15 jours sans réseau [roman]

15 JOURS SANS RÉSEAU, par Sophie Rigal-Goulard (Rageot, 2017)

15jours sans réseau

Emilie, Parisienne de 12 ans, vient juste de se créer des comptes sur les réseaux sociaux lorsque ses parents lui dévoilent la prochaine destination des vacances d’été : ce sera la Creuse, dans un endroit où aucune connexion internet ou téléphone ne passe. Les parents ont inscrit la famille à un stage pour se passer d’écran pendant deux semaines : au programme, plus de tablette, de téléphone, d’ordinateur… et des activités pour passer du temps ensemble, et se redécouvrir. Mais pour Emilie et son frère Ambroise, 15 ans et grand joueur en réseau, cela n’est absolument pas envisageable. Pour le petit frère Lucien, c’est une autre histoire, il est ravi que tout le monde, y compris ses parents se détache des appareils… La désintox va être compliquée pour la famille !

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Vive la marée

VIVE LA MARÉE, par David Prudhomme et Pascal Rabaté (Futuropolis, 2015)

Récit décousu, façon kaléidoscope, de quelques jours de vacances à la plage, du côté de la station populaire de Polovos… Tous les types de population s’y côtoient, des jeunes et des vieux, des familles et des jeunes fêtards, des naturistes et des « habillés »… non sans difficultés parfois !

Voici un album complètement de saison en ce mois de février, un album qui sent bon le mois d’août, la plage, le sable chaud… Du moins c’est l’idée que je m’en faisais en l’ouvrant… Je ne savais trop à quoi m’attendre, et à vrai dire, au bout de quelques pages, j’ai été décontenancée par l’absence de fil conducteur : il n’y a pas de héros bien déterminé, pas de personnage central qu’on suit au long des 120 pages… Mais les auteurs, qui ont écrit et dessiné ce récit ensemble, ont plutôt fait un album en sautant d’une situation à l’autre, en utilisant le plus souvent des angles intéressants, souvent un détail graphique ou un changement de prise de vue. Les situations décrites sont assez souvent amusantes, et décrochent un sourire tellement cela sent le vécu : entre bouchons à l’approche de la plage, espace naturiste, jeux dans et sur le sable, pêche aux coquillages, séjour au camping… chaque lecteur a forcément un jour ou l’autre connu l’une ou l’autre de ces situations, et c’est ce côté humain, très réaliste qui m’a plu dans cet album. Les auteurs en profitent pour égratigner certaines fois des caractères un peu forts, parmi lesquels les beaufs de tout âge ou encore les quinquagénaires qui se croient tout permis, mais je dois dire que plusieurs jours après cette lecture, il ne m’en reste pas de fortes traces non plus. Vive la marée est une lecture bien plaisante sur le coup, originale par sa forme de narration assez inédite, mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. Le dessin est facilement reconnaissable, les couleurs claires et lumineuses, ce qui en fait tout de même un album que l’on parcourt d’une façon agréable et légère. Pour autant, j’ai préféré La Marie en plastique des deux mêmes auteurs, qui maniait aussi l’humour, mais d’une façon que je trouvais plus fine et plus déjantée…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Blog à part, Bibliothèque du dolmen, Carnets d’une libraire, La ronde des post-it

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Un amour de BD.

Mamette, tome 2 : l’âge d’or

MAMETTE, tome 2 : L’ÂGE D’OR, par Nob (Glénat, 2007, coll. Tchô !)

Suite du  tome 1. Les grandes vacances sont là et Mamette va garder pendant un mois entier le jeune Maxou dont la mère part en formation. Le jeune garçon n’est guère motivé par le fait d’avoir la chambre de Choupinet, le fils de Mamette qui a depuis bien longtemps quitté le foyer familial. De plus, les sorties au parc tout comme les devoirs de vacances ne l’enchantent guère. Alors Mamette tente de tout faire pour lui faire passer un séjour agréable : avec ses amies, elle l’emmène au cinéma et à la piscine… L’été s’écoule paisiblement, les liens se tissent, et pas qu’entre Maxou et Mamette…

