L’été en pente douce

L’ETE EN PENTE DOUCE, par Pierre Pelot (scénario) et Jean-Christophe Chauzy (dessin) (Fluide Glacial, 2017)

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Quelque part dans une petite commune perdue dans la campagne, Fane hérite de façon inattendue de la maison familiale. Il n’avait pas gardé de lien avec sa mère, et a même appris ses obsèques par hasard dans le journal. Il se rend à la sépulture accompagné de sa nouvelle conquête, Lilas, jeune fille plantureuse et naïve, qu’il a sauvé des coups de son mac… Le voici donc dans la maison de son enfance, cohabitant avec son frère aîné Mo qui est devenu simplet suite à un accident de jeunesse. Les querelles avec les voisins ne cessent pas avec le changement d’habitants : le garage Voke à proximité, cherche toujours à racheter le terrain de Fane, qui refuse obstinément… Lire la suite

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Tu sais ce qu’on raconte

TU SAIS CE QU’ON RACONTE, par Gilles Rochier (scénario) et Daniel Casanave (dessin) (Warum, 2017)

Dans une petite commune comme il en existe des milliers en France, un jour comme un autre, une rumeur enfle de plus en plus : le fils Gabory serait revenu, des années après avoir quitté la commune. Oui, mais pourquoi ? Y a-t-il un lien avec l’affaire à laquelle il a été mêlé il y a quelques années ? Ou serait-ce juste pour rendre visite à sa famille ? Du cantonnier à la coiffeuse, de la mère de famille au pilier de comptoir, du médecin au déménageur, chacun des habitants y va de sa supposition, de son avis ou de son interprétation plus ou moins fausse…  Lire la suite

L’essai

L’ESSAI, par Nicolas Debon (Dargaud, 2015)

1903, Fortuné Henry est un anarchiste utopiste, qui arrive dans les Ardennes françaises, près de la frontière belge. Grâce à un terrain qu’il a acquis avec ses économies, il compte construire une colonie d’un autre genre, qu’il baptise « l’essai ». Au départ seul, il aménage la clairière réputée infertile pour y cultiver de quoi survivre, y construit une première hutte, qu’il améliore progressivement pour construire une maison plus solide… Le rude hiver n’arrête pas la volonté de l’homme qui est pris au départ pour un illuminé, mais est ensuite rejoint par d’autres anarchistes, des célibataires et même des familles… Son modèle original fait parler de lui au-delà du village voisin, et même jusqu’à la capitale…

J’avais déjà beaucoup aimé Le Tour des géants, une production précédente de cet auteur sur le premier tour de France à passer dans les Pyrénées au début du 20ème siècle. Lorsque j’ai vu le nom de l’auteur sur cet album en bibliothèque, je me suis empressée de le réserver, et je dois dire que même si le sujet est complètement différent, j’ai beaucoup aimé comment ce fait historique est traité. La période historique reste la même, le début du 20ème siècle. L’album relate la création de la colonie du point de vue de son fondateur, et on apprend réellement pas mal de choses sur la création concrète de cet endroit atypique, mais aussi sur l’idéologie anarchiste de ce début de siècle et sur les espoirs de création d’une nouvelle forme de société. C’est instructif sans pour autant être didactique. Le dessin de Nicolas Debon est très agréable, pas forcément toujours très détaillé surtout au niveau des expressions faciales parfois un peu figées, mais les paysages et les couleurs sont magnifiques, dans des teintes de saison : du blanc et du gris pour l’hiver, des couleurs moins ternes pour les autres saisons. L’auteur a un trait particulier qui peut ne pas plaire à tous les lecteurs, mais personnellement j’adhère à ce style qui pourrait paraître un peu passé ou désuet, mais qui, je trouve, est complètement en adéquation avec la période du récit. L’essai est donc un album bien intéressant, une oeuvre joliment dessinée, et en plus une bonne leçon d’histoire sans pour autant être didactique (même dans les pages documentaires qui clôturent l’album avec de nombreuses photos d’époque). Une bien jolie découverte pour moi ! Je vais continuer à suivre attentivement les sorties de cet auteur !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Miss Alfie croqueuse de livres, Mic-Mélo littéraire, La ronde des post-it

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques.

Consulter aussi le blog de l’auteur.

