Mamette, tome 3 : Colchiques

MAMETTE, tome 3 : COLCHIQUES, par Nob (Glénat, 2008, coll. Tchô !)

Suite du tome 2. L’automne arrive, Mamette a toujours Maxou en garde de façon ponctuelle, et décide de prendre en main l’avenir de son fils célibataire qui vient de perdre son travail. Elle tente aussi de le caser, avec les différentes femmes qu’elle peut croiser, comme la bibliothécaire. Son fils n’ose pas lui dire franchement qu’il a grandi et n’est plus le petit garçon qu’elle a connu. Mamette, gentiment mais sûrement, s’obstine dans sa mission de vouloir aider les autres. Elle va même l’emmener au cirque et tous deux vont retrouver des moments vécus il y a bien longtemps. Mais un jour, sa santé la rattrape, et la vieille dame fait un malaise…

Je continue dans ma lancée des Mamette et je dois dire que j’ai préféré ce volume-là au précédent, car j’ai préféré la relation entre Mamette et son fils qu’avec Maxou « l’ingrat ». Les dialogues sont plus savoureux et drôles. Les situations m’ont paru plus changeantes que dans le tome précédent, il y avait moins de redondance. Les personnages secondaires prennent de plus en plus d’importance, avec Mademoiselle Pinsec l’aigrie qui se révèle fleur bleue, ou Madame Vidal la malade imaginaire qui harcèle le médecin pour un médicament. Les situations font toujours aussi crédibles, et on se surprend à sourire avec certaines situations qui démontrent que le choc des générations est toujours aussi rude. Les virées au fastfood avec Maxou, les promesses alimentaires non tenues dès la sortie de la consultation, les sorties à la bibliothèque, la découverte du téléphone portable… tous ces moments sont l’occasion de passer un agréable moment avec Mamette, une grand-mère comme on aimerait tous avoir (ou pas !). Le dessin est toujours autant maîtrisé, c’est encore une fois du tout bon !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Doucettement, Les jardins d’Hélène, La lucarne à Luneau, A little piece of, Le blog du capitaine geek

Premières planches à voir sur Izneo.

Les petits ruisseaux

LES PETITS RUISSEAUX, par Pascal Rabaté (Futuropolis, 2006)

Edmond et Pierre sont deux amis retraités qui aiment passer de longs moments à pêcher. Ils se connaissent depuis longtemps, et pourtant Edmond, divorcé depuis dix ans, a un loisir qu’il exerce en secret : il aime peindre des nus, en utilisant des photographies de magazines. Un jour, il présente ses œuvres à son ami, et lui annonce juste avant qu’il fréquente une femme depuis quelques temps. Pierre est étonné par cet aspect méconnu de son ami, mais veuf, il déclare ne pas pouvoir penser à une autre femme que sa Jeanne, morte d’un cancer des années auparavant. Pourtant, lorsqu’Edmond décède brutalement, Pierre décide de profiter du temps qu’il lui reste à vivre. Lors des obsèques de son ami, il rencontre Lucie, la femme que fréquentait Edmond. Les quelques rencontres entre ces deux retraités victimes de solitude vont réveiller Pierre, qui décide de partir sur les traces de son enfance et de profiter de la vie. Son désir s’est aussi réveillé, il a même parfois de drôles de visions des femmes… Lire la suite

Mamette, tome 2 : l’âge d’or

MAMETTE, tome 2 : L’ÂGE D’OR, par Nob (Glénat, 2007, coll. Tchô !)

Suite du  tome 1. Les grandes vacances sont là et Mamette va garder pendant un mois entier le jeune Maxou dont la mère part en formation. Le jeune garçon n’est guère motivé par le fait d’avoir la chambre de Choupinet, le fils de Mamette qui a depuis bien longtemps quitté le foyer familial. De plus, les sorties au parc tout comme les devoirs de vacances ne l’enchantent guère. Alors Mamette tente de tout faire pour lui faire passer un séjour agréable : avec ses amies, elle l’emmène au cinéma et à la piscine… L’été s’écoule paisiblement, les liens se tissent, et pas qu’entre Maxou et Mamette…

C’est toujours avec un plaisir certain que je retrouve le personnage de Mamette, petite grand-mère toujours de bonne humeur, qui veut aider du mieux qu’elle le peut le jeune Maxou. Cependant, même si j’ai passé un bon moment de lecture, je n’ai pas eu de coup de cœur pour cet album, assez linéaire au niveau du scénario. Difficile d’expliquer, mais j’ai trouvé moins de consistance dans cet album, même si l’héroïne est particulièrement attachante et toujours désireuse de faire le bien autour d’elle, ce qui n’est pas le cas d’une de ses amies. Certaines situations sont bien trouvées, avec la touche d’humour nécessaire, mais je n’ai pas été totalement conquise par le scénario. Peut-être est-ce dû au personnage de Maxou qui est très présent dans l’histoire, mais que je n’ai pas trouvé très agréable. Il a un côté désinvolte et est parfois méchant envers la grand-mère qui l’accueille pendant ses vacances. Par contre au niveau du dessin, rien à redire, c’est toujours super propre, très agréable à regarder, avec beaucoup de détails malgré les cases insuffisamment grandes à mon goût. La grand-mère est très bien dessinée, et cela accentue encore son côté jovial et positif. Les couleurs contribuent à donner une ambiance joyeuse à l’histoire. C’est donc avec plaisir que je continuerai avec le troisième tome, en espérant que je sois plus emballée par l’histoire cette fois-ci…

