Quart de frère, quart de sœur, tome 1 [roman]

QUART DE FRÈRE, QUART DE SOEUR, tome 1 : UNE RIVALE INATTENDUE, par Sophie Adriansen (Slalom, 2017)

quart de frère.jpgViviane est antillaise. Depuis la séparation de ses parents, elle vit en métropole, avec son père et son frère très geek. Elle fait preuve d’une bonne humeur constante, a toujours plein d’idées et aime s’habiller de manière colorée et originale. Dans la classe, Arthur voit l’arrivée de cette nouvelle d’un mauvais œil, car c’est lui l’élève le plus cool de l’école et celui dont on suit toujours les propositions. Alors dès que Viviane entre sur son terrain réservé même sans le vouloir, Arthur ne supporte pas une seconde cette fille. Et quand le goûter est étrangement organisé chez l’un ou l’autre et que les deux enfants apprennent que leurs parents sont amoureux l’un de l’autre, c’est une catastrophe qui leur tombe dessus !

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Ma petite sœur d’occasion [roman]

MA PETITE SŒUR D’OCCASION, par Eric Sanvoisin (Nathan, 2016, coll. Nathanpoche)

soeur occasion

Hugo Blanc est fils unique. En dernière année à l’école primaire, il est bien content d’avoir ses parents pour lui tout seul. Alors quand un jour ces derniers lui annoncent qu’ils vont adopter en Ethiopie Fabyby, une petite fille, Hugo se fâche et refuse de les écouter. Et lorsqu’ils se rendent en Ethiopie pour la chercher, Hugo est obligé d’aller loger chez sa grand-mère pendant leur absence. Comment annoncer cela à sa bande de copains qui martyrisent les plus petits sur la cour de récré ? Comment vont-ils réagir s’il leur annonce qu’il va avoir une petite sœur noire ? Lire la suite

Jane, le renard & moi

JANE, LE RENARD & MOI, par Isabelle Arsenault et Fanny Britt (La pastèque, 2012)

Montréal, dans les années 1980. Hélène est une adolescente victime de harcèlement dans son école : insultes, moqueries, rumeurs et solitude sont son lot quotidien. Elle est bien seule, et sa mère ne se rend même pas compte du désarroi dans lequel se trouve sa fille. Alors la jeune fille passe beaucoup de temps à lire, et trouve refuge dans les écrits de Charlotte Brontë, avec le célèbre roman Jane Eyre… Lire la suite

La vie compliquée de Léa Olivier, tome 2 : rumeurs

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 2 : RUMEURS, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2015), d’après le roman de Catherine Girard-Audet.

Suite du tome 1. Léa vit toujours à Montréal, et se fait de nouveaux amis, parmi lesquels Eloi et Alex. Mais elle pense toujours à son ex petit-ami Thomas, resté dans son village à 400 kms de là. Même s’ils ont rompu, elle reste toujours attachée à lui, alors que sa meilleure amie Marilou, elle aussi à la campagne, lui conseille de ne plus parler avec Thomas, même virtuellement. Alors pour oublier Thomas, Léa sort avec Alex sans en être amoureuse, et par la même occasion, rend Eloi jaloux, alors que ce dernier est toujours là pour elle quand elle en a besoin. En parallèle, Marilou lui raconte les rumeurs sur les amours qui agitent les adolescents du village, et Léa lui raconte comment les filles de sa classe tentent de lui pourrir la vie, lors des cours d’anglais, mais aussi dans les couloirs…

