Undertaker, tome 2 : la danse des vautours

UNDERTAKER tome 2 : LA DANSE DES VAUTOURS, par Xavier Dorison (scénario) et Ralph Meyer (dessin) (Dargaud, 2015)

undertaker2Suite du tome 1. Jonas Crow, le croque-mort dont le seul ami est un vautour, accompagné d’une gouvernante anglaise et d’une domestique chinoise, doit conduire le corps du riche Cusco dans sa première mine, là où a commencé sa richesse. Mais les mineurs d’Anoki City n’ont pas tardé à comprendre le stratagème de leur ancien patron décédé et partent aux trousses de Crow pour récupérer leur dû… La course poursuite continue dans cet ouest américain infestés de personnages plus malfaisants les uns que les autres… Lire la suite

Tyler Cross, tome 2 : Angola

TYLER CROSS, tome 2 : ANGOLA, par Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessin) (Dargaud, 2015)

On retrouve le bandit Tyler Cross après un tome 1 déjà ultra violent. Cette fois, l’homme vit paisiblement avec sa compagne lorsqu’on lui propose de participer à un braquage arrangé, sorte d’arnaque à l’assurance, en lui promettant qu’il n’y a pas de risques. Mais cela ne va pas se passer comme prévu et tandis qu’une braqueuse parvient à échapper à la police et qu’un de ses camarades est tué, Tyler Cross est attrapé et condamné 20 ans de bagne, dans un endroit isolé de Louisiane nommé Angola, au milieu des marais et dirigé par un capitaine sans pitié. La violence y est omniprésente, tout comme la corruption. Le braqueur tente de survivre parmi ces fauves, en achetant une semaine de vie supplémentaire auprès d’un gardien, ou encore en faisant des alliances de circonstance. Il apprend qu’il est quasi-impossible de s’évader d’Angola, mais va tout de même tenter sa chance…

J’ai mis du temps à me décider à lire la suite des aventures de ce braqueur qui use de la violence comme il respire. L’ambiance est ultra-glauque, accentuée par les couleurs simples mais très judicieuses de Laurence Croix. Le scénario ne comporte pas de temps mort, et la violence est présente à chaque recoin de case ou presque, bref, c’est vraiment très noir. Les clins d’œil au cinéma américain sont nombreux, avec certains plans et certaines scènes. Celle où la braqueuse se retrouve au soleil au bord de la piscine de l’hôtel est particulièrement flagrante. Au niveau des personnages, ils sont tous pires les uns que les autres, et on n’est pas amené à ressentir de l’empathie pour l’un ou l’autre. Les portraits brossés ne donnent en effet pas envie de prendre en pitié de tels personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires d’ailleurs. Cela démontre un scénario vraiment aux petits oignons, comme souvent chez Nury. Le dessin de Brüno est quant à lui reconnaissable entre mille, et même si au départ de ma découverte de cet auteur (Junk, Atar Gull), j’étais réticente, désormais je trouve que ce dessin aux traits simples est très approprié pour des histoires complexes. Les cadrages sont très variés, et même parfois inattendus, comme par exemple lorsqu’on a le canon d’une arme juste en face de soi. Cela met vraiment dans l’ambiance et contribue à maintenir une ambiance très particulière sur cet album. J’ai passé un bon moment de lecture, et ai aimé suivre ce héros calculateur et bien peu sympathique. Je ne sais pas si un tome 3 est prévu, mais toujours est-il que s’il sort un jour, je crois que je ferai partie de ses lectrices…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Pop up culture, Le tour du nombril, Carnet d’une libraire, Miss Alfie croqueuse de livres, Blog Brother

Premières planches à lire sur Izneo.

Aller voir le blog du dessinateur Brüno.

Cet album participe à , cette semaine chez Stephie.

