Refuges [roman]

REFUGES, par Annelise Heurtier (Casterman, 2015)

En 2006, Mila, adolescente romaine, passe ses vacances d’été sur l’île familiale de Lampedusa, en Méditerranée. Le temps s’écoule lentement sous la chaleur estivale, et Mila ne veut pas spécialement passer du temps avec ses parents, particulièrement sa mère aux tendances dépressives depuis le décès de son petit frère lors d’un mois de juillet précédent. Elle craint plus que tout la date anniversaire d’ailleurs… alors quand Paola, la nièce de la gardienne de la maison et amie de la famille lui propose de passer du temps avec elle et ses amis, Mila accepte de suivre cette jeune fille qui a tout pour elle. Elle va passer de beaux moments sur cette île paradisiaque, pour tenter de surmonter sa situation… En parallèle de ce récit d’été, des Erythréens tentent de quitter leur pays qui vit sous la dictature pour rejoindre le nord de l’Afrique et ensuite la terre promise, l’Europe, en atteignant dans un fragile zodiac l’île de Lampedusa, aussi surnommée « l’île du Salut » par ses habitants… Mais leur parcours pour vivre en liberté s’avère semé d’embûches…  Lire la suite

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Les grandes jambes [roman]

LES GRANDES JAMBES, par Sophie Adriansen (Editions Slalom, 2016)

grandes-jambesMarion est au collège en classe de 5e. Elle subit de plein fouet la puberté, et grandit presque à vue d’oeil. D’ailleurs c’est simple, elle ne trouve jamais de pantalon qui lui convienne parfaitement… Quelle galère ! Marion focalise beaucoup sur ce problème, jusqu’au jour où elle apprend que sa classe part en voyage scolaire pour quelques jours à Amsterdam ! La jeune fille, passionnée d’art et qui prend également des cours de dessin, va préparer ce voyage minutieusement mais surtout tenter d’attirer l’attention du beau Grégory… Qu’est-ce qui sera le plus important pour une jeune fille qui devient adolescente, un pantalon défaillant ou son amour pour l’art ?  Lire la suite

Ulysse

ULYSSE, par Christine Palluy et Benjamin Adam (Milan, 2011, coll. BD kids)

ulysse

Récit en cases et en bulles de certaines étapes du voyage d’Ulysse relaté dans l’Odyssée, de Troie jusqu’à son retour à Ithaque auprès de sa Pénélope 20 années plus tard. Tout le périple du personnage n’est pas raconté : une introduction place notre héros dans le contexte, et on a aussi une carte, claire et instructive pour situer les actions. Le choix de dessiner tel épisode ou de tel autre n’est pas expliqué. Ceux qui ne sont pas représentés graphiquement sont racontés en une dizaine de lignes, entre deux épisodes. Ainsi, par exemple, pas de Lotophages, ni de Phéaciens, mais le cheval de Troie, les cyclopes, les sirènes, Circé, Calypso… Lire la suite

Amour austral

AMOUR AUSTRAL, par Jan Bauer (Warum, 2016,  coll. Civilisation)

amour-australJan est un trentenaire allemand quelque peu désabusé : il parvient avec peine à se défaire d’une histoire d’amour qui s’est mal terminée, et pour se ressourcer et se retrouver, il décide de partir effectuer une randonnée en solitaire dans le désert australien. Au programme, 450 km de marche dans le centre du pays, d’abord le long du Larapinta Trail, sentier de randonnée ponctué de réservoirs d’eau, puis sur une autre route moins fréquentée et peu approvisionnée en eau. Mais ce périple qu’il souhaitait au départ effectuer en solo va finalement se dérouler en partie aux côtés de Morgane, une jeune française rencontrée sur place. C’est l’occasion pour les deux européens de confronter leurs histoires ainsi que leurs conceptions des rapports humains et de l’attachement sentimental. Lire la suite

Au nom du fils

AU NOM DU FILS, par Serge Perrotin (scénario) et Clément Belin (dessin) (Futuropolis, 2016)

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Michel est ouvrier métallurgiste sur les chantiers de Saint Nazaire. Avec Marie son épouse, il a un fils unique, Etienne. A 23 ans, reçu à son diplôme d’ingénieur, ce dernier décide de partir passer une année sabbatique en Amérique du Sud. Lui qui n’avait jamais pris l’avion est fasciné par le voyage, depuis qu’enfant il lisait et relisait les aventures de Tintin, et tout particulièrement celui sur le temple du soleil. Ses parents, spécialement son père, ne sont pas très chauds à cette idée de voyage, alors que leur fils aurait un poste tout trouvé aux chantiers. Mais ils le laissent tout de même partir. Etienne se rend en Amérique du sud, voyage beaucoup et donne peu de nouvelles à ses parents restés en France. C’est alors qu’un jour aux informations, on apprend qu’un groupe d’étrangers a été enlevé en Colombie par un groupe encore indéterminé, Farc ou ELN. Etienne fait partie de ces otages, et le ministère des affaires étrangères appelle les parents du jeune homme. Sur un coup de tête, Michel, qui n’a jamais quitté la France, décide de se rendre sur place pour retrouver Etienne. Il découvre alors la vie colombienne, et de fil en aiguille trace le portrait d’un fils qu’il ne connaît pas, en rencontrant des jeunes gens, voyageurs-baroudeurs pour la plupart, qui ont côtoyé son fils. Il rencontre même la petite amie de son fils. Mais il va lui falloir patience, détermination, et chance, pour retrouver son Etienne, alors que tout le monde lui conseille de rentrer au pays et d’attendre… Lire la suite