Les enfants de la Résistance, tome 1

LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE, tome 1 : PREMIÈRES ACTIONS, par Vincent Dugomier (scénariste) et Benoît Ers (dessin) (Le Lombard, 2015)

En 1940, Pontain l’Ecluse, petit village (fictif) de l’est de la France, est occupé par l’armée allemande. Deux amis, François et Eusèbe, décident de ne pas se laisser soumettre à l’ennemi, contrairement aux adultes, qui croient en les discours du maréchal Pétain. Pour ce faire, ils commencent à imprimer de façon artisanale des textes pour dénoncer des exactions allemandes dans la région. François décide aussi de saboter des installations allemandes, pour que le canal voisin de la commune ne puisse plus être utilisé par les péniches qui transportent des machines industrielles. C’est pour eux le début de la résistance, dans laquelle ils vont entraîner Lisa, une jeune réfugiée belge qui dit avoir perdu ses parents sur la route de l’exil…

Encore un album historique portant sur la seconde guerre mondiale. Cette fois, il est original par les héros, qui se rebellent, à leur manière, contre l’envahisseur. A partir d’une histoire locale, cet album a le mérite de montrer aux jeunes lecteurs des aspects vécus un peu partout dans les campagnes et les villes occupées à partir de 1940 : comment Pétain était perçu par les populations, la cohabitation avec l’armée allemande, la mise en place du rationnement… Il a aussi une volonté didactique, en intégrant au récit des notions historiques, en montrant par exemple des caractéristiques du parti nazi sous le IIIe Reich (interdiction des autres partis politiques, persécution des juifs…). A noter aussi que ce premier volume est suivi d’un intéressant dossier pédagogique qui permet de rendre encore plus crédible le propos de la bande dessinée, et qu’une carte de l’Europe illustrée de drapeaux (en 2ème et 3ème de couverture) permet aussi de situer les parties en présence. Je n’ai pas trouvé ça trop scolaire, mais j’ai vu dans cet album la volonté de faire une histoire qui aurait pu exister, à travers le regard de deux jeunes ados. A propos des deux jeunes héros, je les ai trouvés attachants. Ils sont vifs et leurs réflexions sont bien souvent pertinentes, même s’ils ne réfléchissent pas toujours aux conséquences de leurs actes avant de les réaliser. Ils sont rejoints à un moment du récit par la jeune Lisa, réfugiée belge germanophone, qui est aussi futée que ses camarades, et m’a fait penser parfois au personnage de Luce dans « La guerre des Lulus », à la différence que cette série se déroule pendant la première guerre mondiale. Bref, les personnages principaux sont très bien, et on prend plaisir à les suivre tout au long de cette histoire. Je regrette seulement l’anachronisme sur la 4ème de couverture, où il est question de « pote », un terme qui ne sonne pas du tout 1940, mais plus fin du 20e siècle.

Le dessin de Benoît Ers est très fouillé, fourmillant de détails. Le choix a été fait de découper les planches en de nombreuses petites cases, ce qui peut parfois rebuter, mais montre aussi la volonté des auteurs de faire un récit complexe. De même, les textes en allemand ne sont pas traduits, ce qui peut être un peu difficile à aborder pour les plus jeunes lecteurs. Ils ne sont pas bien nombreux non plus, et peuvent se comprendre, selon le sens de l’histoire. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé, j’ai trouvé au contraire que cela crédibilisait le récit. Les enfants de la résistance est donc une série à suivre, mêlant à la fois fiction et informations historiques, pour nous offrir une BD jeunesse de qualité.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : D’une berge à l’autre, Samba BDCunéipage, Cases d’histoire,

Premières planches à voir sur Izneo.

Voir aussi le mini-site dédié à la série (très bien fait, avec entre autres un espace pédagogique) sur le site de l’éditeur.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Nora

NORA, par Léa Mazé (Les éditions de la Gouttière, 2015)

Nora a sept ans en 1975, lorsque ses parents déménagent. Mais pour se simplifier la corvée des cartons, les parents décident de confier leur fille à son oncle Lucien, un agriculteur veuf, pour que celle-ci puisse passer de vraies vacances à la campagne. Bougonne, la fillette ne veut pas rester là, et dit à peine bonjour à son oncle et au-revoir à ses parents. C’est la chatte de la ferme, Minette, qui va permettre à la fillette de s’ouvrir à la vie à la ferme. Et c’est aussi depuis les branches d’un grand arbre que Nora observe les alentours, dont les longues heures que passe une vieille dame célibataire sur un banc. Nora se demande pourquoi cette personne âgée n’a pas d’amoureux, et questionne son oncle sur de grandes questions philosophiques….