Le sourire du clown – intégrale

LE SOURIRE DU CLOWN, le récit intégral, par Luc Brunschwig (scénario) et Laurent Hirn (dessin et couleurs) (Futuropolis, 2013)

En 1989, la roulotte de deux clowns âgés, Groko et Clock, s’installe pour l’été dans la cité des Hauts-Vents, un quartier de banlieue assez isolé de la ville par sa situation géographique, en haut d’une colline. L’un de deux clowns devient ami avec un jeune garçon blond habitant dans la cité, Djin, dont la mère, bonne du curé du quartier, est dépressive depuis que son mari a été expulsé de France. Dépressive, sur un coup de folie, elle tue Groko d’un coup de revolver, et est envoyée en prison pour 10 ans. Choqué par ce meurtre auquel il a assisté, Djin devient muet et est recueilli par son oncle et sa tante. Clock, le clown restant, est resté dans le quartier, et a monté une école de cirque pour les enfants et adolescents. Les années passent, et alors que la mère de Djin sort de prison mais n’ose revenir dans le quartier où tous la prennent pour folle, un soir d’hiver, un prêtre est envoyé dans le quartier, et reprend en main l’église abandonnée depuis le départ de son prédécesseur quelques années plus tôt… Ses méthodes sont pourtant loin d’être catholiques, et ses hommes de main ne sont pas des enfants de chœur non plus… Alors que Clock le clown est assassiné, un habitant du quartier, journaliste qui veut donner une meilleure image à la cité, enquête… Un jeune homme, Rachid, est accusé… Le nouveau curé aurait-il à voir avec ces récents événements ?

Cette intégrale du « sourire du clown » regroupe les 3 tomes d’une série parue initialement entre 2005 et 2009. L’album fait donc 200 pages, et permet de tout lire d’une traite, sans avoir les coupures des albums originaux. Le récit est dense et le scénario noir. Le peu d’humanité est souvent détruit par les habitants, jeunes ou moins jeunes, et certains non-dits ruinent tous les efforts de certains habitants à améliorer la situation dans ce quartier délabré. Les relations sont tendues entre les différents habitants de la cité des Hauts-Vents, endroit isolé de la ville, banlieue délaissée où la réputation de violence est tenace. Les personnages ne sont pas spécialement attachants, et les auteurs prennent largement le temps d’installer chacun d’entre eux. Les allers-retours dans le temps sont assez fréquents, et permettent au fil de la lecture de comprendre les raisons de la violence et des relations compliquées entre les gens. L’histoire est sacrément bien menée, et on se doute au fil des cases que le curé n’a pas spécialement de morale et qu’il utilise ses « ouailles » comme bon lui semble. Le dessin est particulier au niveau des portraits, chacun d’entre eux étant très travaillé, chaque gueule étant vraiment reconnaissable. Le trait est pourtant assez doux, et on entre vite dans l’histoire avec un tel trait agréable. Les couleurs sont un peu ternes, mais peut-être est-ce dû au type de papier mat utilisé pour cet album. Les couleurs contribuent à l’ambiance parfois malsaine de l’histoire et aux situations de violence. Le sourire du clown est un album ardu mais intéressant sur le malaise dans les cités de banlieue, et les situations qui peuvent dégénérer avec les comportements de certains mal-intentionnés. Une découverte intéressante, qui m’incite à aller voir d’autres productions de ces auteurs, en duo ou en solitaire…

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Premières planches du tome 1, du tome 2 et du tome 3 à voir sur Izneo.

Visiter le site du dessinateur Laurent Hirn.

Paci, tome 3 : Rwanda

PACI, tome 3 : RWANDA, par Vincent Perriot (texte et dessin) et Isabelle Merlet (couleurs) (Dargaud, 2015)

Suite et fin des aventures de Pacifique, l’homme qui tente de se ranger des trafics de drogue, sans pour autant complètement sortir du milieu. Ce 3ème et dernier épisode est plus axé sur sa relation avec sa petite amie, à laquelle il n’a jamais avoué ses activités illégales, mais qui se doute qu’il y a quelque chose de louche là-dessous. Leur relation n’est pas toujours au beau fixe, ils passent peu de temps ensemble… mais Paci, quelle que soit la situation, garde toujours son calme, alors qu’un jeune homme fougueux, Jérôme, entre en concurrence avec lui pour le transport de la fameuse marchandise… Paci décide alors de faire imploser le réseau du chef de gang.

