Aliénor Mandragore, tome 1

ALIENOR MANDRAGORE, tome 1 : Merlin est mort, vive Merlin !, par Séverine Gauthier (scénario) et Thomas Labourot (dessin) (Rue de Sèvres, 2015)

Merlin est un vieil enchanteur passionné de champignons. Il enseigne son savoir et sa magie à sa fille Aliénor qui, loin d’être passionnée par les propos de son père, fait plus acte de présence lors de leurs promenades dans la forêt de Brocéliande. Un jour, tous deux découvrent une mandragore, une plante magique qui tue par son cri la personne en face d’elle. Sûr de lui car se croyant protégé par le sang de dragon qui coule dans ses veines, Merlin demande à Aliénor de la déterrer, mais tombe raide mort face à la plante hurlante. Aliénor ne sait que faire, jusqu’à ce que le fantôme de son père apparaisse et lui demande de ramener le corps dans leur maison, le temps de trouver le moyen de ressusciter… Mais la mort, ici nommée l’Ankou, veille et demande à Merlin devenir avec lui. Ce dernier refuse et assiste discrètement à son propre enterrement, espérant toujours trouver un élixir pour revenir à lui. Aliénor décide alors d’aller voir sa voisine la fée Morgane, fâchée avec son père, pour trouver dans ses grimoires une formule pour sauver son père, mais ses intentions sont démasquées. La jeune fille est chassée et atterrit dans la forêt, où elle rencontre toutes sortes de personnages plus étranges les uns que les autres…

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SuperS tome 2 : Héros

SUPERS tome 2 : HÉROS, par Frédéric Maupomé et Dawid (Les éditions de la gouttière, 2016)

Suite du tome 1. Ben, Lili et Mat, les trois enfants qui viennent d’une autre planète et ont de super pouvoirs, font tout pour ne pas se faire repérer. Une photo d’eux parue dans un journal local leur a fait prendre conscience de la nécessité d’être discrets. Mais tout super-héros qu’ils sont, ils se fixent une mission : arrêter le pyromane, qui met le feu aux bâtiments de la ville depuis deux mois sans réussir à être arrêté et qu’ils nomment Pyroman. Mais pour les trois enfants, il s’agit de ne pas se faire repérer : ils se choisissent donc une tenue, à la manière des super-héros. Il leur faut aussi agir avec ruse pour parvenir à cacher le fait qu’ils n’ont pas de parents : les stratagèmes sont nombreux pour ne pas venir à un rendez-vous scolaire…  Lire la suite

SuperS, tome 1 : une petite étoile juste en dessous de Tsih

SUPERS, tome 1 : UNE PETITE ETOILE JUSTE EN DESSOUS DE TSIH, par Frédéric Maupomé et Dawid (Les éditions de la gouttière, 2015)

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Trois enfants, Mat, Lili et Benji, sont livrés à eux-mêmes. Sans adultes dans leur vie quotidienne, ils doivent se débrouiller pour entre autres aller à l’école et manger, sans se faire repérer des grands. En réalité, ils viennent d’une autre planète, et ont de super-pouvoirs qu’ils ne doivent pas utiliser sur Terre. Entre la peur d’être démasqués et celle de ne pas pouvoir retrouver leur famille, les trois enfants survivent du mieux qu’ils le peuvent, aidés par un petit robot. Le plus grand raconte les souvenirs de ses parents, tandis que le plus petit aimerait bien, lui, avoir des souvenirs de sa vie d’avant… Mais c’est l’incendie d’un immeuble dans la ville qui va les obliger à mettre en oeuvre leurs pouvoirs… Comment parvenir à rester discret quand toute la ville cherche à remercier son héros ?