Voici un bien joli album dans un petit format facile à prendre en main, que j’ai emprunté parmi les nouveautés de la bibliothèque, après avoir lu de nombreuses critiques enthousiastes sur les blogs. Et bien, je fais moi aussi partie des lecteurs conquis. J’ai dévoré cet album, dont les agréables dessins sont dans les tons sépias. Les traits crayonnés donnent parfois des portraits pas toujours réalistes (les formes du nez de Nora et de son oncle sont assez irréalistes), mais cela passe complètement dans le récit, et lui donne un petit côté hors du temps. Je crois qu’il s’agit du premier album de cette jeune auteure, et il faut avouer qu’elle a un sacré talent pour créer un univers intimiste et agréable. Le dessin est très joli, très fin, tout en poésie et en douceur. Les passages fantastiques sont dans les tons bleus froids, pour les distinguer du réel. Cet aspect passe très bien dans l’histoire, et ajoute de la poésie. Vous l’aurez certainement compris, cet album est une véritable petite pépite que l’on savoure en prenant son temps. Au niveau du scénario, j’ai beaucoup aimé les questions quasi philosophiques de Nora sur l’existence, la naissance, la vie, la mort, l’amour. Elles sont touchantes de naïveté et de fraîcheur, au point de désarçonner son oncle qui ne sait quoi répondre, entre imaginaire et réalisme. D’ailleurs, ses réponses suscitent parfois le sourire, tellement elles sont tordues… Voici donc là une bien jolie découverte, que je mettrai très certainement sur la liste des acquisitions pour les élèves. En effet, j’ai très envie de faire partager cet album à d’autres !

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, Mille et une frasques, Livresse des mots, La bibliothèque de Noukette, D’une berge à l’autre, Des vertes et des pas mûres, Temps de livres, Promenades et méditations

Premières planches à voir sur Digibidi.

Cet album participe à , cette semaine chez Yaneck.

Le linge sale

LE LINGE SALE, par Pascal Rabaté (scénario) et Sébastien Gnaedig (dessin) (Vents d’Ouest, 2014)

Pierre Martino est un jeune homme qui découvre que sa femme Lucette le trompe avec un autre homme, Gérard. Animé de vengeance, il les suit avec un fusil de chasse et découvre l’hôtel qui abrite leurs amours interdites. Parvenu à leur chambre, il tire sur un couple en pleine action, et ne se rend qu’ensuite qu’il s’est trompé de chambre et donc de couple. Condamné à la perpétuité, le mari jaloux sort finalement de prison au bout de vingt années durant lesquelles il a été exemplaire. Mais sa vengeance ne s’est pas endormie : il attend patiemment le jour où il pourra tuer son ex-femme et celui qui est devenu son mari ainsi que leurs enfants… Il va mettre son plan à exécution minutieusement, en prenant le temps de trouver des informations, d’observer les habitudes de chacun et de saboter patiemment des petites choses au départ insignifiantes…

Voici un album paru à la rentrée 2014, que je n’avais pas vu en librairie avant qu’il ne soit disponible à la bibliothèque. Le nom de Rabaté m’a fait l’emprunter tout de suite, sans trop savoir de quoi il retournait. En fait, c’est une nouvelle chronique provinciale pour Rabaté, après le génial Un ver dans le fruit qui aborde aussi une certaine forme de violence dans les campagnes ou encore La Marie en plastique. Il aborde aussi le thème de la vengeance conjugale, deux ans après le cruel mais tout aussi génialement construit Crève saucisse. Le scénario est bien construit avec une fin très surprenante, réellement inattendue. J’ai beaucoup aimé les éléments situant l’histoire, il faut dire que Rabaté utilise parfois des noms existant réellement, même si j’ai eu l’impression qu’il a refait sa carte du département de Maine-et-Loire pour placer à côté des lieux qui ne le sont pas en réalité. Mais cela n’est pas dérangeant, car il s’agit bien de fiction. La famille de Lucette, la femme adultérine, est vraiment particulière : il s’agit de « beaufs » dans toute leur splendeur, avec un mode de vie peu évolué, la saleté, la crasse et les menus larcins faisant partie de leur quotidien. Les fautes de vocabulaire énormes qu’ils font sont preuve de leur manque d’éducation certain. Cela fait un peu cliché (beaucoup même), certes, mais je pense que l’auteur a dû s’inspirer et condenser dans cette famille des personnes vues par exemple dans certaines émissions de témoignage ou de reportage de chaînes de la TNT… Bref, ce ne sont pas des personnages qu’on a spécialement en sympathie, et on serait presque du côté de Martino s’il n’avait pas en tête de tuer toute la famille de son ex-femme. Quelques uns de leurs larcins sont montrés et cela ajoute encore à l’esprit immoral de cette drôle de famille. Vous l’aurez compris, en tant que lecteur, on n’est donc pas attiré par l’un ou l’autre des personnages principaux, mais on est plus en tant que spectateur du drame qui va se dérouler. J’ai vraiment beaucoup aimé le scénario, noir, cruel parfois, drôle aussi avec les expressions très imagées, à la limite du patois parfois, et les énormités que peuvent sortir les membres de la famille de Lucette et qui font sourire. Par contre, le dessin de Sébastien Gnaedig, que je ne connaissais pas auparavant, est inégal en terme de qualité : parfois le trait est fin et maîtrisé, et à d’autres moments, quelques cases plus loin, le trait est trop gros, trop irrégulier. Par contre, il ne pose pas de souci pour reconnaître les personnages, qui sont parfois un peu trop nombreux tout de même. Quant aux couleurs, elles sont simples : il ne s’agit que de bichromie, noir et marron. Les quelques touches de blanc éclaircissent le dessin. Ces choix de couleurs sont intéressants, car chaque lecteur peut se coloriser l’histoire dans sa tête, et puis les tons choisis correspondent bien à cette histoire peu joyeuse. Voici donc encore une jolie production de Rabaté, servi par le dessin de Gnaedig, parfois inégal, mais agréable tout de même. Pour finir, j’ai un petit regret : le livre commençait mal, avec une faute d’orthographe dès la première case (« un clope » au lieu d' »une clope »), heureusement que la suite m’a fait oublier ce petit défaut !