J’ai emprunté cet album, car je gardais un bon souvenir du premier, avec son vocabulaire typiquement québécois, ses représentations de Montréal… Et bien là, ce n’est pas la même chose, l’album tourne autour des amours de Léa et Marilou. Parfois on se croit en plein épisode des Feux de l’amour ! C’est guimauve à souhait, l’héroïne et son amie ne savent pas trop où donner de la tête, entre tous les garçons disponibles (ou pas), les rumeurs sur les uns ou les autres, les couples qui se font et se défont autour d’elles. J’ai trouvé ça lourd au bout d’un certain temps, car la seule et unique préoccupation des deux filles est les garçons, et elles se posent toujours des questions futiles, qui m’ont énervée sur la fin de l’album. Le scénario est assez redondant, même si des événements viennent ponctuer la vie de deux jeunes (nouvel an, anniversaire…). Les conversations entre Léa et Marilou ont lieu par sms ou tchat (on a les bulles de couleurs différentes pour distinguer qui parle, et la mise en forme fait penser à un certain téléphone à la pomme), et on a droit à toutes leurs conversations, qui parfois sont vraiment « gnangnan » et d’un niveau intellectuel au ras des pâquerettes. Cela risque de bien parler aux ados à qui cet album est destiné, même si les phrases ne semblent pas avoir été prononcées par des ados. Moi je me suis sentie (vraiment) trop vieille, pour le coup…Le vocabulaire québécois utilisé (et traduit dans un lexique en fin d’album) est moins compréhensible que dans le premier, mais cela a beaucoup de charme dans un scénario qui l’est beaucoup moins. A part cela, le dessin est agréable, le trait clair et les couleurs réalistes. C’est typiquement du jeunesse, tout à fait lisible. Comme je l’ai dit plus haut, ici, peu de grandes cases avec des décors québécois, mais le dessinateur fait plus des portraits et des gros plans. Ses personnages sont facilement différentiables, même s’ils sont nombreux. Rien de plus à dire sur le trait, qui n’est pas exceptionnel, mais pas hideux non plus. J’ai bien aimé les petits clins d’œil que les auteurs font pour ancrer cette histoire dans le réel : l’affiche d’Obama sur les murs de la salle du journal de l’école, le concert de Justin Bieber, les paroles de musique actuelle (Adele par exemple)… Cela sonne très moderne et réaliste.

Globalement, j’ai un avis mitigé sur cet album, vraiment trop sentimental à mon goût, mais sachant que je ne fais pas partie du public cible, je pense que cela plaira plus aux jeunes lectrices…

Non mentionné sur l@BD, mais le tome 1 était à partir de 13 ans. Ricochet le conseille à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : A touch of blue marine, Taste for troubles, Les books addict

Premières planches à voir sur Izneo.

Swimming poule mouillée

SWIMMING POULE MOUILLÉE, par Guillaume Long (La joie de lire, 2014, coll. Somnambule)

Robin est un petit garçon timide qui n’aime pas aller à la piscine. Rêveur, il s’imagine tout un monde avec ses petits personnages de plastique, et repousse le plus loin possible le moment du coucher, qui le rapproche du lendemain fatidique. Alors que le moment si redouté arrive, il fait tout pour être en retard, mais sa mère veille. Arrivé sur les lieux, Robin doit affronter avec ses camarades le maître nageur sans pitié qui les appelle de tous les noms de poisson possibles et imaginables… C’est un véritable calvaire pour le jeune garçon.

J’ai emprunté cet album grâce à son titre avec son jeu de mots qui m’a fait sourire, sans savoir qu’il s’agissait d’une réédition d’un album paru initialement en 2004. Je connaissais l’auteur pour son blog culinaire et ses livres sur le même sujet (A boire et à manger). Même si je n’ai pas suivi de cours de natation à l’école primaire, j’ai beaucoup aimé cet album, plein de petites références à l’enfance et aux peurs de cet âge. J’ai aimé les jeux de mots et autres surnoms débiles donnés aux enfants (‘bande d’anchois à pizza », « tous à l’eau les bulots », « crevette » et autre « asticot »…). Le scénario est bien construit, même si peu développé (l’album n’ayant qu’une petite trentaine de planches). Il y a une certaine nostalgie dans cet album qui fait souvent sourire, l’enfant se faisant une montagne de moments au final dérisoires aux yeux d’un adulte. J’ai aussi aimé le dessin de Guillaume Long, parfois un peu léger mais agréable et réaliste. Je ne sais pas s’il s’agit d’une autobiographie, mais en tout cas, cet album est une jolie petite lecture.

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livresse, Les lectures de Kalistina

Quelques planches sur le site de l’éditeur suisse.

C’est ma sixième participation à la bd de la semaine cette semaine chez Stephie

La vie compliquée de Léa Olivier, tome 1 : Perdue

LA VIE COMPLIQUÉE DE LÉA OLIVIER, tome 1 : PERDUE, par Alcante (scénario) et Ludowick Borecki  (dessin) (Kennes éditions, 2014), d’après le roman de Catherine Girard-Audet

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En plein mois d’août, Léa déménage avec ses parents et son grand frère Félix : elle quitte son petit village de la province de Québec pour sa capitale Montréal, où son père a trouvé un nouveau travail. Triste de quitter son petit-ami Thomas et sa meilleure amie Marilou, elle déprime d’être à plus de 400 kms de ceux qu’elle aime. Malgré les communications par sms et via les réseaux sociaux, pas facile de maintenir le lien à distance. A la rentrée dans sa nouvelle école secondaire, la jeune fille timide tente de rencontrer quelques camarades, mais ce n’est pas facile, surtout lorsque des filles la prennent de haut ou la considèrent comme une rivale qui pourrait leur voler leur futur petit-ami… Heureusement que pour garder le moral, Léa correspond avec Marilou qui lui raconte la vie de son ancien village et le nouveau comportement de Thomas…

