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Stern tome 1 : le croque-mort, le clochard et l’assassin

STERN tome 1 : LE CROQUE-MORT, LE  CLOCHARD ET L’ASSASSIN, par Frédéric et Julien Maffre (Dargaud, 2015)

Kansas, 1863, une ville est ravagée par un groupe d’hommes armés, les femmes sont violées et tuées, les hommes tués par arme à feu, les enfants ne sont pas non plus épargnés. 19 ans après, toujours dans le Kansas, Stern, croque-mort de profession, est appelé pour chercher le corps de Charles Bening, un homme alcoolique mort dans la chambre d’un bordel. L’abus d’alcool est sans conteste la cause de la mort de l’homme, et la veuve, membre d’un mouvement anti-alcool, demande au croque-mort, malgré l’interdiction, de disséquer son mari pour en conserver les organes dans du formol et ainsi montrer les ravages de l’alcool sur l’organisme. Moyennant un gros billet, le croque-mort, discret et taiseux, s’exécute, et découvre des poumons montrant des signes d’asphyxie. Bening n’est pas mort suite à son ivresse, il aurait été tué… Stern, qui héberge provisoirement l’unique ami du défunt, va aider le shérif de la ville à retrouver l’auteur. C’est alors qu’arrive en ville le beau-frère du mort, qui est battu à mort le lendemain… Ces morts étranges cachent quelque chose, que Stern va chercher à découvrir.

Voici un album que j’ai beaucoup apprécié : l’histoire est très bonne, bien menée, alternant enquête et moments un peu plus légers. Ce superbe western a un scénario très bien construit et est servi par un dessin bien agréable aussi. Les personnages sont classiques du western : croque-mort, shérif, docteur, femme de bonne société membre d’association de bienfaisance, alcooliques piliers de comptoir… J’ai beaucoup aimé Stern le héros, croque-mort atypique : non violent, discret, très peu bavard, et qui semble réfléchir beaucoup, au point de mener des enquêtes. On s’attache à ce personnage central de l’histoire car ce n’est pas un héros, mais juste un homme normal, qui se dévoile peu. Ainsi on apprend que personne jusque là ne lui avait demandé son prénom. Personne dans la ville ne s’intéresse à lui, il est très solitaire. Pour autant, il ne se met pas à part de la vie de la communauté, car il accepte d’héberger provisoirement l’ami du défunt, aussi alcoolique que Bening mais avec quelques éclairs de lucidité. Cela va lui permettre d’en savoir plus sur le parcours de Bening et de son beau-frère, et ainsi de pouvoir résoudre son enquête du moment sur la mort suspecte de l’alcoolique. Tout au long de l’album, j’ai aimé que les éléments de l’histoire soient donnés de façon éparpillée, et que tous se relient sur la fin pour permettre de comprendre la mort des différents personnages et leur lien avec l’épisode donné en introduction, 19 ans avant le récit principal. Cela donne un dynamisme certain à l’histoire, que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir terminée.

Au niveau du dessin, j’ai aussi aimé que chaque personnage soit représenté clairement sous des traits bien reconnaissables, ainsi pas de risque de mélanger des personnages (ce qui m’arrive parfois). Le seul personnage moins typique dans cet album est le croque-mort, grand et frêle, qui n’a juste pas la carrure d’un homme dans le far-west au 19ème siècle (en tout cas dans l’imaginaire collectif). J’ai beaucoup aimé les dessins dans cet album, servi par des couleurs claires. Parfois les décors sont travaillés dans quelques cases plus grandes, mais souvent les cases sont de taille moyenne ou petite, et les cadrages sont le plus souvent sur les visages ou le haut du corps. Cela ne m’a pas dérangé, et j’ai passé un bien agréable moment de lecture. J’espère juste qu’il y aura une suite, puisque là il s’agit d’un tome 1, même s’il peut se lire comme un one-shot.

A partir de 13 ans selon l@BD.

