Coupée en deux [roman]

COUPÉE EN DEUX, par Charlotte Erlih (Actes sud junior, 2018, coll. Romans ado)

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Camille, collégienne parisienne, vit depuis cinq ans entre les domiciles de son père et de sa mère, séparés. Les deux ne peuvent vraiment pas s’encadrer mais font au mieux pour que leur fille s’épanouisse, même si cela est difficile pour l’adolescente, matériellement et psycholo-giquement parlant. Son père a refait sa vie avec Laure, avec laquelle il a un bébé, Nina. Sa mère vit quant à elle pour son travail et est très stricte, alors que son ex-mari est plutôt souple… Mais lorsque sa mère annonce qu’elle vient de trouver un emploi en Australie et quitterait donc Paris, Camille se retrouve encore plus coupée en deux, et aimerait donner son avis au juge qui doit statuer sur cette nouvelle situation. Elle demande à rencontrer le juge, accompagnée de son avocate, mais ne sait pas trop ce qu’elle va dire, ni quel parent elle va choisir…

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Maman aime danser [roman]

MAMAN AIME DANSER, par Didier Pobel (Bulles de savon, 2016)

maman.jpgTom, petit parisien, passe le week-end chez sa mère, et ne comprend pas pourquoi ce moment ne se passe pas comme d’habitude, pourquoi son père est absent et pourquoi sa mère qui est partie danser le vendredi soir n’est pas revenue… Pourquoi la télévision n’est-elle pas allumée comme d’habitude et pourquoi sa grand-mère a l’air triste ? Tom se pose beaucoup de questions, et il n’attend qu’une chose : le retour de sa maman, qui adore la musique et la danse… Mais alors pourquoi est-elle en photo dans le journal ?

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En attendant Bojangles [roman]

EN ATTENDANT BOJANGLES, par Olivier Bourdeaut (Editions Finitude, 2015)

bojanglesDans une famille dont le petit garçon est le narrateur, tout est simple à vivre, aucune difficulté n’entame la bonne humeur des parents. La fête est perpétuelle, on boit des cocktails, on s’amuse, on danse, sur la chanson « Mr Bojangles » de Nina Simone le plus souvent… Le petit garçon nous raconte cette vie quelque peu hors du temps, hors des rythmes imposés par la société, l’école où il ne va plus, les soirées mémorables et les voyages. Mais la mère, extravagante et imprévisible, va aussi sombrer dans une folie de plus en plus problématique… Au départ, tous ignorent (ou font semblant d’ignorer) ses moments de folie , mais arrive un moment où on ne plus nier l’évidence. Contre sa volonté, elle est internée, mais ne veut pas se soumettre aux choix des médecins… Son mari et son fils vont tout faire pour l’en sortir… Lire la suite

Ma mère, le crabe et moi [roman]

MA MÈRE, LE CRABE ET MOI, par Anne Percin (Rouergue, 2015, coll. DoAdo)

mère crabeTania vit seule avec sa mère depuis que son père a quitté le foyer pour une femme plus jeune. Les deux femmes tiennent chacune un blog sur lequel elles s’inventent un univers, plus ou moins éloigné de la réalité dans laquelle elles vivent… Alors lorsqu’un jour la mère découvre qu’elle a un cancer du sein, elles vont encore plus se souder. Tania nous raconte les différentes étapes pour lutter contre la maladie : l’opération, la chimiothérapie et ses conséquences… La jeune fille va alors sans trop s’en rendre compte grandir et gagner en autonomie pour aider cette mère au caractère optimiste mais que la maladie veut terrasser… Pour passer cet épisode douloureux, Tania se lance des défis insensés au premier abord : se raser la tête, courir et remporter des courses… Lire la suite

Amère Russie 2

AMÈRE RUSSIE, tome 2 : LES COLOMBES DE GROZNY, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Anlor (dessins et couleurs) (Bamboo, 2015, coll. Grand angle)

003754397Suite et fin du tome 1. La mère de Vlodia est toujours à la recherche de son fils militaire en Tchétchénie, en pleine guerre entre Russes et Tchétchènes. Elle se retrouve dans la capitale de la région, à Grozny, assiégée par les forces russes. Elle croit retrouver son fils, mais en fait ce n’est pas lui, mais un jeune militaire russe aveugle. Elle va tout de même l’aider à survivre dans cet enfer.

Je ne croyais pas du tout être captivée par cette histoire : le contexte ne me tentait pas du tout, et la couverture, même si elle est très jolie et intelligemment composée avec bon nombre de détails, ne me donnait pas envie de lire ce diptyque. J’ai bien fait d’aller au-delà de mes appréhensions, car j’ai beaucoup aimé cette histoire : le dessin est très vif, très joli. Les cases sont nombreuses, et l’histoire très dynamique. Quelques scènes sont particulièrement violentes, et cela est encore accentué quand le fond du gaufrier est noir. Mais en même temps, cet album ne relate pas une histoire de Bisounours mais un contexte de guerre, donc cela ne cloche pas du tout. Les personnages sont pour la plupart attachants, et en particulier le petit chien Milyi qui prend de plus en plus de place dans ce tome. Cette histoire en deux tomes, qui veut dénoncer la situation en Russie, avec les mères qui cherchent leur fils engagé dans l’armée, est ancrée dans l’actualité du début du XXIème siècle; en effet, à la toute fin de l’album, on peut voir une journaliste qui n’est autre qu’Anna Polikovskaia, journaliste assassinée devant chez elle à Moscou il y a quelques années. Amère Russie est pour moi une très bonne découverte, avec une histoire qui se lit très bien, alors que ce n’était pas gagné au départ, vu mes réticences.

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs :

Premières planches à voir sur Izneo.