Voici un album qu’une libraire m’avait présenté en novembre dernier, et je me suis décidée à le commander pour les collégiens. Nul doute que la thématique leur plaira et qu’ils se reconnaîtront dans ces personnages très réalistes, aux préoccupations très adolescentes : amis, amours, sorties, magasins… Oui, parfois c’est un peu gnangnan, un peu trop guimauve (par exemple les scènes de jalousie de Léa) mais cela reste acceptable quand même. J’ai beaucoup aimé l’aspect BD québécoise avec son vocabulaire propre (traduit dans un lexique en fin d’album, et on est prévenu de la présence de ce lexique dès la préface : j’aime !) mais compréhensible. A noter aussi qu’il y a quelques passages en anglais non traduits, mais faciles à comprendre : cela est original, et permet de montrer le bilinguisme très présent à Montréal. J’ai aimé les quelques représentations de cette ville (la ville souterraine, les immeubles à l’américaine, la place avec la statue de Nelson et l’hôtel de ville, les façades des maisons)… Bref, cela m’a rappelé de bons souvenirs de voyage… J’espère que ce petit voyage ‘bédéesque’ plaira aux élèves ! Les dessins sont pas mal du tout : réalistes avec de jolies couleurs, ils sont lisibles facilement. Ce premier tome, adapté d’une série de romans à succès, constitue une bonne approche de la BD adolescente actuelle. A essayer !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Blog-o-noisettes, Lirado, A touch of blue Marine, SambaBD, Sophie lit

Premières planches à voir sur  Izneo.

Une année au lycée

UNE ANNÉE AU LYCÉE : guide de survie en milieu lycéen, par Fabrice Erre (Dargaud, 2014)

Fabrice Erre est prof d’histoire-géographie dans un lycée près de Montpellier, et nous raconte en cases une année scolaire, de septembre à juin, de sa vie quotidienne professionnelle. Plusieurs thèmes sont abordés sous l’angle humoristique, certains sont transversaux quelles que soient les matières, et d’autres sont spécifiques à l’histoire-géo (le rapport au temps des élèves par exemple). Tout y passe : de l’image du prof au bac, des rencontres parents-profs aux dates complètement erronées, des élèves qui pensent à toute autre chose en cours aux critiques du programme…

Merci à mes copines/ex-collègues pour cet album, car j’ai bien rigolé ! Certains épisodes sont particulièrement drôles ! Bien sûr, vous vous dites que c’est un album par un prof pour les profs, mais ce n’est pas vrai  : n’avez-vous jamais pensé, enfant, que le prof était forcément un vieux qui ne vivait que pour son métier et qu’il n’avait pas de vie à côté de l’école ? Et bien ça n’a pas changé, les élèves prennent toujours leurs profs pour de vieux croûtons… (ce n’est pas raconté dans le livre, mais ils imaginent même parfois que les profs-docs dorment au CDI, avec un lit caché sous leur bureau, c’est dire…! ). Cet album vise donc à montrer que l’enseignement, ce n’est pas ce qu’on croyait en tant qu’élève. De nombreuses scènes sont facilement transposables lorsqu’on est prof, mais je pense que les non-enseignants doivent passer un bon moment de lecture avec ce récit. Il y a un gros esprit décalé dans cet album, avec des réinterprétations de contes ou de films (Blanche-Neige, Star Wars, les chevaliers de la table ronde…) qui évitent l’écueil de la simple narration de faits scolaires. Cette variation entre scènes réalistes du quotidien et délires totalement assumés par l’auteur rend la lecture particulièrement agréable et non monotone. Bref, j’ai bien ri, le dessin aidant aussi parfois avec les personnages caricaturés et des couleurs parfois uniques, qui mettent en avant le scénario par rapport à l’aspect graphique. Loin du monde des bisounours mais aussi de l’enfer de l’éducation, cet album montre bien le difficile équilibre à trouver pour enseigner aujourd’hui face à des jeunes ultra-captivés par les médias (« wikipédia et google, que ferais-je sans vous ? » pourrait être la devise de nombreux élèves, n’est-ce pas ?… 🙂 ) Une année au lycée est pour moi une jolie découverte qui m’a fait passer un agréable moment de lecture !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sans connivence, Chez Canel, Oncle Fumetti, Blog Brother, Les jardins d’Hélène

Visiter le blog de l’auteur sur le site du journal Le Monde, sur lequel il commente l’actualité, ainsi que son Tumblr.

