Écumes

ÉCUMES, par Ingrid Chabbert (scénario) et Carole Maurel (dessin) (Steinkis, 2017)

ecumesDeux femmes amoureuses attendent impatiemment l’arrivée d’un enfant. Quand celui-ci arrive, c’est le bonheur, mais la grossesse s’avère bien compliquée, et lorsque le bébé paraît, il s’avère qu’il est déjà décédé… Commence alors pour les deux femmes une période difficile de deuil de cet enfant tant espéré,  pour dépasser l’écume dans lesquelles elles sont plongées bien malgré elles…

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Macaron citron [roman]

MACARON CITRON, par Claire Mazard (Editions du chemin, 2012)

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Colline est une jeune lycéenne en classe de seconde. Un jour, au lycée, une animation est proposée : les élèves de première viennent présenter leur passion ou leur sujet favori aux autres élèves. Colline s’inscrit à un atelier et est subjuguée par l’élève qui se présente face au groupe. C’est Sara, passionnée de la mer d’Aral. C’est le coup de foudre pour Colline, mais comment lui avouer ? Cet événement dans sa vie sentimentale va la décider à confier à sa famille son homosexualité. Ses parents sont compréhensifs et la soutiennent, même si la jeune fille vit mal de ne pas oser aborder Sara. Alors quand cette dernière se rapproche d’elle, Colline reprend goût à la vie… Lire la suite

Au revoir là-haut

AU REVOIR LÀ-HAUT, par Pierre Lemaître (scénario) et Christian de Metter (dessin) (Rue de Sèvres, 2015) d’après le roman de Pierre Lemaître (Prix Goncourt 2013).

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Albert et Edouard ont vécu la Grande Guerre, dans les tranchées. Rescapés, blessés physiquement ou psychologiquement, les deux hommes retournent à la vie civile, mais comprennent que la société ne veut pas entendre parler du conflit qui a duré quatre longues années. Les morts sont mis en avant à travers les nombreux monuments aux morts qui s’érigent, mais les survivants dont ils font partie sont oubliés, mis de côté, exclus. Edouard, issu d’une grande famille de banquiers connue du tout-Paris, préfère être annoncé mort plutôt que de rentrer dans sa famille en tant que gueule cassée. Sa sœur quant à elle se marie avec un lieutenant à l’ambition démesurée, qui monte peu de temps après la fin du conflit une affaire de cercueils pas chers, mais cela tourne au vinaigre… De leur côté, Albert, le survivant psychologiquement fragile et Edouard, le survivant défiguré devenu muer mais très intelligent et artiste, vont quant à eux monter une arnaque gigantesque en proposant aux communes de France des monuments aux morts qu’ils ne livreront jamais…

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A copier 100 fois [roman]

À COPIER 100 FOIS, par Antoine Dole (Sarbacane, 2012)

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Un adolescent de treize ans se fait harceler à l’école : il est insulté de tous les noms d’oiseaux, frappé, humilié… sans que personne ne réagisse. Les adultes ne voient rien ou alors ne disent rien. N’ayant aucun vrai ami, l’ado, 20qui hésite sur son orientation sexuelle, ne sait comment se sortir de cette situation. D’autant plus que la relation avec son père est très tendue, car l’adulte souhaite que son fils se défende seul et ne se laisse pas faire… Alors pour ne pas décevoir son père, l’ado ment face à ce père qui lui donne ce qu’il croit être de bons conseils… Heureusement que dans cette vie terne, il y a Sarah qui tente de le défendre face aux autres, et qui va lui permettre de parler à son père…

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Dieu n’aime pas papa

DIEU N’AIME PAS PAPA, par Davy Mourier (scénario) et Camille Moog (dessin) (Delcourt, 2016)

dieu-papaTao est un petit garçon qui vit seul avec sa mère. Il aimerait bien savoir pourquoi à la maison, il ne faut plus parler de son papa, pourquoi sa mère est toujours de mauvaise humeur et lui interdit de faire beaucoup de choses. Tao vit en effet avec sa maman très croyante et pratiquante, et ils vont à la messe tous les dimanches. Le garçon se rend également à la catéchèse tous les mercredis avec d’autres enfants chez le curé de la paroisse, et dessine souvent dans ses cahiers des épisodes de la Bible. La prière fait aussi souvent partie de son quotidien. Tao sait depuis quelques temps que son père est parti, qu’il a quitté la maison pour vivre avec un autre homme, mais sa mère ne veut pas qu’il en parle, car, dit-elle, c’est humiliant. Alors quand à la catéchèse, on parle de passages du texte sacré où il est question d’adultère, Tao interroge l’homme d’église, et cherche à comprendre la réaction des adultes… Mais le jeune garçon se pose beaucoup de questions, entre bien et mal, se demande ce qui ne va pas, et si son papa va revenir un jour… Lire la suite

La fille de l’eau

LA FILLE DE L’EAU, par Sacha Goerg (Dargaud, 2012)

Damien est un adolescent qui s’est perdu alors qu’il faisait du pédalo sur un lac, et a atterri dans une grande maison contemporaine, perchée sur une falaise donnant sur ce lac. Là vivent une mère et son fils Mattew, qui sans lui poser trop de questions aident Damien, en attendant qu’il puisse repartir. En réalité, Damien n’est pas arrivé là par hasard comme il le prétend. Il cherche à rencontrer la femme de son père, qui vient de décéder. Damien n’est pas non plus qui il affirme être : il est en réalité une fille, Judith, que son père, sculpteur et artiste, avait abandonnée pour sa nouvelle femme. Damien/Judith va donc s’immiscer dans la vie de cette autre famille qu’il ne connaît pas et faire connaissance, entre autres, avec son demi-frère… Son père lui apparaît dans certains moments, sous la forme d’une boule d’eau ou je ne sais quoi, et la raison secrète du passage de Damien/Judith dans la maison va être révélée aux autres membres de la villa…

