Romans jeunesse

Le journal d’Aurore, tome 1 [roman]

LE JOURNAL D’AURORE, tome 1 : JAMAIS CONTENTE, par Marie Desplechin (L’école des loisirs, 2016, coll. Medium poche)

journal auroreAurore est une adolescente normale, qui déteste ses deux soeurs, ne comprend pas ses parents, et raconte dans son journal intime ce qui se passe (ou pas) dans sa vie… Elle a une meilleure amie, Lola, chez laquelle elle passe beaucoup de temps, jusqu’à ce que l’arrivée de son demi-frère bouleverse tout… Aurore tombe sous le charme de ce garçon…

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BD humour

Mortelle Adèle tome 1

MORTELLE ADÈLE, tome 1 : TOUT ÇA FINIRA MAL, par Mr Tan (scénario) et Miss Prickly (dessin) (Editions Tourbillon, 2012, coll. Globulle)

mortelle adeleAdèle est une petite fille au caractère plus que trempé. Elle n’aime personne, et porte un regard très acéré sur tout ce qui l’entoure : ses parents, son chat, les enfants de son âge que ce soit Geoffrey son amoureux ou Jade et ses copines… Elle ne se prive pas de commenter tout ce qui se passe, que cela fasse plaisir ou non, et sa répartie laisse souvent ses interlocuteurs pantois…  Lire la suite « Mortelle Adèle tome 1 »

BD fait de société

Le jour où le bus est reparti sans elle

LE JOUR OÙ LE BUS EST REPARTI SANS ELLE, par Beka (scénario), Marko (dessin) et Maëla Cosson (couleurs) (Bamboo, 2016)

jour où busClémentine a une petite vie bien réglée : célibataire, elle se plaît assez dans son boulot, a un joli appartement, mais n’a pas vraiment confiance en elle, réalisant qu’il lui manque quelque chose pour se sentir vraiment bien, pour atteindre le bonheur… Depuis quelques temps, elle s’est mise à la méditation et pendant un week-end, rejoint un groupe qui part à un séminaire en bus. Sur la route, le groupe s’arrête près une épicerie perdue en pleine forêt, et repart en oubliant la transparente Clémentine. Au départ déboussolée, la jeune femme va finalement se rendre compte que c’était peut-être le mieux pour elle. Grâce à Antoine, propriétaire de l’épicerie et philosophe à ses heures perdues, et à une de ses amies de passage, elle va réaliser que le bonheur n’est pas forcément un objectif inatteignable…

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Albums jeunesse

Moi j’aime quand Maman…

MOI, J’AIME QUAND MAMAN… par Arnaud Alméras (scénario) et Robin (dessin) (Gallimard jeunesse, 2012, coll. Hors-série Giboulées)

Recueil de situations entre un enfant et sa mère, qui font des choses diverses et variées. Cet album est un cri d’amour à la maman, toujours là pour aider son petit, avec toujours des bonnes idées pour lui faire découvrir ce qui l’entoure…

Voici un album choisi parmi la multitude à la bibliothèque pour son titre et sa jolie couverture. Le format dans cette collection-là est facile à prendre en main, pas trop grand comme certains albums, et pas trop petit non plus. Les pages ne sont pas cartonnées ni plus rigides qu’habituellement, ce qui fait que je ne l’ai pas confié à ma fille, encore trop petite pour ces livres fragiles. Cet album se lit d’un trait, et est toujours composé de la même façon : une page colorée avec le texte qui débute toujours par le titre du livre, comme un refrain, opposée à une pleine page de dessin. L’opposition page de texte et page de dessin est inversée à chaque double page, ce qui fait que nos yeux sont toujours en mouvement et doivent s’arrêter sur le texte puis sur le dessin (ou l’inverse), ce qui n’est pas une mauvaise chose. J’ai apprécié certaines scènes, peut-être parce qu’elles me paraissaient plus plausibles que d’autres. Il n’empêche que chaque lecteur trouvera écho de ces situations dans sa vie personnelle, et c’est cela qui rend cet album attachant. On se doute qu’il s’agit souvent de souvenirs de l’auteur, car j’ai trouvé qu’il y a un fort côté nostalgique dans les textes. La redondance du titre pour chaque situation est drôle au départ, mais à la fin j’ai trouvé cela lassant sur 48 pages, surtout que la fin est quelque peu abrupte. Par contre, cette mise en texte a aussi l’avantage de pouvoir lire l’histoire dans n’importe quel ordre, de commencer par la fin ou le milieu sans problème, puisqu’il n’y a pas d’histoire à proprement parler. Un regret cependant : c’est dommage que les autres membres de la famille soient si peu mentionnés (une fois le papa et une fois les grands-parents). Je sais qu’un livre miroir est sorti avant celui-là : Moi, j’aime quand Papa… Il pourrait être intéressant de comparer les deux, mais pour celui-là, je trouve dommage l’absence d’autres personnages de la famille proche. Au niveau du dessin qui accompagne les textes, il s’agit à chaque fois d’animaux, sauvages ou domestiques, qui symbolisent les humains. Cela permet aussi d’enrichir le vocabulaire de l’enfant sur des animaux bien spécifiques, et de s’imaginer n’importe quelle maman dans la situation. J’aime bien cette façon de mettre des animaux, mais j’ai parfois trouvé le trait tremblant. Je préfère les dessins au trait rond, surtout que cela aurait conféré plus de douceur au dessin, en lien avec les propos, mais je ne suis pas non plus hostile à ce trait-là. Un album agréable sur le coup, mais que ne me laissera pas beaucoup de traces…