C’est toujours avec un plaisir certain que je retrouve le personnage de Mamette, petite grand-mère toujours de bonne humeur, qui veut aider du mieux qu’elle le peut le jeune Maxou. Cependant, même si j’ai passé un bon moment de lecture, je n’ai pas eu de coup de cœur pour cet album, assez linéaire au niveau du scénario. Difficile d’expliquer, mais j’ai trouvé moins de consistance dans cet album, même si l’héroïne est particulièrement attachante et toujours désireuse de faire le bien autour d’elle, ce qui n’est pas le cas d’une de ses amies. Certaines situations sont bien trouvées, avec la touche d’humour nécessaire, mais je n’ai pas été totalement conquise par le scénario. Peut-être est-ce dû au personnage de Maxou qui est très présent dans l’histoire, mais que je n’ai pas trouvé très agréable. Il a un côté désinvolte et est parfois méchant envers la grand-mère qui l’accueille pendant ses vacances. Par contre au niveau du dessin, rien à redire, c’est toujours super propre, très agréable à regarder, avec beaucoup de détails malgré les cases insuffisamment grandes à mon goût. La grand-mère est très bien dessinée, et cela accentue encore son côté jovial et positif. Les couleurs contribuent à donner une ambiance joyeuse à l’histoire. C’est donc avec plaisir que je continuerai avec le troisième tome, en espérant que je sois plus emballée par l’histoire cette fois-ci…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Bouquins de poches en poches, Espace temps libre, La ronde des post-it, Pause Kikine

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis janvier 2013.

Frangins

FRANGINS, par Max de Radiguès (Sarbacane, 2011)

Hugo part en vacances avec son père, et apprend sur la route que Michel, le fils de sa belle-mère (la nouvelle compagne de son père) va les rejoindre. Mais le souci, c’est que les deux garçons, jeunes ados, ne s’apprécient pas du tout. Alors dès que Michel arrive, Hugo en profite pour s’échapper dehors avec le chien Cartouche. Michel le rejoint lors de sa promenade en forêt, et leurs différences sont flagrantes. Mais il va arriver aux deux garçons une aventure qui va leur permettre de se découvrir, de se parler et de mieux se connaître…

Voici un album d’un auteur que j’ai découvert en début d’année dans 520 kms et plus récemment dans Orignal. Frangins est sorti avant ces deux titres-là, et je me dis qu’heureusement que je ne l’ai pas lu en premier. Alors certes, le synopsis est certes intéressant (deux demi-frères que tout oppose qui se retrouvent à devoir affronter une situation ensemble pour s’en sortir), mais j’ai trouvé que le scénario était vraiment trop lent et trop léger. Finalement il ne se passe pas grand-chose et quand il y a une action, elle est développée en plusieurs cases, un peu trop pour moi. 108 pages ont été trop longues pour moi pour cette histoire, mais nul doute que cela plaira aux collégiens qui se retrouveront certainement dans les dialogues et les situations. Je garde personnellement un sentiment d’inabouti dans cet album… Le dessin de Max de Radiguès est reconnaissable, et l’absence de décors la plupart du temps engendre un album assez dépouillé, aux aplats de couleurs souvent identiques. Cette simplicité est intéressante, on lit agréablement cet album, on ne s’embarrasse pas de multiples détails, les pages défilant les unes après les autres. C’est donc un album léger qu’on a là, qui aborde un sujet intéressant, mais un peu trop survolé pour moi. Les aspects négatifs que j’ai relevés dans cet album ne m’arrêteront cependant pas, car je compte bien continuer à lire ce jeune auteur belge qui renouvelle la production de BD pour les ados…

Non mentionné sur l@BD, mais sans souci à partir du collège.

On en parle sur les blogs : Lire pour le plaisir (CDDP de l’Oise), Soupe de l’espace, L’ouvre-livres,

Quelques planches sur le site de l’éditeur, ou sur le site de l’auteur.

Vacances à Saint-Prix

VACANCES À SAINT-PRIX, par Chris Flamand (scénario) et Julien Flamand (dessin) (Akileos, 2008)

Souvenirs d’enfance de Christian surnommé Kiki, qui dans les années 1960 était envoyé en vacances pendant un mois à la campagne chez ses grands-parents, Mémé Marie-Louise et Pépé Marius, qui habitent une commue perdue dans le Morvan, Saint-Prix. Au départ apeuré, le petit garçon de 5 ans va y vivre de superbes vacances, en découvrant la vie à la ferme, les animaux, les habitudes différentes de la ville… Le petit citadin est tous les étés ravi de retourner là-bas, mais un jour Pépé Marius meurt et Mémé est envoyée en maison de retraire. Lorsque ses parents le conduisent de nouveau à Saint-Prix, cette fois avec son petit frère Patrick, l’accueil sera tout différent : il n’y a plus les grands-parents, mais leur fille avec son mari. Le couple est étrange : l’homme exploite les enfants, tandis que la femme n’est pas douce comme pouvait l’être mémé Marie-Louise. Mais cela reste tout de même des sacrés souvenirs de vacances pour Kiki et Patrick…

