Le vieux sur la falaise [roman]

LE VIEUX SUR LA FALAISE, par Nathalie Le Gendre (Oskar jeunesse, 2016, coll. Polar)

Antoine vient de déménager : il a quitté Paris avec ses parents et sa sœur Malou pour rejoindre la Bretagne, là où la famille vient de reprendre un camping en bord de mer. Mais comme à Paris, il se retrouve seul la plupart du temps à s’occuper de sa petite sœur qui est sourde. Il est jaloux de cette sœur qui prend toute la place dans le cœur de ses parents. Mais un matin, alors qu’il doit veiller sur elle, Malou s’en va sur la place et est en danger quand la marée monte. Elle est sauvée in extremis par Yvan, un vieux pêcheur à la mauvaise réputation, car accusé d’avoir tué sa femme et sa fille des années plus tôt lors d’une sortie en mer. Le lendemain, la fillette veut remercier son sauveur, mais va se retrouver en mer… Lorsqu’Antoine se rend compte de la disparition de sa sœur, il va tout mettre en oeuvre pour retrouver sa sœur et l’enlever des griffes du mystérieux pêcheur, qui a lui aussi disparu et qui cache en réalité un lourd secret…

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Double faute [roman]

DOUBLE FAUTE, par Isabelle Pandazopoulos (Gallimard jeunesse, 2016, coll. Scripto)

Ludovic et Ulysse, deux frères qui ont moins d’un an d’écart, sont entraînés par leur père depuis leur plus jeune âge pour devenir des champions de tennis. A 16 et 17 ans, et alors que Ludo est une étoile montante très prometteuse, Ulysse a arrêté la compétition suite à de nombreux problèmes physiques… Le père a reporté tous ses espoirs sur Ludovic, et passe son humeur sur tous les membres de la famille.  Mais la compétition est, elle, toujours bien présente entre les deux frères, Ulysse se sentant toujours inférieur à son grand frère à qui tout semble réussir… Jusqu’au jour où au lycée, un jour d’examen, Ulysse apprend que son frère a fait un AVC sur le court… C’est le début de la fin pour la famille toute entière qui s’écroule… Lire la suite

La maison

LA MAISON, par Paco Roca (Delcourt, 2016, coll. Mirages)

la maison

Des enfants se retrouvent dans la maison de leur père décédé un an plus tôt. Que doivent-ils faire ? La vendre ? L’occuper ? Cette cohabitation forcée le temps de quelques jours va raviver des souvenirs enfouis depuis des années, tandis que les différences entre les membres de la fratrie ne s’effacent pas…

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Fatherland

FATHERLAND, par Nina Bunjevac (Ici même, 2014)

Souvenirs d’enfance de l’auteur qui retrace, à partir des témoignages qu’elle a recueillis, le parcours de son père dont elle n’a pas de souvenirs. Née en 1973 au Canada de parents serbes, Nina Bunjevac a grandi en Amérique du Nord, avant de partir en Yougoslavie en 1975 avec sa sœur et sa mère sous prétexte de vacances dans la famille maternelle, alors que son père gardait son fils Petey avec lui. Ce départ a été accepté par le père en échange du chantage avec le fils. Le père, dont on a le portrait en couverture de l’album, était en effet politiquement engagé dans un groupe terroriste, militant du retour du roi pour son pays d’origine, voulant renverser le gouvernement de Tito au pouvoir en Yougoslavie depuis 1945, en commettant des attentats contre les intérêts de sympathisants de Tito au Canada et aux Etats-Unis. Au contraire, la famille de la mère de Nina était partisane du gouvernement. Ainsi Nina a grandi en Yougoslavie avec sa mère, sa sœur et sa famille maternelle, et n’a jamais revu son père, mort en 1977 dans une explosion accidentelle. La famille a été durablement séparée, au point que le fils n’est jamais venu les rejoindre en Yougoslavie, tellement une mauvaise image du pays lui avait été donnée par son père. Nina Bunjevac nous retrace tout ce parcours, dans lequel la petite et la grande histoire s’entremêlent…

Voici un roman graphique grand format sur un sujet qui ne me parlait pas du tout avant de choisir ce livre en bibliothèque : l’histoire de la Yougoslavie dans les années 1970, où s’opposaient les partisans du retour du roi et ceux favorables au régime en place dirigé par Tito. L’histoire n’est pas simple à suivre, j’ai surtout retenu la violence présente dans une bonne partie de l’album.