A partir de 3 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Un petit bout de bib(liothèque), Livres à lire, Parolimage, Chez Lavinia

9/10

BD jeunesse

Mamette, tome 3 : Colchiques

MAMETTE, tome 3 : COLCHIQUES, par Nob (Glénat, 2008, coll. Tchô !)

Suite du tome 2. L’automne arrive, Mamette a toujours Maxou en garde de façon ponctuelle, et décide de prendre en main l’avenir de son fils célibataire qui vient de perdre son travail. Elle tente aussi de le caser, avec les différentes femmes qu’elle peut croiser, comme la bibliothécaire. Son fils n’ose pas lui dire franchement qu’il a grandi et n’est plus le petit garçon qu’elle a connu. Mamette, gentiment mais sûrement, s’obstine dans sa mission de vouloir aider les autres. Elle va même l’emmener au cirque et tous deux vont retrouver des moments vécus il y a bien longtemps. Mais un jour, sa santé la rattrape, et la vieille dame fait un malaise…

Je continue dans ma lancée des Mamette et je dois dire que j’ai préféré ce volume-là au précédent, car j’ai préféré la relation entre Mamette et son fils qu’avec Maxou « l’ingrat ». Les dialogues sont plus savoureux et drôles. Les situations m’ont paru plus changeantes que dans le tome précédent, il y avait moins de redondance. Les personnages secondaires prennent de plus en plus d’importance, avec Mademoiselle Pinsec l’aigrie qui se révèle fleur bleue, ou Madame Vidal la malade imaginaire qui harcèle le médecin pour un médicament. Les situations font toujours aussi crédibles, et on se surprend à sourire avec certaines situations qui démontrent que le choc des générations est toujours aussi rude. Les virées au fastfood avec Maxou, les promesses alimentaires non tenues dès la sortie de la consultation, les sorties à la bibliothèque, la découverte du téléphone portable… tous ces moments sont l’occasion de passer un agréable moment avec Mamette, une grand-mère comme on aimerait tous avoir (ou pas !). Le dessin est toujours autant maîtrisé, c’est encore une fois du tout bon !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Doucettement, Les jardins d’Hélène, La lucarne à Luneau, A little piece of, Le blog du capitaine geek

Premières planches à voir sur Izneo.

BD aventure, BD historique, BD jeunesse

Les godillots, tome 1 : Le plateau du croquemitaine

LES GODILLOTS, tome 1 : LE PLATEAU DU CROQUEMITAINE, par Olier (scénario) et Marko (dessin) (Bamboo, 2011)

Pendant la première guerre mondiale, près du front, une équipe de deux soldats doit ravitailler les premières lignes avec la « roulante », la cuisine itinérante. Mais ce premier convoi ne revient pas et les soldats sont déclarés disparus. Alors un deuxième binôme est constitué pour effectuer la tournée, avec un boulanger et un cultivateur. Ce duo assez improbable (un petit maigrichon et un grand costaud) doit traverser un plateau connu pour sa dangerosité et surnommé « le plateau du croquemitaine », du nom d’une batterie d’armes qui vise tout ce qui passe par cet endroit. Le duo parvient à une maison abandonnée et découvre un jeune garçon, Bixente, qui cherche son grand frère soldat, avec son exemplaire du « tour de France de deux enfants » dans son sac. Perturbés par cette découverte, les deux soldats demandent à Bixente (qu’ils ont entre temps renommé Bichette) de les attendre là, mais le jeune garçon fougueux n’en fait qu’à sa tête et les suit malgré le danger vers la tranchée…