Je me risque de plus en plus à prendre des ouvrages au hasard à la bibliothèque, à les réserver depuis le catalogue en ligne sans rien savoir de l’histoire ou sans en connaître les auteurs : j’aime découvrir des albums vers lesquels je ne serai peut-être peut-être pas allée sinon. C’est un peu comme une pochette surprise, sauf que là il n’y a pas de pochette qui entoure les livres ! Bref, tout ça pour dire que le titre de cet album me plaisait bien, car les vacances approchent à grands pas… J’ai passé un agréable moment de lecture avec cet album de 50 pages. Il s’agit là des souvenirs du scénariste, qui retrace avec une nostalgie certaine ces moments à jamais perdus, dans une époque désormais lointaine. L’histoire est simple et parlera à tous ceux qui ont connu cette époque-là. Pour les autres, ils retrouveront certainement des points communs avec leur propre enfance et leurs propres souvenirs. Difficile en tout cas de ne pas être touché par cette histoire, racontée avec tendresse. Le dessin est totalement en adéquation avec le propos : le trait est rond, plein de vie et d’humour, les couleurs sont dans les tons clairs et participent à l’ambiance souvent joyeuse du récit. La couverture est plus foncée que les dessins dans l’album, c’est un peu dommage, mais en même temps, le dessin de la couverture est joli, avec les deux frères dans ce paysage rural. Un récit empli de nostalgie mais pas de mélancolie, un peu comme une madeleine de Proust. J’ai adoré les 5 dernières pages, photos de planches originales et d’objets d’époque aujourd’hui introuvables… Cela donne un album, pas inoubliable certes, mais très attachant… Un joli moment de lecture qui se prolongera bientôt avec la suite (Quand je serai grand), parue en 2010  et déjà réservée à la bibli…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : J’ai un mot à vous dire, IDDBD, Les jardins d’Hélène, Fan de BD

Visiter le blog des Flamand père et fils, même s’il n’est plus mis à jour.

Interview du duo à lire sur Sceneario.

Premières planches à voir sur Digibidi.

Le jour où j’ai abandonné mes parents

LE JOUR OÙ J’AI ABANDONNÉ MES PARENTS, par Agnès de Lestrade (Rouergue, 2011, coll. Dacodac)

Karla-Madeleine est fille unique. Ses parents sont deux opposés : son père est un facteur communiste et sa mère une catholique fervente. Alors quand elle est née, ils n’étaient déjà pas d’accord sur son prénom, et ont tranché pour Karla en référence à Karl Marx et Madeleine pour Marie-Madeleine. Difficile de porter un tel héritage pour la jeune fille qui n’a pas d’autre famille à part ses parents. En effet, les deux familles diamétralement opposées ne supportent pas leur gendre ou leur bru et donc ne voient plus les parents de Karla-Madeleine. Un jour, Karla-Madeleine et ses parents sont forcés à partir en vacances suite à un dégât de plomberie. Son père, ardent défenseur du droit des ouvriers qui se refuse à vivre dans une logique capitaliste, est bien obligé d’accepter ces vacances forcées, et réserve donc un emplacement dans un camping. La famille achète une tente qui se déplie toute seule et les voilà partis. Au départ tout se passe bien, jusqu’à la soirée karaoké où toute la famille chante, jusqu’à ce que le père découvre dans le public sa sœur qu’il avait perdu de vue depuis de nombreuses années… Le père menace de remballer la tente, mais Karla-Madeleine décide de fuguer. Alors ses parents sont bien obligés de rester et de terminer leurs vacances au camping. Karla-Madeleine va alors apprendre quelle est l’origine du conflit familial, et découvrir qu’elle a une cousine dont elle ignorait jusque là l’existence… Elle va alors monter un plan : découvrir sa cousine au camping, en se présentant comme une vacancière normale…