Voici la fin d’un triptyque au thème intéressant, mais au dessin tremblant que j’ai trouvé toujours un peu étrange et perturbant, et ce tout au long de ma lecture. La relation au temps est représentée graphiquement (par exemple les feux des voitures étirés sur toute la case pour signifier la vitesse lors d’une course), et je crois que j’ai été perturbée par de tels éléments. C’est vraiment le dessin qui m’a le plus freinée dans cette lecture. Les couleurs quant à elles restent agréables, dans des tons bleus, marrons, orangé. Au niveau du scénario, il est bien construit, avec cette fin très violente et inattendue. Le sentiment de violence est parfois très développé, avec quelques scènes particulièrement frappantes, où tout le monde meurt ou presque, alors que le piège se referme sur cette lutte des clans. La fin est étrange, je crois que je n’ai pas tout compris, il faudrait que je relise les 3 épisodes à la suite. En effet, comme j’avais pu le regretter pour le tome 2, il n’y a toujours pas de rappel de l’histoire en début d’album et c’est bien dommage. Il n’en reste pas moins que Paci est un bon polar sur fond de guerre des gangs et de volonté de rédemption… Le personnage principal est attachant malgré un passé peu recommandable, et on croit jusqu’à la fin ou presque qu’il peut se sortir de cette situation bien mal partie… Un sujet intéressant à rapprocher de certains films américains sur le même sujet.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Cet album fait partie de la sélection officielle à Angoulême, 43ème édition.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Noukette.

Little Tulip

LITTLE TULIP, par Jerome Charyn (scénario) et François Boucq (dessin) (Le Lombard, 2014, coll. Signé)

1970, à New-York, Paul est un tatoueur talentueux réputé, qui collabore aussi parfois avec la police pour établir des portraits-robots à partir des dépositions des témoins. En ce moment, un tueur déguisé en père Noël viole et assassine des jeunes femmes dans des ruelles de la ville, mais sans témoin, impossible pour Paul d’établir le portrait du tueur. Paul a un talent inné pour le dessin, d’ailleurs c’est ce qui l’a sauvé dans sa jeunesse, alors qu’il vivait avec ses parents artistes à Moscou, et qu’ils ont été arrêtés et envoyés au goulag. Séparé de sa famille à l’âge de sept ans, Paul (alors nommé Pavel) va connaître l’enfer du goulag, avec la main-mise des gardiens sur les enfants, mais aussi les gangs et la violence incessante. Seul son don pour le dessin pourra le faire sortir de cette situation, en le mettant sous la protection d’un chef de gang, où il découvre un mode de vie bien cruel.

Voici une des nouveautés de ma bibliothèque que j’ai choisie car j’avais repéré cet album dans la dernière sélection officielle à Angoulême. Sa couverture est particulière avec ce torse et son tatouage imposant mêlant une rose, des barbelés et une tête de mort à l’intérieur d’une tête de loup. J’ai donc sauté sur l’occasion quand j’ai vu cet album parmi les derniers arrivés. Pour tout dire, je ne connaissais pas du tout ces auteurs, mais j’ai lu quelque part sur Internet qu’ils ont déjà collaboré il y a 25 ans pour un album qui avait fait date. Moi pour le coup, je découvre complètement, donc je n’ai pas d’éléments de comparaison. Finalement, j’ai beaucoup aimé le trait de François Boucq (grand prix à Angoulême en 1998), dessin très détaillé surtout au niveau des portraits. Il est certes assez classique avec ses couleurs un peu pâles, mais très expressif. Les nombreux tatouages sont magnifiques, et c’est un sacré tour de main que d’en avoir reproduit autant. Réaliste comme il faut, le dessin est vraiment très agréable à l’œil. Il sert un scénario complexe de l’américain Jerome Charyn, très bien construit, alternant de façon très fluide entre les années 1950 en Sibérie et les années 1970 à New-York. C’est noir, cruel, sanglant, violent, mais c’est sacrément bien fait, entre enquête américaine et survie au goulag. Cet album fait très masculin au premier abord, mais je dois dire que j’ai été touchée par l’histoire de Paul/Pavel qui s’est forgé dans un univers de violence. La fin de l’album, sans la dévoiler, est un peu facile à mon goût, mais elle passe quand même, car le reste de l’album tient sacrément la route. Ce que je retiendrai surtout de cet album fort, ce sont le scénario tout de même bien construit aux multiples détails ainsi que le dessin ultra précis, presque chirurgical parfois. Maintenant, je vais aller voir si la bibliothèque a d’autres albums de ces auteurs…

