La faute de Rose [roman]

LA FAUTE DE ROSE, par Florence Cadier (Thierry Magnier, 2012, coll. Romans)

roseRose, bientôt seize ans, vit avec ses parents et ses deux frères à Clonakilty, dans la région de Cork. Douée à l’école, elle poursuit au lycée à Cork malgré que ses parents auraient préféré qu’elle travaille pour eux, et aide son père dans son pub. D’ailleurs, le week-end, elle y donne un coup de main, et c’est là qu’elle rencontre Sean, un berger arrivé depuis peu dans la région. Personne ne le connaît et il est orphelin, donc tous se méfient de lui. Pourtant, Rose tombe immédiatement sous le charme de ce jeune homme roux aux yeux verts. Mais ses parents lui interdisent de le fréquenter, et les deux amoureux décident après quelques temps de fuir vers l’Angleterre pour vivre libres. Mais le patron de Sean est retrouvé mort juste avant le départ de celui-ci, donc le couple est forcément suspecté, et la police se lance à leur poursuite…

Je suis tombée sur ce court roman par hasard lors d’une vente de livres désherbés dans une bibliothèque municipale. Dès le départ ou presque, j’ai fait le lien avec les Magdalene Sisters, les femmes qui étaient enfermées dans des couvents-prisons en Irlande, sous des prétextes fallacieux, et pour servir de blanchisseuses de la bonne société irlandaise. Le récit est très habilement construit : il commence alors que Rose est emprisonnée, donc après les faits. Puis les chapitres alternent : un au couvent, le suivant qui raconte la rencontre, l’éveil des sentiments de Rose envers Sean et leur fuite. Au fil de la lecture, on reconstitue leur histoire, pour en arriver à la fin à leur arrestation qui mènera Rose au couvent. J’ai beaucoup aimé ce procédé de narration, qui ne donne pas tous les éléments dès le début. La narratrice présente le mode de vie en Irlande après-guerre (j’ai trouvé en cherchant sur internet que cette fiction se déroulerait dans les années 1960, mais en le lisant, je n’avais pas d’indication précise, sauf que cela se passait après la seconde guerre mondiale) : la place des femmes, celle des hommes, le poids de la société patriarcale et de la religion sur les choix de vie. Ce mode de vie très conservateur est expliqué simplement, il est donc très compréhensible pour les ados lecteurs. La violence et la haine avec lesquelles Rose cohabite au couvent sont aussi très décrites : hurlements, tentative d’étranglement, injures, sévices… pour montrer qu’elle veut survivre à l’enfer que ses parents lui font subir en l’ayant envoyé ici. L’autrice n’oublie pas de nous parler de certaines amies de Rose, une fille-mère, pour montrer que les jeunes filles qui étaient là n’avaient commis aucun crime.

Bilan, une petite centaine de pages pour ce roman qui est très prenant, et que j’ai beaucoup aimé. L’histoire est touchante et triste, et il manque juste un mot à la fin de la fiction pour expliquer que des situations comme celle-là ont existé, et perduré en Irlande jusqu’en 1996… Le fait que cette fiction se base sur un fait réel le rend d’autant plus édifiant et fort. Une belle découverte pour moi.

A partir de 14 ans selon Ricochet.

On en parle sur les blogs : Les riches heures de Fantasia, Enfantipages, Pampoune lectures

Le tout début du roman à lire sur le site de l’éditeur.

Lien vers l’émission radiophonique de France Inter « Affaires sensibles » du 30 octobre 2017 qui traite des Magdalene Sisters.

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