Ma grand-mère est une terreur [roman]

MA GRAND-MÈRE EST UNE TERREUR, par Guillaume Guéraud (Rouergue, 2017, coll. Dacodac)

Antoine a une grand-mère qui habite assez loin de chez lui. Cela l’arrange, car il n’aime pas aller la voir : elle vit dans une forêt au milieu de nulle part, presque à l’âge de pierre et est quelque peu spéciale, se moquant des lois et règlements… D’ailleurs, dans le village, tout le monde l’appelle Mémé Kalashnikov ! Mais quand ses parents lui annoncent qu’il va y rester une semaine pendant les vacances d’octobre, Antoine fait tout ce qu’il peut pour ne pas y aller… Il arrive juste à négocier un jour de moins là-bas, mais se voit contraint de séjourner chez cette aïeule étrange… Ce séjour sera l’occasion pour lui de découvrir sa grand-mère sous un autre jour, son passé de révolutionnaire venue du froid et son combat pour sauver la forêt, en empêchant la construction d’une route… Lire la suite

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Fatherland

FATHERLAND, par Nina Bunjevac (Ici même, 2014)

Souvenirs d’enfance de l’auteur qui retrace, à partir des témoignages qu’elle a recueillis, le parcours de son père dont elle n’a pas de souvenirs. Née en 1973 au Canada de parents serbes, Nina Bunjevac a grandi en Amérique du Nord, avant de partir en Yougoslavie en 1975 avec sa sœur et sa mère sous prétexte de vacances dans la famille maternelle, alors que son père gardait son fils Petey avec lui. Ce départ a été accepté par le père en échange du chantage avec le fils. Le père, dont on a le portrait en couverture de l’album, était en effet politiquement engagé dans un groupe terroriste, militant du retour du roi pour son pays d’origine, voulant renverser le gouvernement de Tito au pouvoir en Yougoslavie depuis 1945, en commettant des attentats contre les intérêts de sympathisants de Tito au Canada et aux Etats-Unis. Au contraire, la famille de la mère de Nina était partisane du gouvernement. Ainsi Nina a grandi en Yougoslavie avec sa mère, sa sœur et sa famille maternelle, et n’a jamais revu son père, mort en 1977 dans une explosion accidentelle. La famille a été durablement séparée, au point que le fils n’est jamais venu les rejoindre en Yougoslavie, tellement une mauvaise image du pays lui avait été donnée par son père. Nina Bunjevac nous retrace tout ce parcours, dans lequel la petite et la grande histoire s’entremêlent…

Voici un roman graphique grand format sur un sujet qui ne me parlait pas du tout avant de choisir ce livre en bibliothèque : l’histoire de la Yougoslavie dans les années 1970, où s’opposaient les partisans du retour du roi et ceux favorables au régime en place dirigé par Tito. L’histoire n’est pas simple à suivre, j’ai surtout retenu la violence présente dans une bonne partie de l’album.

L’auteur fait parfois de longs rappels historiques sur la Yougoslavie, dirigée par Tito jusqu’en 1980. C’est complexe à suivre quand on n’y connaît rien, quand les noms des personnages se ressemblent grandement et que la situation politique est plus que compliquée, pour un « lecteur de l’Ouest »…  Nina Bunjevac remonte parfois plusieurs siècles en arrière pour expliquer les divisions qui ont toujours existé en Yougoslavie, au niveau des croyances, des langues, des alphabets… Elle retrace aussi les portraits de ses grands-parents paternels, peut-être pour tenter de mieux comprendre la personnalité complexe de son père, orphelin très jeune, et de saisir la manière et les raisons de sa radicalisation au point de devenir un terroriste nationaliste. On ne sent pas de rancœur de l’auteur envers son père, ni envers sa mère qui lui a fait vivre son enfance sous un régime communiste, d’apparence moins dur que celui mis en place en URSS. Elle parvient à prendre de la distance par rapport à son histoire familiale et c’est une sacrée prise de recul. Elle mêle la grande histoire, celle de son pays d’origine, avec son histoire familiale, d’une façon fluide. A certains moments, on a l’impression de feuilleter avec elle son album de photos fidèlement reproduit.

