Musnet, tome 1

MUSNET, tome 1 : LA SOURIS DE MONET, par Kickliy (Dargaud, 2016)

musnetMus est une petite souris vagabonde qui erre, à la recherche de travail. Elle arrive par hasard dans une grande maison, et y rencontre une jeune souris prénommée Mya. C’est en fait le domaine de Giverny, dans lequel vit le peintre Monet. Mus devient l’apprenti et l’élève d’un écureuil râleur et peu sociable, Rémi. Ce dernier va lui apprendre son art, et Mus va découvrir par la même occasion le travail de Monet. Lire la suite

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Roi Ours

ROI OURS, par Mobidic (Delcourt, 2015)

roioursDans un pays lointain, pour apaiser le dieu Caïman et empêcher une malédiction de se produire, Xipil, une jeune fille qui s’avère aussi être la fille du chaman de la communauté, est donnée en sacrifice après un rituel. Mais au lieu de cela, c’est le roi Ours qui vient la voir, et la libère. La jeune fille retourne vers son clan, mais est tuée par son fiancé qui voit en son retour l’arrivée de la malédiction. Le roi Ours revient alors sauver la jeune fille et lui propose de l’épouser. Au départ hésitante mais n’ayant pas vraiment le choix étant indésirable chez les siens, Xipil accepte, et avec l’aide d’une guenon, va en apprendre plus sur celui qui est devenu son mari… Le mariage entre l’ours et la jeune humaine a lieu…

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Alvin, tome 2 : le bal des monstres

ALVIN tome 2 : LE BAL DES MONSTRES, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2016)

Suite et fin du tome 1. Gaston et le jeune Alvin ont traversé le pays jusqu’au bayou, pour retrouver la famille du petit orphelin. Ils se retrouvent à Crapeville, une petite ville où les gens différents ne sont pas bien vus… Les préjugés sur ceux qui ont un bec vont bon train, alors que ceux qui ont un museau sont bien mieux considérés…

Quelle joie de retrouver Alvin et Gaston, accompagnés de l’étrange et muet Jimmy, porteur du chapeau d’Abélard. L’histoire est vraiment jolie et poétique avec les fameuses phrases du héros du diptyque précédent, même si le sujet n’est pas bien réjouissant au départ. Les petites phrases du chapeau d’Abélard sont parfois très pertinentes, d’autres fois très décalées et sans lien avec l’histoire, et de ce fait bien drôles. Le jeune Alvin est comme les autres enfants : naïf et innocent, il pose des questions qui dérangent parfois et auxquelles Gaston doit trouver des réponses. Au-delà des héros de cette histoire, la ville de Crapeville n’est pas présentée sous son meilleur jour, entre racisme de ses habitants et intégrisme religieux du prédicateur qui incite les habitants à se soulever les uns contre les autres, simplement par peur de la différence. Ce côté philosophique est intéressant et apporte une touche différente, au-delà de la simple histoire du jeune garçon. L’histoire fait s’interroger sur la différence physique (bec contre museau), mais aussi sur les religions qui peuvent influencer les personnes. Au niveau graphique, j’ai aimé retrouver le trait si particulier du tome précédent. De plus, les couleurs pastels sont toujours très agréables à regarder, et les nombreuses hachures viennent agrémenter les cases de façon originale. Rien de nouveau par rapport au tome précédent et à Abélard, c’est toujours aussi bien !

Alvin fait partie des albums qu’il est bon d’avoir dans sa bibliothèque. L’objet en lui-même a de très bonnes finitions: papier épais et mat, couverture épaisse également. C’est vraiment une histoire à découvrir, si ce n’est pas déjà fait !

Non mentionné sur l@BD.

On en parle sur les blogs : Twenty three peonies, Chroniques de l’invisible, La bibliothèque de NoukettePromenades et méditations, Blog brother

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Noukette.

