Aliénor Mandragore, tome 1

ALIENOR MANDRAGORE, tome 1 : Merlin est mort, vive Merlin !, par Séverine Gauthier (scénario) et Thomas Labourot (dessin) (Rue de Sèvres, 2015)

Merlin est un vieil enchanteur passionné de champignons. Il enseigne son savoir et sa magie à sa fille Aliénor qui, loin d’être passionnée par les propos de son père, fait plus acte de présence lors de leurs promenades dans la forêt de Brocéliande. Un jour, tous deux découvrent une mandragore, une plante magique qui tue par son cri la personne en face d’elle. Sûr de lui car se croyant protégé par le sang de dragon qui coule dans ses veines, Merlin demande à Aliénor de la déterrer, mais tombe raide mort face à la plante hurlante. Aliénor ne sait que faire, jusqu’à ce que le fantôme de son père apparaisse et lui demande de ramener le corps dans leur maison, le temps de trouver le moyen de ressusciter… Mais la mort, ici nommée l’Ankou, veille et demande à Merlin devenir avec lui. Ce dernier refuse et assiste discrètement à son propre enterrement, espérant toujours trouver un élixir pour revenir à lui. Aliénor décide alors d’aller voir sa voisine la fée Morgane, fâchée avec son père, pour trouver dans ses grimoires une formule pour sauver son père, mais ses intentions sont démasquées. La jeune fille est chassée et atterrit dans la forêt, où elle rencontre toutes sortes de personnages plus étranges les uns que les autres…

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Over

OVER, par Stéphane Heurteau (Locus Solus, 2015)

Jack Quervellat est un ancien flic de la PJ bordelaise, qui vit désormais à Ouessant. Dans son ancienne vie, il vivait avec sa compagne Sylvie et leur fille de 8 ans Rachel, et fréquentait également Florence, une journaliste locale. Alors que Sylvie lui avait annoncé qu’elle le quittait suite à ses infidélités et à sa constante absence, Jack découvre les cadavres de sa femme et de sa fille dans leur maison, avant de se faire à son tour tirer dessus par un inconnu. Il se retrouve à l’hôpital, seul et défiguré, et apprend la raison des décès de ses proches. Seul avec son chat Raspoutine, il décide alors de quitter Bordeaux pour aller vivre en Bretagne, où son nom et son histoire ne seront pas connus, tout comme son visage qui a été reconstruit. Là, sa vie en solitaire s’écoule tranquillement, entre virées au café, discussions avec le facteur et parties de tarot avec les voisins… Un jour, à travers la fenêtre, il voit son voisin se faire tirer dessus… Mais pourtant celui-ci lui ouvre la porte lorsque Jack se rend chez eux… Jack a-t-il un problème ou a-t-il été témoin d’un meurtre ? Son costume d’ancien flic ressort pour mener à bien cette enquête…

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Au bout du fleuve

AU BOUT DU FLEUVE, par Jean-Denis Pendanx (Futuropolis, 2017)

au bou du fleuve

Kemi est un jeune garçon qui vit au Bénin. Orphelin de mère depuis plusieurs années, il vivait avec son père et son frère jumeau Yao, mais son père est mort en transportant de l’essence frelatée. Son frère disparaît alors, et après avoir lui aussi tenté de transporter de l’essence illégale, Kemi va tout faire pour retrouver son frère, le seul membre de sa famille qui lui reste. D’autant plus que les croyances sont fortes et que  selon le rite vodun, perdre son jumeau, c’est perdre la moitié de son âme… Alors le voici qui quitte Cotonou pour le Nigéria voisin, et plus particulièrement le dangereux delta du fleuve Niger, occupé par de grandes entreprises pétrolières mais aussi par les trafics en tout genre… Lire la suite

Undertaker, tome 2 : la danse des vautours

UNDERTAKER tome 2 : LA DANSE DES VAUTOURS, par Xavier Dorison (scénario) et Ralph Meyer (dessin) (Dargaud, 2015)

undertaker2Suite du tome 1. Jonas Crow, le croque-mort dont le seul ami est un vautour, accompagné d’une gouvernante anglaise et d’une domestique chinoise, doit conduire le corps du riche Cusco dans sa première mine, là où a commencé sa richesse. Mais les mineurs d’Anoki City n’ont pas tardé à comprendre le stratagème de leur ancien patron décédé et partent aux trousses de Crow pour récupérer leur dû… La course poursuite continue dans cet ouest américain infestés de personnages plus malfaisants les uns que les autres… Lire la suite

