La petite souriante

LA PETITE SOURIANTE, par Zidrou (scénario) et Benoît Springer (Dupuis, 2018)

souriante

Pep est éleveur d’autruches depuis 20 ans. En couple avec Dora, après 13 ans de mariage, il décide de la supprimer, ne supportant plus son caractère irascible. Avec une masse, il la frappe à la tête, et jette le cadavre dans un puits. Puis il nettoie son pick-up en supprimant le sang et trois des dents de sa victime…  Enfin il appelle sa maîtresse pour lui raconter son méfait. Mais en rentrant chez lui, il est accueilli par Dora, bigoudis sur la tête et qui lui semble en pleine forme… Que se passe-t-il vraiment ? A-t-il rêvé le meurtre ? Pourquoi a-t-il encore les dents dans la poche de son pantalon, preuve de son crime ? Se serait-il trompé ?

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Prisonniers du ciel

PRISONNIERS DU CIEL, par Marcelino Truong, Claire Le Luhern et James Lee Burke (Casterman, coll. Rivages Casterman Noir, 2010)

A la Nouvelle-Orléans, Dave Robicheaux, ancien flic reconverti dans la location de bateaux dans le bayou de Louisiane, mène une vie paisible avec sa nouvelle épouse Annie, en rupture avec son passé ponctué d’alcool. C’est pour lui le départ d’une nouvelle vie. Un jour, un petit avion s’écrase près de son bateau et sombre. Il plonge pour sauver les occupants, mais ne remonte qu’une petite fille, visiblement clandestine. Avec Annie, ils décident de ne pas prévenir les services de l’immigration et de la garder. Ils l’appellent Alafair. Mais la police et le FBI se mêlent de l’affaire, car dans l’avion se trouvaient des clandestins et un homme louche. Etait-ce là un réseau ? Lorsque la femme de Dave est tuée par deux hommes encagoulés, l’ancien flic reprend du service, et va retrouver ses anciennes connaissances dans les bars mal famés de la ville…

Voici un album que j’ai choisi car j’ai déjà lu des albums de cette collection, qui adapte en BD des romans noirs, et j’avais bien aimé l’ambiance. Là, je suis déçue, je n’ai pas compris grand-chose, j’ai eu du mal à distinguer les personnages, qui se ressemblaient trop pour moi. J’ai aussi eu des difficultés à comprendre les liens qui unissaient certains personnages. Le trait de Marcelino Truong est particulier : les contours des personnages et des objets sont marqués de façon assez épaisse, grasse, en noir. Je ne suis pas fan absolue de ce genre de dessin qui est assez lourd pour moi, mais j’ai trouvé qu’il correspondait très bien à cet album noir, parfois même glauque. Peut-être ai-je lu cet album d’une façon trop distraite pour comprendre l’histoire, mais je n’ai pas été emportée par le héros, qui baigne dans une drôle d’ambiance. Il a des relations compliquées avec les femmes, et se retrouve souvent seul contre tous. Bref, c’est bien noir, et je n’y ai pas trouvé mon compte, ce genre d’album n’est pas trop mon truc… Je ne connaissais pas l’écrivain James Lee Burke avant de lire cette adaptation, mais j’ai cru comprendre sur la 4ème de couverture qu’il a écrit plusieurs aventures avec le héros Dave Robicheaux… Peut-être y aurait-il d’autres adaptations de ses aventures, je n’en sais rien…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Les routes de l’imaginaire, Blog BD Sud-ouest, Blog de la vareuse, Moisson noire.

Shutter Island

SHUTTER ISLAND, par Christian de Metter et Dennis Lehane (Casterman, 2008, coll. Rivages/Casterman/Noir)

https://i2.wp.com/ec56229aec51f1baff1d-185c3068e22352c56024573e929788ff.r87.cf1.rackcdn.com/attachments/large/9/3/2/000818932.jpgAnnées 1950, deux policiers fédéraux, Teddy Daniel et Chuck Aule, se rencontrent sur le bateau qui les emmènent au large de Boston, sur Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique qui accueille des criminels malades mentaux. Là-bas, une patiente s’est évadée, elle était condamnée pour avoir tuer ses trois enfants, et nier les crimes. Alors qu’ils enquêtent, une tempête les cloue sur place. En plus de cela, les patients et le personnel hospitalier n’ont pas l’air très désireux de répondre à leurs questions, comme s’il y avait quelque chose à cacher. La paranoïa commence à s’installer chez les deux policiers, lorsqu’ils découvrent qu’ils sont peut-être manipulés…