Le jour où j’ai abandonné mes parents est un court roman intéressant sur les racines et la culture familiale, les non-dits et les couples issus de milieux différents. Il est plein d’humour, déjà avec les prénoms des personnages : Karla-Madeleine, la tante Pépita et la cousine Rosette et les surnoms que se donnent les parents : Titi et Minou. On sent que la jeune ado n’en peut plus de cette famille où on ne se parle plus à cause de divergences d’opinions, alors qu’elle ne voudrait que rencontrer sa tante et sa cousine et connaître enfin son grand-père. Et quand les circonstances lui permettent de rencontrer sa famille inconnue, elle n’hésite pas et échafaude un plan pour rencontrer sous une fausse identité sa famille. Au niveau du style d’écriture, il n’est pas particulièrement extraordinaire, mais assez simple sans être oralisé pour autant. Je n’ai pas trouvé de mot compliqué qui ne soit pas expliqué par la narratrice-héroïne, donc le langage ne posera normalement pas de souci aux jeunes lecteurs, qui j’espère, seront intrigués par ce titre à rallonge.. L’histoire est rythmée, sans temps mort. Pour moi, ce fut 60 pages qui ont été lues avec plaisir : l’histoire est simple mais aborde un thème sérieux, il y a de l’humour, mais je ne sais pas si les jeunes lecteurs comprendront toutes les allusions (par exemple qui est Karl Marx).

A partir de 9 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Nota bene*Passage de livres, Ma malle aux livres, Les riches heures de Fantasia, Butiner de livres en livres

Interview de l’auteur réalisée en 2009 à lire sur Littexpress. Sa fiche à voir sur le site de la charte des auteurs de littérature jeunesse.

Comment (bien) rater ses vacances

COMMENT (BIEN) RATER SES VACANCES, par Anne Percin (Rouergue, coll. DoAdo, 2010)

https://i0.wp.com/www.images-chapitre.com/ima2/original/737/34306737_7046793.jpgMaxime a dix-sept ans et une petite sœur de 9 ans et demi quelque peu collante… Lorsque leurs parents leur proposent de passer leurs vacances pendant une randonnée en Corse, les deux se liguent pour éviter ces vacances en famille. Pendant que sa sœur est envoyée en colonie, Maxime choisit d’aller chez sa grand-mère, à quelques kilomètres de chez lui. Au départ, tout est normal, il passe du temps avec sa grand-mère, l’aide à cueillir des cerises pour son eau-de-vie… Puis un jour, elle fait un grave malaise. Maxime appelle le Samu, et c’est là que démarre réellement le roman : Maxime va se retrouver dans une drôle de situation, liée à un malentendu. En effet, sa grand-mère partie aux urgences, il est « enfermé dehors » et doit passer par une fenêtre pour rentrer. La maison donnant dans la rue, il est observé par des passants et l’un d’entre eux appelle la police, croyant avoir affaire à un cambriolage ! Maxime est donc emmené par les policiers, pendant un certain temps, jusqu’à ce que les forces de l’ordre croient à son histoire… Maxime va devoir ensuite tenir la maison de sa grand-mère en son absence, tout en lui rendant visite à l’hôpital proche..

Voici un roman avec un titre un peu spécial… C’est un roman bourré d’humour et de références en tout genre (musique, films, séries tv, réseaux sociaux…). Il est complètement dans l’air du temps (mais risque d’être dépassé d’ici 10 à 15 ans ?).

J’ai eu quelques problèmes à rentrer dans ce roman, car outre le fait que l’histoire met un peu de temps à démarrer, deux problèmes techniques m’ont quelque peu dérangée : la taille des caractères, trop petite donc trop serrée à mon goût, mais aussi le fait que ce soit imprimé un peu de travers dans les premières pages… Finalement ça se résorbe ensuite (ou alors ça ne m’a plus dérangée !^^). Une fois ces désagréments passés, le roman est vraiment intéressant : on est à la place de Maxime, qui décrit ses journées seul, doit se débrouiller pour toutes les choses du quotidien et n’arrive pas à joindre ses parents partis sur le GR20… Maxime est vif, plein de répartie, mais aussi cultivé (il suffit de voir les titres qu’il a dans sa playlist (ou fighting list) regroupés à la fin du roman (les White Stripes, Police, Gorillaz, mais aussi Gainsbourg, Vian, Polnareff, James Brown…). Cet éclectisme m’a plu, c’est un bon point positif de ce roman ! Même si une intrigue vient se rajouter sur la fin du roman, qui n’était pas spécialement obligatoire, car elle n’est pas exploitée complètement, le roman est bien. Tout se précipite sur la fin, le style d’écriture est dynamique, fluide, c’est donc une lecture à ne pas manquer !!

Le premier chapitre est à lire sur le site de l’éditeur.

Des avis sur ce roman : l’émission « les enfants des livres » sur France Info, les librairies Sorcière, le blog de Cathulu et celui de Radicale.

A partir de 12 ans selon le site de littérature jeunesse Ricochet.

L’auteur a son propre site, très bien fait.