Amère Russie, tome 1 : Les Amazones de Bassaïev

AMÈRE RUSSIE, tome 1 : LES AMAZONES DE BASSAÏEV, par Aurélien Ducoudray (scénario) et Anlor (dessins et couleurs) (Bamboo, 2014, coll. Grand angle)

Quelque part en Russie, une famille se déchire lorsque le père est muté à la frontière de l’Ouzbékistan. Le fils unique, Volodia, aime jouer en bas de l’immeuble avec ses amis et son petit chien qu’il dresse à faire des tours. Quelques années plus tard, à la fin des années 1990, l’enfant a grandi et est devenu un jeune homme. Il effectue son service militaire en Tchétchénie et sa mère est très fière de lui, même si le fils donne bien peu de nouvelles. Un jour, elle apprend par son mari alcoolique dont elle est séparée que son cher Volodia est en réalité prisonnier dans la province du sud de la Russie. La rumeur court que Bassaïev, rebelle tchétchène, a promis de libérer des prisonniers si leurs mères viennent les chercher. Entendant cela, emmenant avec elle son petit chien et une photo récente de son fils, la mère se rend alors dans cette province en guerre pour retrouver son fils chéri, mais cela ne va pas s’avérer facile… Elle va rencontrer des combattantes redoutées par les militaires russes : les amazones, ainsi que des civils touchés par les combats.

Ce tome 1 d’un diptyque sur la Russie parle d’un sujet a priori peu attirant : le contexte me parle peu, et la Russie n’est pas un pays qui me tente vraiment. Bref, c’est le dessin qui m’a d’abord conquise, agrémenté de couleurs claires. Les personnages sont croqués de façon semi-réaliste, les décors sont plus ou moins détaillés selon les cases. Le découpage est dynamique, et je me suis laissée prendre à tourner les pages et à m’intéresser au destin de cette femme qui n’a plus que son fils comme unique but. Ensuite, le scénario est bien ficelé, et le personnage de la mère est très attachant, au-delà du contexte. On se prend de pitié pour elle, qui cherche uniquement à retrouver son fils et croit en la promesse du chef des rebelles. Le petit chien amène une touche de bonne humeur dans ce contexte bien sombre, où on se rend compte du traitement subi par les prisonniers russes, et de la situation plus que complexe pour les populations civiles en Tchétchénie. Je n’ai pas ressenti de réel manichéisme ou de sentiment anti-russe dans cet album, même si on a plus facilement tendance à se mettre du côté des populations civiles que militaires. L’aspect fratricide est abordé à travers quelques personnages, dont l’ascendance est à la fois russe et tchétchène, et on comprend l’absurdité d’un tel conflit. A la fin de cet album, je suis donc bien plus convaincue qu’au début. Cet album me confirme aussi que « Grand angle » est une collection de qualité, car je n’ai pas souvenir d’avoir été déçue par des titres de cette collection. Maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver la suite !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Vu des yeux d’OliBD, Samba BD, Un amour de BD, Les chroniques de Madoka, Theatrum belli

Premières planches à lire sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

Le grand méchant renard

LE GRAND MÉCHANT RENARD, par Benjamin Renner (Delcourt, 2015, coll. Shampooing)

Un renard un peu bête tente de rentrer dans une ferme remplie de poules déterminées et gardées par un chien paresseux. Voulant démontrer qu’il est un grand prédateur comme ses congénères, le renard tente différentes méthodes pour se nourrir de ces poules, mais n’y parvient pas, les poules ayant développé des méthodes de rébellion face aux agresseurs. Un jour, le renard décide de voler des œufs et de les élever, dans l’espoir de manger des poules bien grasses. Mais il va tomber sous le charme des poussins et se découvrir un instinct maternel, lorsque les poussins commencent à l’appeler maman… C’est le début des ennuis pour le renard…

Voici une histoire bourrée d’humour, et qui fait plus de 180 planches. Le format n’est pas celui d’un album jeunesse, pourtant il pourrait être lu par des plus jeunes car il y a plusieurs niveaux de lecture. Le dessin est léger, réhaussé de couleurs à l’aquarelle. Ces couleurs, volontairement incomplètes, sont très jolies et douces; elles n’alourdissent pas la lecture. Au contraire, une impression de légèreté se dégage, accentuée aussi par des cases qui ne sont pas clairement définies. Ainsi, les yeux filent rapidement (presque trop, parfois) d’un dessin à l’autre, et les pages se tournent à vitesse soutenue. Le scénario est hyper bien construit, avec un gag par planche, des rebondissements, de l’absurde, des situations complètement folles…Il n’y a pas de temps mort, les pages se tournent très bien, même si l’histoire est finalement assez longue. Le personnage du renard est très attachant et naïf, c’est l’inverse du moyen-âgeux roman de Renart, avec le duo loup et goupil. Les personnages de la ferme sont aussi très drôles, entre le chien paresseux et les poules avides de vengeance et très imaginatives. Quelques dessins en pleine page rendent sacrément bien, et permettent de varier la lecture. Voici un album facile à lire pour les jeunes lecteurs et qui plaira aussi aux plus grands. S’il y avait un défaut pour les plus jeunes, je pense que ce serait plus la longueur de l’histoire qui pourrait les rebuter. Le grand méchant renard fut pour moi une très bonne découverte avec ses différents niveaux de lecture, je crois qu’il fonctionnerait très bien en collège (et après aussi…) !

Non mentionné sur la BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Lecturissime, D’une berge à l’autre, Plume de Cajou, Laurie lit

On en parle aussi à la radio : France Inter, France culture

Les premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir le blog de l’auteur formé dans l’animation, avec une planche très drôle d’explications autour de son album.

Essayer aussi le Turbo Media inédit et interactif créé par l’auteur.