L’auteur fait parfois de longs rappels historiques sur la Yougoslavie, dirigée par Tito jusqu’en 1980. C’est complexe à suivre quand on n’y connaît rien, quand les noms des personnages se ressemblent grandement et que la situation politique est plus que compliquée, pour un « lecteur de l’Ouest »…  Nina Bunjevac remonte parfois plusieurs siècles en arrière pour expliquer les divisions qui ont toujours existé en Yougoslavie, au niveau des croyances, des langues, des alphabets… Elle retrace aussi les portraits de ses grands-parents paternels, peut-être pour tenter de mieux comprendre la personnalité complexe de son père, orphelin très jeune, et de saisir la manière et les raisons de sa radicalisation au point de devenir un terroriste nationaliste. On ne sent pas de rancœur de l’auteur envers son père, ni envers sa mère qui lui a fait vivre son enfance sous un régime communiste, d’apparence moins dur que celui mis en place en URSS. Elle parvient à prendre de la distance par rapport à son histoire familiale et c’est une sacrée prise de recul. Elle mêle la grande histoire, celle de son pays d’origine, avec son histoire familiale, d’une façon fluide. A certains moments, on a l’impression de feuilleter avec elle son album de photos fidèlement reproduit.

Le dessin est très particulier, en noir et blanc, et très figé. On voit presque en filigrane les photos sur lesquelles elle se serait basée, car les traits sont très précis. Par contre, le côté figé m’a un peu refroidi, je n’ai pas eu l’impression de voir les protagonistes de l’histoire bouger, j’ai eu du mal à imaginer les scènes vivantes. Les cases sont souvent très remplies, avec beaucoup de petits quadrillages, pointillés et hachures, ce qui donne un petit côté suranné à cet album, sans pour autant que ce soit désagréable. (Voir les liens vers les blogs ci-dessous pour voir quelques cases).

En conclusion, Fatherland est un album compliqué d’accès, regorgeant d’informations historiques qui se veulent les plus précises possibles, et c’est un témoignage sur une période historique méconnue et rien que pour cela, il constitue un album intéressant. Après, le trait de l’auteur ne relève que d’une histoire de goût personnel, mais on ne peut lui reprocher d’avoir voulu retracer au plus juste le parcours de son père avec son scénario et son dessin.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans tout de même.

On en parle (peu) sur les blogs : Le calamar noirLibrairie du Parc, Next Libération.

Interview de l’auteur à lire sur Infrabulles.

Consulter aussi le site de l’auteur en anglais.

Articles sur l’histoire de la Yougoslavie depuis 1918 et histoire de la Serbie du VIe siècle à 2008 à lire sur Hérodote.net en versions synthétiques.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Yaneck.

Les mauvais coups

LES MAUVAIS COUPS, par Sandrine Bon et Christophe Bon (La boîte à bulles, 2010, coll. Champ livre)

1928, Edmond est un jeune médecin formé à la ville qui revient pendant quelques temps dans son village, à la campagne. Là, les circonstances font qu’il aide une femme à accoucher, et lors du baptême du petit, tombe amoureux d’une jeune fille. Mais il s’avère que celle-ci est gitane, et leur idylle serait donc mal vue par sa famille. Les convenances font que cette histoire d’amour reste secrète, jusqu’au moment où Edmond ne peut plus cacher la situation… 1971, Pierre est un jeune homme qui devient aide à domicile pour une vieille dame handicapée, Margot. En obtenant ce boulot, il aide un de ses amis du service militaire, Olivier, qui lui demande de prendre ce travail pour savoir si la vieille dame a de l’argent caché chez elle. Pierre est un peu pris en porte à faux à cause de Clarisse, la sœur de son ami, qu’il fréquente mais de façon non-officielle… Pierre aime bien Margot, car elle joue franc avec lui, et il trouve une oreille attentive à sa détresse. Un soir, alors qu’il tient compagnie à la vieille dame, un braquage auquel participe Olivier et d’autres hommes se produit chez elle. José, qui dirige le groupe, veut savoir où se trouve l’argent, mais la vieille dame n’en démord pas, elle n’a rien et ne donnera rien… Il faut dire que tous se connaissent, et que Pierre n’est pas au courant de toute la situation…

