BD fait de société

La peau de l’ours

LA PEAU DE L’OURS, par Oriol et Zidrou (Dargaud, 2012, coll. Long courrier)

Amadéo est un jeune garçon qui vit sur une île de Méditerranée en Italie. Chaque jour, il rend visite à un vieil homme, Don Palermo, pour lui lire son horoscope. Il faut dire que Don Palermo est aveugle. Amadéo en profite pour lui raconter sa petite vie, dont les avances plus ou moins osées que lui fait la fille du garagiste. Il remplace même sa tante qui habituellement s’occupe du vieux monsieur. Au fil des jours, le vieil homme va  faire des parallèles avec sa jeunesse à lui, alors qu’il vivait aux Etats-Unis et est tombé fou amoureux de Mietta, petite fille de Don Pomodoro, un mafieux qui tenait un quartier de la ville. Lui qui avait grandi dans un cirque avec son ours s’était fait engager par le mafioso et faisait partie de ses petites mains… Mais cet amour-là va lui coûter cher, et changer le cours de sa vie…

Voici un album emprunté pour son scénariste, Zidrou, que je suis depuis Boule à zéro et Le beau voyage. Je peux dire que là encore, je n’ai pas été déçue, même si c’est très différent de ce que j’avais pu lire de lui. Le scénario est mené d’une main de maître, très bien raconté, avec à chaque fois des indices qui permettent au fil de la lecture de reconstituer la jeunesse de Don Palermo. Tout est relié à la fin, j’ai vraiment bien accroché. Pourtant l’ambiance de la jeunesse du vieil homme est pourtant assez glauque, avec Pomodoro qui tue tout ce qui se met sur sa route, même pour les raisons les plus futiles qui soient (le barbier qui l’a légèrement coupé, un jeune garçon sur le bord de la route…). Les scènes sont même parfois assez crues. En parallèle, il y a aussi l’histoire d’amour entre Palermo et Mietta, cela apporte un peu de douceur à l’histoire. La fin est surprenante et attendue à la fois.

Même si le dessin est assez étrange au premier abord et que j’ai eu un peu de mal à entrer dedans, après quelques pages, j’ai trouvé qu’il correspondait bien à l’ambiance. Les personnages ont des traits rugueux, des nez proéminents parfois, même perpendiculaires. Cela leur donne un caractère propre, et il n’y a pas de risque de confusion entre tous les personnages. Les couleurs sont magnifiques, très travaillées, j’ai particulièrement aimé celles de l’île méditerranéenne de Lipari, très ensoleillées. Le scénario et le dessin, tout cela concourt à insuffler une sacrée ambiance à cet album très réussi !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin City, Bédépolar, La bibliothèque de Noukette, Au fil des lectures.

Premières planches à lire sur le site de l’éditeur. Interview du dessinateur et du scénariste réalisée en mars 2013 au salon du livre de Paris, à lire sur le blog Un amour de BD.

Cet album a fait partie de la sélection 2013 du prix SNCF du BD polar.

1 réflexion au sujet de “La peau de l’ours”

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