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Bouquins de poches en poches, Espace temps libre, La ronde des post-it, Pause Kikine

Premières planches à voir sur Izneo.

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Les vieux fourneaux, tome 1 : ceux qui restent

LES VIEUX FOURNEAUX, tome 1 : CEUX QUI RESTENT, par Wilfrid Lupano (scénario) et Paul Cauuet (dessin) (Dargaud, 2014)

Trois amis septuagénaires se retrouvent à l’occasion de l’enterrement de la femme d’Antoine, l’un d’entre eux. Entre Emile, Antoine et Pierrot, l’entente est toujours bonne, et ils aiment se rappeler leurs souvenirs d’enfance en commun, leurs jeux dans le grand arbre et leurs bêtises d’enfance… Mais la vie est passée et Antoine a la rancoeur tenace contre l’entreprise où il a passé toute sa carrière et où sa femme aujourd’hui disparue a passé dix ans de sa vie, avant de monter son théâtre ambulant. Syndicaliste, Antoine n’a toujours pas digéré qu’elle ait été remerciée. Mais ce qu’il va apprendre sur la relation entre son patron et sa femme va le rendre fou, et il décide alors de se rendre chez son ancien patron grabataire, atteint d’Alzheimer et résidant en Toscane… Voulant le sauver d’un désastre annoncé, Emile, Pierrot et Sophie la petite fille d’Antoine enceinte jusqu’aux dents, se rendent en Italie… Mais cela ne va pas être si simple que cela pour le trio… C’est le début de l’aventure !

Voici un album acheté suite aux avis très positifs lus sur les blogs. Je ne regrette pas du tout, j’ai passé un super moment de lecture. Les dialogues sont très drôles, politiquement incorrects parfois, toujours incisifs et sacrément vrais ! L’humour est particulièrement présent dans cette histoire qui au départ ne paraît pas spécialement drôle. Mais ce sont les personnalités hautes en couleurs des trois anciens, ainsi que de Sophie, la trentenaire déterminée qui n’a pas la langue dans sa poche, qui font tout le chic de cet album. Lupano, scénariste du Singe de Hartlepool et de Ma révérence, réussit là encore à nous embarquer dans l’histoire et mène son histoire d’une main de maître. Le dessin est typiquement franco-belge, chaque personnage a une trogne reconnaissable, une caractéristique physique bien à lui : l’un est un grand sec, l’autre petit costaud et la tête carrée, l’autre enfin est de corpulence plus habituelle. Cela montre peut-être aussi qu’ils ont pris des chemins différents, que leur vie n’a pas été la même, mais qu’au final, et c’est ce que je trouve beau, qu’ils continuent à être amis depuis tout ce temps, malgré l’éloignement, malgré les différences… J’ai aimé le trait de Paul Cauuet, un dessinateur inconnu pour moi jusque là, car il est plein de petits détails, les visages expriment les sentiments les plus divers à travers le trait toujours juste et précis du dessinateur. C’est vraiment un très bon album sur tous les plans. Il y a juste au niveau des couleurs que j’exprimerai un petit bémol, car je les ai trouvées un peu trop artificielles à mon goût. Cela est surtout vrai au début de l’album, après il faut croire que j’ai dû m’habituer ! Mis à part ce petit point, j’ai vraiment beaucoup aimé cet album, et je comprends l’enthousiasme qu’il suscite ! Bonne nouvelle, le tome 2 sort le 24 octobre prochain ! Ce sera l’occasion de retrouver nos petits vieux préférés !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de Noukette, Au milieu des livres, Un amour de BD, Le blog du petit carré jaune, Le rose et le noir, D’une berge à l’autre

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La tête en l’air

LA TÊTE EN L’AIR, par Paco Roca (Delcourt, 2013, coll. Mirages)

Emilio, un vieux monsieur atteint d’Alzheimer est placé en maison de retraite par son fils qui supporte de moins en moins la progression de la maladie. Au départ ne se rendant pas compte de la dégradation de son état, cet ancien directeur d’agence bancaire va découvrir le mode de vie particulier d’un établissement pour les personnes âgées. Chacun y a ses petites habitudes ou ses tics, chacun vit sa vie souvent seul loin de toute famille…

