Come prima

COME PRIMA, par Alfred (Delcourt, 2013, coll. Mirages)

En 1958, quelque part en France, Giovanni retrouve son frère Fabio lors d’un combat de boxe. Cela fait plus d’une dizaine d’années que les deux hommes ne se sont plus vus. Les retrouvailles sont plus que froides, Fabio ne veut plus entendre parler de sa famille, il vit seul, de menus larcins et de combats. Mais si Giovanni est là, c’est pour lui annoncer que leur père est décédé, et qu’il faudrait ramener l’urne contenant ses cendres sur leur terre d’origine, en Italie. Au départ refusant la proposition, Fabio l’accepte et voilà les deux frères que tout oppose sur les routes, dans la voiture héritée de leur père, une Fiat 500. Plusieurs jours où les souvenirs, les doutes, les rancœurs et les fous rires vont remonter, et où on va comprendre la raison de la rupture des années plus tôt… Mensonges et révélations familiales sont au programme de ce voyage vers l’autre côté des Alpes.

Je continue avec les prix d’Angoulême 2014, après le prix jeunesse et celui polar. Celui-là a reçu le plus prestigieux : le Fauve d’or – prix du meilleur album. Autant le dire tout de suite, j’ai adoré cet album ! Son ambiance d’Italie, la relation entre les deux frères, le périple, les couleurs… Mais un tel prix angoumoisin rend difficile l’écriture de cet article. J’ai aimé les flashbacks, dans des couleurs différentes (fond jauni, traits bleus et rouges), au départ avec un cadrage si particulier qu’on ne peut pas trop reconnaître le lieu et les personnages, puis au fur et à mesure de la lecture on sait ce qui s’est passé pendant la guerre, et pourquoi Fabio est parti. J’ai aimé ce voyage des deux frères, ensemble sans avoir beaucoup de choses à se dire. J’ai aimé découvrir au fur et à mesure les raisons de leur brouille, les suivre dans ces rencontres improbables, voir les doutes et les regrets de Fabio apparaître au fur et à mesure de la route, douter sur les dires de Giovanni, avoir de la compassion pour les deux frères avec leurs histoires si opposées et si semblables… J’ai aimé le trait d’Alfred (déjà lu il y a quelques années dans Pourquoi j’ai tué Pierre), qui trace des jolis portraits d’hommes écorchés psychologiquement et physiquement. Son trait peut paraître spécial mais est tout en fluidité, et on ne peut qu’adhérer au style graphique de l’auteur totalement en adéquation avec le propos. Bref, beaucoup de choses dans cet album de plus de 220 pages, qui comporte assez peu de texte. Un regret justement : on est tenté de parcourir trop vite les pages, du fait du peu de bulles, alors qu’il faut prendre le temps de savourer cette lumière et cette ambiance si particulières entre les deux frères. Sur la fin de l’histoire, d’autres personnages (comme Giuletta et Maria) apparaissent et viennent compléter le puzzle qui se reconstitue lentement… Come prima est une très jolie histoire, servie par un dessin parfois dur mais toujours juste. C’est mon grand coup de cœur du moment !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle (beaucoup) sur les blogs : Sin City, La bibliothèque du Dolmen, La bibliothèque de Noukette, Mes petits bonheurs, D’une berge à l’autre, Sans connivence

Aller voir du côté du blog de l’auteur.

Les premières pages à lire sur le site de l’éditeur.

Deux vidéos ci-dessous : la bande annonce de l’album et une interview de l’auteur par un amour de BD.

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Une réflexion sur “Come prima

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