Le dessin est très particulier, en noir et blanc, et très figé. On voit presque en filigrane les photos sur lesquelles elle se serait basée, car les traits sont très précis. Par contre, le côté figé m’a un peu refroidi, je n’ai pas eu l’impression de voir les protagonistes de l’histoire bouger, j’ai eu du mal à imaginer les scènes vivantes. Les cases sont souvent très remplies, avec beaucoup de petits quadrillages, pointillés et hachures, ce qui donne un petit côté suranné à cet album, sans pour autant que ce soit désagréable. (Voir les liens vers les blogs ci-dessous pour voir quelques cases).

En conclusion, Fatherland est un album compliqué d’accès, regorgeant d’informations historiques qui se veulent les plus précises possibles, et c’est un témoignage sur une période historique méconnue et rien que pour cela, il constitue un album intéressant. Après, le trait de l’auteur ne relève que d’une histoire de goût personnel, mais on ne peut lui reprocher d’avoir voulu retracer au plus juste le parcours de son père avec son scénario et son dessin.

Non mentionné sur l@BD, je dirais à partir de 15 ans tout de même.

On en parle (peu) sur les blogs : Le calamar noirLibrairie du Parc, Next Libération.

Interview de l’auteur à lire sur Infrabulles.

Consulter aussi le site de l’auteur en anglais.

Articles sur l’histoire de la Yougoslavie depuis 1918 et histoire de la Serbie du VIe siècle à 2008 à lire sur Hérodote.net en versions synthétiques.

Cet album participe à la-bd-de-la-semaine-150x150, cette semaine chez Yaneck.

Le tour de valse

LE TOUR DE VALSE, par Denis Lapière (scénario) et Ruben Pellejero (dessin) (Dupuis, 2013, coll. Aire libre)

Vitor est un ancien soldat de l’armée rouge, qui a combattu pendant plusieurs années. Revenu dans sa famille, il retrouve sa femme Kalia et ses deux enfants, Youlia et Sérioja. Le couple vit heureux malgré l’appartement trop petit et les privations, jusqu’à ce que Vitor soit dénoncé par un camarade, sur la base de fausses allégations. Condamné à dix années de travaux forcés dans un camp en Sibérie pour être « rééduqué par le travail », il va connaître mauvais traitements et rudes conditions de vie en tant que « zek ». C’est là-bas aussi qu’a lieu chaque mois le « tour de valse », un éphémère moment de rencontre avec d’autres prisonniers. A l’occasion de la mort de Staline, au printemps 1953, beaucoup de zeks sont libérés des goulags. Voyant que son mari ne revient pas, Kalia décide alors de se rendre en Sibérie pour le retrouver. Elle va se retrouver confrontée au mutisme de certains anciens prisonniers. Seuls quelques uns voudront bien l’aider et lui révéler ce qu’ils ont pu vivre. Ainsi elle pourra reconstituer le puzzle du parcours de son mari, mais ce qu’elle va découvrir va dépasser tout ce qu’elle avait pu imaginer…

Le tour de valse est un album édité pour la première fois en 2004, et réédité à l’occasion de l’anniversaire de la collection « Aire libre ». Je l’ai emprunté un peu au hasard, sans rien savoir de l’histoire ou du dessin. Et encore une fois c’est une bonne pioche, car le scénario est très fort, montrant des aspects peu abordés en BD : le déchirement d’une famille dans l’URSS de Staline et la vie au goulag. Même si au départ, j’ai été freinée par le dessin, avec ses traits que je trouvais trop marqués, j’ai oublié ce désagrément au fil de l’histoire et ai été happée par le récit de l’héroïne courageuse et amoureuse qui recherche son mari plus que tout, qui laisse même ses enfants pour partir au fin fond de la Sibérie, où une omerta règne : tout le monde se tait sur ce qui a été vécu dans les camps de travail. Les découvertes s’enchaînent avec les rencontres d’anciens zeks libérés, l’héroïne découvre la situation de son mari pendant ses travaux forcés et le « tour de valse ». Tout cela ne la freine pas, bien au contraire, mais lui donne encore plus d’espoir pour retrouver son amour. Il y a donc ce côté sentimental qui constitue une part de l’album, et j’ai été aussi sensible au côté historique, qui est révélé à travers la ‘petite’ histoire, celle de cette famille séparée à cause d’une dénonciation. Le régime totalitaire et inhumain de Staline est dénoncé sous ses pires travers avec l’exemple de Vitor. Bref, un scénario très bien mené et documenté, avec un dessin et des couleurs qui le servent bien, cela donne un album très intéressant que Dupuis a bien fait de rééditer !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Mille et une frasques, Sur le fil avec 2 N, Blog BD Sud Ouest, La barbe

Cette histoire est à l’origine d’un BD concert.