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais à partir de 15 ans.

On en parle sur les blogs : Temps de livres, D’une berge à l’autre, Bulles et onomatopées, Les jardins d’Hélène, Branchés culture, C’est l’heure du goûter

Premières planches à lire sur Izneo.

Courte biographie du dessinateur, qui est ou a été aussi directeur éditorial dans des maisons d’édition BD. Voir aussi son compte Twitter.

Chronique radio à écouter sur France Inter.

Vacances à Saint-Prix

VACANCES À SAINT-PRIX, par Chris Flamand (scénario) et Julien Flamand (dessin) (Akileos, 2008)

Souvenirs d’enfance de Christian surnommé Kiki, qui dans les années 1960 était envoyé en vacances pendant un mois à la campagne chez ses grands-parents, Mémé Marie-Louise et Pépé Marius, qui habitent une commue perdue dans le Morvan, Saint-Prix. Au départ apeuré, le petit garçon de 5 ans va y vivre de superbes vacances, en découvrant la vie à la ferme, les animaux, les habitudes différentes de la ville… Le petit citadin est tous les étés ravi de retourner là-bas, mais un jour Pépé Marius meurt et Mémé est envoyée en maison de retraire. Lorsque ses parents le conduisent de nouveau à Saint-Prix, cette fois avec son petit frère Patrick, l’accueil sera tout différent : il n’y a plus les grands-parents, mais leur fille avec son mari. Le couple est étrange : l’homme exploite les enfants, tandis que la femme n’est pas douce comme pouvait l’être mémé Marie-Louise. Mais cela reste tout de même des sacrés souvenirs de vacances pour Kiki et Patrick…

Je me risque de plus en plus à prendre des ouvrages au hasard à la bibliothèque, à les réserver depuis le catalogue en ligne sans rien savoir de l’histoire ou sans en connaître les auteurs : j’aime découvrir des albums vers lesquels je ne serai peut-être peut-être pas allée sinon. C’est un peu comme une pochette surprise, sauf que là il n’y a pas de pochette qui entoure les livres ! Bref, tout ça pour dire que le titre de cet album me plaisait bien, car les vacances approchent à grands pas… J’ai passé un agréable moment de lecture avec cet album de 50 pages. Il s’agit là des souvenirs du scénariste, qui retrace avec une nostalgie certaine ces moments à jamais perdus, dans une époque désormais lointaine. L’histoire est simple et parlera à tous ceux qui ont connu cette époque-là. Pour les autres, ils retrouveront certainement des points communs avec leur propre enfance et leurs propres souvenirs. Difficile en tout cas de ne pas être touché par cette histoire, racontée avec tendresse. Le dessin est totalement en adéquation avec le propos : le trait est rond, plein de vie et d’humour, les couleurs sont dans les tons clairs et participent à l’ambiance souvent joyeuse du récit. La couverture est plus foncée que les dessins dans l’album, c’est un peu dommage, mais en même temps, le dessin de la couverture est joli, avec les deux frères dans ce paysage rural. Un récit empli de nostalgie mais pas de mélancolie, un peu comme une madeleine de Proust. J’ai adoré les 5 dernières pages, photos de planches originales et d’objets d’époque aujourd’hui introuvables… Cela donne un album, pas inoubliable certes, mais très attachant… Un joli moment de lecture qui se prolongera bientôt avec la suite (Quand je serai grand), parue en 2010  et déjà réservée à la bibli…

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : J’ai un mot à vous dire, IDDBD, Les jardins d’Hélène, Fan de BD

Visiter le blog des Flamand père et fils, même s’il n’est plus mis à jour.

Interview du duo à lire sur Sceneario.

Premières planches à voir sur Digibidi.