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Publié par le 24 août 2016 dans BD polar

 

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Le roy des ribauds, tome 1

LE ROY DES RIBAUDS, tome 1, par  Vincent Brugeas (scénario) et Ronan Toulhoat (dessin) (Akileos, 2015)

A la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, un homme surnommé le Triste Sire est chargé de protéger le roi. Ce chef espion au service des rois de France est le premier du genre à exercer cette fonction, et il est plus qu’un simple garde du corps : à la tête d’un groupe d’hommes, il doit aussi éliminer la vermine parisienne. Dans le même temps, un complot contre le roi de France est monté par Aliénor d’Aquitaine et son fils le roi d’Angleterre, Richard Cœur de Lion. Le Triste Sire pense le déjouer en tuant un marchant aquitain qu’il croit être au service des Anglais, mais celui-ci se révèle être au final un espion au service du roi de France… Voilà le Triste Sire en bien mauvaise position, lorsque le roi lui demande de retrouver les assassins de son espion… Il doit également assurer la sécurité royale lors de la rencontre avec les ambassadeurs de l’empereur germanique, et éliminer tous ceux qui pourraient porter atteinte à ce rendez-vous.

Voici un album que j’ai emprunté au départ pour mon ami qui aime les récits historiques. Il a été servi, puisque cet album de 150 pages est bien dense et riche en informations. L’histoire est très noire, et donne une image très violente du Paris au milieu du Moyen-Âge. Le récit n’est pas digeste, les morts se succédant parfois à un rythme effréné. De plus, il y a pas mal de personnages, le récit est très complexe et il m’a été parfois difficile de suivre ce polar historique bien développé, où les personnages historiques célèbres (rois, reines, empereur germanique…) côtoient les personnages qui ont laissé moins de traces dans « la grande histoire ». En effet, les quelques pages explicatives en fin d’album nous racontent que le roi des ribauds a réellement existé, et le scénariste ajoute même qu’il s’est basé sur le premier homme à avoir exercé ce rôle pour bâtir le scénario de l’album, tout en reconnaissant avoir changé quelques éléments par rapport à la réalité (par exemple l’anachronisme sur la construction de la façade de Notre-Dame) pour que cela colle au mieux avec l’album. Ces quelques pages, quoique courtes, sont intéressantes et éclairent sur les choix scénaristiques et la construction de cet album. Le dessin est lui aussi très riche, fourmillant de détails. Les personnages sont bien loin d’avoir la peau lisse, et dans chaque case ou presque on a du sang, de la boue ou de la crasse. Certains personnages font vraiment peur avec leur gueule tordue. Ils sont bien repoussants, et ajoutent de l’épaisseur au récit. Enfin,le roi est toujours représenté avec l’un ou l’autre de ses attributs (souvent la fleur de lys), et on ne peut pas le rater. Le découpage de l’histoire est fait de façon à dynamiser le récit, et on imagine facilement les moments qui se passent entre les cases. Vous l’aurez compris, malgré sa complexité, je ne suis pas mécontente d’avoir découvert cet album, même si je crois que je n’ai pas tout compris, mais au vu de la fin du tome 1 où réapparaissent Aliénor et Richard, j’espère bien lire le tome 2 prochainement.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Publié par le 29 juin 2016 dans BD historique, BD polar

 

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Amère Russie 2

AMÈRE RUSSIE, tome 2 : LES COLOMBES DE GROZNY, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Anlor (dessins et couleurs) (Bamboo, 2015, coll. Grand angle)

003754397Suite et fin du tome 1. La mère de Vlodia est toujours à la recherche de son fils militaire en Tchétchénie, en pleine guerre entre Russes et Tchétchènes. Elle se retrouve dans la capitale de la région, à Grozny, assiégée par les forces russes. Elle croit retrouver son fils, mais en fait ce n’est pas lui, mais un jeune militaire russe aveugle. Elle va tout de même l’aider à survivre dans cet enfer.

Je ne croyais pas du tout être captivée par cette histoire : le contexte ne me tentait pas du tout, et la couverture, même si elle est très jolie et intelligemment composée avec bon nombre de détails, ne me donnait pas envie de lire ce diptyque. J’ai bien fait d’aller au-delà de mes appréhensions, car j’ai beaucoup aimé cette histoire : le dessin est très vif, très joli. Les cases sont nombreuses, et l’histoire très dynamique. Quelques scènes sont particulièrement violentes, et cela est encore accentué quand le fond du gaufrier est noir. Mais en même temps, cet album ne relate pas une histoire de Bisounours mais un contexte de guerre, donc cela ne cloche pas du tout. Les personnages sont pour la plupart attachants, et en particulier le petit chien Milyi qui prend de plus en plus de place dans ce tome. Cette histoire en deux tomes, qui veut dénoncer la situation en Russie, avec les mères qui cherchent leur fils engagé dans l’armée, est ancrée dans l’actualité du début du XXIème siècle; en effet, à la toute fin de l’album, on peut voir une journaliste qui n’est autre qu’Anna Polikovskaia, journaliste assassinée devant chez elle à Moscou il y a quelques années. Amère Russie est pour moi une très bonne découverte, avec une histoire qui se lit très bien, alors que ce n’était pas gagné au départ, vu mes réticences.