Voici un album que j’ai choisi après avoir découvert Christian de Metter avec son album Marylin, de l’autre côté du miroir. J’avais beaucoup aimé le trait et l’ambiance de cet album, donc je continue ma découverte de cet auteur.  Là, il s’agit de l’adaptation (en 128 pages) du roman de Dennis Lehane, qui a aussi été adapté au cinéma par Martin Scorsese avec Leonardo Di Caprio. J’ai tout autant aimé cet album, très noir (en même temps, avec cette collection-là…), très bien mené, et j’ai été emportée par le récit, en me demandant pendant l’histoire qui était vraiment fou, les internés ou le héros. L’atmosphère très noire est vraiment bien rendue, le dessin et les couleurs particulièrement sombres (vert, marron et gris) nous emmènent aux côtés des deux enquêteurs, et le dénouement final m’a complètement surprise, je suis tombée dans le panneau ! Un thriller psychologique que j’ai trouvé vraiment très bien, moi qui ne suis pourtant pas adepte de ce genre d’ambiance. La preuve, je l’ai lu d’une seule traite, et je n’ai pas pu le refermer avant de l’avoir complètement terminé. Il fait partie, je pense, des meilleurs albums que j’ai pu lire dernièrement.

Je n’ai pas vu le film (pourtant passé récemment à la télévision), mais ça me donne très envie, plus que de lire le livre, bizarrement. Bon, maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver d’autres livres de ce dessinateur !! ^^

A partir de 15 ans d’après l@BD.

On en parle sur les blogs : Le jardin de Natiora, Depuis le cadre de ma fenêtre, Le monde selon, D’un livre à l’autre.

Le catalogue de cette collection de one-shot adaptant des romans policiers est sur le site de l’éditeur.

Ikigami, tome 3

IKIGAMI, préavis de mort : tome 3, par Motorô Mase (Editions Asuka, 2009)

https://i1.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/7/2/9782849656273.jpgSuite du tome 2, avec deux nouveaux épisodes de victimes de l’ikigami. Kengo distribue le préavis de mort au fils d’une femme politique. Celle-ci va utiliser le funeste destin de son fils pour servir son avenir politique, mais le fils, qui n’a jamais été aimé comme tel par sa mère, va menacer son plan de carrière…

Le second épisode commence sur l’accident de voiture d’une famille dont seuls réchappent les enfants, un garçon et une fille qui devient aveugle. La jeune fille grandit dans un centre spécialisé, tandis que le garçon est placé en foyer. A 23 ans, il revient chercher sa soeur pour qu’elle vive avec lui, juste avant qu’elle ne se fasse greffer une cornée pour recouvrer la vue. Mais ces beaux projets vont être contrariés par l’arrivée de Kengo…

Là encore, deux épisodes qui en toile de fond permettent de mieux comprendre l’idéologie de cette société, lorsqu’on suit le parcours du fonctionnaire. Ca se lit bien, très bien même, car la mise en scène est haletante, et on ne sait pas dès le début qui va recevoir l’ikigami parmi les protagonistes.

Non-référencé par L@BD, à partir du lycée.

Ikigami, tome 2

IKIGAMI, préavis de mort : tome 2, par Motorô Mase (Editions Asuka, 2009)

https://i1.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/8/5/9782849655580.jpgSuite du tome 1. La loi nationale s’appplique aux jeunes de 18 à 24 ans, et on suit Kengo, le fonctionnaire qui doit délivrer le préavis de mort ou Ikigami. Il ne restera alors plus que 24 heures à la personne avant de mourir. Les deux épisodes de ce tome sont bien différents : le premier narre l’histoire d’un jeune couple, dont l’homme prend une drogue pour rester éveillé plus longtemps que la normale, l’athéromine, pour pouvoir avoir le job de ses rêves, devenir réalisateur de films. Le second épisode est l’histoire de Shoji Takebe, jeune homme travaillant dans une maison de retraite et qui s’occupe particulièrement de Mme Asakura, une vieille dame qui ne marche ni ne parle plus, jusqu’au jour où elle croit reconnaître son mari décédé à la guerre dans son garde-malade.

Deux épisodes qui permettent en toile de fond d’avancer dans la connaissance de cette société quelque peu étrange. On y apprend qu’un service psychologique est proposé aux futurs morts, mais qu’il est peu efficace (difficile de réconforter lorsqu’on sait que c’est irrémédiable).

Ce thriller d’anticipation est très bien mené. On sait toujours qu’il y aura un mort à la fin de l’épisode, mais la façon d’amener le sujet fait qu’on se questionne sur le futur condamné. On imagine ce qu’il va faire de sa dernière journée, et on garde toujours espoir qu’il va pouvoir s’en sortir quand même… Le dessin participe à cet espoir, il est très réaliste, sans fioritures superficielles, avec des traits bien japonais.

Non référencé par le site L@BD, mais je conseillerais cette série aux lycéens, mais pas avant.

Monster, tome 1 : Herr Doktor Tenma

MONSTER, tome 1 : Herr Doktor Tenma, par Naoki Urasawa (Kana, 2001)

https://i0.wp.com/multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/8/6/6/9782871293668.jpg Le docteur Kenzo Tenma, japonais, travaille comme chirurgien dans un hôpital de Düsseldorf en 1986. Il parvient à sauver un jeune garçon, en ignorant les ordres de ses supérieurs de sauver d’abord le maire de la ville. La sœur du garçon est elle aussi hospitalisée, en état de choc après avoir vu ses parents morts et son frère une balle dans la tête. A l’hôpital, plusieurs médecins ainsi que le directeur sont assassinés.