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L’île aux femmes

L’ÎLE AUX FEMMES, par Zanzim (Glénat, 2015)

1915, Céleste, un aviateur adulé par les femmes, se voit confier une mission avec son avion, mais il échoue et se retrouve comme Robinson Crusoé sur son île, échoué au milieu de nulle part et sans aucun moyen de contacter le monde extérieur. Alors il va survivre, en bâtissant sa cabane, en pêchant de façon rudimentaire, en lisant aussi les lettres du courrier qu’il était chargé de ramener du front vers les épouses des soldats à l’arrière. Désespéré au point de lancer une bouteille à la mer, et frappé parfois de bouffées délirantes, il se rêve des femmes qui lui manquent. Un jour par hasard, en chassant, il tombe dans un trou et atterrit près d’une cascade où se baignent plusieurs femmes. Intrus, il est immédiatement capturé et emmené au village sans être ménagé. Après un débat âpre entre toutes les membres du groupe, il est conduit en prison où il rencontre un autre homme qui lui apprend la situation : ils sont sur une île où les femmes dominent, et les hommes ne sont là que pour être des reproducteurs… Ce qui paraît être un rêve pour Céleste le Don Juan va s’avérer être un cauchemar, surtout qu’il va s’approprier les poèmes dans les courriers des soldats et s’enfoncer dans le mensonge…

Voici un album fantastique très bien construit. Autant le dire tout de suite, j’ai beaucoup aimé. Tout d’abord le trait est à la fois simple et travaillé (déjà repéré dans Ma vie posthume tome 1 et tome 2), avec de nombreux portraits et formes féminines. On sent que le dessinateur a pris plaisir à dessiner les courbes des nombreuses (jeunes) femmes en petites tenues. Je ne sais pas si on peut dire que cet album est féministe, mais c’est en tout cas un pari réussi mêlant poésie et humour parfois grinçant. Le scénario, avec cette inversion des rôles, est vraiment original : la situation de Céleste pourrait être un rêve pour de nombreux hommes, mais on en vient presque à plaindre ce pauvre homme pour ce qu’il va subir… Obligé de mentir pour pouvoir prendre la place de l’homme reproducteur de l’île pour toutes ces amazones, il trouve son inspiration parmi les courriers qu’il devait convoyer avec son avion, et ces situations cocasses ponctuent l’histoire. Dans cet album au dessin particulier pas toujours ultra-réaliste (mais ce côté parfois désuet et plein de charme passe très bien), un certain nombre de dialogues sont remplacés par des onomatopées, et cela permet de lire différemment l’histoire. Bref, un album très sympa, à la fin très originale, vraiment inattendue, avec les parallèles des personnages. On se fait bien mener en bateau, et j’ai aimé cela ! C’est un album à lire, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Oncle Fumetti, Le blog de Krol, La ronde des post-it, Temps de livres, Mille et une frasques

Premières planches à lire sur Izneo.

Un amour de marmelade

UN AMOUR DE MARMELADE, par Olivier Supiot (Glénat, 2011, coll. Mille feuilles)

A Lutétia, ville dévastée, vit un drôle de personnage tout vert, surnommé Marmelade par la presse. Il s’agit en fait du génial professeur Cazaviel qui a vu une de ses expériences mal tourner : une mutation l’a transformé en une étrange gélatine verdâtre qui se déforme et se reforme à volonté. Au départ déboussolé par son nouvel état, le professeur va devoir prouver qu’il n’est pas à l’origine de l’enlèvement de sa femme adorée, la belle Mathilde, alors que tout l’accuse… Mais comment se défendre lorsqu’on a une apparence inhumaine ? Aidé par Blanche une femme-fantôme qui passe à travers les murs, Marmelade va essayer de prouver son innocence et de retrouver Mathilde…

Un amour de marmelade est une histoire étrange, avec un héros vraiment bizarre, tout vert, sans forme réelle. Au fil de l’histoire, on découvre ce personnage, ses propriétés extraordinaires et les raisons de sa transformation, jusqu’à la fin réellement inattendue et qui nous prend à contrepied. Les dessins d’Olivier Supiot sont magnifiques, particulièrement les portraits de Mathilde, la femme disparue du professeur Cazaviel. Mais sinon les traits des autres personnages sont assez ronds avec Marmelade et Blanche Noyant, la jeune femme qui passe à travers les murs. Les couleurs sont parfois très vives, avec du jaune et du rouge. J’ai eu quelquefois la sensation d’un esprit « Fantômette » chez Blanche Noyant, même si mes souvenirs de ce personnage remontent à loin. Le dessin est donc globalement agréable. Concernant le scénario, il est complètement décalé : l’histoire, totalement fantastique, se passe dans un Paris/Lutétia uchronique, revu et (très) corrigé. Les premières planches nous présentent la ville dévastée, en utilisant des couleurs dans les tons jaunes et marrons qui donnent une ambiance de peur à la ville. J’aime beaucoup le trait de l’auteur, et sa technique qui donne un joli aspect et de la profondeur au dessin. Il y a aussi pas mal de références à des peintures célèbres dans une double page, ce qui détonne assez du reste de l’album. Un amour de marmelade a un scénario auquel j’ai eu du mal à accrocher, peut-être car manquant de liant et un peu bancal par moments. Je n’ai pas été happée par l’histoire, certainement trop déstabilisée et peu habituée par cet univers vraiment original, mais j’ai cependant envie de continuer les œuvres de cet auteur angevin que je découvre sur le tard depuis la patrouille des invisibles.

