Le singe de Hartlepool

LE SINGE DE HARTLEPOOL, par Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau (Delcourt, 2012, coll. Mirages)

1814, Napoléon est en guerre contre le reste de l’Europe. Une partie de sa flotte vogue près des côtes de l’Angleterre, et un navire fait naufrage. A son bord l’équipage et aussi un singe, mascotte et souvenir du passé de marchand d’esclaves du capitaine du bateau. Alors que la mer est déchaînée, tous périssent, sauf le singe et un jeune mousse bilingue. Le jeune garçon s’échoue sur une plage, et arrive à passer pour un anglais, tandis que sur la plage du petit village de Hartlepool, le singe s’échoue, habillé en soldat français. L’ignorance des habitants et leur haine des mangeurs de cuisses de grenouilles conduit à un procès factice contre le singe, que tout le monde prend pour un véritable français, pour espionnage. D’ailleurs, pourquoi ne répond-il pas à leurs questions ?

J’ai réservé cet album en bibliothèque suite à son apparition sur les blogs de lecteurs, et dans le top BD des blogueurs. Je ne pense pas sinon que j’aurais repéré cet album, pourtant sorti récemment. C’est un album sur l’ignorance et la bêtise humaines ainsi que sur le racisme. Il est basé sur une légende qui court toujours en Angleterre. Les personnages anglais sont bien retranscrits, les dialogues montrent bien leur méconnaissance des autres. On sent l’hystérie qui monte dans le village, leur volonté de faire la peau à un personnage qu’il prenne pour un français à cause de son uniforme. C’est vraiment très drôle, comment les certitudes d’un groupe peuvent se transmettre et se développer, jusqu’à atteindre le summum du ridicule. Seuls les enfants relèvent un peu le niveau, car eux ne se basent pas sur des souvenirs d’un vieux fou, ancien combattant des Français lors de la bataille de Québec. On peut même dire que les enfants sont les plus ouverts d’esprit : ils jouent avec le fils du médecin, venu d’une autre région de l’Angleterre (lui aussi plus évolué que les habitants) et avec le mousse, qui se passe bien de dire qu’il parle français et était sur le bateau naufragé. Bref, l’histoire cherche à dénoncer la bêtise e le racisme, et mêle les clichés sur les français à l’ignorance des habitants de Hartlepool qui ne sont pour la plupart jamais sortis de chez eux et donc ont par défaut peur de l’inconnu. Le dessin aide aussi à restituer ce climat de défiance vis-à-vis des étrangers : il est très expressif, on sent presque les personnages bouger. Il faut dire que le dessinateur vient du monde de l’animation, et cela se ressent lors de la lecture. Le singe de Hartlepool est donc un album très original, très drôle, sur un thème inattendu. Une belle découverte !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chroniques de l’invisible, Yspaddaden, Sylire, Miss Alfie croqueuse de livres

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5 réflexions sur “Le singe de Hartlepool

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