1995. Le docteur Tenma travaille toujours à Düsseldorf, alors qu’un tueur en série sévit un peu partout en Allemagne. Tenma se retrouve alors mêlé à ces meurtres lorsque des personnes sont tuées à l’intérieur de l’hôpital. Il va retrouver le jeune garçon qu’il avait sauvé neuf ans auparavant…

Un thriller au suspense impressionnant ! Ce premier tome (sur un total de 18) jette les bases de l’histoire, avec ses différents protagonistes, le Dr Tenma et « Monster ». Passionnant, ce manga nous interroge sur les notions de bien et de mal, de justice et d’injustice, de culpabilité… Il est à la fois complexe et riche, chaque information ayant une raison d’être dans l’histoire. Un thriller très bien mené !

Le graphisme est très fin, détaillé. Le dessin n’est pas très japonais, il n’y a aucune figure qui rappelle la nationalité du dessinateur, aussi reconnu pour 20th Century Boys et sa dernière série en cours Pluto. Cette série culte des années 1990 au Japon mêle suspense, angoisse et réalisme aussi, puisque tout se déroule dans des lieux existants (au moins pour les villes). Bref, à ne pas manquer !

Non-référencé sur la base BD du CNDP. De par la violence qui est présente et les ressorts psychologiques, je conseillerai cette série à des lycéens.

Ikigami, tome 1

IKIGAMI, préavis de mort : tome 1, par Motorô Mase (Editions Asuka, 2009)

Dans une société, une loi nationale oblige les jeunes enfants à se faire vacciner à leur entrée à l’école, à 6 ans. Cette « loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale » est acceptée de toute la population. Lors de cette cérémonie de vaccination qui se déroule à l’école, tous les enfants reçoivent une dose de vaccin. Pour certains d’entre eux, il y aura en plus une nano-capsule qui se promènera dans le corps de l’enfant, qui entre 18 et 24 ans, mourra du fait de cette capsule. Une personne sur mille vaccinées sera arbitrairement condamnée à mourir jeune. 24 heures avant sa mort, elle reçoit l’Ikigami, qui lui indique que ses dernières heures sont venues. Comment alors passer sa dernière journée, alors que la plupart du temps la vie s’ouvre devant soi ?

A travers le fil conducteur de l’homme qui va devoir délivrer l’Ikigami dans son secteur géographique(et qui découvre le fonctionnement de cette machinerie orchestrée par la nation), nous suivons dans ce premier tome deux histoires : un jeune qui a été le souffre-douleur de ses camarades au lycée commence juste à se remettre de ses traumatismes, et à entrevoir une vie meilleure lorsqu’il reçoit l’Ikigami. Il décide alors pour ses derniers instants sur terre de se venger de deux d’entre eux. Le second épisode narre la vie de Torio, jeune musicien qui commence à percer difficilement dans le milieu lorsque lui aussi reçoit son préavis de mort. Va-t-il alors choisir de retrouver son ami guitariste, qu’il a quitté pour devenir célèbre, ou alors jouer jusqu’à son dernier souffle ?

Un suspense haletant, pour un manga qui n’est pourtant pas joyeux. La mort plane sur ce tome : on sait, grâce à l’explication de l’Ikigami, qu’elle est irrémédiable, et donc que ceux qui reçoivent le préavis ne pourront pas combattre leur destin. J’ai vraiment accroché, c’est fort, et cela questionne sur ce que l’on ferait si on nous annonçait une telle nouvelle. Cela interroge aussi sur la valeur de la vie humaine, sur la place de l’individu et sur le sort qui peut parfois s’acharner. Cela m’a fait penser au film Minority Report, dans lequel les crimes peuvent être prévus, et où la société est largement contrôlée. Concernant le dessin, il est réaliste, la plupart du temps bien travaillé (surtout les visages, pas les décors), le format des cases est très changeant selon ce que l’auteur veut faire passer (et je crois qu’il y arrive très bien). Bref, une très bonne découverte pour moi. Merci à mon libraire manga !!

Non référencé sur la base BD du CNDP. Cependant, y est mentionné un article du Courrier International n°853 du 8 mars 2007 (p. 25), reprise d’un article du Shukan asahi (presse japonaise), qui analyse le succès de la série au Japon.

Il existe un site officiel de la série, dans lequel on peut, entre autres, lire les premières pages du tome 1. De même, cette série à succès a été adaptée au cinéma (sortie en DVD en France fin janvier 2010, éditeur Kaze).

Actuellement, la série compte 5 volumes en français, alors que le Japon en dénombre 7. Elle est encore en cours. Voir la fiche complète sur le site Manga-sanctuary, dans lequel l’âge conseillé pour cette série est minimum 16 ans.