Aller voir le blog du scénariste et celui du dessinateur (en espagnol).

La mort de Staline

LA MORT DE STALINE, par Fabien Nury (scénario) et Thierry Robin (dessin et couleurs) (Dargaud, 2014)

Joseph Staline meurt le 5 mars 1953, après avoir fait un malaisedans la nuit du 28 février au 1er mars. Le comité central du PCUS, qui dirige l’URSS, s’est réuni pour savoir quoi faire, alors que le petit père des peuples n’était pas mort mais dans un état plus que critique. Personne n’avait prévu quoi faire sans Staline, et tout le monde se méfiant de tout le monde, il fallait que le comité soit réuni entièrement pour décider de quel médecin faire venir au chevet du leader communiste, ainsi que de la suite des événements. La situation est donc dans le flou pendant quelques heures, et l’annonce officielle de la mort du dictateur ravive et exacerbe les tensions : Beria, ministre de l’intérieur, aimerait remplacer Staline, et s’arrange pour contrôler les décisions qui vont être prises… Mais les autres membres du comité central ne sont pas tous du même avis…

Cet album est en réalité une intégrale qui regroupe les deux tomes parus initialement séparés à presque deux ans d’écart, en 2010 et 2012. Je suis contente d’avoir pu lire les deux tomes à la suite, je crois que séparés, je n’aurais pas aimé l’histoire, je n’aurais pas pu en apprécier tous les rebondissements. Je ne peux pas dire que j’ai aimé cet album, car l’histoire est réellement glauque et sinistre : les coups bas sont fréquents, la volonté de prendre le pouvoir tout en détruisant les autres est plus ou moins clairement affichée, l’honnêteté n’étant pas dans les mœurs de ces hommes politiques avides de pouvoir. Les complots et autres trahisons sont nombreux, complexifiant le propos et ne tardant pas à perdre en route un lecteur un peu distrait. Heureusement que lors de chaque première apparition d’un personnage ‘historique’ (les membres du bureau politique, comme Molotov, Malenkov, Krouchtchev, Beria…), on a une courte biographie qui permet de resituer le personnage. Il n’empêche que je me suis parfois emmêlé les pinceaux entre tous ces personnages, sauf Beria et Krouchtchev bien reconnaissables. Violence, paranoïa et terreur sont partout dans cette histoire qui s’est inspirée des faits réels sans pour autant vouloir retracer l’histoire exactement (on se doute bien qu’il n’y a pas de trace de ce qui a pu être dit dans les hautes sphères soviétiques ces jours de mars 1953…), mais l’atmosphère est vraiment pesante et glauque. Le scénariste dépeint un monde réellement noir, qui fait froid dans le dos : arrestations arbitraires, condamnations sans raison… et on sent la marque de Staline, même mort. Son fils est méprisable à souhait, et ce n’est pas le seul personnage pour lequel on n’a aucune empathie ! Le dessin est comme l’ambiance : froid, et cela est sans nul doute dû aux couleurs sombres utilisées. Ce genre de trait-là correspond tout à fait à ce type d’histoires, même si Staline n’est pas parfaitement ressemblant (je ne connaissais pas la tête des autres personnages avant ma lecture). La mort de Staline est un album intéressant, mais qui donne froid dans le dos : j’en garde une impression mitigée, à cause de l’ambiance affreuse qui règne. Par contre, les auteurs sont tout de même parvenus à m’intéresser, alors que le sujet est loin d’être attractif. Un album à essayer pour se forger son propre avis.

A partir de 13 ans selon l@BD.

On parle de l’intégrale ou des tomes séparés sur les blogs : Liratouva, Un amour de BDCoquelicots coquillages et belles pages, SambaBD, Le suricate

Premières planches du tome 1 et du tome 2 à lire sur Izneo.

Le tome 2 a reçu le prix de la BD historique lors des rendez-vous de l’histoire à Blois en 2012.