Voici une BD de saison, si on peut dire. Cette histoire est parue en épisodes dans le magazine Le Monde des Ados il y a quelques temps, et c’est là que je l’avais repérée. Je ne regrette pas du tout d’avoir essayé cet album qui permet d’aborder la première guerre mondiale avec les plus jeunes. Contrairement à La guerre des Lulus, série qui aborde la vie des civils à l’arrière, Les godillots relate la vie des soldats au front, sous un angle moins noir que peut le faire Tardi dans C’était la guerre des tranchées. La vie des soldats n’est pas enjolivée, loin de là, mais c’est juste que le propos est plus léger et plus compréhensible pour les jeunes. Le jeune Bixente permet aussi aux jeunes lecteurs de se sentir impliqués dans l’histoire. Il y a aussi de nombreux éléments historiques inclus dans le scénario, ce qui fait qu’on apprend des choses en même temps, ce qui rend cette BD encore plus intéressante. Des extraits du célèbre livre « Le tour de France de deux enfants », un classique du début du 20ème siècle, sont insérés dans les cases, et montrent une certaine vision de la France de l’époque. De nombreux thèmes de la guerre sont abordés, dont les mutilés volontaires ou encore l’occupation des soldats lorsqu’ils ne sont pas au front. Le vocabulaire utilisé par les soldats est… comment dire ? très fleuri : c’est un régal que de lire ces expressions souvent devenues désuettes, mais tellement imagées. Les dialogues sont ponctués de touches d’humour, souvent apportées par Bixente et le singe (Kronprinz rebaptisé ensuite Salopiot, et on comprend vite pourquoi…).

Le trait est clairement jeunesse, assez rond et les personnages sont croqués de façon élégante. Les couleurs sont soignées et réalistes, par exemple au niveau des tenues. Il n’est pas difficile de distinguer les personnages, sauf à un moment lorsqu’on passe du côté allemand. En effet, il n’y a pas de cartouche dans la planche pour signaler le changement de lieu, et les soldats allemands (en tenue vert foncé) parlent aussi en français dans les bulles, donc j’ai eu un léger temps de questionnement sur ces nouveaux personnages, avant de comprendre qu’il s’agissait de la vision opposée. Cela n’est pas inutile et permet de se détacher un peu des personnages principaux du récit. Bref, vous l’aurez sûrement compris, j’ai vraiment passé un bon moment de lecture, avec cet album historique jeunesse qui est loin d’être déprimant et barbant… A noter que l’édition originale comprend une gazette fictive de 8 pages qui permet d’en savoir plus. J’ai hâte de lire la suite, et j’ai été ravie d’apprendre que le tome 3 sort demain en librairie !

Album non mentionné sur l@BD, mais le roman y est conseillé à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : Les chroniques de MadokaBlogonoisettes, Tête de lecture,

Premières planches sur le site de l’éditeur.

Voir la page Facebook de la série.

BD fait de société

Les petits ruisseaux

LES PETITS RUISSEAUX, par Pascal Rabaté (Futuropolis, 2006)

Edmond et Pierre sont deux amis retraités qui aiment passer de longs moments à pêcher. Ils se connaissent depuis longtemps, et pourtant Edmond, divorcé depuis dix ans, a un loisir qu’il exerce en secret : il aime peindre des nus, en utilisant des photographies de magazines. Un jour, il présente ses œuvres à son ami, et lui annonce juste avant qu’il fréquente une femme depuis quelques temps. Pierre est étonné par cet aspect méconnu de son ami, mais veuf, il déclare ne pas pouvoir penser à une autre femme que sa Jeanne, morte d’un cancer des années auparavant. Pourtant, lorsqu’Edmond décède brutalement, Pierre décide de profiter du temps qu’il lui reste à vivre. Lors des obsèques de son ami, il rencontre Lucie, la femme que fréquentait Edmond. Les quelques rencontres entre ces deux retraités victimes de solitude vont réveiller Pierre, qui décide de partir sur les traces de son enfance et de profiter de la vie. Son désir s’est aussi réveillé, il a même parfois de drôles de visions des femmes… Lire la suite « Les petits ruisseaux »