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Publié par le 25 juin 2016 dans BD historique, BD sentimentale

 

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L’essai

L’ESSAI, par Nicolas Debon (Dargaud, 2015)

1903, Fortuné Henry est un anarchiste utopiste, qui arrive dans les Ardennes françaises, près de la frontière belge. Grâce à un terrain qu’il a acquis avec ses économies, il compte construire une colonie d’un autre genre, qu’il baptise « l’essai ». Au départ seul, il aménage la clairière réputée infertile pour y cultiver de quoi survivre, y construit une première hutte, qu’il améliore progressivement pour construire une maison plus solide… Le rude hiver n’arrête pas la volonté de l’homme qui est pris au départ pour un illuminé, mais est ensuite rejoint par d’autres anarchistes, des célibataires et même des familles… Son modèle original fait parler de lui au-delà du village voisin, et même jusqu’à la capitale…

J’avais déjà beaucoup aimé Le Tour des géants, une production précédente de cet auteur sur le premier tour de France à passer dans les Pyrénées au début du 20ème siècle. Lorsque j’ai vu le nom de l’auteur sur cet album en bibliothèque, je me suis empressée de le réserver, et je dois dire que même si le sujet est complètement différent, j’ai beaucoup aimé comment ce fait historique est traité. La période historique reste la même, le début du 20ème siècle. L’album relate la création de la colonie du point de vue de son fondateur, et on apprend réellement pas mal de choses sur la création concrète de cet endroit atypique, mais aussi sur l’idéologie anarchiste de ce début de siècle et sur les espoirs de création d’une nouvelle forme de société. C’est instructif sans pour autant être didactique. Le dessin de Nicolas Debon est très agréable, pas forcément toujours très détaillé surtout au niveau des expressions faciales parfois un peu figées, mais les paysages et les couleurs sont magnifiques, dans des teintes de saison : du blanc et du gris pour l’hiver, des couleurs moins ternes pour les autres saisons. L’auteur a un trait particulier qui peut ne pas plaire à tous les lecteurs, mais personnellement j’adhère à ce style qui pourrait paraître un peu passé ou désuet, mais qui, je trouve, est complètement en adéquation avec la période du récit. L’essai est donc un album bien intéressant, une oeuvre joliment dessinée, et en plus une bonne leçon d’histoire sans pour autant être didactique (même dans les pages documentaires qui clôturent l’album avec de nombreuses photos d’époque). Une bien jolie découverte pour moi ! Je vais continuer à suivre attentivement les sorties de cet auteur !

A partir de 15 ans selon l@BD.

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Publié par le 22 juin 2016 dans BD fait de société, BD historique

 

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Alvin, tome 2 : le bal des monstres

ALVIN tome 2 : LE BAL DES MONSTRES, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2016)

Suite et fin du tome 1. Gaston et le jeune Alvin ont traversé le pays jusqu’au bayou, pour retrouver la famille du petit orphelin. Ils se retrouvent à Crapeville, une petite ville où les gens différents ne sont pas bien vus… Les préjugés sur ceux qui ont un bec vont bon train, alors que ceux qui ont un museau sont bien mieux considérés…

Quelle joie de retrouver Alvin et Gaston, accompagnés de l’étrange et muet Jimmy, porteur du chapeau d’Abélard. L’histoire est vraiment jolie et poétique avec les fameuses phrases du héros du diptyque précédent, même si le sujet n’est pas bien réjouissant au départ. Les petites phrases du chapeau d’Abélard sont parfois très pertinentes, d’autres fois très décalées et sans lien avec l’histoire, et de ce fait bien drôles. Le jeune Alvin est comme les autres enfants : naïf et innocent, il pose des questions qui dérangent parfois et auxquelles Gaston doit trouver des réponses. Au-delà des héros de cette histoire, la ville de Crapeville n’est pas présentée sous son meilleur jour, entre racisme de ses habitants et intégrisme religieux du prédicateur qui incite les habitants à se soulever les uns contre les autres, simplement par peur de la différence. Ce côté philosophique est intéressant et apporte une touche différente, au-delà de la simple histoire du jeune garçon. L’histoire fait s’interroger sur la différence physique (bec contre museau), mais aussi sur les religions qui peuvent influencer les personnes. Au niveau graphique, j’ai aimé retrouver le trait si particulier du tome précédent. De plus, les couleurs pastels sont toujours très agréables à regarder, et les nombreuses hachures viennent agrémenter les cases de façon originale. Rien de nouveau par rapport au tome précédent et à Abélard, c’est toujours aussi bien !

