Le teckel tome 2

LE TECKEL tome 2 : LES AFFAIRES REPRENNENT, par Hervé Bourhis (Arte / Casterman, 2015, coll. professeur Cyclope)

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Suite du tome 1. Guy « le teckel » était parti au Brésil avec son amour Meredith, après avoir tué le mari de celle-ci. Mais le revoici en France suite au scandale provoqué par le médicament du laboratoire Duprat, missionné par de mystérieux commanditaires… Il retrouve son comparse Jérémy qui l’introduit dans les milieux du ministère de la santé, mais il doit aussi garder sa fille Victoire pour la semaine, alors qu’il n’a jamais vraiment été un père pour l’ado. De plus, suite à un quiproquo, alors qu’il partait à la recherche du frère de Merchon, ex-directeur du laboratoire, il se retrouve à tourner un film érotique, puis dans une soirée entre adultes consentants… Il ne désespère pas de remplir sa mission, mais aussi de retrouver sa fille kidnappée par des inconnus.

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Le teckel

LE TECKEL, par Hervé Bourhis (Arte / Casterman, 2014, coll. Professeur cyclope).

teckelDans le monde des visiteurs médicaux, la concurrence est rude. Au laboratoire Duprat, le scandale d’un médicament anti-douleur qui a fait plusieurs centaines de morts a mis à mal la réputation du laboratoire et la presse s’en est emparée. Un nouvel anti-douleur est lancé sur le marché, et il faut tout reconstruire et le vendre auprès des professionnels de santé. C’est de cette mission que sont investis Guy Farkas (un homme en fin de carrière, fan de Rimbaud et surnommé Le teckel dans le milieu des visiteurs), affublé d’un jeune débutant Jérémy qui est en réalité chargé de surveiller le pire commercial de l’entreprise… En effet, les rapports de Guy avec les clients ne sont vraiment pas bons, sa réputation colérique le précédant. Voici alors nos deux collègues partis en vieille CX break dans le secteur de Guy pour vendre les produits maison. 24 heures sur 24 avec un vieux bougon, ce n’est pas facile pour Jérémy, mais chacun va se découvrir… et quand on rencontre les concurrents d’un autre laboratoire avec lesquels on a aussi des connaissances en commun, l’ambiance est plus que tendue… Pour autant, chacun a des pièces d’un puzzle plus compliqué qu’il n’y paraît…

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Le captivé

LE CAPTIVÉ, par Christophe Dabitch (scénario) et Christian Durieux (dessin) (Futuropolis, 2014)

1880, Albert Dadas est un cas à part à l’hôpital Saint-André de Bordeaux. Il est atteint depuis son adolescence d’une drôle de maladie encore indéfinie, qui le fait fuguer de façon intempestive sans qu’il ne puisse se contrôler, comme pris en otage par son idée de voyager. Pris d’une envie furieuse de marcher, il se rend parfois très loin, jusqu’à Moscou, Constantinople ou Alger, mais amnésique, il ne sait jamais où il atterrit, à un tel point qu’il est parfois emprisonné, maltraité, hospitalisé ou alors au contraire aidé par des compatriotes français pour rentrer chez lui. Son cas particulier va devenir l’objet d’étude de Philippe Tissié, interne en médecine qui va tenter l’hypnose pour libérer Albert de son absence de volonté qui le rend captif de toute nouvelle idée qu’il a en tête et l’empêche de mener une vie sociale normale…

J’ai été très agréablement surprise par cet album, dont j’aime beaucoup la couverture. Tout d’abord les dessins sont magnifiques, très précis et délicats, j’aime vraiment beaucoup ce style-là. Les jeux de gris sont aussi très jolis, donnant de la profondeur au dessin. C’est un vrai régal que de lire les 110 pages de cet album. L’histoire racontée par Christophe Dabitch est réelle, et il est intéressant de suivre le parcours de cet homme atypique à travers les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé : son médecin Philippe Tissié, mais aussi d’autres médecins de Bordeaux ou d’ailleurs, comme le docteur Pitres qui dirigeait le docteur Tissié, un médecin de Limoges ou encore le consul de France à Alger… Ainsi, cela permet de reconstituer le puzzle de la vie de cet homme hors du commun et très sportif, capable de marcher des kilomètres sans s’arrêter. Le récit est construit en variant les points de vue, ce qui ne ralentit pas le rythme. Bien sûr, la relation entre le docteur Tissié et Albert occupe la majeure partie de l’histoire, mais je n’ai pas trouvé le récit longuet, car les lieux et les situations sont variés. L’album est déjà intéressant en soi, et en bonus il se complète par un intéressant dossier documentaire bien fourni, documents d’époque à l’appui, qui permet d’en savoir plus sur le parcours d’Albert Dadas et la fin de sa vie. Pour une fois qu’un tel dossier ne fait pas de redondance avec le propos dessiné, ça fait du bien ! Un thème original et un dessin magnifique, voilà un album à ne pas rater !

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Chez Canel, SambaBD, Une autre histoire, Depuis le cadre de ma fenêtre, Blog BD Sud-Ouest, Cynthia et ses contes défaits

Premières planches à voir sur Digibidi.

C’est ma deuxième participation à la bd de la semaine(cette semaine chez Yaneck).