Mon copain secret

MON COPAIN SECRET, par Loïc Dauvillier et Alain Kokor (Les éditions de la gouttière, 2012)

Manon est une petite fille qui cohabite avec un éléphant dans son placard de chambre. Personne ne veut la croire, alors la fillette préfère garder son secret pour elle. L’éléphant s’incruste dans sa vie, et en cherchant à la sortir de mauvais pas, lui cause bien des soucis. Ainsi, lorsque Manon est embêtée par Tom son frère jumeau, l’éléphant venge la petite fille en faisant pipi dans le lit du garçon. A l’instituteur qui demande à Manon de résoudre un problème de mathématiques, l’éléphant va écraser la voiture pour se venger également… L’éléphant tente de protéger du mieux qu’il peut la fillette, mais celle-ci n’apprécie guère ses attentions, car la situation devient rapidement incontrôlable.

Voici un joli album jeunesse, de petit format agréable à prendre en main et court (32 pages). C’est une jolie histoire fantastique sur les croyances des enfants, qui ont des amis imaginaires avec lesquels ils passent des heures à converser. Le dessin d’Alain Kokor, crayonné, avec ses couleurs orangées et marron, ou du gris et bleu pour la nuit, est agréable, tout en douceur et en tendresse. Le scénario est bien construit, par étapes facilement distinguables. Par contre, il y a pas mal de bulles, ce qui fait que cet album n’est pas forcément accessible aux tout petits lecteurs qui apprennent juste à lire. Autre bémol également, la place des parents dans l’histoire. Le père fait du genre bourru, il est peu présent, ne parle pas avec ses enfants. La mère n’est pas plus proche de ses enfants, elle ne fait rien pour les aider, ne cherche pas à discuter ou à comprendre ce qui se passe, par contre, elle les envoie dans leur chambre bien facilement… Disons que c’est un modèle familial bien particulier tout de même… La fin est assez surprenante, et peut permettre à l’enfant lecteur de créer la suite. Cet album, léger et sympathique, n’est pas inoubliable, mais permet une bonne première approche de la BD avec des lecteurs débutants. Le sujet de la solitude et de l’amitié plaira aux lecteurs comme à leurs parents, alors ce serait dommage de passer à côté, non ??

A partir de 7 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Bedea jacta est, D’une berge à l’autre

Premières planches à voir sur Digibidi.

Fiches pédagogiques pour le cycle 3 à retrouver sur le site de l’éditeur.

Un kamishibai sur la rencontre entre Manon et l’éléphant (histoire inédite) est disponible sur le site des expositions d’On a marché sur la bulle, association d’Amiens.

Cet album participe à , cette semaine chez Jacques.

Alvin tome 1  l’héritage d’Abélard

ALVIN tome 1 : L’HÉRITAGE D’ABÉLARD, par Renaud Dillies et Régis Hautière (Dargaud, 2015)

Gaston est un ours qui vit à New York où il participe à la construction de la ville. Il est célibataire, sans aucune attache et est bien seul depuis que son ami Abélard est mort. Alors il passe son temps libre dans les bars, et fréquente de temps à autre, les jours où il reçoit sa paie, Purity, une prostituée avec laquelle il aime beaucoup parler, mais jamais de lui. Un jour, un concours de circonstances va faire qu’il va recueillir le fils de son amie prostituée décédée subitement. Avant de mourir, il lui promet de donner les économies à la nourrice, mais celle-ci ne supporte plus cet enfant qui répond de façon insolente et le lui confie. Ne pouvant faire autrement, Gaston héberge le jeune garçon quelques temps, le temps de lui trouver une solution, et finalement, les deux prennent la route… La cohabitation entre les deux au fort caractère n’est pas toujours facile…