J’ai acheté cet album cet été dans une librairie BD de Bruxelles, sur les conseils enthousiastes d’une jeune libraire qui me l’a bien vendu. La couverture de cet album est très jolie et donne déjà le ton de cette histoire. Je me suis laissée convaincre par cet achat, car je ne connaissais pas l’auteur et puis l’histoire me paraissait intéressante. Une fois ma lecture faite, je ne sais pas quoi penser de cet album si particulier. L’aquarelle et l’encre de Chine ont un rendu très agréable, et confèrent une ambiance particulière, un peu onirique, parfois hors du temps à cet album. Cela est accentué par l’absence totale de cases dans cet album, ce qui allège considérablement le visuel. Les dessins sont agréables, même si le trait de Sacha Goerg est un peu particulier au début. C’est plus au niveau du scénario que j’ai des doutes, je ne sais trop quoi penser de cette histoire dont le synopsis est pourtant intéressant. De nombreuses thématiques sont abordées dans l’histoire : l’homosexualité du fils, l’art contemporain, le deuil familial, la quête du père et de sa propre identité… Pourtant, j’ai eu du mal à croire à l’histoire. Les personnages sont assez bizarres : Damien/Judith est accueilli trop facilement par la dernière épouse de son père, qui lui pose vraiment trop peu de questions sur sa situation. La relation entre le fils (demi-frère de notre héros) et la mère est très distendue. La mort du père est assez peu abordée, alors que j’ai cru comprendre qu’il était décédé peu de temps auparavant. Les amis de la mère qui arrivent à un moment sont aussi bizarres, avec la femme qui fait de drôles de propositions au fils. Il y a donc une ambiance étrange dans cet album, c’est difficile à expliquer et cela mériterait une seconde lecture pour mieux s’imprégner de l’esprit particulier de cette histoire, pas simple à comprendre mais pas inintéressante pour autant. Même si je pense ne pas avoir tout saisi, c’est une expérience à essayer tout de même.

Non mentionné sur l@BD, mais je dirais pas avant 15 ans.

On en parle sur les blogs : Chroniques d’Asteline, Maxoe, SambaBDVu des yeux doliBD, Hop BD, Adepte du livre

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Interview de l’auteur, un des fondateurs de la maison d’édition belge indépendante L’employé du moi, à lire sur Samba BD.

Muchacho tome 2

MUCHACHO, tome 2, par Emmanuel Lepage (Dupuis, 2006, coll. Aire libre)

Suite et fin du tome 1. Après avoir vu la vraie vie dans un village du Nicaragua, Gabriel le séminariste doute de plus en plus de sa vocation de prêtre et remet en cause tout ce qu’on lui a appris : il prend fait et cause pour les paysans du villages, opposants au régime, qui deviennent ses amis. Mais lorsque les militaires massacrent une partie du village, c’est le début de la fuite dans la forêt et les montagnes. Pour Gabriel, ce sera aussi la découverte de lui-même au cœur d’un univers hostile. La survie dans la jungle n’est pas facile, mais il est aidé par ses compagnons. Cependant, lorsque cela se sait qu’il est le fils d’un des dirigeants de la junte, le comportement de certains camarades change. La fuite du groupe de révolutionnaires, poursuivis par les militaires dans la jungle hostile, s’avère être une course sans but, sans espoir de sauver sa peau.

Après avoir bien aimé le premier tome, sans avoir tout compris de l’histoire du Nicaragua dans les années 1970, j’ai poursuivi avec le deuxième volume. Il y a un parallèle impressionnant entre les deux couvertures : dans la première, Gabriel est dans sa tenue de prêtre, avec la croix en arrière plan, alors que dans ce second tome, malgré la même position, il est avec une chemise militaire ouverte, a une balafre sur le visage, porte un collier avec une croix en pendentif, et en arrière plan des branches pour représenter la jungle amazonienne, sur un fond rouge sang pour la violence des militaires. On voit aussi que son visage s’est durci, qu’il a vieilli, fait moins naïf et candide que dans le premier tome. Cela démontre le changement qui s’est produit chez Gabriel, qui change complètement, découvre les autres et lui-même, troquant crayons et peinture pour des armes. Il va découvrir aussi l’amour avec un homme, un combattant comme lui, un anglais acquis à la cause nicaraguayenne, et cela va remettre en cause toutes ses idées. Ses sentiments prennent le pas sur ses idées, et il va grandir d’un coup, entrer de façon brutale dans un monde d’adultes. L’histoire globalement est assez violente, par exemple lorsque les militaires investissent le village et se mettent à la poursuite des révolutionnaires. La nature hostile n’apaise pas du tout l’histoire. Par contre, les couleurs sont magnifiques, très travaillées, avec beaucoup de détails. Le vert est omniprésent et constitue la majeure partie de l’album qui se déroule dans la jungle. Il y a aussi d’autres planches à majorité bleu ou jaune, réellement de toute beauté. Cela donne une ambiance particulière à cet album. Le dessin est très détaillé, avec des changements de cadrage pour donner une dynamique au récit et montrer tout le talent et la maîtrise graphique et scénaristique de l’auteur. Muchacho est une histoire complexe et riche, qu’il faudrait relire pour en saisir toutes les subtilités. J’ai passé un bon moment avec cette histoire d’hommes engagés qui se battent pour leurs idées, sur une histoire nicaraguayenne méconnue des européens que nous sommes…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Livrons-nous, PhylactèresAltersexualité, Climaginaire, Underground society

Quelques planches à voir sur Izneo.

Cet album fait partie du challenge « Les ignorants » de Kikine.