N’embrassez pas qui vous voulez

N’EMBRASSEZ PAS QUI VOUS VOULEZ, par Marzena Sowa (scénario) et Sandrine Revel (dessin) (Dupuis, 2012)

Pendant les années où règne Staline, dans un pays du bloc communiste, la vie des citoyens est très contrôlée. Un petit garçon prénommé Viktor va vite s’en rendre compte : alors qu’il tente d’embrasser sa voisine dans un cinéma pendant la diffusion d’un film de propagande à la gloire de Staline, il va subir un interrogatoire de la part du directeur de son école. Pendant ce temps-là, sa maîtresse va interroger les autres enfants de sa classe, et mettre à jour le comportement inapproprié de Viktor et de sa famille. Le père de Viktor est un écrivain qui publierait à l’ouest grâce à des complicités, et les autorités vont tout faire pour stopper cet homme qui résiste à l’embrigadement généralisé, et faire lire des illustrés dans une langue inconnue à son fils et ses amis… Mais dans un pays où les murs ont des oreilles, la résistance peut tout de même persister car « on peut tout penser, mais on ne peut pas tout dire » comme le dit le père de Viktor aux amis de son fils…

« N’embrassez pas qui vous voudrez » est un album d’à peine 100 pages, qui aborde la société communiste de l’intérieur, avec le contrôle des populations et la propagande généralisée qui se faufile partout, dès le plus jeune âge. Au-delà de l’histoire des enfants, on voit différentes facettes de la pression exercée par la dictature, avec par exemple une scène où un homme est emmené de force dans le froid, avec sa femme qui supplie les autorités avant d’être jetée au sol, désespérée… On voit aussi le comportement différent en public et en privé, avec l’attitude très zélée de l’institutrice qui questionne les enfants, alors que chez elle, elle entretient une relation avec une jeune femme à qui elle enseigne des textes interdits par le régime, à savoir des textes français auxquels elle ajoute une fausse couverture pour les camoufler. Cela se termine mal pour la jeune femme, car elle va être arrêtée sans ménagement, et on peut supposer que ça va mal finir pour elle. Bref, la société policière complètement parano est bien montrée avec ces différentes tranches de vie souvent dramatiques et dans lesquelles les enfants sont la seule touche un peu plus joyeuse. C’est donc un album particulièrement réussi qui permet d’aborder une époque extrême aujourd’hui révolue. Par contre, les couleurs sont très foncées, comme s’il y avait un voile gris sur les cases (j’ai lu quelque part sur le web qu’il s’agissait d’une erreur d’impression) et lors des scènes de nuit, on voit difficilement les personnages et surtout les détails. C’est bien dommage car le dessin est sinon très agréable, avec un trait engageant qui apporte un peu de légèreté au propos, et permet d’aborder cette période historique avec les élèves dès la 3ème… Un album à ne pas manquer pour qui s’intéresse aux albums d’histoire contemporaine ! PS : la scénariste de cet album a aussi fait la série Marzi, à ne pas manquer !

A partir de 13 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, Sophie lit, Sans connivence, Une autre histoire, Le blog BD de Madmoizelle

Extrait à lire sur Izneo, et d’autres planches à voir sur le site de la dessinatrice Sandrine Revel.

199 combats : l’histoire vraie de Michel Papazian, boxeur de la guerre froide

199 COMBATS : L’HISTOIRE VRAIE DE MICHEL PAPAZIAN, BOXEUR DE LA GUERRE FROIDE, par Michel Papazian, Jean-Blaise Djian (scénario), Nicolas Brachet (dessin et couleurs) (Emmanuel Proust éditions, 2008, coll. Atmosphères sport)

Histoire de Michel Papazian, français né à Nice en 1934 de parents arméniens, exilés depuis le génocide de 1915. Son père décède en 1940, et fait promettre à son épouse de ramener ses trois fils en Arménie, promesse qu’elle réalise en 1947. Le voyage en bateau se déroule bien au départ, les autorités soviétiques faisant tout pour que le trajet soit agréable, mais une fois le détroit des Dardanelles traversé et l’arrivée en territoire soviétique, l’attitude des autorités change : surveillance des nouveaux arrivants, trajets moins agréables en train surchargé, promesse d’une maison individuelle non tenue… La vie en Union Soviétique est bien moins réjouissante qu’il n’y paraissait. Michel avait découvert la boxe à Marseille auprès d’un camp militaire américain, et il a poursuivi son sport en Arménie. Il gagne tous les titres dans les différentes catégories, est reconnu comme le meilleur boxeur de sa génération, mais il n’est pas autorisé à sortir du territoire pour les jeux olympiques de Melbourne. En effet, les autorités ont peur qu’une fois le rideau de fer traversé, il reste à l’ouest, lui qui se dit plus français qu’arménien (il a conservé sa nationalité française)… Il va falloir attendre des années pour que Michel et toute sa famille puissent retourner à l’ouest…