Undertaker, tome 1 : le mangeur d’or

UNDERTAKER, tome 1 : LE MANGEUR D’OR, par Xavier Dorison (scénario) et Ralph Meyer (dessin), (Dargaud, 2015)

A Anoki City, cité minière du Far-West, Joe Cusco, ancien mineur devenu millionnaire et maître de la ville, sent la mort approcher dangereusement. Il demande alors les services de Jonas Crow, croque-mort atypique au compagnon de route original : il se promène avec un vautour. Ce dernier se rend dans la ville et découvre un homme qu’il va devoir convoyer, une fois mort, vers la première mine où il a commencé à faire fortune. Mais juste avant de décéder, le riche homme décide d’avaler tout son or, pour ne rien laisser après lui. Seule sa gouvernante anglaise était censée être au courant, mais le secret est éventé et les mineurs d’Anoki City se lancent alors à la poursuite du cercueil de leur défunt patron, pour récupérer leur dû… Crow fuit avec le corps de Cusco, sa gouvernante anglaise et sa cuisinière chinoise… C’est le début d’une folle épopée…

J’ai emprunté cet album un peu au hasard, en ne m’attendant pas à quelque chose de spécifique. Le scénario est bon et bien mené, même s’il n’a pas de grande originalité.  En effet, on se doute bien que Crow le croque-mort cache quelque chose, lorsqu’il doit recourir à la violence quand cela ne va pas dans son sens, et que cela ne semble pas lui poser de problème de conscience. On se doute bien alors qu’il a un passé criminel chargé. C’est un héros qui n’apparaît pas comme spécialement sympathique, mais plutôt comme un personnage malfaisant : pas seulement à cause de son métier de croque-mort, mais aussi et surtout parce qu’il se promène avec un vautour qu’il a épargné pour on ne sait quelle raison. Il paraît sûr de lui, et on croit au départ qu’il domine la situation, mais en fait il n’en est rien, car il se fait avoir par Cusco, riche propriétaire de mine d’or atteint d’une maladie incurable et qui se suicide après avoir mangé tout son or. L’épopée qui s’en suit est inattendue pour Crow, c’est là que la situation s’emballe. Le dessin de Ralph Meyer (que je ne crois pas avoir lu et chroniqué auparavant sur ce blog) est très agréable, j’aime bien ce trait. Les portraits sont très détaillés, et on prend plaisir à s’arrêter sur chaque case. Les couleurs assez sombres utilisées correspondent très bien à l’ambiance noire, violente et parfois cynique de l’histoire qui ne comporte pas de temps mort. La fin, qui n’en est pas une vraiment, engage à lire le tome 2. C’est ce que j’espère pouvoir faire bientôt, pour terminer ce diptyque qui contribue à me faire apprécier le western, moi qui ne croyais pas trop être cliente de ce genre-là…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Des images et des bulles, Tamaculture, BricabookDiacritik

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album faisait partie de la sélection polar au dernier festival d’Angoulême.

Tyler Cross, tome 2 : Angola

TYLER CROSS, tome 2 : ANGOLA, par Fabien Nury (scénario) et Brüno (dessin) (Dargaud, 2015)

On retrouve le bandit Tyler Cross après un tome 1 déjà ultra violent. Cette fois, l’homme vit paisiblement avec sa compagne lorsqu’on lui propose de participer à un braquage arrangé, sorte d’arnaque à l’assurance, en lui promettant qu’il n’y a pas de risques. Mais cela ne va pas se passer comme prévu et tandis qu’une braqueuse parvient à échapper à la police et qu’un de ses camarades est tué, Tyler Cross est attrapé et condamné 20 ans de bagne, dans un endroit isolé de Louisiane nommé Angola, au milieu des marais et dirigé par un capitaine sans pitié. La violence y est omniprésente, tout comme la corruption. Le braqueur tente de survivre parmi ces fauves, en achetant une semaine de vie supplémentaire auprès d’un gardien, ou encore en faisant des alliances de circonstance. Il apprend qu’il est quasi-impossible de s’évader d’Angola, mais va tout de même tenter sa chance…