Encore un album réservé au hasard à la bibliothèque, depuis le catalogue en ligne, sans voir la couverture. Je crois que si j’avais vu la couverture, j’aurais hésité à réserver ce livre, car elle me plaît moyennement, le personnage en gros plan faisant un peu peur et ses traits n’étant pas hyper réalistes. Bon au final, j’ai bien aimé cette histoire, grâce à sa construction scénaristique plus que pour ses dessins. En effet, je les ai trouvé assez maladroits parfois, certaines cases ont l’air d’avoir été dessinées rapidement. Les épisodes des années 1920 ont été mieux dessinés que ceux des années 70, je ne saurais comment l’expliquer mais j’ai préféré la première période. Ce n’est pas lié aux choix des couleurs, différentes selon la période, mais c’est que j’ai moyennement apprécié le trait. L’histoire quant à elle n’est pas facile à suivre, au départ je me suis vraiment demandée quel était le point commun entre 1928 et 1971, et ce n’est qu’à la toute fin de l’album qu’on le comprend, si on a bien suivi depuis le début. Bref, j’ai eu parfois l’impression de me perdre dans cet album, en ayant besoin de faire des allers-retours, pour vérifier les personnages. Cependant, l’histoire est vraiment bien construite, le dénouement répond aux questions qu’on se pose au fil de la lecture. Il y a pas mal de violence psychologique dans cette histoire finalement bien triste. J’ai donc une impression mitigée sur cet album, à cause du dessin principalement, et un peu sur le scénario, mais cela constitue tout de même une agréable surprise, car j’ai aimé me laisser mener en bateau jusqu’au dénouement final, même si ce n’est pas un album coup de cœur.

A partir de 13 ans selon l@BD.

Quelques planches sur le site de l’éditeur.

Interview de l’auteur à lire sur un site belge.

Le jour où j’ai abandonné mes parents

LE JOUR OÙ J’AI ABANDONNÉ MES PARENTS, par Agnès de Lestrade (Rouergue, 2011, coll. Dacodac)

Karla-Madeleine est fille unique. Ses parents sont deux opposés : son père est un facteur communiste et sa mère une catholique fervente. Alors quand elle est née, ils n’étaient déjà pas d’accord sur son prénom, et ont tranché pour Karla en référence à Karl Marx et Madeleine pour Marie-Madeleine. Difficile de porter un tel héritage pour la jeune fille qui n’a pas d’autre famille à part ses parents. En effet, les deux familles diamétralement opposées ne supportent pas leur gendre ou leur bru et donc ne voient plus les parents de Karla-Madeleine. Un jour, Karla-Madeleine et ses parents sont forcés à partir en vacances suite à un dégât de plomberie. Son père, ardent défenseur du droit des ouvriers qui se refuse à vivre dans une logique capitaliste, est bien obligé d’accepter ces vacances forcées, et réserve donc un emplacement dans un camping. La famille achète une tente qui se déplie toute seule et les voilà partis. Au départ tout se passe bien, jusqu’à la soirée karaoké où toute la famille chante, jusqu’à ce que le père découvre dans le public sa sœur qu’il avait perdu de vue depuis de nombreuses années… Le père menace de remballer la tente, mais Karla-Madeleine décide de fuguer. Alors ses parents sont bien obligés de rester et de terminer leurs vacances au camping. Karla-Madeleine va alors apprendre quelle est l’origine du conflit familial, et découvrir qu’elle a une cousine dont elle ignorait jusque là l’existence… Elle va alors monter un plan : découvrir sa cousine au camping, en se présentant comme une vacancière normale…

Le jour où j’ai abandonné mes parents est un court roman intéressant sur les racines et la culture familiale, les non-dits et les couples issus de milieux différents. Il est plein d’humour, déjà avec les prénoms des personnages : Karla-Madeleine, la tante Pépita et la cousine Rosette et les surnoms que se donnent les parents : Titi et Minou. On sent que la jeune ado n’en peut plus de cette famille où on ne se parle plus à cause de divergences d’opinions, alors qu’elle ne voudrait que rencontrer sa tante et sa cousine et connaître enfin son grand-père. Et quand les circonstances lui permettent de rencontrer sa famille inconnue, elle n’hésite pas et échafaude un plan pour rencontrer sous une fausse identité sa famille. Au niveau du style d’écriture, il n’est pas particulièrement extraordinaire, mais assez simple sans être oralisé pour autant. Je n’ai pas trouvé de mot compliqué qui ne soit pas expliqué par la narratrice-héroïne, donc le langage ne posera normalement pas de souci aux jeunes lecteurs, qui j’espère, seront intrigués par ce titre à rallonge.. L’histoire est rythmée, sans temps mort. Pour moi, ce fut 60 pages qui ont été lues avec plaisir : l’histoire est simple mais aborde un thème sérieux, il y a de l’humour, mais je ne sais pas si les jeunes lecteurs comprendront toutes les allusions (par exemple qui est Karl Marx).

A partir de 9 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Nota bene*Passage de livres, Ma malle aux livres, Les riches heures de Fantasia, Butiner de livres en livres

Interview de l’auteur réalisée en 2009 à lire sur Littexpress. Sa fiche à voir sur le site de la charte des auteurs de littérature jeunesse.