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Des galipettes entre les lignes, Le blog des boggans, Bedea Jacta Est, Antre de livres

Premières planches sur le site de l’éditeur.

Le temps perdu

LE TEMPS PERDU, par Rodolphe (scénario) et Vink (dessin) (Galerie Daniel Maghen, 2014)

Guillaume Romain est un auteur de bandes dessinées. De retour d’un festival, il s’arrête dans un hôtel au bord de la route pour y passer la nuit. Dans sa chambre, il observe la gravure accrochée au mur, jusqu’à rentrer dans le tableau et à y rencontrer le bûcheron qui y était représenté. Guillaume parvient à sortir de la gravure et raconte son aventure à l’hôtelière qui lui explique l’origine de ces tableaux : ils sont issus d’un portfolio trouvé dans le grenier lorsqu’elle a acheté l’hôtel il y a une dizaine d’années avec son mari aujourd’hui décédé… Pour autant, Guillaume a le sentiment étrange de connaître déjà les lieux, mais il ne saurait dire pourquoi… Il va donc revenir plusieurs fois à l’hôtel du temps perdu, pour tenter de comprendre. Ses allées et venues dans les gravures des différentes chambres vont lui permettre de trouver les réponses à ses questions, tandis qu’il va se lier avec l’hôtelière veuve…

Voici encore un album qui m’attendait à la maison, album acheté sur les conseils d’un libraire. Pour une fois, je ne l’ai pas laissé traîner longtemps avant de le lire et de le chroniquer. Je trouvais la couverture particulièrement jolie et poétique. Je n’ai pas été déçue par cette histoire que je pensais au départ assez banale, mais qui s’avère plus complexe et fantastique qu’il n’y paraît. L’histoire d’amour contemporaine se mêle aux souvenirs familiaux de l’enfance du héros, et le monde des gravures est complètement fantastique et onirique, avec des soldats qui poussent comme des champignons, un chanteur qui a un monstre en lui qui produit un son monstrueux… C’est vraiment un univers très particulier, avec un mode de fonctionnement insolite et bizarre… Au départ, c’est assez déroutant, puis finalement ça passe assez bien, et on se prend au jeu, alors que pourtant je ne suis pas du tout fan de ce genre d’univers. Il faut dire que le scénario bien mené est soutenu par de magnifiques planches à l’aquarelle. Le dessin est parfois malhabile dans certains profils de personnages, mais les couleurs utilisées magnifiquement rattrapent ce léger défaut. Je découvre le style de Vink, et j’admire son travail, qui contribue grandement à l’ambiance toute particulière de l’histoire. C’est vraiment une sorte de rêve : difficile de lâcher l’album avant de savoir pourquoi Guillaume n’est pas si perdu que ça dans cet hôtel… L’histoire d’amour avec l’hôtelière est peut-être superflue, mais elle lui permet aussi de répondre à quelques questions sur la bâtisse. Je me suis surtout dit que l’hôtelière n’était pas farouche du tout, mais sinon, l’histoire entre eux me paraissait crédible. Le temps perdu est donc un bien joli album porté par une histoire poétique et sensible qui permet de passer un bon moment de lecture. A découvrir si cela n’est pas déjà fait !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livresse des mots, Papier bulles, Blog BD Sud-Ouest, Les petits Miquets,

Plusieurs planches à voir sur le site de l’éditeur, qui est aussi une galerie parisienne d’exposition-vente de planches de BD.

Visiter le blog du scénariste Rodolphe.