Voici un album original de par son sujet. Il mêle la biographie d’un boxeur reconnu en son temps avec la grande Histoire, celle de la guerre froide. J’ai beaucoup aimé la lecture de cet album, qui comporte assez de scènes de combat pour satisfaire les passionnés de sport, mais qui apporte aussi bon nombre d’informations historiques sur la vie en URSS. Bref, un très bon scénario, qui passe parfois assez vite sur des périodes (l’album ne fait que 52 pages, et retrace la vie de Michel Papazian d’avant sa naissance à nos jours, avec la rencontre du scénariste avec le héros de l’histoire). Bref, beaucoup d’événements relatés dans cet album assez dense mais à la lecture aisée. Le seul bémol que je mettrais serait au niveau du dessin, qui comporte parfois certaines incohérences : des jambes qui se plient bizarrement, une main un peu trop grosse par rapport au corps, un bras un peu trop court. Ces étrangetés gênent un peu à la lecture, et même si le trait est parfois hésitant, ce sont vraiment des détails, et pour moi c’est vraiment le récit de la vie de Michel qui est plus important que le dessin. Les couleurs sont assez pastels, un peu passées, et nous plongent bien dans l’ambiance peu réjouissante de la guerre froide. En fin d’album, en une page, il y a la biographie de Michel Papazian (au cas où le lecteur n’aurait pas compris les 52 pages précédentes !), ça peut être utile pour les jeunes qui n’ont pas forcément les clés pour comprendre le contexte, mais cela n’a pour les adultes pas spécialement d’intérêt. Il y a aussi quelques photos d’époque, pas mal pour prolonger quelque peu la lecture. 199 combats est pour moi une lecture bien intéressante, un témoignage dessiné qui pourra intéresser bon nombre de lecteurs de BD.

A partir de 10 ans selon l@BD.

On en parle (bien peu) sur les blogs : Le bateau livre

Consulter le site du dessinateur Nicolas Brachet.

Une planche à voir sur Bédéthèque.

En cherchant un peu sur le site de la fédération française de boxe, je me suis rendue compte que le héros de l’album est décédé en février dernier, à l’âge de 79 ans… 😦

Une vie chinoise, tome 2

UNE VIE CHINOISE, tome 2 : LE TEMPS DU PARTI, par Li Kunwu et Philippe Ôtié (Kana, coll. Made in, 2009)

https://i1.wp.com/media.leslibraires.fr/media/attachments/large/6/1/2/000629612.jpgSuite du tome 1. Mao vient de mourir en 1976, et le héros de l’histoire, Xiao Li, alors soldat, est complètement désemparé. Tout comme ses compatriotes, il ne pensait pas que le grand timonier pouvait les quitter. A la suite de la mort de Mao, s’engage alors une lutte pour le pouvoir. C’est la fin de la révolution culturelle et le père de Li est libéré, après 10 ans dans un camp de rééducation. Il reprend même sa place dans une grande firme d’Etat. La famille se reforme. En parallèle, Li s’engage pour devenir un soldat paysan, et va vivre parmi les animaux. Il espère entrer au Parti, mais ce parcours est long et difficile. Il dessine de plus en plus, et il est demandé pour faire des affiches et des caricatures, de plus en plus appréciées : elles sont même publiées dans des journaux de Pékin. Début des années 1980, la Chine s’ouvre sur l’extérieur, avec les premiers touristes, et l’incitation au développement des entreprises…

Suite du récit autobiographique d’un chinois dans la Chine communiste de la fin des années 1970. Le dessin est toujours aussi spécial, parfois assez déroutant, parfois agréable, ressemblant à de la calligraphie. Ce volume, plus court que le précédent, se lit rapidement, et il s’y passe plein de choses. On suit les changements suite au décès de Mao, et l’ouverture de la Chine sur le reste du monde. C’est très instructif, et cela rend bien compte des conditions de vie de l’époque, et des mentalités qui y règnaient. C’est un tome intéressant, qui mêle histoire politique et histoire familiale. La série se termine avec le tome 3 sorti en janvier dernier.

A partir de 13 ans selon l@BD (et 16 ans selon Manga-news)

On en parle sur le web : MoustiqueLamiriBlogjfv.

Ce manhua a été primé à plusieurs reprises : Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historiquePrix Ouest-France quai des Bulles (festival de St Malo).