Alvin, tome 2 : le bal des monstres

ALVIN tome 2 : LE BAL DES MONSTRES, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2016)

Suite et fin du tome 1. Gaston et le jeune Alvin ont traversé le pays jusqu’au bayou, pour retrouver la famille du petit orphelin. Ils se retrouvent à Crapeville, une petite ville où les gens différents ne sont pas bien vus… Les préjugés sur ceux qui ont un bec vont bon train, alors que ceux qui ont un museau sont bien mieux considérés…

Quelle joie de retrouver Alvin et Gaston, accompagnés de l’étrange et muet Jimmy, porteur du chapeau d’Abélard. L’histoire est vraiment jolie et poétique avec les fameuses phrases du héros du diptyque précédent, même si le sujet n’est pas bien réjouissant au départ. Les petites phrases du chapeau d’Abélard sont parfois très pertinentes, d’autres fois très décalées et sans lien avec l’histoire, et de ce fait bien drôles. Le jeune Alvin est comme les autres enfants : naïf et innocent, il pose des questions qui dérangent parfois et auxquelles Gaston doit trouver des réponses. Au-delà des héros de cette histoire, la ville de Crapeville n’est pas présentée sous son meilleur jour, entre racisme de ses habitants et intégrisme religieux du prédicateur qui incite les habitants à se soulever les uns contre les autres, simplement par peur de la différence. Ce côté philosophique est intéressant et apporte une touche différente, au-delà de la simple histoire du jeune garçon. L’histoire fait s’interroger sur la différence physique (bec contre museau), mais aussi sur les religions qui peuvent influencer les personnes. Au niveau graphique, j’ai aimé retrouver le trait si particulier du tome précédent. De plus, les couleurs pastels sont toujours très agréables à regarder, et les nombreuses hachures viennent agrémenter les cases de façon originale. Rien de nouveau par rapport au tome précédent et à Abélard, c’est toujours aussi bien !

Alvin fait partie des albums qu’il est bon d’avoir dans sa bibliothèque. L’objet en lui-même a de très bonnes finitions: papier épais et mat, couverture épaisse également. C’est vraiment une histoire à découvrir, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Twenty three peonies, Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de NoukettePromenades et méditations, Blog brother

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

Alvin tome 1  l’héritage d’Abélard

ALVIN tome 1 : L’HÉRITAGE D’ABÉLARD, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2015)

Gaston est un ours qui vit à New York où il participe à la construction de la ville. Il est célibataire, sans aucune attache et est bien seul depuis que son ami Abélard est mort. Alors il passe son temps libre dans les bars, et fréquente de temps à autre, les jours où il reçoit sa paie, Purity, une prostituée avec laquelle il aime beaucoup parler, mais jamais de lui. Un jour, un concours de circonstances va faire qu’il va recueillir le fils de son amie prostituée décédée subitement. Avant de mourir, il lui promet de donner les économies à la nourrice, mais celle-ci ne supporte plus cet enfant qui répond de façon insolente et le lui confie. Ne pouvant faire autrement, Gaston héberge le jeune garçon quelques temps, le temps de lui trouver une solution, et finalement, les deux prennent la route… La cohabitation entre les deux au fort caractère n’est pas toujours facile…

Je retrouve avec plaisir Gaston, le compagnon d’Abélard, le petit poussin philosophe-poète qui avait tant conquis la blogosphère il y a quelques années. Le premier héros n’est plus, mais il reste tout de même une trace de lui, avec son chapeau d’où sort quotidiennement une phrase, une maxime, une pensée philosophique. Gaston l’ours au caractère grognon s’avère être un héros que l’on suit avec plaisir, qui cherche à faire du bien autour de lui, et qui va se démener pour un jeune garçon qu’il ne connaît pas mais dont il a fait la promesse à sa mère de s’occuper. L’histoire racontée de cette façon peut être vue comme à la fois tendre et triste, mais surtout elle n’est pas remplie de sentiments mièvres, et ça c’est un sacré point positif. Les références à Abélard, avec le chapeau et les citations pleines de poésie, sont plusieurs fois présentes. Aussi je pense qu’il est préférable d’avoir lu le diptyque précédent pour saisir toutes les subtilités de cette nouvelle histoire, qui traite de la perte de la mère (d’Alvin) et de la perte de l’ami (de Gaston). J’ai aussi aimé les thèmes de la rencontre avec l’autre et de la différence qui sont abordés sur la deuxième partie du livre, avec les questions quasi-philosophiques dans la bouche de l’enfant, et les réponses très différentes par un Gaston très terre à terre et un montreur de foire très axé sur la religion. Les dialogues ne sont pas si anodins qu’ils en ont l’air au premier abord, et je trouve cet aspect-là très réussi. Graphiquement parlant, le dessin est exactement comme dans Abélard, toujours rempli de hachures, et il est toujours très agréable à l’œil. Les couleurs sont soignées. J’aime bien quand le dessinateur part un peu « en vrille », et arrive à rendre intéressants des passages qui au départ ne le sont pas spécialement : par exemple avec la carte du périple de Gaston et Alvin, ou encore avec le temps qui défile, représenté de façon métaphorique. En plus, cerise sur le gâteau, cet album est un bel objet, de grande taille et avec du beau papier mat. Que demander de plus ? Lisez cet album si cela n’est pas déjà fait, car c’est de la BD de qualité, sans nul doute.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, La bibliothèque de Noukette, Twenty three peoniesChroniques de l’invisible, Oncle Fumetti, Le blog du petit carré jaune

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.