Je retrouve avec plaisir Gaston, le compagnon d’Abélard, le petit poussin philosophe-poète qui avait tant conquis la blogosphère il y a quelques années. Le premier héros n’est plus, mais il reste tout de même une trace de lui, avec son chapeau d’où sort quotidiennement une phrase, une maxime, une pensée philosophique. Gaston l’ours au caractère grognon s’avère être un héros que l’on suit avec plaisir, qui cherche à faire du bien autour de lui, et qui va se démener pour un jeune garçon qu’il ne connaît pas mais dont il a fait la promesse à sa mère de s’occuper. L’histoire racontée de cette façon peut être vue comme à la fois tendre et triste, mais surtout elle n’est pas remplie de sentiments mièvres, et ça c’est un sacré point positif. Les références à Abélard, avec le chapeau et les citations pleines de poésie, sont plusieurs fois présentes. Aussi je pense qu’il est préférable d’avoir lu le diptyque précédent pour saisir toutes les subtilités de cette nouvelle histoire, qui traite de la perte de la mère (d’Alvin) et de la perte de l’ami (de Gaston). J’ai aussi aimé les thèmes de la rencontre avec l’autre et de la différence qui sont abordés sur la deuxième partie du livre, avec les questions quasi-philosophiques dans la bouche de l’enfant, et les réponses très différentes par un Gaston très terre à terre et un montreur de foire très axé sur la religion. Les dialogues ne sont pas si anodins qu’ils en ont l’air au premier abord, et je trouve cet aspect-là très réussi. Graphiquement parlant, le dessin est exactement comme dans Abélard, toujours rempli de hachures, et il est toujours très agréable à l’œil. Les couleurs sont soignées. J’aime bien quand le dessinateur part un peu « en vrille », et arrive à rendre intéressants des passages qui au départ ne le sont pas spécialement : par exemple avec la carte du périple de Gaston et Alvin, ou encore avec le temps qui défile, représenté de façon métaphorique. En plus, cerise sur le gâteau, cet album est un bel objet, de grande taille et avec du beau papier mat. Que demander de plus ? Lisez cet album si cela n’est pas déjà fait, car c’est de la BD de qualité, sans nul doute.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Au milieu des livres, La bibliothèque de Noukette, Twenty three peoniesChroniques de l’invisible, Oncle Fumetti, Le blog du petit carré jaune

Premières planches à voir sur Izneo.

Cet album participe à , cette semaine chez Stéphie.

Le grand méchant renard

LE GRAND MÉCHANT RENARD, par Benjamin Renner (Delcourt, 2015, coll. Shampooing)

Un renard un peu bête tente de rentrer dans une ferme remplie de poules déterminées et gardées par un chien paresseux. Voulant démontrer qu’il est un grand prédateur comme ses congénères, le renard tente différentes méthodes pour se nourrir de ces poules, mais n’y parvient pas, les poules ayant développé des méthodes de rébellion face aux agresseurs. Un jour, le renard décide de voler des œufs et de les élever, dans l’espoir de manger des poules bien grasses. Mais il va tomber sous le charme des poussins et se découvrir un instinct maternel, lorsque les poussins commencent à l’appeler maman… C’est le début des ennuis pour le renard…

Voici une histoire bourrée d’humour, et qui fait plus de 180 planches. Le format n’est pas celui d’un album jeunesse, pourtant il pourrait être lu par des plus jeunes car il y a plusieurs niveaux de lecture. Le dessin est léger, réhaussé de couleurs à l’aquarelle. Ces couleurs, volontairement incomplètes, sont très jolies et douces; elles n’alourdissent pas la lecture. Au contraire, une impression de légèreté se dégage, accentuée aussi par des cases qui ne sont pas clairement définies. Ainsi, les yeux filent rapidement (presque trop, parfois) d’un dessin à l’autre, et les pages se tournent à vitesse soutenue. Le scénario est hyper bien construit, avec un gag par planche, des rebondissements, de l’absurde, des situations complètement folles…Il n’y a pas de temps mort, les pages se tournent très bien, même si l’histoire est finalement assez longue. Le personnage du renard est très attachant et naïf, c’est l’inverse du moyen-âgeux roman de Renart, avec le duo loup et goupil. Les personnages de la ferme sont aussi très drôles, entre le chien paresseux et les poules avides de vengeance et très imaginatives. Quelques dessins en pleine page rendent sacrément bien, et permettent de varier la lecture. Voici un album facile à lire pour les jeunes lecteurs et qui plaira aussi aux plus grands. S’il y avait un défaut pour les plus jeunes, je pense que ce serait plus la longueur de l’histoire qui pourrait les rebuter. Le grand méchant renard fut pour moi une très bonne découverte avec ses différents niveaux de lecture, je crois qu’il fonctionnerait très bien en collège (et après aussi…) !