BD humour

La tectonique des plaques

LA TECTONIQUE DES PLAQUES, par Margaux Motin (Delcourt, 2013, coll. Tapas)

Suite de J’aurais aimé être ethnologue et La théorie de la contorsion. La trentenaire Margaux Motin continue de nous raconter des extraits de sa vie, avec humour. Cette fois, il y a un grand changement dans sa vie : elle s’est séparée du père de sa fille, et doit digérer cet événement. Sa réaction : elle régresse et fait une véritable crise d’adolescence, dans laquelle sa fille se révèle parfois bien plus mature qu’elle… Elle n’oublie pas de nous raconter les moments avec ses copines, ainsi que sa rencontre avec son nouvel homme qui était au départ un de ses amis. Ses doutes, ses questions, sa vie de mère et d’amante… Tout y passe dans cet album, avec une bonne touche d’humour comme la narratrice sait le faire.

Voici le troisième tome de la vie dessinée de Margaux Motin, volumes largement autobiographiques d’une jeune femme parisienne. J’avais de bons souvenirs des deux tomes précédents, mais là je dois dire que j’ai dû m’accrocher pour parvenir à terminer l’album, car j’ai vraiment trouvé le début long et manquant de fil conducteur. L’album fait près de 200 pages, et le début m’a paru bien fouillis. L’histoire est constituée d’une suite d’événements et d’anecdotes plus ou moins longues et on ne sait pas trop où on va au départ. Certains épisodes sont redondants et j’ai parfois trouvé la situation trop exagérée lorsque l’héroïne régresse totalement en enfance ou adolescence. Elle se laisse complètement aller et on n’a parfois qu’une envie : c’est de lui dire de se bouger, de se reprendre en main et de tenir son rôle d’adulte. Bref, le personnage en lui-même ne m’a pas toujours plu. Certaines situations sont par contre craquantes, lorsqu’elle raconte la rencontre avec son nouveau mec, et les questions qui en découlent, elle qui a vécu dix ans avec un même homme auparavant. Ces passages-là ont été pour moi les plus plaisants, j’ai eu l’impression de retrouver le personnage des albums précédents. Globalement, j’ai un avis mitigé sur le scénario de cet album. Par contre, j’adore toujours autant le trait de Margaux Motin, vif et croquant d’une bien jolie manière les personnages. D’ailleurs, le dessin peut même parfois faire passer un message sans aucun texte, c’est dire s’il est expressif. Sa petite fille paraît très mignonne et craquante. Les autres personnages sont aussi très joliment dessinés, avec parfois des looks hautement improbables et complètement déroutants, mais cela ajoute une dose d’humour et de légèreté aux propos qui ne le sont pas toujours. J’ai beaucoup aimé les pages où l’auteur dessine sur une photo, je trouve cela joli, différent et original, parfois même poétique. La tectonique des plaques est donc une lecture qui n’est pas selon moi indispensable, mais qui a au moins le mérite du coup d’œil pour l’agréable trait de l’auteur.

Non mentionné sur l@BD, mais pas avant 15 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Monde de papier, Au fil des lectures, Trait de plume, Exquimots, Gwordia, L’avis d’Agrippine

Plusieurs planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog dessiné de l’auteur.

BD jeunesse

Mamette, tome 2 : l’âge d’or

MAMETTE, tome 2 : L’ÂGE D’OR, par Nob (Glénat, 2007, coll. Tchô !)

Suite du  tome 1. Les grandes vacances sont là et Mamette va garder pendant un mois entier le jeune Maxou dont la mère part en formation. Le jeune garçon n’est guère motivé par le fait d’avoir la chambre de Choupinet, le fils de Mamette qui a depuis bien longtemps quitté le foyer familial. De plus, les sorties au parc tout comme les devoirs de vacances ne l’enchantent guère. Alors Mamette tente de tout faire pour lui faire passer un séjour agréable : avec ses amies, elle l’emmène au cinéma et à la piscine… L’été s’écoule paisiblement, les liens se tissent, et pas qu’entre Maxou et Mamette…