J’ai mis du temps à me décider à lire la suite des aventures de ce braqueur qui use de la violence comme il respire. L’ambiance est ultra-glauque, accentuée par les couleurs simples mais très judicieuses de Laurence Croix. Le scénario ne comporte pas de temps mort, et la violence est présente à chaque recoin de case ou presque, bref, c’est vraiment très noir. Les clins d’œil au cinéma américain sont nombreux, avec certains plans et certaines scènes. Celle où la braqueuse se retrouve au soleil au bord de la piscine de l’hôtel est particulièrement flagrante. Au niveau des personnages, ils sont tous pires les uns que les autres, et on n’est pas amené à ressentir de l’empathie pour l’un ou l’autre. Les portraits brossés ne donnent en effet pas envie de prendre en pitié de tels personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires d’ailleurs. Cela démontre un scénario vraiment aux petits oignons, comme souvent chez Nury. Le dessin de Brüno est quant à lui reconnaissable entre mille, et même si au départ de ma découverte de cet auteur (Junk, Atar Gull), j’étais réticente, désormais je trouve que ce dessin aux traits simples est très approprié pour des histoires complexes. Les cadrages sont très variés, et même parfois inattendus, comme par exemple lorsqu’on a le canon d’une arme juste en face de soi. Cela met vraiment dans l’ambiance et contribue à maintenir une ambiance très particulière sur cet album. J’ai passé un bon moment de lecture, et ai aimé suivre ce héros calculateur et bien peu sympathique. Je ne sais pas si un tome 3 est prévu, mais toujours est-il que s’il sort un jour, je crois que je ferai partie de ses lectrices…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Pop up culture, Le tour du nombril, Carnet d’une libraire, Miss Alfie croqueuse de livres, Blog Brother

Premières planches à lire sur Izneo.

Aller voir le blog du dessinateur Brüno.

Cet album participe à , cette semaine chez Stephie.

Les 3 fruits

LES 3 FRUITS, par Zidrou (scénario) et Oriol (dessin) (Dargaud, 2015)

Après quarante ans de règne, le roi sent qu’il arrive à la fin de sa vie, mais il éprouve toujours une seule et même peur, celle de mourir. Il convoque alors les trois plus grands savants du royaume et leur demande tour à tour ce qu’il doit faire pour ne pas mourir. Devant leur absence de réponse qu’il juge satisfaisante, il les fait tuer chacun leur tour. C’est alors qu’un inconnu demande à rencontrer le roi, et lui promet la vie éternelle, . En échange, il demande la main de la fille du roi et fait signer pour cela un parchemin au roi. Une fois la feuille signée, pour que la vie éternelle se produise,l’inconnu demande alors au roi de manger la chair du plus valeureux de ses trois fils. Prêt à tout, le roi met alors en compétition ses trois fils et leur explique le challenge… Pour échapper à la mort, le roi est prêt à faire mourir sa famille et à devenir un monstre…

Encore une nouveauté à la bibliothèque, qui est en ce moment mon fournisseur officiel de lecture. J’y trouve beaucoup de bons albums, et celui-là ne déroge pas à la règle. Cette histoire est un conte très noir, très macabre, où le roi est prêt à tout pour survivre, même à sacrifier la vie de ses proches. Le scénario emprunte les ficelles classiques du conte, il n’y a pas spécialement de surprises de ce côté-là, mais Zidrou sait tout de même comment rendre les personnages attachants, hormis le roi bien sûr qui se transforme en monstre au fur et à mesure de l’album, capable des pires atrocités. Seule la fin est un peu décevante à mon goût, avec la fille du roi qui prend une drôle de décision, et termine ce récit sans vraiment le terminer… Le dessin d’Oriol (que j’ai déjà vu dans La peau de l’ours, lui aussi scénarisé par Zidrou) est complètement en adéquation avec le propos, et accentué avec les couleurs très foncées utilisées. Les personnages sont tout en longueur, les cadrages utilisés en font des personnages parfois maléfiques, et le graphisme correspond à l’ambiance glauque de l’histoire. Les couleurs jouent dans le registre foncé, éclairées parfois de touches de rouge qui mettent un peu de couleur à ce récit très sombre et loin d’être optimiste. Graphiquement c’est très beau, et scénaristiquement c’est bien mené. Voilà un conte à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes, mais qui ravira les plus grands qui ont gardé leur âme d’enfant.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Samba BD, Sin City, Un amour de BD, La petite marchande de prose, Les belles histoires de l’oncle Hermès

Premières planches à voir sur Izneo.