Amorostasia, tome 2 : pour toujours

AMOROSTASIA, tome 2 : POUR TOUJOURS…, par Cyril Bonin (Futuropolis, 2015)

Suite du tome 1. Cela fait désormais trois ans que l’amorostasie frappe la planète, après avoir commencé à sévir à Paris. De puissants laboratoires pharmaceutiques se sont lancés à la recherche de l’antidote et ont aussi mis en vente l’Anamorax qui bloque les sentiments et limite le risque de se figer. Pour tester ses recherches, un laboratoire décide de faire des tests sur un humain, un prisonnier amorostasié sans famille : il s’agit de Kiran, le jeune homme qui s’était fait arrêter pour vol de bijoux, dont Olga avait fait connaissance et était tombée amoureuse. Cela fait désormais trois ans que les deux tourtereaux sont figés, et alors que les tests commencent sur le jeune homme, Olga, qui a été placée chez ses parents dans le bordelais, se réveille. Troublée par ce retour dans un monde qui a changé, elle va chercher à retrouver Kiran pour de nouveau se figer avec lui et retrouver ce bonheur absolu dans lequel elle a vécu pendant trois années… Elle se rend à Paris, découvre les adaptations de la société pour affronter l’amorostasie et se retrouve recherchée par la police. Heureusement que son ex-ami Thomas et un réseau clandestin d’hommes et de femmes qui n’ont pas peur de l’amorostasie vont l’aider à retrouver Kiran…

Cyril Bonin a repris du service pour nous proposer la suite de son aventure fantastico-sentimentale publiée il y a un an et demi. Autant le dire tout de suite : j’ai retrouvé avec plaisir cette ambiance si particulière servie par ce joli dessin. J’ai beaucoup aimé ce second tome, même si là l’histoire n’est plus centrée sur Olga et Kiran. En effet, on a pas mal d’informations sur une société qui s’adapte comme elle peut à l’épidémie, avec l’Anamorax (malgré ses effets secondaires importants), ou encore avec l’interdiction de tout ce qui peut éveiller les sentiments : films, livres, œuvres d’art… La psychose n’est pas loin, la société semble parfois anesthésiée par l’absence de sentiments, et la science ne parvient pas à expliquer et à endiguer ce phénomène. Ce sont les personnages du réseau clandestin, refusant de prendre les médicaments conseillés, qui donnent véritablement de l’épaisseur au récit. Je les ai trouvés intéressants, plein de vie et de philosophie (par exemple Marthe et ses proverbes). On en vient même parfois à sourire des dialogues et des situations. Petit bémol cependant sur ce tome 2 : il n’y a pas de rappel de l’histoire du premier tome, ce qui fait qu’on peut être un peu perdu au départ ; personnellement je ne me rappelais plus de la fin alors qu’elle m’avait pourtant émue lors de ma première lecture. Voilà pourquoi j’ai relu le volume 1 avant de me lancer dans sa suite et cela constitue un bien joli récit quand on lit tout à la suite. En plus, cela permet de se rendre compte que le dessin reste toujours le même, doux et agréable, avec des couleurs dans les tons gris qui ne dénotent pas dans ce récit poétique et bien mené. La fin de l’album fait qu’on peut tout à fait en rester là ou alors avoir une autre suite. Seul l’avenir nous le dira…

Non encore mentionné sur l@BD (le tome 1 était à partir de 15 ans).

On en parle sur les blogs : Un amour de BD, B.O. BD, Bulles picardes, D’une berge à l’autre

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.

Le blog de l’auteur, où il dévoile une partie de son travail.

C’est ma première participation à la bd de la semaine (chez Stéphie cette semaine)

Les cobayes

LES COBAYES, par Tonino Benacquista (scénario) et Nicolas Barral (dessin) (Dargaud, 2014)

De nos jours, deux hommes et une femme sont choisis parmi de nombreux prétendants pour tester un nouveau médicament du laboratoire Scott-Dumaz contre une rémunération intéressante. Ce nouvel antidépresseur va être testé sur eux pendant deux semaines qui vont bouleverser leur vie. Ils vont assez mal supporter les essais et le fait d’être isolés du monde extérieur. Leur comportement va changer à cause d’effets secondaires inattendus…

Cet album sorti au tout début 2014 n’a pas forcément fait beaucoup de bruit, personnellement je ne l’avais pas vu beaucoup sur les blogs ou même en librairie. Pourtant, ce one-shot est très intéressant. Au départ, la situation est très commune, même si on sent bien qu’il y a tout de même quelque chose qui cloche chez ces trois cobayes qui mentent tous plus ou moins pour gagner les 3500 euros nécessaires à leur survie. En effet, l’un est atteint de troubles sévères de la mémoire qui lui ont fait perdre son travail, une autre est arrivée en France pour entrer à l’école des beaux-arts sans jamais dépasser le stade des sélections, le dernier enfin a une vie sexuelle très pauvre à cause de problèmes physiques. Les essais se déroulent normalement, en milieu fermé, avec de nombreuses observations effectuées par les chercheurs. Ce n’est que sur la fin des tests et lors du retour à la vie normale que cela va dégénérer, et que la situation va mal tourner pour le laboratoire. J’ai aimé lire cette histoire bien menée avec des rebondissements. Le scénario fait à la fois peur et sourire, et j’ai beaucoup aimé cette plongée dans ce futur peut-être pas si lointain que cela. La fin est surprenante et loin d’être fermée, peut-être un peu déroutante. Le dessin de Nicolas Barral est sympa, dans le sens où on ne peut confondre les personnages. Les portraits sont réalistes, même si parfois un peu figés. Cependant, le découpage est dynamique, et on tourne facilement les 96 pages de l’album, happés par le dessin et l’histoire. Les couleurs sont peut-être un peu ternes et les décors parfois un peu trop absents à mon goût, mais sinon, cet album constitue une bonne réflexion sur la médecine, les industries pharmaceutiques et leurs possibles dérives…

A partir de 15 ans selon l@BD.

On en parle sur les blogs : Sin CityBédépolar, Flynn SFFF, Objectif BD, Blog BD Sud-Ouest

Premières planches à voir sur le site de l’éditeur.