Non mentionné sur la BD, je dirais à partir de 10 ans.

On en parle sur les blogs : La bibliothèque de Noukette, Lecturissime, D’une berge à l’autre, Plume de Cajou, Laurie lit

On en parle aussi à la radio : France Inter, France culture

Les premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir le blog de l’auteur formé dans l’animation, avec une planche très drôle d’explications autour de son album.

Essayer aussi le Turbo Media inédit et interactif créé par l’auteur.

Les poilus d’Alaska, tome 1 : Moufflot, hiver 1914

LES POILUS D’ALASKA, tome 1 : MOUFFLOT, HIVER 1914, par Michael Delbosco et Daniel Duhand (scénario) et Félix Brune (dessin) (Casterman, 2014)

1914. Alors que la guerre commence en Europe, des hommes qui vivaient en Alaska, dans le village perdu de Nome, rentrent sur le vieux continent avant même d’avoir reçu leur ordre de mobilisation. Ils quittent l’Amérique en laissant sur place leurs chiens de traîneau, dans cette ville née lors de la ruée de l’or. Ils confient les animaux à Scotty Allan, un drôle d’individu. Louis Moufflot et René Haas rentrent en France et sont intégrés dans l’infanterie. L’hiver est plus que rigoureux et devenu capitaine, Moufflot est blessé au combat . Laissé pour mort avant d’être sauvé par l’ennemi, il parvient à s’enfuir de l’hôpital en prenant en otage la femme médecin qui le soignait. Ecarté de l’armée suite à ses blessures, Moufflot ronge son frein, quand lui vient une idée lorsqu’il retrouve son compagnon d’Alaska Haas : faire venir plusieurs centaines e chiens de traîneau d’outre-Atlantique, pour aider au transport de matériel et aux communications sur le front des Vosges. Il lui reste à convaincre les autorités militaires et le ministère de l’intérêt d’une telle entreprise…

Encore un album sur la première guerre mondiale, une nouvelle fois sous un angle différent et méconnu. Basée sur une histoire vraie, cette histoire est réellement originale, mais le résumé qu’en fait l’éditeur en 4ème de couverture ne correspond pas tout à fait au récit dans cet album, car au final le transport de chiens d’Alaska n’a pas lieu dans cet album, on a juste les chiens au départ avant la guerre. Il s’agit donc là plus d’un tome introductif qui pose les bases et les protagonistes du récit, et une fois la lecture terminée, je me suis dit que j’aurais dû attendre que le tome 2 sorte pour au moins ne pas être frustrée de cette lecture incomplète. J’ai été moyennement séduite par le dessin, un peu étrange pour moi : je n’aime pas spécialement ce genre de trait, pas forcément très abouti. Il n’est pas désagréable, mais c’est juste une question de goûts personnels. Autre bémol : les changements de lieu ne sont pas forcément indiqués par exemple avec une nouvelle langue, comme lorsque le capitaine Moufflot atterrit dans un hôpital allemand où il est soigné et dont il parvient par la suite à s’échapper. Des ellipses un peu trop longues m’ont fait perdre le fil de cet album, et ne m’ont pas impliqué dans l’histoire. De plus, je n’ai pas spécialement été touchée par les personnages, pour lesquels je n’ai pas éprouvé d’empathie particulière. Il y a bien des liens entre eux, on se doute de quelque chose avec les allusions qui sont faites, mais on n’en sait pas beaucoup plus… Moyennement convaincue par cet album, je pense quand même lire le deuxième tome quand il sera sorti, pour mieux me faire une opinion sur cette série. A noter enfin l’intéressant dossier, avec pas mal de texte parfois un peu romancé, sur l’histoire vraie du capitaine Moufflot, avec des documents d’époque, qui permet de compléter le récit dessiné.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques d’Asteline, Une autre histoire, Le blog de Bulles de Mantes, Bulles picardes, bobd

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

Site dédié à cette histoire vraie, dans lequel on apprend qu’un documentaire sur le sujet a été diffusé récemment sur Arte (rediffusion le 8 décembre) et que des livres documentaires existent également.