Voici une très jolie bande dessinée sur un monde qui fait un peu peur, celui des personnes âgées. Il faut dire que la situation est peu réjouissante pour Emilio, qui perd la tête au fil du temps, pour des choses de plus en plus simples, et au début sans s’en rendre compte. C’est un héros touchant, qui ne comprend pas au départ ce qu’il fait ici, car il irait très bien. Miguel son acolyte de chambre est quant à lui détestable : je n’ai pas aimé ce personnage qui rackette et vole les autres résidents à tout bout de champ, jusqu’à ce que la fin de l’album me fasse quelque peu changer d’avis sur cet homme au final tout seul au long de sa vie, et qui finira aussi tout seul, ignoré de tous. C’est vraiment un album touchant, qui sait alterner les passages graves (le moment où Emilio comprend qu’il a Alzheimer, la maladie qui progresse inéluctablement) avec d’autres bien plus légers (les activités « trépidantes » des résidents, la folle escapade nocturne d’Emilio, Simone et Miguel, les stratagèmes élaborés par Miguel pour qu’Emilio ne se fasse pas repérer comme défaillant et soit transféré à l’étage du dessus, avec tous les grabataires…). J’ai aussi beaucoup aimé les cases où le dessinateur représente ce qui se passe dans la tête des gens, qui souvent se croient encore dans le passé, comme par exemple la vieille dame qui pense passer ses après-midis dans l’Orient Express, alors qu’elle n’est qu’à la fenêtre de sa chambre. C’est vraiment très bien imagé, et chaque personnage a son univers propre, ce qui fait qu’on s’attache au moins à un de ces résidents, car on reconnaît l’un d’eux parmi des personnes de notre entourage. Cela est peut-être encore accentué par les deux pages à la fin de l’histoire dans lesquelles Paco Roca raconte les personnes réelles qui l’ont inspiré pour chacun des personnages. Cela donne un côté ultra réaliste, presque documentaire, très intéressant. Voilà donc un scénario très juste et crédible, servi par un dessin clair et agréable, avec des personnages relativement effilés : on n’a pas de souci à distinguer chacun des protagonistes. Enfin, l’auteur utilise de nombreuses couleurs pour restituer un monde au final humain, mais dont on sait qu’on n’en sort pas vivant… Pas très optimiste me direz-vous, mais l’auteur arrive tout de même à nous faire sourire, peut-être pour nous dire qu’il faut savoir profiter de chaque moment de la vie…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Le blog de Yv, Sin City, Le blog BD de Madmoizelle, Chroniques de l’invisible

C’est une lecture à ajouter au challenge de Kikine, car La tête en l’air est la réédition de Rides (sorti en 2007), album qui fait partie de la sélection des Ignorants de Davodeau.

Bande annonce du film, avec des passages qui, je crois, n’existent pas dans l’album :

Mamette, tome 1 : Anges et pigeons

MAMETTE, tome 1 : ANGES ET PIGEONS, par Nob (Glénat, coll. Tchô !, 2006)

Mamette est une petite grand-mère qui vit en ville et a gardé son âme d’enfant. Sa vie est assez routinière : elle fréquente ses amies au parc, prend le café avec elles, va au cimetière rendre visite à son époux. Son fils n’en a pas grand-chose à faire d’elle, et Mamette est du genre bien discrète. Heureusement que des petits évènements viennent égayer son quotidien : le fils de son aide à domicile, l’association des seniors…

Voici les aventures, à mi-chemin entre humour et nostalgie, d’une petite grand-mère dotée d’un sacré caractère. Une exposition consacrée à cette série avait eu lieu il y a deux ou trois ans au festival BD-Boum à Blois, et j’avais déjà repéré cette série jeunesse (aujourd’hui dotée de 5 albums et d’une série dérivée : les souvenirs de Mamette). Le dessin est différent des autres séries jeunesse, il est, je trouve, plus travaillé, les traits ne sont pas clairs et nets, et cela donne une certaine ambiance un peu surannée à l’album. Les couleurs ne sont pas criardes, mais bien nuancées, avec une sacrée palette arc-en-ciel. C’est très agréable à regarder et les arrière-plans ne sont pas négligés non plus.

J’ai beaucoup aimé que malgré le fait que chaque petite histoire se développe en une planche, il y ait une bonne continuité dans l’histoire générale, et que finalement on puisse avoir une lecture globale. J’ai bien aimé également les retours dans le passé, où on découvre Mamette petite qui rencontre son futur mari, ou encore Mamette avec son jeune fils qui rencontre son amie Madeleine pour la première fois. Bref, c’est une série que je compte bien poursuivre, et j’espère que les élèves qui la liront seront partants eux aussi, car en abordant le thème du 3ème âge, cela change de séries habituelles. A découvrir, donc !

Ce tome n’est pas répertorié sur le site BD du CNDP, mais les suivants sont conseillés à partir de 7 ans.

Découvrir le mini-site consacré à la série.

On en parle sur les blogs : Dae lit, Délice au réglisse, Ben Dis