peut qu’être touché par l’histoire de ce jeune homme solitaire et aux sentiments dissimulés… En tout cas, moi, j’irai lire la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La ribambulle, Biblioman(u), Strip by strip, Sans connivence, Sin City

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir du côté du blog de l’auteur. Son interview à l’occasion de la sortie de cet album est à lire sur le site 9ème art.

Chronique radio sur cet album à écouter sur France Inter.