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Premières planches à lire sur Izneo.

Interview de François Boucq à lire sur un amour de BD.

Portrait du dessinateur français à lire sur Libération.

C’est ma septième participation à la bd de la semaine, cette semaine chez Noukette.

Mots rumeurs, mots cutter

MOTS RUMEURS, MOTS CUTTER par Charlotte Bousquet (scénario) et Stéphanie Rubini (dessin) (Gulf Stream, 2014, coll. Les graphiques)

C’est la rentrée scolaire pour Léa la collégienne. Elle se retrouve en classe à côté de Mattéo le redoublant dont sa copine Solveig est amoureuse. Or c’est par Léa que Mattéo semble attiré. Au départ amis, tous deux vont tomber amoureux, et Léa se laisse emporter par ses papillons dans le ventre. Tout se passe pour le mieux pour elle, entre son amoureux et ses amies. Un week-end, elle est invitée à une soirée entre filles. Un peu trop arrosé, ce moment va déraper, et Léa va devenir être la cible de toutes les railleries… C’est le début de la descente aux enfers pour l’adolescente…

Voici un album dont on entend souvent parler sur la blogosphère, alors qu’il n’est sorti qu’en septembre dernier. J’ai beaucoup aimé lire cet album de petit format, réalisé  par les mêmes auteurs que Rouge Tagada. D’ailleurs, il y a un lien entre les deux albums, on est dans la même classe et les héroïnes du premier volume  sont mentionnées dans ce nouvel opus. Après les premiers émois dans l’album à la couverture rouge, là les deux auteurs abordent le sujet délicat du harcèlement, avec une histoire choc, bien amenée, très réaliste. Le dessin est agréable, très coloré, contrastant presque avec la gravité du propos dans la seconde partie de l’histoire. L’histoire sonne très actuelle, et pourrait arriver à n’importe quel ado. Par contre, c’est étonnant qu’aucun adulte (parents, professeurs ou éducateur) n’ait remarqué la situation de mal-être de Léa l’héroïne. Elle n’a vraiment personne à qui se confier. Ses parents se doutent bien à partir d’un moment de quelque chose, sans pour autant que leur fille puisse se confier à eux. C’est le seul passage avec des adultes, et cela fait me fait réfléchir quand on est confronté à rencontrer des ados toute la journée, pour être plus attentive à la situation de chacun. La situation de Léa est loin d’être légère : le harcèlement qu’elle subit dure longtemps, persiste pendant les vacances, chacun des harceleurs enchaînant les humiliations morales et physiques, des plus perfides aux plus visibles et les insultes de vive vœux ou par petits papiers interposés, jusque sur la photo de classe, en passant par les réseaux sociaux. Même ceux à qui Léa n’avait rien fait en ont après elle, n’importe qui peut été harceleur. La situation de harcèlement, pour une raison vraiment futile, est vraiment bien décrite, avec toutes ces formes possibles. Même si le sujet est loin d’être réjouissant, j’ai beaucoup aimé lire cette histoire coup de poing. L’album est court, mais il arrive tout de même à mettre le cafard. J’ai aimé les chapitrages avec les pages violettes, d’une couleur douce, comme pour adoucir un peu le propos. J’ai aimé aussi l’alternance entre les cases délimitées et les dessins sans cases, avec un sens de lecture différent, plus léger. La fin reste ouverte, sûrement en lien avec un autre tome… Voilà donc un album à mettre entre toutes les mains des ados, pour ouvrir le dialogue et réveiller les consciences…