Premières planches à voir sur Izneo.

Avant quand y avait pas l’école

AVANT QUAND Y AVAIT PAS L’ÉCOLE, par Vincent Malone (scénario) et André Bouchard (dessin) (Seuil jeunesse, 2013)

Récit humoristique de la vie quotidienne au temps de la préhistoire, avant, quand l’école n’existait pas encore. Beaucoup de choses étaient différentes : le mot le plus long n’était pas « anticonstitutionnellement », le corbeau et le renard faisaient n’importe quoi, les cours d’arts plastiques n’existaient pas et les cadeaux de la fête des pères étaient du grand n’importe quoi, les maths n’existaient pas non plus et on pouvait passer des heures à calculer la surface d’un triangle rectangle…

Voici un album choisi pour son titre décalé et son format, très imposant (presque 40 cm de haut, difficile à mettre dans une étagère…!). J’ai moyennement aimé cet album qui n’a pas d’histoire à proprement parler, mais qui est plutôt une suite d’idées diverses et variées sur le monde avant l’école. On a une affirmation par page le plus souvent, mais sauf l’école, il n’y a pas de fil conducteur entre chaque illustration. On peut donc le lire au hasard, en piochant une page. Tout lire à la suite est un peu pénible (à cause de la redondance de la phrase qui constitue le titre de cet album). Certaines affirmations sont drôles, d’autres un peu moins. Pour autant, chacun peut se retrouver dans ce livre, selon son expérience scolaire. Certaines affirmations m’ont fait sourire, certaines m’ont laissé de marbre. Parfois le dessin est bien en lien avec le texte, d’autres fois ce n’est pas bien clair. Certains anachronismes m’ont bien plu : le Napoléon préhistorique sur son trône avec son tricorne, les post-it collés partout mais sans rien d’écrit dessus (parce qu’à l’époque on ne savait pas écrire !). Mais je dois avouer que j’ai moyennement aimé cet album car certaines affirmations ne sont pas drôles (ou c’est peut-être que je ne les ai pas comprises…!). Au niveau du dessin, il est bourré d’humour lui aussi, avec de nombreuses exagérations (des personnages aux grands pieds, des différences de taille impressionnantes comme sur la couverture…). Les couleurs pastels sont jolies, et à défaut de saisir tout le sens du texte, donnent au moins envie de feuilleter le livre…

A partir de 8 ans selon Ricochet, avant selon d’autres sites.

On en parle sur les blogs : Les riches heures de Fantasia, Fragments de lecture, Les lectures de Liyah, La mite orange, Spatule et crayon

Chronique radio à écouter sur France Inter.

6/10

Orignal

ORIGNAL, par Max de Radiguès (Delcourt, 2013, coll. Shampoing)

Quelque part en Amérique du Nord, pendant l’hiver, comme tous les matins, Joe part à l’école. Comme tous les matins, il annonce à la conductrice de bus qu’il préfère y aller à pied, en passant par le bois. Comme tous les matins, l’ado a peur d’aller en cours, où il retrouve son tyran Jason, celui qui le martyrise de nombreuses façons, qui lui détruit ses affaires, le rackette et l’attaque verbalement et physiquemenment. Personne ne se doute des humiliations subies par Joe, qui ne peut en parler à personne, sauf à Sarah l’infirmière de l’école. En plus, c’est toujours Joe qui trinque, qui se fait réprimander, qui se prend les punitions et les retenues. Lorsqu’un soir alors qu’il rentre à pied par le bois, Joe croise Jason, la situation va déraper. La violence de Jason est stoppée net par un orignal que Joe avait déjà croisé, et le tyran se retrouve dans un trou dissimulé par la neige. Joe est le seul à savoir, mais que va-t-il choisir de faire : aider celui qui lui pourrit la vie ou l’ignorer, pour se venger ?

