Droit du sol

DROIT DU SOL, par Charles Masson, (Casterman, coll. Ecritures, 2009)

https://i2.wp.com/www.decitre.fr/gi/83/9782203019683FS.gifDe nos jours, tranches de vie à Mayotte, petite île française (et 101ème département français depuis le 31 mars dernier) dans l’océan Indien, entre Madagascar et le continent africain. De nombreux clandestins comoriens (à 70 kms de là) ou malgaches affluent dans l’île, pour obtenir du travail et des papiers. On suit le récit de plusieurs personnes : la sage-femme qui arrive de métropole dans l’espoir d’aider et de servir à quelque chose, le gérant d’une agence de téléphonie qui s’éprend d’une jeune fille de l’île, un médecin qui veut épouser une malgache pour qu’elle obtienne des papiers. Ce récit croisé est émaillé de politique, avec le durcissement de la loi sur l’immigration, lancée par un certain Brice H… Les injustices et les différences sont nombreuses entre les immigrés clandestins, qui avec le racisme ambiant, sont rarement les bienvenus, et les locaux qui sont souvent remplis de préjugés.

Voici un roman graphique engagé, long de plus de 430 pages (ce qui fait un bon pavé tout de même), écrit par un médecin ORL et dessinateur, qui vit à la Réunion (autre île française, séparée de Mayotte par Madagascar). Il montre le quotidien de l’île, loin des clichés des cocotiers et des plages de sable fin. C’est vraiment une oeuvre coup de poing, dans le sens où elle veut dénoncer les politiques actuelles, les différences qui sont faites entre les hommes à cause de leur origine (pourtant n’est-il pas écrit quelque part que « les hommes naissent libres et égaux en droits » ??). Charles Masson utilise les témoignages de personnes de conditions différentes, métropolitains, malgaches, mahorais (habitants de Mayotte), clandestins, légaux… et alterne dans son récit les personnages et les situations. Il est parfois un peu difficile de suivre, mais c’est sur la fin qu’on comprend les liaisons et ce choix de mettre en parallèle différentes histoires. Le dessin quant à lui est en noir et blanc, style carnet de voyage, mais toujours très facile à comprendre. Les textes sont parfois écrits à la main, raturés, corrigés, et d’autres textes sont écrits à l’ordinateur.

Droit du sol est donc un récit complexe mais fort, utile pour méditer sur la situation de cette petite île méconnue, où la métropole paraît très éloignée, et pas que géographiquement parlant. Un bon album.

A partir de 15 ans selon l@BD.

Visiter le site perso de l’auteur et une interview consacrée à cet album sur Bodoï. Voir 3 planches sur le site de l’éditeur.

On en parle sur le web : Mikael Cabon, Migrants outre mer, Yaneck, Azi-Lis, Hop blog.

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