Non mentionné sur l@BD, mais à partir de 13 ans pour Ricochet.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, La bibliothèque de Noukette, Chroniques de l’invisible, Livresse des mots, Sous le feuillageTwenty three peonies

Aller voir du coté du blog de Charlotte Bousquet, du blog de Stéphanie Rubini et de son compte Twitter.

Juarez

JUAREZ, par Nathalie Sergeef (scénario) et Corentin Rouge (dessin et couleurs) (Glénat, 2012)

De nos jours, un jeune homme prénommé Gaël arrive à Ciudad Juarez, une ville mexicaine près de la frontière américaine. Il annonce être à la recherche de sa sœur Gabriela, qui a disparu depuis quelques mois déjà. Mais dans cette ville dominée par les cartels et la mafia, les disparitions et les meurtres de jeunes femmes sont monnaie courante. En 20 ans, près de 400 corps ont été retrouvés et plus de 2000 jeunes femmes sont portées disparues… La police ne mène parfois même plus d’enquête, elle classe les dossiers… Gaël va tout faire pour la retrouver, aidé d’Amalia la meilleure amie de sa sœur, en se faisant passer pour un ouvrier du père d’Amalia pour pouvoir accéder à certains cercles hauts-placés… Il va apprendre que Gabriela avait rejoint Esperanza, une association qui s’opposait aux trafiquants de drogue, aux policiers corrompus et complaisants… Cette recherche périlleuse va les mener vers des personnages peu fréquentables…

Voici un album dont le sujet ne m’était pas inconnu : j’ai déjà lu il y a quelques années Luchadoras, sur ce même thème mais avec un graphisme bien différent. La couverture de cet album me faisait penser à du Emmanuel Lepage, peut-être à cause de la mise en scène similaire avec Muchacho, mais en fait, le dessin à l’intérieur n’est pas le même. Le trait y est assez classique, marqué légèrement au crayon noir. Les couleurs sont assez classiques, mais il faut remarquer que le travail sur les ombres et les dégradés permet parfois de donner du relief à certaines cases. Le trait est assez sec, mais correspond à cette ambiance si particulière de mort dans cette ville mexicaine. Je ne dirais pas que j’ai adoré ce dessin, mais il ne m’a pas non plus rebutée. Il est agréable, voilà tout. Le scénario est quant à lui complexe de par son nombre de personnages : je dois avouer qu’au départ j’ai eu un peu de mal à situer tout le monde. Mais sinon, l’histoire est bien menée, avec quelques flashbacks facilement reconnaissables aux couleurs plus pâles, et on doute de plus en plus que Gaël retrouve sa sœur en vie, au vu des exactions qui se produisent dans la ville. La fin est surprenante et inattendue. La scénariste se base sur des faits réels pour écrire son histoire, et on ne peut qu’être effaré de la situation dans la ville, de la violence qui y règne et de l’inaction des autorités locales et nationales. Certaines images sont particulièrement difficiles à voir, la situation étant montrée telle qu’elle est par les auteurs. La BD est utilisée là comme un moyen de rappeler à nous lecteurs européens que dans certains pays comme le Mexique, la situation est vraiment mauvaise. On a là un album important pour ne pas oublier, et rappeler que les droits de l’homme (et de la femme) sont bafoués dans un certain nombre de pays.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Bédépolar, SambaBD, Buzz du CDI du lycée Voltaire, Criticambullae, Chroniques d’Asteline

Premières planches à lire sur Digibidi.

Consulter le blog de la scénariste belge.