J’ai emprunté cet album après avoir lu un album du même auteur intitulé 520 km (que les élèves apprécient beaucoup, me demandant même s’il y a une suite…). Orignal est un format différent, A5, qui tient bien en main. L’album fait qu’un peu plus de 150 pages et l’histoire ne comporte aucune couleur, ce qui contraste fortement avec les jolies couleurs pastels de 520 km. Les héros par contre ont certains points communs : ce sont des ados qui n’ont pas confiance en eux, qui subissent la situation. Dans Orignal, on est forcément du côté de Joe, qui ne peut avouer aux adultes qui l’entourent le calvaire qu’il subit en cours. Cette situation est particulièrement touchante, elle sonne juste, les idées du tyran paraissant sans limites, avec la seule volonté de nuire, d’humilier, de détruire Joe. Cet album n’est donc pas réjouissant, il y a juste les passages avec l’orignal qui sont poétiques, car l’animal n’attaque pas l’adolescent mais va au contraire le protéger, comme s’ils arrivaient à se comprendre. J’ai beaucoup aimé le scénario, l’album se lit d’une traite, d’autant plus qu’il comporte peu de textes, les situations pouvant être décrites seulement avec les dessins. Les dessins, eux, sont simples, je n’ai pas été surprise car ce n’est pas ma première lecture d’une histoire de Max de Radiguès. J’ai retrouvé le trait simple, parfois naïf, et les actions parfois un peu statiques. Mais le dessin n’entrave pas le propos, il parvient à décrire simplement et efficacement la situation. Le noir et blanc est approprié, je pense que la couleur aurait trop enjolivé le propos. Quant à la fin de l’histoire, elle est forte, on se demande si on aurait fait le même choix que Joe dans sa situation, c’est donc un album qui peut engager le dialogue et inciter à réfléchir : vous l’aurez compris, c’est un album comme je les aime…

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 13 ans, car il y a des scènes qui font que je ne mettrais malheureusement pas cet album entre les mains d’élèves de 6ème…

On en parle sur les blogs : L’ourse bibliophile, La bibliothèque de NouketteA propos de livres, D’une berge à l’autre, Sans connivence

Quelques planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du site de l’auteur.

L’enfer au collège

L’ENFER AU COLLÈGE, par Arthur Ténor (Milan, 2012, coll. Milan poche junior)

Gaspard est un jeune garçon sensible, très attaché à sa mère et qui aime collectionner les coquillages rares. Il entre en sixième, et dès le premier jour, alors qu’il est motivé pour rencontrer ses camarades de classe et se faire de nouveaux amis, il tombe sur Anthony, la grande gueule de la classe. Ce dernier va tout faire pour lui pourrir sa vie scolaire, au départ avec des blagues de mauvais goût, puis des insultes, des sales coups… Il va pousser Gaspard dans ses derniers retranchements, et la cruauté et la méchanceté vont devenir son lot quotidien…

Deuxième roman d’Arthur Ténor, lu dans le cadre de la préparation du défi lecture 6ème.  Il s’agit là encore d’un court récit, qui fait 75 pages, suivi d’une explication de l’auteur sur les raisons d’écriture de ce texte, ainsi que du témoignage d’une mère dont le fils a été victime de harcèlement scolaire en 6ème. Le thème du harcèlement scolaire se comprend dès le titre, et est très bien décrit : au départ des petites choses qui s’insinuent l’air de rien, puis les grands moyens employés pour faire plier sa victime : violences physiques, morales, racket… Le récit, saisissant de réalisme, est très bien écrit, avec des chapitres qui s’alternent entre Anthony et Gaspard. Le récit de Gaspard est au présent, en temps réel, alors que celui d’Anthony est postérieur à l’action : il raconte les faits à un adulte, dont on comprend plus tard qu’il s’agit d’un psychologue. Les différents événements liés au harcèlement sont donc racontés sous deux points de vue différents, celui du bourreau et de la victime. Le vocabulaire employé pourra parfois être compliqué pour les jeunes lecteurs, mais cela ne gêne pas la compréhension de l’histoire. J’ai bien aimé lorsque des termes comme méchanceté ou dignité sont définis lors de la conversation entre Anthony et l’adulte qui le questionne. Cela donne encore plus de sens au récit, qui ne peut que toucher par la violence des actions dont sont capables des jeunes adolescents envers d’autres. L’enfer au collège est donc une façon très appropriée d’aborder le sujet avec les élèves dès le début du collège, et c’est aussi à faire lire à leurs parents !

Non mentionné sur Ricochet, à partir de 9-10 ans selon l’éditeur, mais pour moi c’est un peu jeune tout de même, donc pas avant le collège.

On en parle sur les blogs : Alias Noukette, Les jardins d’Hélène, Rocambolivresque, Les riches heures de Fantasia, Le blog de la marmite