Les derniers jours d’un immortel

LES DERNIERS JOURS D’UN IMMORTEL, par Fabien Vehlmann (scénario) et Gwen de Bonneval (dessin), (Futuropolis, 2010)

Dans un monde futuriste, à une époque inconnue, la mort n’existe plus ou presque. Les différentes civilisations cohabitent ensemble avec plus ou moins de succès. Elijah travaille à la police philosophique pour l’Union, pour améliorer les relations entre les civilisations en utilisant la diplomatie face à des espèces souvent très différentes. Mais comme on fait souvent appel à lui et qu’il ne peut s’occuper de tout, il a accepté d’avoir des échos, sortes de clones qui effectuent sa mission. Cependant, en contrepartie de sa démultiplication, Elijah oublie certains de ses souvenirs, alors il limite l’utilisation de ses échos. Philosophe, il essaie d’arranger tout le monde, ne haussant jamais la voix, tentant toujours de comprendre le comportement de l’autre. Mais lorsqu’une mission compliquée va lui être confiée (tenter de faire s’entendre deux espèces d’une même planète qui ne peuvent pas communiquer), il va falloir qu’Elijah use de toute la diplomatie possible pour éviter qu’une guerre éclate au sein de l’Union, qui mettrait en péril toute la communauté.

Voici un album complètement fou que je n’aurais certainement pas lu si je ne l’avais pas vu sur des blogs de lecteurs, avec des avis plus que positifs. La couverture est très épurée et ne donne pas d’indices sur l’histoire, les couleurs froides ne donnent pas spécialement envie d’ouvrir cet album de 150 pages. Pourtant, j’ai passé un très bon moment de lecture, moi qui ne suis pas une adepte de la science-fiction. L’histoire est simple à comprendre, même pour qui n’est pas un habitué du genre. C’est un autre monde, mais c’est expliqué vraiment simplement, il n’y a pas de concepts étranges, à condition bien sûr d’accepter ce monde totalement éloigné du nôtre, avec ses concepts propres. Le fait que le personnage soit dédoublé avec des échos n’est pas dérangeant, puisqu’il ne s’agit que d’une seule et même personne, on n’est donc pas décontenancé de le savoir à plusieurs endroits en même temps… C’est difficile à expliquer dans un article de blog, mais ceux qui ont lu l’album comprendront sûrement ce que je veux dire. Ce dédoublement (ou plus) de personnalité ne choque pas du tout, et je me suis même dit que ce serait bien pratique dans la réalité, pour éviter certains moments désagréables par exemple ! Il y a plein de réflexions complètement actuelles sur l’amour, la mort, le rapport à l’autre, la mémoire, la sexualité… Ce dialogue parfois philosophique est bien intéressant pour intéresser et captiver le lecteur, car ce n’est pas une simple histoire futuriste déconnectée de notre réalité du XXIe siècle,  Il y a une ambiance vraiment particulière dans cet album, une ambiance douce même lorsque la situation entre les peuples est tendue. Sans doute cette impression est due au dessin et aux couleurs froides utilisées : quelques nuances de gris et du noir et blanc uniquement. Le trait quant à lui est simple et épuré, avec peu de décors et des personnages aux traits fluides. Bien agréable, totalement en adéquation avec le propos futuriste, j’ai beaucoup aimé, et cela a aussi aidé à ma lecture.

Bien sûr, je pense être passée à côté de certaines choses, par exemple je ne me suis rendue compte qu’au bout d’un moment que les personnages étaient habillés différemment lorsqu’ils étaient dehors, qu’ils avaient comme une combinaison ultra-couvrante, mais je n’ai pas bien compris à quoi ça servait. Cela ne m’a pas empêché de passer un excellent moment, dépaysant je dirais même, avec cet album dont je n’attendais rien au début, mais qui a su me conquérir, alors que pourtant, la S-F et moi, ça fait 2 !! C’est un album que je conseillerai volontiers à d’autres non-lecteurs de science-fiction, c’est dire…

Non répertorié sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de Noukette, MicMélo littéraire, La tanière du champi, Imaginelf

Cet album a fait partie de la sélection à Angoulême en 2011 et a reçu le prix du meilleur album de BD de science-fiction au festival des Utopiales de Nantes en 2010.

Consulter le blog de Fabien Vehlmann.

Premières planches à voir sur Digibidi.