C’est toujours avec un plaisir certain que je retrouve le personnage de Mamette, petite grand-mère toujours de bonne humeur, qui veut aider du mieux qu’elle le peut le jeune Maxou. Cependant, même si j’ai passé un bon moment de lecture, je n’ai pas eu de coup de cœur pour cet album, assez linéaire au niveau du scénario. Difficile d’expliquer, mais j’ai trouvé moins de consistance dans cet album, même si l’héroïne est particulièrement attachante et toujours désireuse de faire le bien autour d’elle, ce qui n’est pas le cas d’une de ses amies. Certaines situations sont bien trouvées, avec la touche d’humour nécessaire, mais je n’ai pas été totalement conquise par le scénario. Peut-être est-ce dû au personnage de Maxou qui est très présent dans l’histoire, mais que je n’ai pas trouvé très agréable. Il a un côté désinvolte et est parfois méchant envers la grand-mère qui l’accueille pendant ses vacances. Par contre au niveau du dessin, rien à redire, c’est toujours super propre, très agréable à regarder, avec beaucoup de détails malgré les cases insuffisamment grandes à mon goût. La grand-mère est très bien dessinée, et cela accentue encore son côté jovial et positif. Les couleurs contribuent à donner une ambiance joyeuse à l’histoire. C’est donc avec plaisir que je continuerai avec le troisième tome, en espérant que je sois plus emballée par l’histoire cette fois-ci…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Bouquins de poches en poches, Espace temps libre, La ronde des post-it, Pause Kikine

Premières planches à voir sur Izneo.

Aller voir le blog de l’auteur, plus mis à jour depuis janvier 2013.

BD fait de société, BD sentimentale

Oh les filles !

OH LES FILLES ! (édition intégrale), par Sophie Michel (scénario) et Emmanuel Lepage (dessin) (Futuropolis, 2013)

Trois filles naissent en même temps dans des milieux sociaux différents. Agnès naît dans un milieu bourgeois et ses parents ne prennent pas le temps de s’occuper d’elle. Chloé n’a officiellement pas de père et grandit donc avec sa mère célibataire puis avec son beau-père. Leïla voit le jour au Maroc, et émigre en France avec sa famille à l’âge de cinq ans. On suit l’histoire de ces trois fillettes puis jeunes filles jusqu’à leur vie d’adulte. Elles vont devenir les meilleures amies du monde, mais leurs aspirations et leurs ambitions ne sont pas toujours les mêmes. Agnès va mal vivre le départ de sa nounou, puis l’absence de ses parents, jusqu’à devenir plus ou moins marginale et à quitter le lycée. Chloé développe son talent de danseuse, au départ à l’école de danse, puis dans le cadre de ses études. Leïla, devenue orpheline de mère et très douée à l’école, va tout faire pour devenir médecin… Les trois amies gardent des liens très forts, et sont toujours là pour s’entraider en cas de coup dur…

Voici un album choisi pour son dessinateur Emmanuel Lepage, auteur de Muchacho ou Voyage aux îles de la désolation. J’ai eu l’opportunité de lire l’intégrale qui regroupe les deux volumes parus en 2007 et 2008, et au final, c’est mieux car je n’ai pas eu à attendre la suite, ce qui est souvent frustrant dans le cas d’un diptyque. J’ai beaucoup aimé ces portraits de filles, qu’on suit pendant plus de deux décennies. Leurs trois caractères et leurs parcours de vie sont différents, mais elles deviennent les meilleures amies du monde. Leurs histoires sont touchantes, et on peut facilement se sentir proche de l’une ou de l’autre. Beaucoup d’aspects sont évoqués : la famille, les amis, le parcours scolaire… J’ai trouvé l’histoire bien détaillée à certains moments et parfois d’autres épisodes étaient plus survolés, mais il n’empêche que l’histoire reste très intéressante et bien construite. Le dessin d’Emmanuel Lepage sert complètement cette histoire, avec des traits fins et délicats et des couleurs particulièrement jolies toutes en nuances qui confèrent une ambiance toute particulière à cette histoire. J’ai aimé lorsque les vies des trois héroïnes sont mis en parallèle à un même moment, avec une bande par fille. J’ai aussi aimé lorsque les trois vies se suivent, avec des cases interchangées : ce n’est pas forcément le plus facile à suivre, mais cela crée un lien entre les parcours des trois amies. J’ai vraiment aimé cette lecture, et j’en suis ressortie avec le sourire. Bon, quelques temps après la lecture, j’ai déjà oublié des éléments, mais je garde à l’esprit que cet album est plein de bons sentiments (dans le bon sens du terme) et peut être offert à une très bonne amie…

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Chroniques de l’invisible, Gwordia, Pause Kikine, Pages de lecture de Sandrine, Hellody

Premières pages du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Interviews des auteurs à lire sur Auracan et ActuaBD.