Alvin fait partie des albums qu’il est bon d’avoir dans sa bibliothèque. L’objet en lui-même a de très bonnes finitions: papier épais et mat, couverture épaisse également. C’est vraiment une histoire à découvrir, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD.

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Publié par le 15 juin 2016 dans BD sentimentale

 

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La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

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Publié par le 11 juin 2016 dans BD adaptation, BD sentimentale

 

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Les enfants de la Résistance, tome 1

LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE, tome 1 : PREMIÈRES ACTIONS, par Vincent Dugomier (scénariste) et Benoît Ers (dessin) (Le Lombard, 2015)

En 1940, Pontain l’Ecluse, petit village (fictif) de l’est de la France, est occupé par l’armée allemande. Deux amis, François et Eusèbe, décident de ne pas se laisser soumettre à l’ennemi, contrairement aux adultes, qui croient en les discours du maréchal Pétain. Pour ce faire, ils commencent à imprimer de façon artisanale des textes pour dénoncer des exactions allemandes dans la région. François décide aussi de saboter des installations allemandes, pour que le canal voisin de la commune ne puisse plus être utilisé par les péniches qui transportent des machines industrielles. C’est pour eux le début de la résistance, dans laquelle ils vont entraîner Lisa, une jeune réfugiée belge qui dit avoir perdu ses parents sur la route de l’exil…

Encore un album historique portant sur la seconde guerre mondiale. Cette fois, il est original par les héros, qui se rebellent, à leur manière, contre l’envahisseur. A partir d’une histoire locale, cet album a le mérite de montrer aux jeunes lecteurs des aspects vécus un peu partout dans les campagnes et les villes occupées à partir de 1940 : comment Pétain était perçu par les populations, la cohabitation avec l’armée allemande, la mise en place du rationnement… Il a aussi une volonté didactique, en intégrant au récit des notions historiques, en montrant par exemple des caractéristiques du parti nazi sous le IIIe Reich (interdiction des autres partis politiques, persécution des juifs…). A noter aussi que ce premier volume est suivi d’un intéressant dossier pédagogique qui permet de rendre encore plus crédible le propos de la bande dessinée, et qu’une carte de l’Europe illustrée de drapeaux (en 2ème et 3ème de couverture) permet aussi de situer les parties en présence. Je n’ai pas trouvé ça trop scolaire, mais j’ai vu dans cet album la volonté de faire une histoire qui aurait pu exister, à travers le regard de deux jeunes ados. A propos des deux jeunes héros, je les ai trouvés attachants. Ils sont vifs et leurs réflexions sont bien souvent pertinentes, même s’ils ne réfléchissent pas toujours aux conséquences de leurs actes avant de les réaliser. Ils sont rejoints à un moment du récit par la jeune Lisa, réfugiée belge germanophone, qui est aussi futée que ses camarades, et m’a fait penser parfois au personnage de Luce dans « La guerre des Lulus », à la différence que cette série se déroule pendant la première guerre mondiale. Bref, les personnages principaux sont très bien, et on prend plaisir à les suivre tout au long de cette histoire. Je regrette seulement l’anachronisme sur la 4ème de couverture, où il est question de « pote », un terme qui ne sonne pas du tout 1940, mais plus fin du 20e siècle.

Le dessin de Benoît Ers est très fouillé, fourmillant de détails. Le choix a été fait de découper les planches en de nombreuses petites cases, ce qui peut parfois rebuter, mais montre aussi la volonté des auteurs de faire un récit complexe. De même, les textes en allemand ne sont pas traduits, ce qui peut être un peu difficile à aborder pour les plus jeunes lecteurs. Ils ne sont pas bien nombreux non plus, et peuvent se comprendre, selon le sens de l’histoire. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé, j’ai trouvé au contraire que cela crédibilisait le récit. Les enfants de la résistance est donc une série à suivre, mêlant à la fois fiction et informations historiques, pour nous offrir une BD jeunesse de qualité.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Samba BDCunéipage, Cases d’histoire,

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Voir aussi le mini-site dédié à la série (très bien fait, avec entre autres un espace pédagogique) sur le site de l’éditeur.

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Publié par le 8 juin 2016 dans BD aventure, BD historique

 

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